L'endeuillée et autres récits de Mary Shelley

Présentation de l’éditeur

Si Mary Shelley apparaît de nos jours comme l’auteur d’une seule oeuvre, Frankenstein (1816), elle ne cessa d’écrire et ses autres romans, en particulier Lodore (1835) et Falkner (1837), loués en leur temps pour leur vérité psychologique, furent mieux accueillis que son premier roman ou que The Last Man (1826).

Pourtant, si elle fut attirée, après la mort du poète Percy Shelley, son mari, par une littérature plus sentimentale, elle resta dans une certaine mesure fidèle à l’idéalisme romantique et aux idées de ses illustres parents, Mary Wollstonecraft, l’auteur de Défense des droits de la femme, et de William Godwin, l’auteur de Saint Léon et de Caleb Williams. Ses courts récits en témoignent. De 1829 à 1839, parallèlement aux romans, Mary Shelley compose des histoires, contes et récits, pour le magazine Keepsake. L’ensemble de ces texes, rassemblés par Richard Garnett en recueil Tales and Stories (London, 1891) fit, en 1975, l’objet d’une réédition en fac similé (Folcroft Library Editions).

Tirés de cet ouvrage, inédit en France, les quatre récits traduits sont représentatifs de l’inspiration de Mary Shelley. Le pacte avec le Diable, le philtre d’immortalité, les rêves prémonitoires, les souterrains… sont autant de matériaux, empruntés à la littérature gothique, et marqués au sceau de sa sensibilité douloureuse.

« L’endeuillée » (1830), « Transformation » (1831), « Le rêve » (1832) et « L’immortel mortel » (1834), parcourus par les thèmes obsédants de la mort et du deuil impossible, évoquent, chacun sous une forme différente, à l’opposé de Frankeinstein et pourtant dans la même veine, un Prométhée humain, peut-être trop tristement humain.

Mon avis

Je ne voulais pas lire Frankeinstein parce que je ne pense pas que cela puisse me plaire (je veux bien lire des classiques anglais, mais il faut qu’ils me plaisent). Je me suis rabattue sur ces nouvelles de Mary Shelley. J’ai trouvé ça bien mais très loin d’être transcendant. C’est sympathique à lire mais je ne pense pas qu’il m’en reste grand chose. Dans ce recueil il y a donc quatre nouvelles :

  • L’endeuillée : un jeune pensionnaire s’échappe quelques moments de son école et rencontre une jeune fille, qui semble vivre dans le plus extrême dénuement. Elle a cependant des manières très raffinées. Il y a donc un secret ! Un peu plus tard le jeune homme fait la connaissance d’un garçon qui cherche sa fiancée…
  • Tranformation pose la question de savoir si il faut être beau et abominable ou gentil et moche pour séduire une jolie princesse.
  • Le rêve : une jeune fille brave la mort pour savoir si elle doit se marier avec son prince charmant.
  • L’immortel mortel : un homme est immortel suite à une potion chimique et vieillit très lentement. Manque de chance, il est mariée à une femme mortelle (qui vieillit donc comme tout le monde) et très jalouse.

Comme je le raconte, on a l’impression de lire des contes pour enfants, certes fort bien écrits et un peu morbides, mais c’est cette impression que j’ai eu quand j’ai lu ce livre. J’ai découvert pourquoi j’avais ce si fort préjugé sur Mary Shelley. Les nouvelles sont toutes atemporelles et romantiques (mais pas sentimentales). On décrit les personnages, la nature mais finalement on ne s’attache à rien du tout (je serais bien en peine de vous dire si j’ai apprécié les personnages ou pas). Tout ça ce n’est pas pour moi !

Il y avait Le dernier homme en Folio et du coup j’hésite à le lire. Les romans ce n’est pas forcément comme les nouvelles…

Références

L’endeuillée et autres récits de Mary SHELLEY – traduit de l’anglais par Liliane Abensour (José Corti – collection romantique nº 79, 1993)

La Pierre de Lune de Wilkie Collins

Présentation de l’éditeur

« La Pierre de Lune se vengera ! » Mais que veut dire le Brahmane mourant qui lance cet anathème sur la famille Verinder ? Vous le saurez en pénétrant dans le monde à tiroirs de ce roman dont l’héroïne, Rachel, est une intrépide jeune fille de 18 ans. Il y sera question d’un diamant baptisé Pierre de Lune qui attise les convoitises et sème le malheur sur son passage et d’un policier de Scotland Yard, le Sergent Cuff, aux manies surprenantes, qui aura pour mission de démêler l’écheveau serré d’une intrigue complexe comme Collins en a le secret. Au cours de l’enquête, vous croiserez aussi le très étrange Gabriel Betteredge et la non moins excentrique Miss Clack…

Le poète T.S. Eliot disait de ce roman qu’il était « le premier, le plus abondant et le meilleur de tout ce que l’Angleterre a produit en matière de roman d’énigme« . Il est sans conteste l’un des chefs-d’oeuvre de Wilkie Collins, le pionnier victorien du roman à suspense.

