L'origine de la violence de Fabrice Humbert

 

 

Quatrième de couverture

"Lors d'un voyage scolaire en Allemagne, un jeune professeur découvre au camp de concentration de Buchenwald la photographie d'un détenu dont la ressemblance avec son propre père, Adrien, le stupéfie.

Rentré en France, il retrouve son père, sa famille, mais le souvenir de la photographie ne le quitte plus. Il décide alors de se lancer dans une recherche qui va bouleverser sa vie.

Ce détenu, nommé David Wagner, se révèle être son véritable grand-père. Peu à peu se met en place l'autre famille, la branche Wagner, la branche cachée, celle dont personne chez les Fabre n'évoque l'existence. Et c'est le destin croisé de ces deux familles, deux générations plus tôt, lorsque l'ambitieux David Wagner rencontra le riche Marcel Fabre et sa femme Virginie, qui éclate alors au grand jour, ainsi que les terribles conséquences que la liaison entre David et Virginie entraîna.

Au cours de sa quête à travers la France et l'Allemagne, dans la nouvelle vie qu'il tâche d'inventer avec une allemande qu'il vient de rencontrer, le jeune homme se rend compte qu'on ne se débarasse pas si facilement du passé – ni du sien ni de celui de sa famille. Lorsqu'on remonte à l'origine de la violence, c'est sa propre violence qu'on finit par rencontrer.

Mon avis

Au début, je me suis dit "Cela doit être un peu comme Les Disparus ou comme Une histoire familiale de la peur". J'ai donc pris L'origine de la violence à la librairie car j'avais apprécié ces deux livres ; en plus, il y avait une banderole qui disait que la libraire avait aimé et que nous avons souvent les mêmes goûts.

Ce que j'avais oublié c'est qu'ici c'est un roman et pas un essai que j'allais lire. L'auteur peut donc se permettre plus de choses. Le livre mélange secret de famille et enquête sur le véritable grand-père déporté à Buchenwald. Le narrateur explore à la fois le passé et le présent de la France et de l'Allemagne. Il ne cherche pas à voir un seul côté ; pour lui, il n'y a pas les bons et les méchants. Il ne glorifie pas son ancêtre disparu. Il veut juste le voir tel qu'il était. C'est ce que j'ai trouvé très intéressant dans ce roman ; est-ce que cela aurait été possible si ça n'avait pas été un roman, je ne sais pas … Quelques fois, il y a des passages un peu psychologiques que j'ai trouvé pas forcément intéressants mais dans l'ensemble, le style de l'auteur sert positivement l'histoire : il décrit son enquête, ses états d'âme, sa vie passée et présente et fait parler sa famille et les témoins. 

Je vais essayer de lire ces deux autres ouvrages pour me faire une opinion plus éclairée sur cet auteur. En résumé, une bonne impression à confirmer !

Références

L'origine de la violence de Fabrice HUMBERT (Le Passage, 2009)

Vinci (tome 1) – L'ange brisé de Didier Convard et Gilles Chaillet

 

 

Résumé

Novembre 1519 à l'abbaye cistercienne de Valuisant. François Ier confie à l'abbé Antoine un tableau de Leonard de Vinci qui ne devra jamais être vu par personne tellement il est la marque d'un esprit tourmenté. L'abbé Antoine demande au roi de raconter l'histoire qui a fait naître cette peinture.

15 décembre 1494 à Milan. On découvre le cadavre du notaire Christoforo di Rodrigo affreusement mutilé : on lui a volé son visage. Un enquête commence … 

A la même époque, Vinci habite aussi Milan. Son entourage proche est composé d'une femme et d'un jeune garçon qu'il appelle Salaï. On comprend rapidement que tous les trois partagent un secret et qu'ils cherchent à se venger. C'est aussi l'époque où Vinci met au point ses machines pour voler.

Alors survient un autre meurtre, cellui d'un notable dont on a aussi volé le viasge. Il a été attaqué par une énorme chauve-souris noire.

