Un Noël blanc de Jennifer Johnston

Quatrième de couverture

Condamnée par sa maladie, Constance Keating a fait un choix simple et décisif, celui de mourir à son rythme, loin de la sollicitude pesante de sa famille et des vains prolongements que peut offrir un temps la science.

Bravant son Irlande pieuse et traditionnelle, elle confiera sa fille au père de celle-ci, un écrivain rencontré par hasard lors d’un séjour en Italie, un Juif d’origine polonaise, qui n’avait jamais appris cette paternité.

Une nouvelle fois Jennifer Johnston fait du roman une arme de libération au service des femmes, dans le contexte si symbolique de l’Irlande.

Mon avis

J’aime d’amour Jennifer Johnston (à part pour son dernier roman paru en France) parce qu’à chaque fois, elle me touche, elle me met les larmes aux yeux (j’ai un côté parfois maso). C’est ce qui nous plaisait, à ma mère et à moi, dans la littérature irlandaise. Bien sûr, il ne faut pas lire ces romans quand on est vraiment trop déprimé (quoique je suis en train de lire Breakfast on Pluto de Patrick McCabe et c’est triste mais réjouissant à la fois, plein de pèche).

Donc encore une fois, elle m’a mis les larmes aux yeux. C’est une femme, quarante-cinq ans, mais aussi une jeune maman, qui se meurt d’une leucémie et qui a décidé de mourir sans que la médecine ait rien décidé là-dedans. C’est donc une femme avec un caractère particulier, un caractère libre et courageux. C’est ce côté libre qui a dirigé toute sa vie. Elle a abandonné ses études pour se débrouiller toute seule et suivre sa voie à Londres (elle n’a pas réussi car elle voulait de venir écrivain). Elle a fait un bébé toute seule. L’impression que cela m’a fait, c’est qu’elle n’a jamais réussi à vivre complètement. On lui dit qu’elle a un petit talent pour l’écriture et elle arrête. Avec le père de l’enfant, c’était le grand amour et elle le quitte une fois qu’elle est enceinte. Finalement, mourir elle ne pourra pas arrêter, même si elle le décide, avant d’avoir réussi. C’est comme si enfin elle arrive au bout de quelque chose.

Jennifer Johnston alterne les périodes de souvenir et les moments de maladie. Au fur et à mesure que le mal avance, cela devient plus confus ou plus mêlé (on est censé suivre le rythme des pensées de Constance car c’est le livre qu’elle écrit pour après sa mort. Par définition, elle ne le finira pas.)

La seule chose qui m’a dérangé c’est les changements de mode de narration. Dans le même paragraphe, où Constance parle, on a une alternance entre le je et le elle. Est-ce que le problème vient de la traduction ? Je n’en sais rien.

Par contre, je retire ce que j’ai dit dans le précédent billet. Cela ne ressemble pas tellement à Hella S. Haasse à part pour le côté un peu nostalgique.

Références

Un Noël blanc de Jennifer JOHNSTON – traduit de l’anglais (Irlande) par Arlette Stroumza (Le serpent à plumes / collection Motifs, 2003)

3 commentaires

    1. Mais elle en a fait des ratés où dans ce cas-là c’est gnian-gnian Je crois que c’est difficile de faire de l’émouvant sans faire du bon sentiment ou sans faire dans la description clinique de sentiments que l’on est censé ressentir pour le personnage. Ce qui est bien ici c’est que tout est dans l’écriture et pas dans l’histoire. Ce n’est pas écrit mais elle arrive à faire passer quelque chose.

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