Un rival pour Sherlock Holmes de Béatrice Nicodème

Quatrième de couverture

Deux enquêtes à la fois : un vrai casse-tête ! le jeune Wiggins ne sait plus comment s’y prendre. Retrouver l’insaissable Mr Charleston, c’est déjà un défi ! Mais la mission confiée par Sherlock Holmes se révèle encore plus périlleuse. Pour le petit vendeur de journaux, Londres devient un véritable coupe-gorge. D’autant que le célèbre détective ne fait rien pour l’aider.

Mon avis

Mr. Black demande à Wiggins de retrouver Mr Charleston sous un faux prétexte. En effet, il prétend être le rescapé du naufrage dans lequel le père de Wiggins est mort il y a huit ans. Mr Black prétend que le père et lui ont gagné au jeu des titres de propriétés de mines en Afrique du sud qui ont beaucoup gagné ces derniers temps. Mais qu’avant le naufrage, ils se sont fait tous les deux par Mr Charleston. En même temps, il y a un vol de documents secret à l’Amirauté ; c’est Sherlock Holmes qui demande de l’aide à Wiggins qui est chargé l’enquête. Wiggins ne sait plus trop où donner de la tête surtout quand après il est victime de tentatives de meurtres.

J’ai aimé mais moins que celui de ce matin. Comme la quatrième couverture le dit, il y a deux enquêtes. Aucune enquête n’est abandonnée en cours de route. Ici, Sherlock Holmes se montre plus distant et plus cachottier avec Wiggins. Il y a moins de complicité et surtout on sent pour l’un qu’il cherche à utiliser un maximum l’autre et pour l’autre qu’il cherche à rentrer en compétition (vous allez me dire que c’est un peu le sens de rival). Finalement, Sherlock et Wiggins arrivent tout de même à se retrouver. Ce qui est particulièrement réussi c’est le mélange des deux intrigues (il y a des romans pour adultes qui devraient chercher à imiter ça). Cela reste dans la continuité du récit ; c’est très astucieux. Dans ce volume, on rentre aussi plus dans le passé de Wiggins et on le comprend encore un peu mieux.

Un volume des aventures de Wiggins bien sympathique donc ! Il ne m’en reste plus qu’un à lire 🙁

L’avis de Matilda.

Références

Une rival pour Sherlock Holmes de Béatrice NICODÈME (Livre de Poche Jeunesse, 1993)

Wiggins et les plans de l'ingénieur de Béatrice Nicodème

Quatrième de couverture

Wiggins, jeune apprenti détective, est chargé par Sherlock Holmes de retrouver Richard Western, un dangereux fugitif qu’on soupçonne de s’être réfugié sur la côte bretonne. Sur le bateau qui le mène en France, Wiggins est abordé par un individu inquiétant. Mais à son arrivée à Roscoff, les journaux lui apprennent que Richard Western vient d’être arrêté par Sherlock Holmes ! Qui est alors le mystérieux inconnu à l’oeil de verre rencontré sur le bateau ?

Une nouvelle enquête de l’assistant de Sherlock Holmes, parsemée de fausses pistes, de rebondissements et de vrais tueurs …

Mon avis

Je suis embourbée dans des lectures de rentrée littéraire. Toute déprimée de lire des livres tellement …, j’ai pris un Wiggins (que j’ai trouvé avant-hier en occasion à Gibert !!! car en plus il n’est plus édité). Je l’aime de plus en plus ce Wiggins ! C’est un petit livre de 150 pages à rapprocher par sa construction à Wiggins et Sherlock contre Napoléon. Il y a deux intrigues développées de front dans une première partie puis une est abandonné pour que soit mener tambour battant la seconde.

L’intrigue abandonnée (je vous en dévoile une partie mais elle est trop mignonne) est que Sherlock Holmes voulait donner à Wiggins l’argent du voyage pour aller en Bretagne pour passer Noël chez son ami Louis. Comme il ne voulait pas le froisser, Sherlock a inventé une enquête. Quand Wiggins s’en rend compte, il engueule littéralement Sherlock. Les deux se fâchent et vont s’affronter (en tout cas leur talent pour la déduction) sur la deuxième intrigue (intrigue qui ressemble fortement à des nouvelles de Sherlock : une jeune femme vient trouver le détective pour qu’il enquête sur le meurtre de son fiancé, ingénieur qui avait mis au point des plans secrets).