Mon avis

Les dessins sont classiques mais au moins j'ai reconnu tous les personnages… Ils m'ont rappelé Tintin ; je crois que c'est à cause de l'écriture des bulles. Les dessins servent bien le scénario qui fait frissonner. J'attends déjà la suite avec impatience !

Un autre avis

Celui de Laetitia La Liseuse.

Références

Vinci (tome 1) – L'ange brisé de Didier CONVARD (scénario) et Gilles CHAILLET (dessin) (Glénat, 2008)

Champollion et le secret des hiéroglyphes de Gilbert Bouchart et de Jean Prost

 

 

Présentation de l'éditeur

"S'il est un personnage historique dont la vie méritait d'être racontée et illustrée, c'est bien Champollion. Du hiéroglyphe à la bande dessinée, voilà un juste renvoi d'ascenseur !


Né à Figeac en 1790, Jean-François Champollion fait très vite preuve d'une vive inclination pour les langues anciennes, notamment l'hébreu, avant de se passionner pour l'Egypte des pharaons et sa mystérieuse écriture. Ecolier à Grenoble, il est remarqué par le préfet Fourier et va suivre des études orientalistes approfondies à Paris. Sa première tentative de déchiffrement de la pierre de Rosette, découverte en 1799 par le lieutenant Bouchard, se solde par un échec.


Il est nommé professeur d'histoire à Grenoble à 19 ans. Les circonstances politiques liées à l'abdication de Napoléon lui feront perdre son emploi, l'obligeront à s'exiler quelques temps dans sa ville natale, et seront préjudiciables à ses travaux. Mais, en 1822, grâce à de nouveaux document égyptiens et sa parfaite maîtrise du copte, il parvient à établir que l'écriture hiéroglyphique est à la fois symbolique, figurative et alphabétique.


Après avoir visité les grandes collections italiennes, il est nommé conservateur du département des antiquités égyptiennes du Louvre. Mais il lui faut attendre 1828 pour se rendre enfin en Egypte, àla tête d'une mission scientifique, d'où il rapportera quelques pièces de grande qualité ainsi que de précieux dessins et notices.


Mort prématurément à Paris, en 1832, Champollion est unanimement considéré comme le fondateur de l'égyptologie moderne.
"

Mon avis

On apprend plein de choses par cette bande dessinnée, surtout quand on ne connaît pas la vie de Champollion. Son père était libraire à Figeac. Son frère, qui était aussi son parrain, l'a beaucoup aidé dans le début de sa carrière (j'aurais aimé en savoir plus sur lui). On ne peut douter du sérieux historique de l'album vu que Jean Prost, le scénariste, est un ancien professeur d'histoire (il est aussi illustrateur de BD) et que celui-ci a été conseillé par Alain Faure, auteur d'une biographie de Champollion (Fayard, 2004). Même le dessinateur, Gilbert Bouchard, est historien de formation.

Côté BD, en tout cas à mon goût, il y a un peu trop de petites étoiles en dessous des dessins (je ne sais pas comment il aurait pu faire autrement à part à allonger l'album) et j'ai parfois eu du mal à reconnaître Champollion de son frère. 

Ce livre permet un premier contact avec Champollion. Il ouvre l'appétit pour dévorer une biographie romancée ou non de l'égyptologue car parfois on regrette un manque d'information sur certains sujets, le format n'étant pas adapté pour tout dire.

Références

Chapollion et le secret des hiéroglyphes de Gilbert BOUCHARD (dessins) et de Jean PROST (scénario) (Glénat, 2009)

Loin d'elle d'Alice Munro

Quatrième de couverture

"Fiona perd pied, des trous noirs semblent embuer sa mémoire, son monde n'a plus de sens. Après s'être résolu à la placer dans une institution, Grant, son époux si tendre et si paisible depuis cinquante ans, va éprouver les affres de la solitude. Mais par amour pour celle qu'il a si profondément aimé, il décide, le moment venu, de se sacrifier. Loin d'elle est une chronique douce et amère d'une vie qui n'est que passage."