Mon avis

J’ai fini deux nouveaux challenges (en plus de celui de Lou sur Mary Elizabeth Braddon) : celui de Cryssilda et de Karine:). Je peux continuer à m’inscrire à tous les challenges 2010 qui fleurissent !

Heureusement que Cryssilda précise une lecture ou plus si affinités. Ici, il y a clairement des affinités avec Wilkie ! J’avais essayé de lire il y a quelques années Armadale et je l’avais abandonné. À mon avis, mes neurones étaient fatigués (ou c’était mes muscles qui trouvaient le livre trop lourd !). Après cette lecture, j’essaierai de le reprendre. Parce que oui j’ai adoré La Pierre de Lune. Contrairement à Mary Elizabeth Braddon et son Secret de Lady Audley, on ne devine pas le coupable qui a piqué La Pierre de Lune, petit caillou d’une valeur de 20000 livres, à la belle Rachel Verinder (après que son oncle l’ai lui même piqué aux Hindous). Pourtant le livre fait 570 pages. Finalement, j’ai lu ce livre comme un roman policier.

C’est la forme proposée par l’auteur qui m’y a incitée : c’est une mosaïque de récits des témoins des faits (présenté tout de même dans l’ordre chronologique). Ce n’est pas des témoignages dans le feu de l’action mais écrit a posteriori et rassemblé par Franklin Blake, cousin de Rachel et accessoirement prétendant. On y voit le domestique qui est dans la famille depuis un temps immémorable (il m’a fait pensé aux Vesiges des jours), la vieille cousine bigote, désargentée mais qui malgré ses convictions aimerait beaucoup hérité d’un petit quelque chose, le médecin de campagne … et  tout une galerie de personnages tout à fait fascinants. Chacun nous parle à nous ; on est souvent pris à partie … Il y a beaucoup de traits d’humour. Mary Elizabeth Braddon nous parlait de la société victorienne de la campagne. C’est une autre partie de la société victorienne que nous fait découvrir Wilkie Collins puisqu’ici c’est la très haute bourgeoisie qui passe l’été à la campagne et l’hiver à Londres. J’ai trouvé que le roman policier occultait quelque peu la peinture de la société contrairement au livre de Mary Elizabeth Braddon. Mais je ferais plus attention quand je relirai le livre.

En conclusion, que c’était bien !!!!

D’autres avis

Oui j’ai la flemme de faire une bonne recherche dans Google. J’en cite deux : celui de Keisha, de Levraoueg . Mais si vous me signalez votre avis, je le mettrais avec un grand plaisir !

Références

La Pierre de Lune de Wilkie COLLINS – traduit de l’anglais par L. Lenob (Le Masque – collection Labyrinthes, 2008)

Livre lu dans le cadre du challenge English Classics de Karine:) et du challenge Coups de coeur de la blogosphère de Theoma (c’est le coup de coeur de Cryssilda).

Le secret de lady Audley de Mary Elizabeth Braddon

Quatrième de couverture

Le château des Audley fut jadis le théâtre d’un crime. Ce meurtre non élucidé est resté imprimé dans la mémoire des habitants du village comme une malédiction… Cette fatalité pèsera-t-elle sur les différents personnages du roman ? Car il est à peu près sûr qu’un sombre destin plane sur le baron Audley et sa très belle épouse. Effrayant machiavélique, ce roman est à classer parmi la littérature à sensation d’Alexandre Dumas, de Wilkie Collins et de Dickens, annonçant les detective novels et les thrillers.

Mary Elizabeth Braddon est née en Angleterre en 1837. Le secret de Lady Audley parut en feuilleton en 1862 et assura à l’auteur gloire et fortune. Elle publia quelque soixante-dix romans, pour la plupart des crime novels, et choqua en son temps les lignes de vertu qui l’accusèrent de pervertir l’esprit des jeunes générations. Parmi ses admirateurs, on trouve Thomas Hardy, Stevenson et Tackeray.

