La magicienne de Robert Louis Stevenson

 

Suite aux billets de Fashion et Isil, je voulais lire La magicienne de Robert Louis Stevenson et je peux aujourd'hui dire que c'est fait et même deux fois plutôt qu'une. J'ai donc acheté il y a à peu près deux mois ce petit livre paru chez Rivages Poche. En revenant à la maison, le porte-monnaie plus léger, je me suis rendue compte que j'étais bête (ou accro à l'achat de livre) car voilà pour ma "littérature à l'honneur" je m'étais achetée l'Intégrale des nouvelles de Stevenson chez Phébus. En fouillant un peu, cette nouvelle est dans le tome 2 (et oui, il y a deux tomes…) sous le titre L'ensorceleuse (c'est pour ça que je me suis fourvoyée en l'achetant une deuxième fois : ce n'est donc pas ma faute ! Je vais faire comme Karine:)). Après ce long préambule, je vous dirai que je ne regrette pas pour deux raisons.

La première c'est que les textes sont précédés de deux notices différentes. Chez Rivages c'est un texte de David et Susan Mann qui sont d'après eux les "découvreurs" de ce texte (ce qui pour Phébus est un peu mensonger visiblement). Pour couper la poire en deux, il a été publié en 1989 après une longue absence dans les recueils de nouvelles de Stevenson. Il a été interdit par les descendants de Stevenson (ou plutôt de sa femme Fanny) pour des raisons que nous ne chercherons pas à commenter. En tout cas, ce petit texte c'est 27 pages détachées d'un carnet après la mort de l'auteur pour vendre le récit aux enchères. Personnellement ça ne me plaira pas qu'on abime mon joli moleskine pour le vendre petits bouts par petits bouts (vous allez me dire que je ne suis pas Stevenson). On suppose que cette nouvelle a été écrite entre l'été 1888 et l'automne 1890 lors d'un voyage en bateau où un peu jeu fut lancer : inventer une histoire sur un thèmes proposé par un membre de l'équipage. Si j'ai bien compris, c'était sur les mariages étanges.

Trève de plaisanterie, parlons de l'intrigue. Nous sommes à Royat, près de Clermont-Ferrand. Edward Hatfield rencontre Emmeline Croft. Celui-ci n'a pas un sou vaillant et s'apprête à mendier quand il aborde la jeune fille, qu'il connaît de vue tout de même. Au lieu de le repousser, celle-ci l'invite à la suivre à Paris, puis à Londres… pour lui proposer un étrange marché. On pourrait résumer l'histoire en une phrase : la rencontre entre un jeune homme romantique et désargenté et une jeune femme pragmatique et à l'abri du besoin (c'est là où les gens ont voulu voir un parallèle avec le couple Stevenson-Fanny mais visiblement ce n'est pas le cas). Je n'avais jamais lu de nouvelles de Stevenson et je suis agréablement surprise : il ne parle pas que d'îles, de pirates… mais aussi de relations humaines (on voit que je n'ai rien lu de lui à part L'île au trésor quand j'étais petite). En plus, c'est une nouvelle comme je les aime parce qu'il y a une vraie chute auquelle on ne s'attend pas. Quoique, à la deuxième lecture, on s'aperçoit que l'auteur et le narrateur ont laissé des indices.

En parlant de deuxième lecture, j'en arrive à la deuxième raison de pourquoi je ne suis pas mécontente d'avoir ce volume en double. Rappelez-vous quand j'ai Le château périlleux de Walter Scott, je m'étais posée la question de l'importance du traducteur. J'ai pu tester ! Je vous en donne un aperçu : c'est le tout début de la troisième partie pour ceux qui ont lu le livre. Traduction de chez Rivages :

"Le contrat était recouvert d'une écriture serrée ; on n'aurait pas eu la place de poser un doigt dans l'un des quatre coins …" (p. 73)

Traduction de Phébus :

"Le contrat était un modèle de rigueur et de compacité ; l'on eût été bien en peine d'en tourner la moindre clause." (p. 541)

Cela laisse songeur…

Références

La magicienne de Robert Louis Stevenson – traduction de l'anglais par Patrice Repusseau (Rivages Poches – Bibliothèque étrangère, 1991)

L'ensorceleuse de Robert Louis Stevenson – traduction de Éric Chédaille dans Intégrale des nouvelles – volume 2 (Phébus, 2001)

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