Mon avis

Grant se sacrifie dans le sens où quand Fiona "tombe amoureuse" d'un
autre patient et que celui-ci repart chez lui, elle se laisse mourir ;
alors Grant se voit dans l'obligation d'agir pour qu'elle puisse encore
le revoir même si il aime encore par dessus tout sa femme. Les passages
sur le couple de maintenant sont enrecoupés de passages sur le couple
plus jeune où Grant n'hésitait pas à tromper Fiona (c'était le contexte
de l'époque visiblement).

Alice Munro faisait partie des auteurs à découvrir suite à ma lecture de La Reine des lectrices. Samedi, quand je suis allée à la librairie, j'ai pris le plus petit livre d'elle et c'était celui-ci. En réalité, cette petite nouvelle de 80 pages a déjà paru sous le titre L'ours qui traversa la montagne dans le recueil Un peu, beaucoup … pas du tout et a été réédité à l'occasion de la sortie du film qui s'en inspire (la photo sur livre ne donne pas vraiment envie d'aller voir le film).

C'était une découverte pour moi : elle est un peu en demi-teinte. C'est agréable à lire mais sans plus. Je retentrai à l'occasion …

Références

Loin d'elle d'Alice MUNRO – traduit de l'anglais par Geneviève Doze (Rivages poche, 2007)

La sorcière de Salem d'Elizabeth Gaskell

 

 

Résumé

Loïs Barclay, jeune fille de 17 ans, vit en Angleterre dans le Warwickshire. A cause du décès de ses deux parents, elle doit retrouver en Amérique, plus exactement à Salem, son oncle maternel qui y était parti car il était devenu puritain. Elle pose les pieds aux Etats-Unis à Boston : elle y découvre de nouvelles manières, des personnes fort sympathiques mais très croyantes (on comprend rapidement qu'elle trouve cela un peu excessif). Le capitaine Holdernesse qui l'a amené en Amérique va jusqu'à Salem pour confier Loïs à sa "nouvelle famille". Son oncle est mourrant, sa tante est plus jeune mais très stricte et autoritaire (et aussi très religieuse) : elle l'accueille comme une étrangère. Le couple a trois enfants : un grand garçon, plus vieux que Loïs, du nom de Massaneh, une grande fille Faith, secrètement amoureuse d'un homme d'église et Prudence, une gamine méchante qui prend plaisir à rendre malheureux son entourage. Ils ont aussi une vielle bonne indienne. Loïs trouve rapidement sa place mais sa vie bascule au moment où son oncle meurt : Massaneh insiste pour qu'ils se marient (il entend des voix qui lui disent), Faith devient jalouse, Prudence reste Prudence.Là dessus arrive la fameuse affaire des sorcières de Salem et l'hystérie collective qui la dirige. Loïs devra subire le jugement de la population …

Mon avis

C'est un très bon roman qui parle de l'hystérie d'une foule qui a besoin de coupables quand se produit des faits incompréhensibles. Ce roman, c'est aussi la critique d'un piétisme poussé à l'extrême ; la religion n'est plus religion mais plutôt un dogme qui sert à exclure toute personne ne partageant pas certaines croyances. Elizabeth Gaskell, par un style très clair et limpide, fait de ce livre un livre qu'on ne peut oublier. Première découverte de cette auteure (pourtant très connue dans la blogosphère) réussie ! 

L'avis de

Isil. Il y en aura beaucoup d'autres dans peu de temps car il fait parti de la chaîne des livres organisée par Ys (je me suis pas inscrite mais j'ai repéré les titres intéressants à première vue).

