Breakfast on Pluto de Patrick McCabe

Présentation de l’éditeur

Tyreelin, un village à la frontière irlandaise. Patrick est le fils illégitime du curé local. Très jeune, il commence à se travestir et se fait appeler Pussy. À la mort de son amant et protecteur, un politicien victime du conflit irlandais, Pussy part à la recherche de sa mère dans le swinging London des années 1970. Mais sur la capitale anglaise aussi plane la menace du terrorisme, et Pussy, bien malgré elle, va se retrouver mêlée à un attentat à la bombe dans une discothèque… Un récit drôle et flamboyant, où la violence et la misère côtoient les paillettes et le glamour.

Mon avis

L’avis d’Ys m’avait donné envie de découvrir le livre mais je n’étais pas sûr qu’il me plairait car ce n’est pas franchement le type de livre que j’aime (c’est plus par préjugés et méconnaissance). Mais maintenant, j’ai un reader et les éditions Asphalte proposent leur livre en version numérique pour pas cher. 16 euros pour un livre que je n’étais pas sûr d’aimer, bof mais le même livre pour 6,99 euros, je veux bien tenter (même chez Gibert en occasion, je pense pas que je l’aurais trouver pour moins cher). Le seul truc, c’est que parfois les mots étaient attachés alors que cela n’aurait pas du être le cas (c’est dix-quinze fois dans le livre, faut pas non plus exagérer).

J’ai beaucoup, beaucoup aimé. Après avoir lu d’autres avis, j’ai pensé que je devais être bizarre parce que le peps, je ne l’ai vu qu’au début. Pussy est une personne extrêmement déterminée. Elle ne donne pas l’impression de souffrir des quolibets des habitants de son super village. On a l’impression que finalement, elle est plus ou moins la seule à tracer sa route sans se soucier de son environnement. C’est l’humour de Patrick McCabe qui donne le peps à tout le début de l’histoire (cela ressemble à une histoire d’adolescent qui essaye de se construire, la guerre, l’IRA, ce n’est qu’arrière plan. Pussy ne s’en soucie pas du tout. La musique est omniprésente comme je peux me l’imaginer d’une adolescence des années 70). On sourit beaucoup.

Puis au fur et à mesure, mon sentiment à la lecture a changé. Pussy a des blessures : son père qui ne la reconnaît pas (en tant que fille ou garçon d’ailleurs), sa mère qui l’abandonne. Tout cela revient comme un leitmotiv dans le livre. Ce qui progresse dans le livre, c’est aussi la politique. L’impression que j’ai eu, c’est que tout s’effondre autour de Pussy mais que c’est la seule à s’en rendre compte. Les gens autour d’elle sombrent dans la pauvreté, la misère, l’alcool, l’imbécilité (que ce soit à Londres ou en Irlande) et perdent leur fierté (pour les Irlandais). Pussy se montre la plus clairvoyante et cherche à faire comprendre ce qui se passe. Personne ne l’écoute parce que justement elle est différente. À la fin, je n’ai plus ressenti le peps du début mais j’ai plus vu la solitude et l’amertume.

Ce qui est intéressant, c’est que Patrick McCabe est constant dans la manière dont il fait parler Pussy (cela ne peut pas plaire à tout le monde par contre). Il y a un mélange de naïveté enfantine, d’adolescent adulte, de clairvoyance comme je l’ai dit, de situations rêvées. Il ne se contente pas de faire une narration linéaire mais va chercher à faire parler tout ce que peut contenir son personnage. C’est justement ce qui donne cette impression que Pussy est une vraie personne et pas quelque chose de creux, sans épaisseur comme on dit.

Le livre a été adapté par Neil Jordan au cinéma en 2005. Son autre livre traduit en français The Butcher Boy est d’ores et déjà dans ma PAL.

Edit : les erreurs dans le fichier ont été corrigées, avec une célérité incroyable, par la société qui l’édite. J’ai été mauvaise langue car il y en avait sept. Maintenant, il n’y en a plus. Il ne faut donc plus hésiter à vous achetez le livre si vous avez une liseuse (sinon il faut acheter ou au moins lire le livre).