Vous l’aurez compris l’intrigue est prenante mais c’est surtout le côté humain qui fait tout le charme de ce volume. Maintenant je retourne à mes lectures …

Références

Wiggins et les plans de l’ingénieur de Béatrice NICODÈME (Souris noire – Syros, 2006)

An Enola Holmes Mystery – The Case of Missing Marquess de Nancy Springer

Il s’agit de la première aventure d’Enola Holmes dont vous avez sûrement déjà du entendre parler sur d’autres blogs. Vous pouvez notamment lire un autre avis sur ce tome chez Erato (qui elle l’a lu en français). Parce que oui j’ai décidé de compliquer la chose et de les lire en anglais. J’avoue que j’ai quand même acheté le tome 1 en français (je vais le lire après ce billet) pour savoir si j’avais bien tout compris parce que le vocabulaire des descriptions est omniprésent et ce n’est pas ce que je maîtrise le mieux. Voilà pour le niveau d’anglais. Le livre est destiné au plus de huit ans ; cela fait donc très peur pour mon niveau d’anglais.

Pour ce qui est de l’histoire, j’ai beaucoup beaucoup aimé. Comme c’est le début de la série, elle se divise en deux partie : 100 pages de présentation et 100 pages d’action même si la première partie ne manque pas d’actions. On est le jour des quatorze ans d’Enola Holmes (à l’envers cela donne alone qui veut dire seul en anglais). La femme de ménage lui donne ses cadeaux car sa mère n’était pas sûre de pouvoir rentrer à temps. Pour le coup, elle ne rentre même pas du tout ! Après deux jours où Enola pense pouvoir la retrouver seule, elle se rend à l’évidence et appelle ses frères, Mycroft et Sherlock, à la rescousse. Elle ne les a pas vu depuis dix ans (c’est comme si elle ne les connaissait pas), c’est-à-dire depuis la mort de leurs pères. Elle pense que c’est de sa faute (je n’ai pas compris pourquoi). Au vue du texte, j’ai pensé que cela pouvait être à cause de l’âge de sa mère (soixante quatre ans au moment de sa disparition) mais je ne vois  pas trop pourquoi. Elle est tout de suite déçue par ses frères et il y a de quoi. Holmes arrive tout de même à dire, et ce alors qu’elle est dans la pièce,

« Mycroft. »Sherlock intervened, « the girl’s head, you’ll observe, is rather small in proportion to her remarkably tall body. Let her alone. There is no use in confusing and upsetting her when you’ll find out for yourself soon enough. »

Mycroft ne se soucie absolument pas de la disparition de sa mère mais uniquement de l’argent qu’il pense qu’elle lui a escroqué. En effet, comme fils aîné, c’est lui qui a hérité de la demeure familiale et non sa mère, et c’est donc lui qui paye les factures, notamment celle du palefrenier et du jardinier. Le problème est qu’il n’y a pas de chevaux et que l’herbe est aussi haute que si vous reveniez après deux mois de vacances. Il paye aussi pour l’éducation de sa sœur. Mais celle-ci a été à l’école du village puis sa mère l’a retiré en expliquant à Enola qu’elle pourrait faire mieux toute seule. Mycroft décide de tout reprendre en main pendant que Sherlock fait semblant d’enquêter. Il décide notamment d’envoyer sa sœur dans une école où les jeunes filles apprennent les bonnes manières et portent des corsets !!! Horrifiée, Enola s’enfuie pour aller à Londres. En chemin, elle est embarqué dans la disparition de Lord Tewksbury, jeune garçon de douze ans. Elle va résoudre ce mystère sans Sherlock mais surtout à la barbe de celui-ci.

Tout de suite, Sherlock verra son aura diminué pour sa sœur. Elle a compris à la fin de cette première aventure qu’elle a beaucoup d’atouts.

I knew thing Sherlock Holmes failed even to imagine. Whereas he had overlooked the significance of my mother’s bustle (bagage) and her tall hat (in which I suspected she had carried quite a stout roll of bank notes), I, on the other hand, understood the structures and the uses of ladies’ underpinnings and adornments. I had shown myself adept at disguise. I knew the encoded meanings of flowers. In fact, while Sherlock Holmes dismissed « the fair sex » as irrational and insignificant, I knew of matters his « logical » mind could never grasp. I knew an entire world of communications belonging to women, secret codes of hat brims and rebellion, handkerchiefs and subterfuge, feather fans and covert defiance, sealing-wax and messages in the positionning of a postage-stamp, calling cards and a cloak of ladylike conspiracy in which I could wrap myself. I expected that without much difficulty I could incorporate weaponry as well as defense and supplies into a corset. I could go places and accomplish things Sherloc Holmes could never understand or imagine, much less do.