Mon avis

J’avais ce livre dans ma PAL depuis la lecture de L’affaire Road Hill House de Kate Summerscale. Alors quand Lou a proposé son challenge Mary Elizabeth Braddon (lire un livre de cette auteur avant la fin décembre de cette année), je me suis inscrite ! Et après Karine:) a proposé son challenge « English Classics » (lire deux classiques anglais avant fin décembre 2010) et qu’en plus on pouvait se servir du même livre pour les deux challenges : je me suis inscrite aussi.

Après cette petite digression, je vous donne enfin mon avis. Vous aurez remarqué que la quatrième de couverture ne dit rien de l’histoire. Et bien, je ferais la même chose. Parce que  si je la résumais je gacherai votre lecture. En effet, on devine comment va se terminer l’histoire à la page 140 environ sur 470 (parce qu’avant on n’hésite encore à se dire que ça peut être ça) et même le petit rebondissement qu’il y a à la fin, on le devine à cause de titre de chapitre trop explicite. C’est tout simplement qu’il ne faut pas lire ce roman comme un roman policier même si il y a disparition, meutre, tentative d’assassinat.

C’est un roman qui est extraordinaire pour l’atmosphère qu’il distille en vous. Angoissante, étouffante (on est dans un château quand même) et surtout très victorienne. Même si j’avais deviné l’histoire, je n’ai pas pu lacher ce livre. Les quelques fois où je n’avais pas la tête à lire et que j’ai quand même pris le livre, il a réussi à me faire tout oublier.

C’est donc un très bon livre, il faut juste savoir ce qu’on lit !

Je pensais avoir terminé le challenge de Lou, mais je vais en lire d’autres sûrement…

D’autres avis

Ceux de Philo, de Virginie, de Argantel, …

Aussi sur le forum The inn at Lambton.

Références

Le secret de lady Audley de Mary Elizabeth BRADDON – traduit de l’anglais par Madeleine Jodel (Rivages poche / Bibliothèque étangère, 2001)

Le perroquet de Flaubert de Julian Barnes

Quatrième de couverture

Médecin anglais spécialiste de Flaubert, Geoffrey Breathwaite découvre dans un recoin du musée Flaubert, à Rouen, le perroquet empaillé qui inspira à Louise, la vieille servante de Un coeur simple, une étrange passion. Mais à Croisset, la propriété de famille des Flaubert, se trouve un second perroquet avec les mêmes prétentions à l’authenticité. Où est le vrai perroquet, qui est le vrai Flaubert, où est la vérité de l’écrivain ? Si rien n’est certain, l’inspecteur Barnes, au bout de son éblouissante enquête littéraire, démontre néanmoins, avec élégance et humour, que la seule chose importante c’est le texte …

Mon avis

Voilà la deuxième lecture commune avec George Sand (qui donnera son avis un peu plus tard).

Tout d’abord, il s’agit d’un texte agréable, qui se lit facilement. Julian Barnes y montre une très grande connaissance de Flaubert. Il livre ici une biographie très particulière ; il décrit Flaubert au tavers de sa correspondance (finalement il parle très peu des livres à part peut être du Dictionnaire des idées reçues) et de détails périphériques de sa personnalité et surtout cette description se fait à travers les yeux du narrateur (que l’on peut assimiler à Julian Barnes). C’est comme si vous diniez avec Julian Barnes et Flaubert (on peut toujours rêver) et que vous preniez Barnes pour intermédiaire pour parler avec Flaubert et qu’en plus vous n’écoutiez pas les réponses. Outre que ce n’est pas très poli, à la fin du diner vous ne pourrez pas dire que vous connaissez Flaubert. Par contre, vous connaitrez mieux Barnes.

Ça donne une impression de frustration. J’ai commandé à la librairie le livre de Pierre-Marc de Biasi. je vous dirai sûrement si c’est très différent.

P.S. L’histoire du perroquet ça n’occupe que deux chapitres.

D’autres avis

Des avis plus enthousiastes chez Malice et Biblioblog (Yohan) ! Un avis (que je n’avais pas vu) : celui de Bouh qui a franchement détesté. Note de 0/5 tout de même !

Références

Le perroquet de Flaubert de Julian BARNES – traduit de l’anglais de Jean Guiloineau (La cosmopolite – Stock, 2000)

Raisons et sentiments de Jane Austen

Quatrième de couverture

Sense and Sensibility est le premier roman que publia Jane Austen (1811). Le livre procède, si l’on considère le titre, d’une opposition entre deu traits fondamentaux : le bon sens et la sensibilité, qui seraient incarnés par deux soeurs, Elinor et Marianne, Mais l’une et l’autre sont bien pourvues de ces deux qualités, si Elinor possède plus de jugement, et si Marianne, en adepte du romantisme, a tendance à cultiver les élans de sa sensibilité. Notamment lorsqu’elle tombe aveuglément amoureuse du héros de ses rêves, Willoughby, un homme superficiel, tourné vers l’argent, qui va la décevoir profondément. La sage, la raisonnable Elinor, qui l’avait mise en garde, avait-elle donc raison ? Et le secret du bonheur serait-il dans l’usage du jugement ?