Références

La sorcière de Salem d'Elizabeth GASKELL – traduction par Roger Kann et Bertrand Fillaudeau (José Corti – collection romantique n°73, 1999)

Les maîtres de Glenmarkie de Jean-Pierre Ohl

Résumé

On est en Ecosse dans les années 1950, plus exactement sur l'île d'Islay. Mary Guthrie, fille du bedeau, attend Ebenezer Krook, prêtre catholique de la paroisse, qui arrive par la navette. Elle est très jeune mais Ebenezer Krook tombe amoureux de ces genoux. Au cours d'une conversation rapide, Ebenezer parle de sa mère et de ses deux passions : le roman victorien et sir Thomas Lockhart de Glenmarkie. D'après le prêtre, c'est un "obscur rimailleur de l'époque de la Guerre civile", "auteur de quatre ou cinq élucubrations aux titres imprononçables", "royaliste bien entendu" et "mort de rire en apprenant la restauration des Stuart". Visiblement, la famille Krook serait apparentée aux Lockhart par une branche "batarde". Quelques années plus tard, Mary, qui poursuit des études littéraires à Edimbourg, et Ebenezer couche ensemble (pas très catholique pour un prêtre).

Il s'enfuit pour tout avoué à son supérieur, celui-ci lui explique que ce n'est pas grave, qu'il suffit juste de faire ce genre de choses discrètement. Il va dans un bar, se saoule et remet sa démission à son supérieur sur les conseils d'un type rencontré au bar. Ce dernier l'amène à Edimbourg où il va devenir libraire. Un peu curieux pour un homme qui ne lit qu'un seul livre Martin Eden de Jack London. On découvre que ce livre lui a été donné par son père qui est mort durant la guerre d'Espagne quand il était petit. En réalité, il cherche son père dans ce livre. Sa vie va être bouleversée au cours du roman : il se rend compte qu'un petit bout de son père est dans chaque livre, il va réussir à comprendre ce qui s'est passé avec son père …

Quand Mary s'aperçoit que Ebenezer est parti, elle aussi part de son île et décide de faire son mémoire de master sur Thomas Lockhart. Pour trouver de nouveaux manuscrits ou bien le légendaire trésor de Thomas Lockhart, elle part au manoir de Glenmarkie et rencontre ses habitants particulièrement loufoques …

Le roman alterne les récits d'Ebenezer et de Mary. Il s'y entremêle à la fois, de l'aventure, des histoires de famille, des références littéraires, de l'humour …

Mon avis

C'est un excellent livre !!! On y passe un très bon moment de lecture. On ne s'ennuie jamais. Les deux histoires ont comme lien les Lockhart et les liens sont vraiment réussis : l'intrigue n'est pas téléphonée (je ne sais pas si on eut dire ça ?). L'écriture est un peu comme dans les vieux romans anglais victoriens dont on retrouve l'atmosphère (le vieux manoir délabré, les personnages loufoques dont on amplifie les caractères, la librairie où il y a de vieux grimoires, le meuble avec des secrets …

Un deuxième roman à lire !!! Je vais regarder pour lire le premier … 

L'avis de

Lou … qui détaille un peu plus et explique beaucoup mieux !

Références

Les maîtres de Glenmarkie de Jean-Pierre OHL (Gallimard, 2008)

Au bon roman de Laurence Cossé

 

Quatrième de couverture

"Un fou de Stendhal et franc misanthrope, reclus dans un hameau de Savoie, est abandonné en forêt par des individus qui l'y ont amené de force en pleine nuit. Une très jolie blonde rôdée à la conduite automobile quitte brusquement une route qu'elle connaît comme sa poche. Un Breton sans histoire, habitué à faire chaque matin la même promenade au bord d'une falaise, trouve sur son chemin deux inconnus qui ont tout l'air de l'y attendre. Mais le lecteur comprend bientôt qu'on n'est pas dans un roman policier classique. Les agresseurs ne sont ni des agents secrets ni des trafiquants. Ils ne s'attaquent pas à des durs mais à des tendres, un ancien routard devenu libraire, une mécène mélancolique, et à une entreprise dont aucun des deux n'avait imaginé qu'elle pourrait fâcher.