Vous l’aurez compris j’espère, j’ai beaucoup beaucoup aimé cette première aventure d’Enola, jeune fille indépendante, déterminée et très drébouillarde. Cela Tombe bien parce que j’ai les cinq tomes suivants dans ma PAL. Tous en anglais mais bon, quand on aime cela ne dérange pas !

Références

An Enola Holmes mystery – The Case of the missing marquess de NANCY SPRINGER (Puffin Books, 2007)

Les mystères du véritable Sherlock Holmes – 2e épisode : Les yeux de la terreur

Le synopsis de ce génial épisode est le suivant :

Récemment installé dans une petite ville du nord de l’Angleterre, Arthur Conan Doyle ouvre son cabinet de médecine. Rien qui ne sort de l’ordinaire sinon les appel au secours d’une jolie malade qui prétend être poursuivie par un rôdeur d’aspect sinistre. Si le jeune médecin doute d’abord, il se rend à l’évident : sa patiente dit vrai. Et sa disparition soudaine, alliée à la découverte de deux cadavres et à la visite d’une  maison à la réputation sulfureuse le pousse à demander de l’aide auprès de son vieil ami, le Dr. Joseph Bell.

Deuxième tome des Grandes énigmes de Conan Doyle et suite de Meurtres en série, Les yeux de la terreur marque le départ de Robin Laing au profit de Charles Edwards dans le rôle d’Arthur Conan Doyle. Toujours interprète du Dr. Joseph Bell, Ian Richardson est fidèle à lui-même, particulièrement crédible et caustique dans une histoire où mystère n’est as un vain mot.

Deuxième épisode de la série et encore meilleur que le premier. Doyle a fini ses études de médecine et cherche à s’établir avec un ancien camarade qui a trouvé le moyen de s’enrichir grâce à la médecine en faisant des consultations gratuites. Ben oui, il prescrit toujours le même médicament, qui lui ai payant mais surtout est fabriqué par lui. Doyle ne supporte pas ça parce qu’il a une meilleure idée de la médecine. Il quitte le cabinet en emportant une cliente : la cycliste qui lui a fait part de ses problèmes. Elle croit avoir des problèmes aux yeux car elle pense être suivi par un homme quand elle fait du vélo (moi aussi j’aurais eu peur). C’est un clin d’œil évident à la nouvelle de Sherlock Holmes, La cycliste solitaire.Comme elle est assez jolie, Doyle vérifie son histoire qui s’avère vraie mais il n’arrive pas à résoudre qui est le mystérieux poursuivant.

Pourtant, il se fait accusé par son ancien camarade de vol. Heureusement, le professeur Bell arrive pour résoudre les deux problèmes. Celui avec l’ancien camarade en moins d’une minute mais l’autre en beaucoup plus de temps. Il se trompe notamment, exactement comme dans la nouvelle de Sherlock Holmes. Mais là s’arrête les ressemblances. Le scénario est très original et très bien mené car on ne s’attend pas à ce type d’enchaînement et pourtant on a tous les indices qui pourraient nous y mener. Au bout d’une heure trente j’ai cru que l’épisode était fini mais non !  Bell contredit tout ce qui vient d’être dit par un dénouement inattendu (en tout cas par moi) de dix minutes où on se dit comment je n’ai pas vu le voir avant, c’était évident : ce personnage était trop gentil, trop fragile et innocent.

Comme le synopsis le dit, on a changé de Doyle entre les deux épisodes. J’aimais beaucoup le premier mais pour cette histoire il faisait trop jeune. On peut croire ici qu’il a fini ses études de médecine. En plus il fait intelligent mais sensible aussi (à cause des tâches de rousseur sur le visage). Cet épisode marque aussi une évolution dans les relations Doyle/Bell. Alors qu’avant on était plutôt dans la relation maître à élève. On passe à une relation plus complice, plus collègue même si Bell cherche toujours à montrer le bien fondé de sa méthode. Leurs personnalités aussi évolue vers le couple Watson/Sherlock. Doyle montre plus de cœur que de raison en tombant amoureux de sa patiente tandis que Bell se montre intéressé par la justice (qui doit être implacable) et par la résolution de l’affaire. Dans le troisième épisode de la série, Doyle est à Londres si j’ai bien compris (parce que là aussi je me suis endormie).