C’est l’être isolé affrontant la société, qu’analyse Jane Austen. La raison consiste à s’ajuster au monde, et non à le braver, à observer des règles qu’on ne peut changer, plutôt qu’à cultiver des rêves et des états d’âme condamnés à rester sans réponse.

Mon avis

Là où je m’aperçois que j’ai pensé la même chose que George Sand du livre de Jane Austen. Parce que oui c’est une lecture commune avec George sand (j’adore dire ça, vous ne pouvez pas vous imaginer !) De Raisons et Sentiments, j’ai d’abord vu l’adaptation avec Hugh Grant, puis la mini-série de la BBC (2008) qui est passée sur Arte en mars (elle sort en français fin octobre en DVD !!!!) L’adaptation ne m’a que moyennement plu (la copine de mon frère l’a trouvé génial) parce que je l’ai trouve peu crédible : les actrices semblaient trop âgées pour avoir de tels comportements. Elinor semble avoir trente ans ; c’est donc normal qu’elle soit beaucoup raisonnable que sa soeur Marianne (qui semble en avoir vingt cinq). Je croyais à la vue du film que cette fille était un peu éloignée du monde et de ses réalités parce qu’elle ne vivait que dans la musique donc je trouvais ça logique qu’elle soit plus romantique et « naïve ». Je trouvais Margaret pleine de vie et d’intelligence. Pour la série de la BBC, je ne m’en rappelle plus trop (je ne l’ai vu qu’une fois…) mais je sais que j’en étais sortie avec des petites étoiles dans les yeux.

La vue de ses adaptations (ainsi que la lecture d’Orgueil et Préjugés) a faussé l’image que je me faisais du livre. Je m’attendais à un livre beaucoup plus pétillant dans le sens où le regard de jane Austen aurait adouci les drames de la vie des soeurs Dashwood. Bien sûr, il est présent mais moins que dans Orgueil et Préjugés. Finalement de Raisons et Sentiments, je retiens surtout les péripéties moins le ton de l’auteur. Pour ce qui est donc de l’histoire, Elinor a dix neuf au début du livre (qui s’étale environ sur deux ans) tandis que Marianne en a dix sept. Tout de suite, on comprend mieux qu’il y a deux jeunes filles qui ont un caractère différent : une discrète, qui sait masquer ses opinions, ses envies et rêves aux yeux de sa famille et du monde extérieur (même si quand elle est amoureuse d’Edward Ferrars, tout le monde le sait ou s’en doute) et une autre, Marianne, qui vit ses sentiments au risque de transgresser, ce que dans son monde, on peut appeler les bonnes manières (en cela, on retrouve ce qui peut se passer dans la série de la BBC). Margaret est une sorte de personnage secondaire que l’on ne voit pas.

C’est pareil pour les histoires d’amour. Entre Elinor et Edward Ferrars, je n’aurais pas su qu’il y avait une histoire d’amour, je ne l’aurai pas compris au début du livre (quand ils sont tous à Norland) même si bien sûr il y a les réactions de Madame Dashwood, de Fanny. On voit le début de l’attachement à travers les yeux de l’entourage plutôt que par les actions des deux jeunes gens. C’est sûrement pour rendre hommage au caractère d’Elinor. En cela, je trouve que le film donne une fausse image de ces relations. Par contre , de la passion entre Willoughby et Marianne (dans ce cas, on ne peut plus parler d’attachements), on s’en rend compte tout de suite même si pour les démonstrations les plus ardentes, on nous en rend compte après. Dans Raisons et Sentiments, les histoires d’amour ou d’attachement nous sont souvent rendus par le regard des autres (de la famille, des voisins…). Cela m’a donné une impression d’opression très bizarre . C’est très différent d’Orgueil et Préjugés où finalement, la plupart du temps, on est avec Elizabeth et Darcy. Il y a plus de liberté dans ce livre-là.