Qui, parmi les passionnés de roman, n'a rêvé un jour que s'ouvre la librairie idéale ? Non pas ce qu'on appelle une bonne librairie, où l'on trouve de bons romans, mais une librairie vouée au roman où ne sont proposés que des chefs-d'oeuvre ? En se lançant dans l'aventure, Ivan et Francesca se doutaient bien que l'affaire ne serait pas simple. Comment, sur quels critères, allaient-ils faire le choix des livres retenus ? Parviendraient-ils un jour à l'équilibre financier ?

Mais ce qu'ils n'avaient pas prévu, c'était le succès."

Mon avis

J'ai beaucoup aimé ce roman parce que c'est un livre qui parle de livres. Comme tout ceux du même genre, il vous donne envie de découvrir tous les auteurs qui sont cités (jamais très bon pour la LAL). Il m'a aussi fait beaucoup réfléchir sur ce que j'attendais d'une librairie.

Dans Au bon roman, les "bons romans" sont choisis par un comité de huit personnes, toutes écrivains (dont les deux fondateurs de la librairie apprécient les oeuvres). Je me suis demandée si finalement il fallait forcément écrire soi-même pour apprécier un roman à sa juste valeur. De même pour apprécier la musique faut-il être musicien soi-même. Cela rejoint un peu la question que je m'étais posée à l'occasion de ma lecture de La reine des lectrices : un bon lecteur est-il un lecteur qui écrit ?

J'en reviens au comité de choix de fond de la librairie. Chacun fait une liste de 600 romans et tous les livres cités sont mis au fond de la libraire : un "bon roman" n'est donc pas forcément reconnu comme tel par tout le monde. J'ai apprécié cela. De plus, toute nouvelle suggestion, si elle est validée par le comité, est rajoutée à la liste des bons romans.

Ce qui m'a épaté, plus que le concept de la librairie, c'est les libraires. Ils conseillent des livres récents comme des livres plus anciens, des livres qu'ils ont lu ou qu'ils viennent de lire et qui les ont marqués. J'ai remarqué que souvent, les libraires conseillent surtout les nouveautés. Un libraire qui me conseille Marcel Aymé, j'avoue que je serais étonnée. Ce sont ces libraires qui font pour moi du Bon Roman la librairie idéale (plutôt que son catalogue). Ce que j'ai beaucoup aimé aussi dans cette librairie, c'est la manière dont sont rangés les livres : par pays, poches et grands formats mélangés !!! C'est mon rêve parce que j'aime découvrir la littérature comme ça.

Le roman, pour une bonne partie, parle de la jalousie, de la colère des auteurs qui ne sont pas dans la liste des bons romans. Ca m'a fait rire. C'est un faux débat car il n'y a aucune librairie qui peut prétendre avoir tous les livres qui paraissent (on peut commander tous les livres que l'on veut). Comme il y en a qui ne choissisent d'avoir que les nouveautés, Au bon roman ils n'ont que ce qu'ils aiment et admirent. D'autres libraires peuvent trouver d'autres bons romans dans les recalés. Par exemple, ma cousine adore Marc Levy et le mettrait sûrement dans les bons romans, moi non. C'est très subjectif comme principe.

Les histoires d'amour qui sont sous-jacentes dans le livre sont bien mais sans plus. C'est peut-être ce qui empêche ce livre d'être un de mes coups de coeur. En tout cas, c'est un roman qui fait rêvé … 

Et vous, quelle est votre librairie idéale ? 

D'autres avis

Cuné, Clarabel, Amanda Meyre, Ys

Références

Au bon roman de Laurence COSSE (Gallimard, 2009)

Day de A.L. Kennedy

 

 

Quatrième de couverture

"Alfred Day a quinze ans lorsque la guerre éclate en 1939. Pour fuir un père alcoolique, il s'engage dans la Royal Air Force. La guerre sera son terrain d'apprentissage : il y découvre l'amitié  auprès de ses compagnons d'armes, les romans d'Arthur Conan Doyle, et l'amour, dans les bras de Joyce. Mais la violence le rattrape. Au cours d'une mission de bombardement, son appareil est abattu. Seul survivant de l'équipage, il est capturé par l'ennemi.

