L’empire d’un homme de Ramón Sender

Présentation de l’éditeur

Une partie de chasse dans la montagne permet de retrouver Sabino, un homme qui a mystérieusement disparu du village il y a 15 ans, et à l’assassinat auquel tout le monde a cru. Sur fond de tensions sociales et d’exploitation politique du moindre fait divers, deux paysans pauvres ont même, à l’époque, été condamnés pour ce meurtre (supposé).

La résurrection du « fantôme »  jette tout le village – de la femme du mort aux familles es condamnés – dans un trouble sans nom, tandis que le nouveau héros, jadis le villageois « le plus pauvre et le plus insignifiant », acquiert un étrange prestige.

L’empire d’un homme est inspiré d’un fait divers réel, que Ramón Sender avait couvert, en tant que journaliste, pour le quotidien El Sol.

Mon avis

J’ai trouvé que ce livre était présenté de manière très intelligente car il permet de mettre en parallèle l’histoire écrite par le romancier et l’histoire écrite par le journaliste. Dans le roman, Ramón Sender utilise une écriture sobre. Malgré quelques arrangements avec le fait divers réel, il laisse à voir ce qu’il passe par la manière dont il agence les évènements et sur la place qu’il prenne dans le roman. La torture, notamment, prend énormément de place dans le livre alors que finalement, elle ne dure que quelques jours (c’est un sujet auquel l’auteur tient et cela se comprend vu sa biographie). Un autre sujet important est la récupération politique du « meurtre » et du retour du « fantôme ». Le retour de Sabino, lui, finalement n’est qu’accessoire et on ne s’attachera pas à lui. De même, qu’au prisonnier libéré, malgré la mort de l’un d’entre eux.

Dans les écrits journalistiques, Ramón Sender se retrouve partie prenante de l’affaire et les écrits et le ton sont très engagé. Pourtant, il ne pourra publier sur les thèmes qu’il développera dans le roman.

Si on voulait résumer, je dirais que le roman est intéressant à lire du point de vue de cette comparaison (de savoir si on est plus libre dans la presse ou le roman, de savoir comment raconter des faits réels, jusqu’où peut-on aller dans l’écriture du roman, en cela l’édition est très intéressante) mais aussi du point de vue du fait divers en lui-même sans se soucier de la réalité (voir comment la machine peut s’emballer, un peu comme dans Le vampire de Ropraz de Jacques Chessex). Il faut aussi souligner que l’écriture de Ramón Sender se prête à une lecture simple, c’est-à-dire à juste lire un bon roman.

Biographie (reprise de chez l’éditeur)

Ramón Sender (1901-1982) se fait connaître très jeune comme journaliste, pour ses prises de positions radicales contre les injustices. Lié aux milieux anarcho-syndicalistes, il commence à écrire des romans sur la prison, les ouvriers, la répression des révoltes paysannes… Journaliste et romancier consacré, il perd durant la guerre civile sa femme et son frère, exécutés par les franquistes. Il s’exile à la fin du conflit au Mexique, puis, en 1949, aux États-Unis. Totalement oublié pendant la période franquiste, durant laquelle ses œuvres sont censurées, il meurt en Californie, en 1982, laissant près de 60 romans. La plupart transposent des épisodes de la guerre civile, en dépeignant l’étrangeté et la complexité des caractères humains dans un monde nimbé de mystères. Mais il a aussi écrit sur Lope de Aguirre et Billy the Kid.

Références

L’empire d’un homme de Ramón SENDER — traduit de l’espagnol par Claude Bleton – postface de Claro – dessins d’Anne Careil (Attila, 2011)

3 réflexions au sujet de « L’empire d’un homme de Ramón Sender »

  1. ça m’intéresse, je l’ai vu sur les éditions Attila, j’ai lu et beaucoup aimé ses deux récits : Requiem et le Gué , je ferai bientôt un billet dessus

    1. Je l’avais vu à la librairie au moment de sa sortie et c’est vrai que maintenant j’ai envie de le lire !

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