Ce lieu sans limite de José Donoso

Quatrième de couverture

Petite Japonaise, outre une part de son nom, hérita en son temps de sa mère un bordel, un travesti de père et une vie de misère.

C’est un lupanar pour les pauvres, avec phono à aiguille – quelques pas de cha-cha-cha – et bagarres parfois. Quant au seul riche de ce hameau perdu au fin fond du Chili, s’il passe parfois au bordel de Petite Japonaise c’est moins pour s’y amuser que pour lui faire l’honneur de sa présence.

Il faudra encore compter avec Pancho, le camionneur, avec le passé aussi, enfin avec la violence propre aux hommes qui, hagards, errent d’une faute à un crime jusqu’à la mort.

Livre sombre, tragique, Ce lieu sans limite décrit l’enfer quotidien de ces âmes perdues par leur naissance même.

Mon avis

Je n’ai pas compris où l’auteur voulait en venir avec ce livre. Il est très plaisant à lire mais qu’est-ce que José Donoso voulait dire, je n’en sais rien. Voulait-il dénoncer (raconter) l’histoire des pauvres qui sont condamnés à être pauvre ou à le devenir encore plus ? Parlait-il plutôt de la domination (et le pouvoir de décider pour les autres) d’une personne sur tous les habitants du village ? Cela ne m’a pas semblé très clair car un peu trop feutré (pas assez virulent pour un auteur qui n’habitait plus au Chili au moment de l’écriture du livre) pour que j’arrive à le voir. Il parle bien à un moment cependant (il faut être honnête) du déroulement des élections pour que le riche du village soit élu sénateur. C’est édifiant comme description.

Par contre, comme je le disais c’est une agréable pour la galerie de portrait et pour le style. Je ne suis jamais allée au Chili mais je m’imaginais le village comme un village où passe les dalton et le bordel ressemblant plutôt à un saloon. À cela, j’ai rajouté un mur qui tombe, de la moisissure car beaucoup d’humidité. Cela ne pas vraiment être comme chez les Dalton. Il faut que vous y rajoutiez de l’herbe, des vignes, de la forêt, une grande maison. Vous avez à peu près l’ambiance. Vous avez le transsexuel (je ne sais pas si c’est le bon mot mais c’est un homme qui se transforme en femme pour danser et faire la fête et qui semble plutôt aimer les hommes), la mère maquerelle psychorigide, les prostituées, les paysans qui boivent pour pouvoir profiter pleinement du bordel et des filles. C’est haut-en-couleur comme vous pouvez le constater.

Le style est intéressant car pour de nombreux passages l’auteur nous livre les pensées de ses personnages, dans un style rapide et alerte. C’est un peu comme des transitions pour lui et aussi comme une manière d’accélérer le récit pour qu’il soit moins linéaire.

J’ai quand même mis un autre José Donoso dans ma PAL (cela n’a pas l’air d’être non plus son œuvre principale).

Références

Ce lieu sans limite de José DONOSO – traduit de l’espagnol (Chili) par Alice Schulman (Le Serpent à Plumes / collection Motifs, 1999)

Livre lu dans le cadre des 12 d’Ys dans la catégorie auteurs latino-américains.

 

2 réflexions au sujet de « Ce lieu sans limite de José Donoso »

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