Raisons et Sentiments, pour moi (en tout cas), c’est un roman plus de relations sociales que d’histoires d’amour. On y a voit tout une série de personnages tous plus « caricaturaux » les uns que les autres (ce n’est pas un défaut dans mon idée, entendons-nous bien). J’avoue que j’adore Monsieur Palmer (ça tient au fait qu’il a été joué par Hugh Laurie dans le film). Il y a la femme sans esprit, la commère, la femme gainée dans les bonnes moeurs, la femme avare, la mère castatrice, le mari doux comme un agneau, le frère imbu de sa personne … Être dans un tel entourage, je plains les soeurs Dashwood. Finalement, ce n’est pas Jane Austen (à travers l’ironie narrateur) qui nous fait nous moquer de leurs actions mais plutôt les actes des différents personnages.

Il ne faut quand même pas exagérer : l’histoire est plaisante et on suit agréablement les peripéties des personnages grâce à une belle écriture et un grand talent pour décrire les relations humaines.

Au fait, vous êtes peut être intéressé par l’histoire, mais comme je suis atteinte d’une flemmingite aigue, je vous renvoie ici.

En conclusion, c’est un roman qui nécéssitera pour moi une seconde lecture parce que j’avais trop d’attente. J’étais encore trop dans Orgueil et Préjugés et finalement, je n’ai pas pu m’empêcher de comparer alors que Jane Austen, en tant qu’auteur de talent , n’a pas écrit deux fois le même livre !

D’autres avis sur blog-o-book.

Références

Le coeur et la raison de Jane AUSTEN – traduction de Pierre Goubert (Folio classique, 2009)

Orgueil et préjugés de Jane Austen

Première lecture dans le cadre du Mathilda’s contest. J’ai pris celui où j’étais à peu près sûre de bien tomber : Orgueil et préjugés de Jane Austen (par contre, je ne pense pas avoir quelque chose d’intéressant à vous raconter). Parce que oui depuis que je regarde les blogs de lecture (à peu près quatre ans), je ne vois que très très rarement des avis qui ne sont pas enthousiastes (voire hystériques mais là je ne citerai pas de nom).

Quand j’ai commencé à voir le nom de Darcy, j’étais en même temps en train de regarder l’essai d’un monsieur qui s’appelait aussi Darcy et qui a écrit 750 pages sur les fontaines publiques de la ville de Dijon (si vous ne me croyez allez voir sur gallica) ; je me suis donc demandée très fortement pourquoi tout le monde s’enflammait pour les fontaines publiques de Dijon. Ça me paraissait plus que suspect surtout le fait qu’on parle d’adaptation télé où Darcy était trop beau… Je crois que ça vient du fait qu’il y a des gens qui ne racontaient pas l’histoire. Parce que oui mesdames il y a un monde où on ne connaît pas Fitzwilliam Darcy ! Je sais : ce ne devrait pas être possible.

Donc voilà, l’histoire. Elizabeth Bennet, jeune femme de 21 ans, observatrice lucide de ce qui l’entoure, vit à Longbourn avec ses quatres soeurs : Jane (très très belle), Mary (qui a si peu de talents et de beauté naturelles qu’elle est obligée d’étudier, ce qui n’améliore rien), Kitty (qui n’a rien de particulier à part qu’elle suit Lydia) et Lydia (qui le symbole de la futilité), avec son père (qui est un véritable pro de la petite phrase toujours bien sentie) et sa mère (qui a un but dans la vie : le mariage, pas d’elle puisque c’est déjà fait, mais de ses filles et peu importe avec qui (pour tout dire ma voisine est pareille avec moi)). Sa petite vie s’écoule bien tranquillement entre les bals, les invitations qu’ils s’échangent avec 24 familles (dont la tante des cinq jeunes filles). Elizabeth a une super amie : Charlotte Lucas (fille d’un sir). Toutes ces filles cherchent à se marier avec un manque flagrant de bons partis (visiblement tous partis à la guerre). Jusqu’au jour où la grande maison d’à côté Netherfield Park est loué par Charles Bingley, jeune homme toujours agréable et poli et souriant avec 5000 livres de rente. Il vient accompagner de son meilleur ami : Fitzwilliam Darcy, jeune homme ne sachant pas se comporter dans une société qui lui est inconnue mais surtout possédant un beau domaine dans le Derbyshire : Pemberley, de sa soeur Mademoiselle Bingley (folle amoureuse de Darcy soit dit en passant) et de soeur Mrs Hurst (avec son mari). Bingley tombe fou amoureux de Jane (mais ses soeurs s’opposent à de telle relation avec une petite rien du tout). Darcy et Elizabeth se cherchent. Tout le livre porte sur comment Jane et Bingley vont se retrouver et comment Darcy et Elizabeth vont tomber amoureux après avoir vaincu leur orgueil et préjugés (je sais c’est facile).