Quelques années plus tard, même s'il a recouvré la liberté, Day est prisonnier de ses souvenirs. En 1949, il décide de solder son passé en acceptant de faire de la figuration dans un film sur la Seconde Guerre mondiale. Au milieu d'acteurs en costume et de décors en carton-pâte, il retrouve la douleur du deuil et la peur perpétuelle.

Dans ce livre baroque, aux accents dostoïevskiens, A.L. Kennedy plonge un homme ordinaire dans des situations qui le dépassent et révèlent sa complexité. Styliste virtuose, elle signe avec Day son oeuvre la plus aboutie."

Mon avis

Le voilà enfin mon billet sur Day ! J'ai mis deux semaines à lire un livre de 330 pages : je n'en reviens toujours pas. Je suis assez mitigée sur cette lecture. Ce livre, c'est un coup de poing dans la figure (c'est ça la littérature, non ?). Il vous rappelle que la guerre ça ne s'arrête pas à l'armistice. Il reste après non seulement des sequelles économiques, démographiques … pour les pays mais surtout des séquelles psychologiques pour ceux qui l'ont endurés. Je trouve l'idée qu'Alfred Day, qui a été mitrailleur dans l'aviation puis prisonnier dans un camp pendant la guerre, retourne après la guerre dans un faux camp à l'étranger (pour ceux qui l'ont lu, j'ai cru comprendre que c'était en Allemagne mais est-ce vrai ?) pour essayer de vaincre ces démons très bonnes. Cela donne l'impression qu'il tourne dans une boucle et qu'il n'arrive pas à en sortir. L'écriture de Kennedy permet de décrire tous les sentiments d'Alfred avec une justesse incroyable.

Le problème est justement là, c'est l'écriture de Kennedy. Pendant les 70 premières pages, je me suis dit "abandone ? abandonne pas ? abandonne ? abandonne pas ?". Il fallait que je me concentre pour comprendre à quelle période de la vie d'Alfred on était. Après, je me suis habituée : j'ai alors trouvé ce roman angoissant, voire étouffant : on ressent vraiment les émotions d'Alfred Day. A la fin, je m'étais trop habituée et j'étais comme détachée du livre et alors j'ai trouvé qu'il y avait beaucoup de longueurs (entre autre, la fin avec l'histoire entre Alfred et Joyce) et que c'était finalement un peu lourd.

Je vais accorder une deuxième chance à A.L. Kennedy parce que dans ce livre il y a quand même de bonnes choses mais je n'ai pas dû rentrer par la bonne porte dans son univers.

Extraits

"Alors, sans hâte, elle éteint la lampe et enlève le camouflage et ils se tiennent côte à côte et, par la fenêtre, Alfred observe les gifles et les traînées de lumières – lumières de la guerre – qui fouillent, frémissent et saignent. La nuit se fend et la plaie se referme, puis elle se fend de nouveau, et il la sent trembler, sa propre peau, déroutée, prise dans la trépidation générale, et il voit le petit jardin, en bas, apparemment intact, mais tout de métal sombre, élaboré de manière précise, mystérieux." (p. 119)

"Il fut un peu surpris de voir l'homme aux mains bandées allongé dans le sable avec le nez qui pissait un sang tout à fait convaincant, puis il perçut une douleur dans les articulations de sa main droite et comprit qu'il avait boxé le type, l'avait frappé très fort, s'était enroulé cette idée à partir de la taille, puis l'avait expulsée avec ce qui était peut-être de la colère, peut-être de la joie – pour l'instant, en tout cas, il se sentait totalement immobile et merveilleusement détendu." (p. 159)

Références

Day de A.L. KENNEDY – traduit de l'anglais par Paule Guivarch (Editions de l'Olivier, 2009)

A.L. Kennedy

Biographie

Alison Louise Kennedy est née à Dundee (Ecosse) le 22 octobre 1965 et vit aujourd'hui à Glasgow. Elle a fait ses études secondaires à Dundee( 1970 – 1983) puis a été à l'université de arwick de 1983 à 1986 où elle a étudié l'anglais et l'art dramatique. Elle a eu son BA avec les honneurs.