Pour conclure, vous savez quoi cet épisode c’est aussi un livre : The patient’s eyes : the dark beginnings of Sherlock Holmes de David Pirie.

Trop bien, non ?

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Les mystères du véritable Sherlock Holmes – 1er épisode : Meurtres en série

Le coffret que vous voyez en photo est en métal, c’est terriblement original et surtout magnifiquement beau. Vous l’ouvrez et vous avez les cinq épisodes (chacun accroché à une petite fiche) de la série Murder Rooms consacré aux enquêtes réalisées par le Professeur Doyle en collaboration avec le jeune Arthur Conan Doyle.

Je ne vais ici vous parlez que du premier épisode parce qu’il y a déjà plein de choses à raconter et que je me suis endormie pendant le deuxième mais que tout était différent du premier.

Le synopsis est le suivant :

Étudiant en médecine à Edimbourg, le jeune Arthur se lie d’amitié avec l’un de ses professeurs, le Dr. Joseph Bell qui compte parmi les plus grands chirurgiens de son temps. Mais Bell n’est pas seulement  un expert en maniement du bistouri et du scalpel ; il possède un sens aigu de la déduction et de l’observation. Un don si remarquable que la police recourt à ses services dans une série de meurtres qui implique le premier serial killer de l’histoire …

Si Sherlock Holmes n’apparaît dans Meurtres en série, il est néanmoins très présent à travers les personnages de Sir Arthur Conan Doyle, son créateur, et du Dr. Joseph Bell, l’homme qui l’a inspiré. Entre réalité et fiction, stylé et brillant, le film donne à Ian Richardson, qui incarne Sherlock Holmes dans Le chien des Baskerville et Le signe des quatre, un rôle extraordinaire de limier. Surtout remarqué dans Alien 3 et Last Action Hero, Charles Dance complète une distribution déjà très riche.

On va d’abord commencer par Arthur Conan Doyle. L’acteur, Charles Dance, joue très bien la fraîcheur d’un jeune garçon qui débarque dans le monde : la découverte, l’innocence, les idéaux. En effet, il est censé débarquer d’un pensionnat de jésuite pour faire ses études de médecine. Il découvre alors l’ampleur de la « maladie » de son père, que sa mère s’est ingéniée à lui cacher comme d’ailleurs au reste du monde. Il découvre aussi le monde de l’Université, suffisamment misogyne pour s’étonner que des femmes veulent faire des études de médecine. On leur refuse notamment l’accès aux cours d’anatomie (impliquant des dissections). Arthur Conan Doyle ne comprend pas ces idées et va même jusqu’à tomber amoureux d’Elspeth Scott, incarnée par Dolly Wells qui est très très jolie dans ce rôle. Il rencontre la sœur et le mari de celle-ci. Il a refilé la syphilis à sa femme car il va voir les prostituées. C’est bien sûr un secret honteux qui ne doit pas être éventé. C’est le docteur Bell qui est appelé au chevet de la dame heureusement. Car si le lord était mis au courant de la maladie, pourrait interner sa femme sous prétexte qu’elle a fauté et refuser de se faire examiner ! Au même moment, différentes bizarreries arrivent dans Édimbourg, un mendiant est tué, une chambre aspergée de sang. On retrouve à chaque fois un tas ordonné de pièce de monnaie. Bell va arriver à démêler tout ça avec brio, tout en expliquant à Arthur Conan Doyle sa méthode. Il y a notamment un clin d’œil au Signe des quatre, et plus particulièrement au passage où Holmes analyse la montre du frère de Watson (là il le fait avec la montre du père de Doyle). Il y a sûrement d’autres allusions mais pour cela il faut que je potasse mes Sherlock Holmes.

De plus, les décors sont sublimes (un peu parce que la ville d’Edimbourg est magnifique). L’acteur qui joue Bell pousse le vice jusqu’à avoir des traits communs (au niveau du visage) avec Jeremy Brett, mon Sherlock Holmes.

Vous l’avez compris, je suis enthousiaste après ce premier épisode (qui n’est qu’un épisode de présentation des personnages et de la méthode). Je vais arroser mon jardin et sortir mes lessives avant qu’il fasse nuit et après j’essaye de visionner le second sans m’endormir. C’est l’histoire d’une cycliste solitaire qui vient consulter le docteur Doyle. Je suis sûre que cela vous dit quelque chose !