D’autres avis

Ceux de Ys (c’est le billet qui a fait que je voulais découvrir le livre), d’Yvon, de Nina,d’Achille, de Nymeria, d’Angélita, de Pierre Faverolle, de Mélopée, de Mikaël Demets, d’Oncle Paul, d’Eden, …

Références

Breakfast on Pluto de Patrick McCABE – traduit de l’anglais (Irlande) par Audrey Coussy (éditions Asphalte, 2011).

Sur le site de l’éditeur, vous pouvez retrouver la playlist du livre (c’est un peu la marque de fabrique tout de même).

9 réflexions au sujet de « Breakfast on Pluto de Patrick McCabe »

  1. Ce que je trouve épatant, c’est que l’auteur nous montre effectivement les blessures de son personnage, mais sans misérabilisme et sans perdre l’énergie dont tu parles. Et surtout, il parvient à en faire rire, ou sourire, ce qui n’est quand même pas habituel pour ce qui est de la littérature irlandaise, du moins ce que j’en connais.

    1. Exactement, tu fais bien de le souligner. Patrick McCabe a sa propre voix dans la littérature irlandaise (en tout cas celle qui est traduite en français). Sans voir le nom de l’auteur, sans que l’IRA soit expressément nommé, on ne saurait pas que l’écrivain est irlandais. Comme tu le dis, c’est très rare.

  2. effectivement, c’est tentant 😉
    et ainsi donc tu es convertie à l’e-book – en ce qui me concerne, je n’y arrive pas 😕

    1. Pour les découvertes que cela permet oui, j’en suis très contente (ça y est j’ai téléchargé le livre de Nicole Provence et un autre qui m’avait l’air pas mal du tout non plus). J’étais réticente au début parce que j’avais peur de me fatiguer plus vite, de ne pas pouvoir lire la même chose … Comme c’est un cadeau, je m’y suis mise et franchement j’aime beaucoup, beaucoup pour l’anglais bien sûr mais aussi pour le français (car il y a quand même beaucoup de livres que je veux juste lire par curiosité, que je ne pourrais pas revendre si je les achetais en papier à Gibert car il ne faut pas que les livres soient trop vieux (une Bible de Gutenberg, ils n’en veulent pas par exemple). Cela donne une impression d’être obligé de lire ce qu’il y a de récent pour ne pas perdre trop d’argent. Cela ne me plaît pas de me dire qu’un livre est bon parce qu’il a paru récemment. J’aime pouvoir choisir. C’est ce qui m’a manqué ces dernières années. Le plaisir de découvrir des auteurs, des histoires, de l’Histoire, des personnages. Le plaisir de prendre mon temps aussi. Je le redécouvre avec le reader. Cela me rend plus avide de découvertes et de chercher par moi-même.

    2. Puis j’aime aussi l’idée de ce que l’on peut lire sur Gaïa Villages : « La rémunération des auteurs et illustrateurs est alors plus juste et, hors des schémas commerciaux classiques, on entre alors dans un certain « darwinisme artistique » où la seule sanction du temps permet de distinguer l’excellence.

      De plus, le patrimoine de l’écrit s’appauvrit au fur et à mesure que des ouvrages de qualité deviennent introuvables – les tirages une fois épuisés, il est rare que l’éditeur souhaite en faire un autre. Des livres disparaissent ainsi du circuit commercial et les pérenniser en les rééditant au format numérique permet de pallier cet appauvrissement. »

  3. Je suis toujours ravie de lire des avis positifs sur les auteurs irlandais (que j’adore !). J’ai commencé à le lire mais je l’ai mis momentanément de côté. Pour l’instant, il me plaît moins que « The butcher boy » (aussi adapté au ciné par Jordan) mais c’est sûrement aussi des préjugés.

  4. Bonjour Cécile,
    Nous réalisons les fichiers ePub pour les éditions Asphalte.
    La qualité de nos fichiers étant un point essentiel pour nous, pouvez-vous me donner quelques exemples concernant le souci que vous avez rencontré sur les mots attachés afin que je puisse voir s’il s’agit d’un souci « technique », ainsi que la liseuse que vous avez utilisé pour les lire ? Merci – Marie

    1. Bonjour. Je viens de vous envoyer un mail. Bien sûr, je n’ai rien noté mais j’ai retrouvé un exemple. J’espère que vous pourrez m’aider à résoudre mon problème. Cordialement, Cécile.

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