Ce n’est pas un harlequin. Ce qui est vraiment passionnant dans ce livre c’est la kyrielle de personnages que l’on observe des yeux d’une narratrice extérieure aux regards acérés (tout en suivant de près Elizabeth). Même si l’histoire d’amour entre Darcy et Elizabeth est vraiment très belle (je ne demande pas à Darcy de venir chez moi parce qu’il a déjà fort à faire avec toutes les lectrices du roman de Jane Austen même si à mon avis il devrait privilégier les célibataires). Pour tout vous dire à cause de Mathilda et de son challenge, je suis tombée dans une sorte de névrose. J’ai lu deux fois le roman en moins d’une semaine (alors que je ne relis jamais), j’ai lu deux livres en anglais (Mr. Darcy’s Diary de Amanda Grange que je vous conseille même si votre niveau d’anglais est moyen et Mr. Darcy’s Diary de Maya Slater qui est plus compliqué au niveau de l’anglais et qui fait passer Darcy pour un homme qui fréquente les prostituées donc je ne vous le conseille pas), ai visionné 10 fois la version de la BBC de 1995, 15 fois le film de Joe Wright (tout ça en deux semaines). J’ai lu depuis deux autres romans de Jane Austen : Persuasion (dont j’ai été obligé de visionner l’adaptation de la BBC même si elle est tout en anglais et que mon niveau d’anglais est assez minable, j’attends l’autre version plus récente qui va sortir en français fin octobre) et Raisons et Sentiments (j’ai vu le film avec Hugh Grant et j’ai l’adaptation de la BBC 1981). J’ai réussi à ne pas tout lire d’un coup en me disant que j’allais en garder pour les lectures communes.

Ma conclusion est que mon niveau d’anglais remercie Mathilda (peut être que mon porte monnaie la remercie un peu moins), que Jane Austen est un très très grand auteur, que Orgueil et Préjugés est un très très grand roman que l’on peut relire indéfiniement en y trouvant toujours quelque chose de nouveau et auquel tout le monde peut y voir ce qu’il veut. La preuve : la jaquette du DVD de Joe Wright

Dans un petit village anglais de la fin du XVIIIème, une jeune fille se prend d’amour pour son voisin alors que sa mère veut la marier dans le beau monde.

J’avoue je n’ai toujours pas compris. Pour celles (et ceux) qui ont été jusqu’au bout de ce long billet pourriez vous m’expliquer. SVP ?!

Le billet d’une fille qui n’est pas névrosée.

L'homme qui exauce les voeux de Tarquin Hall

 

Vous désirez partir en Inde, vous n'avez pas les moyens, pas la disponibilité, peur de la tourista (ou de toutes autres affections et pathologies pouvant atteindre la personne dépassant le seuil de sa maison) : lisez ce livre. Il est sans danger et vous imerge, en peu de temps, dans une autre culture. 

J'ai fait ce voyage en Inde grâce à Monsieur BOB et Madame Charlotte (lecture en partenariat avec 10/18) et je les remercie beaucoup pour cette lecture. Maintenant trêve de plaisanterie. Passons à un semblant de résumé.  

Vish Puri, signifiant l'homme qui exauce les voeux en "sabir anglo-hindi", est le meilleur détective privé d'Inde. Et même meilleur que Sherlock Holmes : on apprend que celui-ci à voler toutes ces idées sur la criminologie à des Indiens. Rien que ça ! Il est entouré de toute une équipe diablement efficace, jamais d'erreur, toujours parfaites. Dans la vie privé, avec sa femme, sa mère et ses employés de maison c'est un gros nounours qui montre toute sa générosité qu'il laisse parfois s'exprimer au delà de son chez lui. 

Dans ce volume, il mène des enquêtes cocasses (enquêtes prénuptiales), des enquêtes dangereuses (un avocat non corompu, chose rare en Inde, lui demande de l'innocenter dans le meurtre d'une de ses employées de maison). On lui tirera même dessus, sur son propre toit mais un piment très fort le sauvera. C'est sa mère qui se chargera de cette enquête parce que dans cette famille, on a le sens de l'aventure et de l'enquête (le père était policier).

Le livre vaut son pesant d'or pour les morceaux d'Inde qu'il nous raconte, ou plutôt des Indes : celles des pauvres, des paysans, des petits gens à côté de celle de ceux qui profite du boom de l'Économie. L'auteur sait de quoi il parle car d'après la présentation que l'éditeur nous fait de l'auteur, il est "marié à une journaliste indienne", vit entre Londres et Dehli. Il a aussi été reporter en Ine pendant plusieurs année pour l'Associated Press. 