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Wiggins et Sherlock contre Napoléon de Béatrice Nicodème

Quatrième de couverture

Wiggins est un peu déçu par la nouvelle mission que lui a confiée Sherlock Holmes : il aurait préféré enquêteer sur le redoutable « Napoléon du crime » avec le détective plutôt que de filer Robert Petticoat, un jeune noble soupçonné d’appartenir à un réseau anarchiste. D’autant que Petticoat sillonne Londres en tous sens du matin au soir ! Un après-midi, Wiggins le suit dans les allées de la National Gallery, où tous deux restent jusqu’à la fermeture. Le lendemain, on apprend qu’un très célèbre tableau du musée a disparu…

Mon avis

Je continue ma découverte des Wiggins de Béatrice Nicodème grâce à Matilda. Pour l’instant, cet opus est mon préféré et de loin pour plein de raisons différentes. D’abord l’intrigue est plus costaude (je ne sais pas si ça se dit) et cela se voit car il fait le double de pages ! En réalité, il y a deux intrigues différentes qui s’entremêlent ensuite : une concernant l’enquête de Wiggins et une concernant Sherlock. Tout cela va tourner à l’avantage de Wiggins, qui va comme donner une leçon à Sherlock. Ce que j’aime aussi dans cette série c’est que Sherlock est humain. Il est conscient d’être supérieur mais félicite Wiggins de toutes ses trouvailles et a conscience d’être le modèle du jeune garçon qui aimerait pouvoir appliquer de la même manière sa méthode. Je trouve que cela va bien dans le sens de sa relation avec Watson qu’il a dans le canon. En tout cas, je préfère penser ça … De plus, dans ce volume, Wiggins gagne en crédibilité. On ne précise pas son âge, cela aide beaucoup. Il n’est plus aussi isolé que dans les volumes précédents que j’ai pu lire. Il se fait un ami, un autre gamin des rues, Allan que j’espère retrouver dans les prochaines aventures.

En conclusion, si vous ne connaissez pas encore Wiggins, c’est par celui là qu’il faut commencer. Vous passerez un agréable moment !

L’avis de Matilda !

Références

Wiggins et Sherlock contre Napoléon de Béatrice NICODÈME (Souris noire – Syros, 2007)

Sherlock Holmes et le fantôme de l'opéra de Nicholas Meyer

Quatrième de couverture

1891. Alors que toute l’Angleterre le croit mort et enterré, Sherlock Holmes, fin mélomane, vivote à paris en donnant des cours de musique sous un nom d’emprunt.

Aprrenant que le prestigieux orchestre de l’Opéra recrute un violoniste, il parvient à se faire engager. Mais, très vite, il découvre que le Palais Garnier est le théâtre d’évènements étranges.

Le fantôme de l’Opéra existerait-il ? À défaut, comment expliquer les accidents qui y surviennent ? Et les voix que chacun dit entendre résonner dans le labyrinthique édifice ?

Chargé de protéger [par Irène Adler : ça c’est moi qui le rajoute] une jeune soprano [Christine Daaé], le célèbre détective va se lancer dans une chasse à l’homme à travers le Paris nocturne et souterrain. Une course contre la montre… et la police française.

Mon avis

Voilà mon avis tant attendu [par Matilda : je risque de prendre la grosse tête si des gens prêtent attention à mon avis] sur ce Sherlock Holmes et le fantôme de l’Opéra. Si on voulait résumé l’histoire rapidement c’est comment Sherlock Holmes a aidé Raoul de Chagny à récupérer sa « fiancée » Christine Daaé des mains du fantôme de l’Opéra, autrement appelé Nobody. J’en sens certains qui sourcillent déjà mais nous en parlerons après. Je n’avais pas lu le vrai Fantôme de l’opéra avant donc pour l’instant parlons uniquement de ce livre.

Déjà ce qui ne m’a pas plu, c’est que Sherlock Holmes a eu un coup sur la tête aux chutes de Reichenbach car il n’est plus lui-même. Toute son action repose justement sur l’action et pas sur la réflexion. Il ne trouve rien lui-même et quand il essaye de trouver il se trompe. Heureusement, son voisinage lui donne beaucoup d’indices prémâchés car sinon la pauvre Christine serait encore dans les sous-sols de l’Opéra. Plus que sa faculté de réflexion, c’est sa faculté d’observation qui m’a manqué dans cette enquête.

