Dark Tiger de William G. Tapply

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Quatrième de couverture

Il y a sept ans, Stoney Calhoun s’est réveillé dans un hôpital de vétérans, privé de mémoire et de passé mais doté de talents inattendus. Depuis, il s’efforce de mener une vie normale, partagée entre la boutique de pêche dont il s’occupe avec la sublime Kate Balaban, son chien Ralph, et sa cabane perdue dans les bois.

Lorsque l’Homme au Costume, qui vient régulièrement s’assurer qu’il n’a pas retrouvé ses souvenirs, commence à mettre en danger sa nouvelle existence, Calhoun est contraint d’enquêter sur le meurtre d’un agent gouvernemental retrouvé mort au nord de l’État. Il doit alors prendre la place d’un guide de pêche à Loon Lake Lodge, un luxueux hôtel situé en plein cœur des espaces sauvages du Maine.

Les paysages crépusculaires du Nord-Est des États-Unis servent de décor à cet ultime volet des aventures de Stoney Calhoun. Après Dérive sanglante et Casco Bay, nous retrouvons ce sympathique bourru dans sa plus dangereuse enquête.

Mon avis

C’est donc le troisième volume des « enquêtes » de Stoney Calhoun. C’est aussi le dernier puisque William G. Tapply est mort en 2009 alors que Dark Tiger (qui est le nom d’une mouche) sortait aux États-Unis. Au vu des remerciements, il savait qu’il allait mourir (en tout cas, il voyait beaucoup de docteurs).

Je vous dis cela, non pas pour être morbide, mais surtout que sachant cela, il aurait pu livrer toute la vérité sur le passé de son héros. D’un autre côté, je pense, bien qu’à ce moment-là, ce n’était pas sa préoccupation principale. Tout cela pour dire que la seule chose que l’on apprend est que Calhoun était espion dans une agence fédérale, très secrète visiblement. Il était donc entraîné à appréhender les situations, à se défendre … C’est un peu décevant comme révélation car elle semblait déjà être latente dans les deux autres tomes.

Dans ce volume, Calhoun quitte Kate (qui semble plus amoureuse que jamais même si elle ne se l’avoue pas assez) pour aller dans un lodge de luxe, dédié à la pêche pour de riches touristes. Il ne le fait pas pour le plaisir mais parce qu’il y est obligé par son ancien chef, celui-ci exerçant différentes pressions sur Kate et la magasin pour arriver à ses fins. Un agent a été assassiné à 50 km du lodge de luxe, mais y logeait. On suppose donc qu’il avait mis le doigt sur quelque chose touchant à la sécurité nationale. Sa mort semble suspecte d’autant qu’il a été retrouvé avec une jeune fille (mineure), tous les deux ayant été tués par balle. La légiste arrive à montrer que ce n’est qu’une mise en scène mais que la mort est due à la toxine botulique. Calhoun doit démêler cette histoire. Pour cela, il se rendra en tant que remplaçant d’un guide de pêche dans le lodge.

Le lodge est isolé de tout : on ne capte pas le portable (le satellite ne peut qu’être utilisé par les clients en cas d’urgence), il n’y a qu’une ancienne route forestière qui rejoint la ville la plus proche (qui est donc à 50 km). Les clients arrivent donc le plus souvent en hydravion, l’étendue pour la pêche étant constituée de sept lacs. Le livre privilégie le décor, qui est beaucoup plus impressionnant que dans les deux autres volumes. Alors qu’avant, Tapply décrivait avec précision les détails, il joue dans celui-ci sur le grandiose et la majesté.

Dans ce volume, Tapply privilégie l’action : il y a une mort juste après l’arrivée de Calhoun. Deux jours après, l’hydravion explose au décollage. Cette direction prise dans la narration fait que la partie déduction/logique des enquêtes de Calhoun n’est pas du tout développée. Il pose bien des questions mais s’attire des problèmes et en attire aux autres. Les conclusions semblent lui tombées dessus. Ce qui sauve Calhoun, c’est qu’il était sur-entraîné pour se battre et qu’il s’en rappelle. C’est donc plus facile de ne pas utiliser sa tête.

En conclusion, j’ai trouvé que dans ce volume Calhoun avait perdu son côté singulier. J’ai plus eu l’impression de lire l’épisode d’une série télé américaine que de lire un épisode d’une série noire innovante et singulière.

Références

Dark Tiger de William G. TAPPLY – traduit de l’américain par François Happe (Gallmeister, 2010)

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