C'est un premier roman. Je ne peux que vous encourager à le lire.

Et même que maintenant je sais dire des insultes en pendjabi, na !

L'avis de Mazel qui l'a aussi lu dans le cadre du partenariat Blog-o-book – 10/18.

Références

L'homme qui exauce les voeux de Tarquin HALL – traduit de l'anglais par Anne-Marie Carrière (Domaine policier – 10/18, 2009)

 

Le faiseur d'histoire de Stephen Fry

 

Résumé 

Cambridge. Michael Young a enfin fini sa thèse d'Histoire portant sur l'enfance d'Hitler (vous ne pouvez pas savoir comme je l'envie d'avoir fini sa thèse ! Et en plus, il a deux ans d'avance). Il ne lui reste plus qu'à l'apporter à son directeur de thèse pour corrections et que celui-ci l'envoie aux jurys… Manque de chance, ce jour-là, sa copine biologiste vient de le quitter et dans sa case courrier une enveloppe adressée à Léo Zuckermann. Il décide de lui amener en main propre. Entre temps, il décide se venger de la rupture sur la voiture de sa copine. Il fait tomber son manuscrit non relié et là sur le parking, Zuckermann l'aide à ramasser les feuilles éparses. Zuckermann lit le sujet et se montre très intéressé (il était en Allemagne pendant la seconde guerre). Il faut savoir que le monsieur est physicien et vient de construire une sorte de machine à remonter le temps dans le but d'empêcher la boucherie de la seconde guerre. À eux deux, ils décident d'empêcher Hitler de naître d'une manière pour le moins originale (enfin, une thèse qui va servir).

Mon avis

Je ne lis jamais de SF à part si ce sont des uchronies. Comme vous l'aurez compris au résumé, c'est la cas ici. Ce n'est pas du tout du même genre que Archange de Robert Harris : on ne se pose pas la question de "non, ça peut pas être vrai ce qu'il raconte ! oui ?". Ici, c'est plutôt le style qui importe : on y voit tout l'humour et le charme anglais de l'auteur. C'est ce qui fait à mon avis qu'on passe un très bon moment de lecture. 

L'histoire mêle ce qu'on pourrait appeler un classique de l'uchronie : la machine à  remonter le temps et un thème largement traité dans ce style de littérature : la seconde guerre mondiale et qu'aurait-on pu faire pour que Hitler ne commette pas le plus grand génocide de l'Histoire. Est-ce une question d'homme ou d'époque ? Il ne faut pas se le cacher, il y a des textes plus intéressants qui ont été écrits sur le sujet.

Parlons maintenant de l'auteur. Au dire de la quatrième de couverture, c'est quelqu'un de très connu. Il a fallu que je cherche sa photo sur Internet pour me rendre compte que oui en effet je le connaissais. Pour ceux et celles qui regardent Bones, c'est le psy qui soigne Booth après qu'il ait tiré sur le clown (quelle culture, n'est-ce pas ?) C'est aussi un ami de Hughes Laurie (le docteur House) avec qui il a tourné une adaptation des Jeeves de Wodehouse. On parle même de Stephen Fry comme le digne héritier de cet auteur.Au passage, pour un roman érit en 1996, Fry avait "prévu" la reconnaissance vocale et les écrans tactiles. Bien vu !

En conclusion, une lecture forte agréable et distrayante !

Un autre avis

Celui de Nébal

Références

Le faiseur d'histoire de Stephen Fry (La bibliothèque voltaïque – Les Moutons électriques éditeur, 2009)

Le bras flétri de Thomas Hardy

 

Je sais ce que vous vous dites : "Thomas Hardy, encore !!!" Ma réponse est : Eh oui ! Après avoir regardé sur Place des libraires, j'ai vu qu'il y avait une librairie à Paris où il y avait plein de Thomas Hardy. J'y suis allée et j'ai trouvé cette petite nouvelle d'une soixantaine de pages. Le livre n'était pas découpé. J'ai donc sorti mon coupe-papier et pour une fois je n'ai pas démoli la moitié du bouquin en tentant de l'ouvrir. Je fais des progrès. Après avoir fini toutes ces activités préalables (se procurer le livre, l'ouvrir : la lecture ça se mérite), j'ai enfin pu me lancer dans cette nouvelle.