Nicholas Meyer a choisi de favoriser l’action pour son Sherlock Holmes mais une action à l’américaine. En effet, l’auteur est scénariste, réalisateur et producteur à Hollywood. Je pense qu’il voulait faire un film de son fil comme pour La solution à sept pour cent dont Niki nous a parlé sur son blog. Sherlock Holmes réagit toujours à la dernière minute, ce qui fait qu’il arrive toujours de justesse. À la fin, tout explose ; Sherlock Holmes sort sans une égratignure de cette explosion même si il est en plein dedans. L’intervention de Sherlock Holmes dans le roman m’a donc beaucoup déçu ! Le récit est raconté à Watson pendant la retraite de Sherlock et au cours de l’histoire, Sherlock fait des apartés très méchantes à Watson du genre : j’ai toujours su que vous étiez bête mais là vous dépassez les bornes.

Pour ce qui est de l’histoire, j’ai trouvé que c’était plutôt une bonne idée même si j’ai eu du mal à comprendre pourquoi Raoul de Chagny prend tant de risque pour Christine Daaé alors que cela n’a l’air qu’une amourette. Ce qui m’a par contre plu c’est l’identité du fantôme de l’Opéra que j’ai trouvé très vraisemblable par rapport à celle du Fantôme de l’opéra de Gaston Leroux (mais ce n’était pas à mon avis, le but recherché par Gaston Leroux à l’époque). Parce que je ne l’avais pas lu avant. Je le croyais mais en fait c’est Le fauteuil Hanté que j’avais lu. C’est Marion qui m’a donné envie, dont vous pouvez d’ailleurs trouver l’avis ici. Elle m’a dit : « Je n’ai pas lu le livre de Nicholas Meyer mais j’ai lu celui de Gaston Leroux. J’aimerais bien savoir ce que l’auteur a fait de l’histoire. » Donc je me le suis procurée samedi dernier.

Quatrième de couverture

« Le fantôme de l’opéra a existé. J’avais été frappé dès l’abord que je commençai à compulser les archives de l’Académie nationale de musique par la coïncidence surprenante des phénomènes attribués au fantôme et du plus mystérieux, du plus fantastique des drames, et je devais bientôt être conduit à cette idée que l’on pourrait peut-être rationnellement expliquer celui-ci par celui-là. »

Avec l’art de l’intrigue qui ont fait le succès de Gaston Leroux, le père de Rouletabille, Le fantôme de l’Opéra nous entraîne dans une extraordinaire aventure qui nous tient en haleine de la première à la dernière ligne.

Mon avis sur Le fantôme de l’Opéra de Gaston Leroux

J’ai beaucoup aimé. Gaston Leroux sait créer une ambiance parfois drôle et comme on peut se l’imaginer dans les coulisses d’un spectacle de nos jours mais aussi une ambiance très inquiétante quand Raoul de Chagny et le Persan (homme hautement énigmatique) descendent dans les sous-sols de l’Opéra. C’est principalement dû à des personnages très typés, assez caricaturaux (l’auteur ne les dépeint que par un ou deux traits qui nous permettent de visualiser le personnage) mais aussi à une variété de ton dans la narration. À n’en pas douter, Gaston Leroux savait raconter des histoires.

Par contre, j’avoue que l’intrigue a été gâchée pour moi par la lecture précédente du livre de Nicholas Meyer.

Retour sur le livre de Nicholas Meyer

Nicholas Meyer a tout repris de l’intrigue de Gaston Leroux sauf ce qui était bien. Pour Christine et Raoul, c’est une histoire qui dure depuis qu’ils sont petits dans l’original. Dans le livre de Nicholas Meyer, Raoul s’est entichée d’elle d’un regard, elle tombe aussi amoureuse. C’est comme si la naïve et innocente Christine était devenu une fille aux multiples soupirants (elle n’en compte pas moins de trois), à la limite de la nunuchitude. La configuration des sous-sols est totalement changé. Là où chez Gaston Leroux cela conférait aux véritables labyrinthes, avec plein de portes secrètes, de dangers et de pièges pour atteindre le cinquième sous-sol, chez Nicolas Meyer, vous descendez cinq étages et vous êtes au lac souterrain. Certaines parties détaillées dans le livre de Gaston Leroux ne sont effleurées que d’une phrase par Nicholas Meyer (notamment les histoires avec les directeurs de l’opéra). Les personnages typiques, telle Mame Giry, n’ont plus aucun caractères et sont donc très fades. Je trouve honteux de dire que Nicholas Meyer ne parle que d’emprunts et d’improvisations. Il a tout pillé (jusqu’au nom des personnages ! alors qu’il aurait pu inventer une toute autre histoire en rapport avec le fantôme), puis il a rejeté tout ce qui n’entrait pas dans son imaginaire ou dans sa logique pour finalement rendre une très bonne histoire insipide et que l’on oublie assez vite. Je suis méchante mais c’est à la hauteur de ma déception. Mais pour preuve que je ne lui tiens pas rancune, je lirais La solution à sept pour cent, qui passe pour un meilleur pastiche et qui d’après ce que je comprends est l’œuvre de sa propre imagination.