Elle a été écrivain en résidence dans de nombreux endroits notamment à l'Université de Copenhague en 1995.

Depuis 1990, elle est aussi critique et journaliste pour le Scotsman, le Glasgow Herald, la BBC, la STV, le Telegraph, l'Irish Times … De 2000 à 2005, elle a entre autre travaillé au Guardian. comme chroniqueuse Outre ses "travaux d'écriture" dans la presse écrite, elle est aussi éditrice en chef du magazine Outside Lines de 1989 à 1995 (depuis 1998, elle est membre du comité de management), de New Writing Scotland de 1993 à 1995 et de New Writing 9 en 2000.

Romancière et nouvelliste, elle écrit également pour le théâtre (elle est même comédienne de stand-up !), le cinéma  et la télévision. Elle enseigne la création littéraire à l'université (Saint Andrews puis Warwick) depuis 2002.

Elle a été deux fois, en 1993 et en 2003, sur la liste Granta des vingt meilleurs jeunes romanciers britanniques. Ils ne sont que deux à avoir réussi cela : Kazuo Ishiguro et elle ! Elle a reçu de nombreuses récompenses pour ses romans et recueil de nouvelles. Par exemple, son dernier roman, Day, a eu plusieurs prix : le Costa Award, le Costa Best Novel Award, le Eifel Literturpreis, le Austrian State Prize for European Literature, le Saltire Award.

Bibliographie (traduction française)

  • Volupté singulière (Editions de l'Olivier, 2001)
  • Un besoin absolu (Editions de l'Olivier, 2003)
  • Le Contentement de Jennifer Wilson (Editions de l'Olivier, 2004)
  • Paradis (Editions de l'Olivier, 2006)
  • Day (Editions de l'Olivier, 2009)

Sources

Les fleurs du Cardinal Richelieu de Zaz et Esteve Polls Borrell

 

 

Quatrième de couverture

"Lyon, le 12 septembre 1642. Le marquis de Cinq-Mars est décapité place des Terreaux, pour avoir comploté contre le roi (rappel de moi : c'est une exécution célèbre car le bourreau a dû s'y reprendre à deux fois). Dans le même temps à Paris, Thomas de Vineuil rédige la dernière page de son journal. Il sait que les sbires de Richelieu vont venir le tuer, car il a pris part au complot. Il se remémore la querelle qui, sept ans auparavant, l'a entraîné dans la spirale des intrigues, alors qu'il pensait devenir simple professeur de botanique au Jardins du Roi (futur jardin des plantes) de monsieur Guy de la Brosse. Le récit narre l'histoire de Thomas, jeune botaniste surdoué, forméà l'université et complétant son savoir auprès des rebouteux du peuple. A une époque où la médecine tatonne, Thomas est une sorte de sorcier, capable de soigner ou de tuer, en utilsant les plantes. Repéré par Richelieu, il va devenir l'un de ses principaux outils pendant les querelles et conspirations de la fin du règne de Louis XIII. Aidé de Guéraud, un Garde du Cardinal, aventureux et désinvolte, Thomas va être l'instrument de l'Histoire."

Mon avis

Le scénario est absolument génial : plein de suspsens, d'intrigues, de manigances ! Les dessins sont assez beau. Le seul petit défaut c'est que les personnages se ressemblent un peu tous (c'est l'époque qui veut ça) ; on ne les distingue bien que grâce aux couleurs qui sont assez sombres. C'est tout de même un très bel album pour qui aime les bandes dessinnées historiques.

Références

Les fleurs du Cardinal Richelieu de ZAZ (scénario) et Esteve POLLS BORRELL (dessins) (Editions Claire de Lune – collection Centurion, 2008)