Si vous êtes déprimé, ne lisez pas ce Bras flétri : c'est le pire que j'ai lu pour l'instant. Pas de happy end même pour celle qui était innocente. Ici, quatre personnages principaux : Rhoda Brook et son fils, le fermier Lodge et sa toute nouvelle et jolie femme Gertrude. Le secret qu'il y a entre tout ces personnages : le fils de Rhoda est aussi le fils du fermier Lodge. Personne n'a pensé à prévenir la pauvre Gertrude sur qui la rancune de Rhoda va s'exercer. Là aussi quelque chose de nouveau chez Thomas Hardy (en tout cas pour moi) ; sa rancune va s'exercer en rêve : il va y avoir une part de surnaturel dans l'affaire. Gertrude va apparaître dans le rêve de Rhoda. Celle-ci va l'attraper par le bras et faire une marque. Dans la réalité, Gertrude va avoir des marques sur ce bras et il va se flétrir. Son mari va la délaisser (comprenez, elle n'est plus aussi jolie qu'avant) ; Rhoda s'en veut du mal qu'elle a fait à cette femme et du coup s'enfuit.

Six ans passent… Gertrude va trouver un moyen de se soigner chez un guérisseur qu'elle va voir en secret de son mari. Vous vous en doutez, chez Thomas Hardy, on ne s'en sort pas si facilement. Pour vous permettre de mieux vous rendre compte : trois personnages sur quatre meurt et le quatrième ne termine pas en bon état. 

Ce qui est intéressant dans cette nouvelle, c'est surtout les aspects maraboutage, croyances populaires … auxquels Thomas Hardy semble accorder une grande importance. Une facette de lui que je ne connaissais pas. C'est donc un texte à lire, si vous savez magner le coupe-papier bien évidemment !

Références

Le bras flétri de Thomas HARDY – traduit de l'anglais par Josie Salesse-Lavergne (L'Échoppe, 1993)

Le maire de Casterbridge de Thomas Hardy

 

Quatrième de couverture

Publié en 1886, Le Maire de Casterbridge s'ouvre sur une des scènes les plus dures de l'oeuvre de Thomas Hardy : au cours d'une beuverie, un jeune ouvrier agricole décide de vendre femme et enfant aux enchères à ses compagnons de hasard. 

Vingt ans plus tard, le même homme est devenu l'un des notables de Casterbridge – nom romanesque de Dorchester, où s'enracine la vie de Thomas Hardy.

La rencontre d'un jeune homme va précipiter le destin de celui que l'auteur, sans jamais le juger, décrit comme impulsif, colérique, dominateur, mais aussi capable de droiture et de fidélité, victime d'impulsions irraisonnées qui amèneront sa complète déchéance.

Mon avis

Dans ce livre, point de description de nature dans ce livre : Thomas nous raconte la vie d'un gros bourg du Wessex, Casterbridge, du point de vue des marchands de blés. Michael Henchard, le maire du titre, a vendu sa femme Suzanne et sa fille Elizabeth-Jane vingt ans plus tôt à un marin du nom de Newson. Il a bien cherché à les retrouver quand il s'est rendu compte de son erreur mais ça n'a pas marché. Entre temps, il a eu une relation avec une jeune fille nommée Lucetta dont il a terni la réputation. Vingt ans après, Suzanne revient avec sa fille pour se faire épouser (ou plutôt que Henchard la reprenne comme épouse). Au même moment, un Écossais Farfrae arrive en ville. Le maire insiste pour l'embaucher en tant que "régisseur". Il tombe amoureux d'Elizabeth mais Suzanne meurt. Et là commence les ennuis et la descente aux enfers de Michael Henchard (et surtout beaucoup beaucoup de rebondissements). Ces malheurs sont surtout dus à un caractère trop emporté, égoïste et colérique…

Si on résume de manière grossière l'intrigue, parmi les personnages que nous avons cités (Michael, Suzanne, Elizabeth-Jane (2 filles), Newson, Farfrae, Lucetta), quatre sont morts, deux personnages à qui ils n'arrivent que très rarement des choses positives et un qui a l'air heureux mais qui réussit à se faire tromper par Henchard quand il arrive à Casterbridge. On retrouve donc bien la gaieté et la joie de vivre de Thomas Hardy : des personnages empétrés dans leurs secrets (en général, ils meurent…)

On retrouve dans ce livre le pouvoir évocateur de l'écriture de Thomas Hardy : on arrive à voir devant nos yeux la ville de Casterbridge. Les personnages sont bien campés ; ils semblent rééls. Je regrette de ne pas bien comprendre l'anglais car il y a des DVD de ce livre (ça doit valoir le coup à mon avis).

En conclusion, je continuerai à lire Thomas Hardy rien que pour voir la vie du Wessex se dérouler devant mes yeux.

Références

Le Maire de Casterbridge de Thomas HARDY – traduit de l'anglais par Philippe Neel (Éditions sillage, 2008)