Un autre avis chez Clélie.

Références

Sherlock Holmes et le Fantôme de l’Opéra de Nicholas MEYER – traduit de l’anglais par Pierre Charras (L’Archipel, 1995, réédité en 2010 dans la collection Archipoche)

Le Fantôme de l’Opéra de Gaston LEROUX (Livre de Poche, 1959, réédité en 2009)

L'employé de l'agent de change de Arthur Conan Doyle

L’employé de l’agent de change est une nouvelle qui fait partie du recueil Les Mémoires de Sherlock Holmes (ou Souvenirs de Sherlock Holmes au livre de poche). Je ne vais pas vous dire que j’ai beaucoup aimé, que je me suis encore une fois laissée surprendre. Vous vous en doutez je pense car je suis une inconditionnelle !

Je vais vous dire ce qu’on apprend sur Holmes / Watson mais aussi vous racontez un peu l’histoire pour que vous donnez envie de lire la nouvelle !

Le récit se passe en juin, l’année où il y a eu un krach dû à un emprunt vénézuélien (je me demande si il a vraiment eu lieu), juste après le mariage de Watson (sa femme qu’il a rencontré dans le « signe des quatre »). Celui-ci a installé son cabinet dans le quartier de Paddington (ils habitent au-dessus), où un autre médecin exerce dans la maison voisine.

Imaginez-vous maintenant dans le cabinet de Watson. Il sort d’un rhume de printemps et voit tout à coup arriver Holmes qui lui fait son tour de passe-passe habituel (il découvre qu’il a été malade par la lecture d’indices que je n’aurais jamais vu personnellement). C’est normal car il n’a pas de client (d’habitude c’est avec eux qu’il le fait). Holmes propose à Watson de partir pour Birmingham avec Hall Pycroft. En effet, il lui est arrivé quelque chose de bien curieux. Avant, il habitait Londres mais était au chômage ; il a été licencié par Coxon and Woodhouse suite au krach vénézuélien. Alors qu’il n’a plus d’argent il retrouve un emploi dans une maison renommée : Mawson and William’s. Il doit se présenter le lundi mais juste avant un homme vient le voir pour lui proposer de travailler pour la société de quincaillerie Franco-Midland, S. à r.l., et ce pour 300 livres de plus que ce que Mawson and William’s lui proposait. Après quelques hésitations, il accepte et doit partir travailler pour Birmingham. Là-bas, il trouve un bureau à moitié vide (qui ressemble plutôt à un bureau fictif) et un homme qui lui demande de recopier le bottin. Plusieurs détails font penser à Hall Pycroft que l’emploi de Mawson and William’s plutôt que celui de la Franco-Midland. Il demande son aide à Sherlock Holmes qui flaire tout de suite le coup fourré !

La dénouement est excellent car on ne s’y attend pas pourtant on pourrait s’en douter (en tout cas pour une part).

Le texte intégral de la nouvelle est ici !

The hound of the Baskervilles de Doyle – Powell – Perez

La base de l’histoire est la même que pour ce comics, c’est-à-dire le roman de Arthur Conan Doyle Le chien des Baskerville. Ici, il s’agit d’une adaptation américaine du roman pour les enfants ou les personnes qui débutent en anglais (vocabulaire très abordable et dossier sur l’auteur, Sherlock Holmes et questions pour vérifier la compréhension à la fin du livre).

Il est intéressant de noter que le comics américain est plus respectueux du détail de l’action que le comics indien même si à cause du format beaucoup de choses sont passées sous silence. Les éléments qui ont été enlevés dans l’un sont ceux qui ont été rajoutés dans l’autre. Le comics américain privilégie l’action alors que le comics indien privilégie la réflexion (cela se voit aussi au nombres de bulles).

Le point faible de ce comics-ci c’est le dessin et les couleurs (toujours en comparaison avec le comics indien que j’ai lu tout de suite avant). Le trait est assez grossier. Les expressions des visages sont limités et ils ont un peu tous la même d’ailleurs. Les décors ne sont pas particulièrement soignés, il n’y a pas de détails. Par rapport au comics indien, la lande et le marais ainsi que le chien sont assez inquiétants. Pour ce qui est des couleurs, le ton est bien choisi (plus dans les sombres, couleurs plus ternes) mais là encore il y a un manque de variété. Après avoir lu le dossier, j’ai compris pourquoi les visages, les dessins tout me rappelaient quelque chose (regardez les arbres sur la couverture).  Les auteurs ont tous les deux travaillé pour des studios d’animation ; les visages surtout celui des Stapleton, les voisins de sir Henry ont la même figure que des personnages de Disney. Les arbres, les atmosphères inquiétantes sont le stéréotype des dessins animés.

C’est ce qui fait qu’à mon avis ce comics a été pour moi décevant par rapport au comics indien.

Références

The hound of the Baskervilles by sir Arthur Conan Doyle – retold by Martin Powell – illustrated by Daniel Perez (Classic Fiction – Stone Arch Books, 2009)

The hound of the Baskervilles de Doyle – Parks – Kumar

Je vous ai dis que j’aimais beaucoup mais alors beaucoup Le Chien des Baskerville. Il est juste trop ce livre ! Je vous rappelle l’histoire car la dernière fois je ne l’ai pas fait. Holmes et Watson sont mandés par le docteur Mortimer du Devonshire pour protéger le nouveau propriétaire du manoir des Baskerville, sir Henry, le dernier étant mort de peur un nuit où il était sorti. Pourquoi était-il sorti ? Sherlock Holmes vous l’expliquera. Pourquoi a-t-il eu si peur ? On soupçonne qu’il ait été effrayé par le chien qui « hante » les Baskerville depuis que Hugo (il y a très très longtemps) a kidnappé un jeune fille qui est morte ensuite, et lui a été tué la même nuit par un chien. Un chien fantôme peut-il vivre si longtemps ? Oui, il suffit que quelqu’un de mal intentionné ressuscite le chien. Parce que tout cela ne se passe pas dans un climat comme chez nous ; c’est en plein dans la lande et les marais. En plus d’un chien hanté, il y a aussi dans cette lande un évadé de prison du nom de Selden, meurtrier à ses heures perdues. Alors quand sir Henry décide de sympathiser, plus ou moins, avec ses voisins, qu’ils échangent des diners, que sir Henry se promènent la nuit dans la lande tout cela devient périlleux. Ce n’est pas très clair tout ça pour vous ; lisez le livre alors ! Marion vous en parle d’ailleurs sur son blog.

Il s’agit ici de vous parler d’un comics édité par une maison d’édition indienne (j’ai conscience que c’est triché pour le challenge lire en VO parce que cela ne fait que 60 pages mais bon). L’histoire est plus ou moins respecté, mais pas forcément dans l’ordre de la narration. Bien sûr, certains détails ont été gommés à cause du format d’un comics (un petit fascicule pas très épais). Mais dans l’ensemble, l’adaptation est très bien faite et donne envie d’ouvrir le roman.

Pour ce qui est des dessins, je les ai trouvé admirables particulièrement sur  deux points : le soin apporté aux expressions des visages (des yeux et rides d’expression notamment) et sur la manière de figurer le mouvement que je n’ai jamais dans une BD française (je ne connais pas tout non plus). On peut par contre discuter le choix de faire une moustache (qui vieillit) à sir Henry qui est censé être jeune dans l’histoire (il faut que je vérifie ce que l’on en dit dans le roman car je peux être influencé par les films).

Le choix des couleurs est beaucoup plus discutable. La lande est trop lumineuse (même la nuit) pour un endroit effrayant. Il y a en général trop de lumière qui se dégage de l’image : les personnages ne sont pas forcément bien mis en valeur par rapport aux décors (ou le contraire quand c’est le décor qui est important). Pourtant, il y a aussi un très bon travail sur le jeu ombre / lumière. Je n’ai donc pas forcément compris ce qu’a voulu faire le coloriste (je me suis demandée si cela pouvait provenir d’une différence culturelle mais je ne connais pas assez pour en parler).

Dans l’ensemble, je trouve que c’est un très bon comics surtout si on compare à celui dont je vais vous parler prochainement, destiné aux enfants et qui est très « Disney ».

Références

The hound of the Baskervilles de sir Arthur Conan Doyle  – adapté par J.R. Parks et illustré par V. Kumar (Campfire, 2009)