Moi vivant, vous n'aurez jamais de pauses ou comment devenir libraire de Leslie Plée

 

 

Là aussi, on peut résumer en une phrase : "Vous voulez perdre vos illusions sur le métier de libraire, lisez ce livre". Cette petite BD est issue d'un blog, celui de Leslie Plée. Elle est engagée en tant que librairie dans une grande surface culturelle (des vendeurs en gilet bleu) qui vend aussi des produits pour les loisirs créatifs en CDI, pour 35 heures ! Elle est tout à son bonheur et à la joie du premier boulot. Mais au fur et à mesure elle découvre l'envers du décor. Les premiers mois où le magasin n'est pas ouvert, elle étiquette, trie, porte des piles de livres (elle se fait des muscles en bétons), découvre les collègues pas forcément sympas. Quand le magasin ouvre, elle se croit sauver. Mais non ! En plus des managers qui vendent les livres comme ils vendraient de la bière, il y a les clients qui demandent des livres bizarres, qui ne comprennent pas que leur commande n'est pas arrivée, que le livre qu'il demande n'est plus forcément disponible … Elle apprend alors à mentir aux clients.

Pour la petite histoire, j'ai commandé une fois un livre dans cette grande surface culturelle. C'était Ker violette de Karine Fougeray. La vendeuse me dit je l'ai lu, il est vraiment très bien. Je vais voir si il en reste sur les tables. Elle me dit non, regarde dans son ordinateur et dit : j'en ai recomandé, ils arrivent mardi. Comme je ne pouvais pas revenir le mardi, je reviens le week-end d'après. La même personne me dit qu'il n'ai pas encore arrivé et que ce sera sûrement la semaine prochaine. La même chose se passe la semaine d'après sauf que cette fois-ci je le fais par téléphone. Au bout de deux autres coups de téléphone (quatre semaine après la commande), on me rappelle en me disant qu'ils ne peuvent pas avoir ce livre car ils n'ont jamais travaillé avec cette maison d'édition. Je me suis dit qu'ils m'avaient un peu pris pour une bille. Pour continuer dans la petite histoire, c'est la première fois que je suis descendue à la librairie près de chez moi. J'ai demandé si je pouvais le commander. Le libraire m'a dit qu'il allait essayer mais que c'était un éditeur indépendant et que peut être je devrai payer les frais de ports mais que ce n'était pas sûr. La semaine d'après, je l'avais sans frais de ports. Je ne vais plus dans cette grande surface culturelle, et préfère mon petit librairie qui n'a peut être pas tout mais est très gentil, serviable (il a réussi à avoir Nord et Sud d'Elizabeth Gaskell : il est trop fort !!!) et de bons conseils. En plus, il n'a pas l'air de me mentir pour me faire plaisir. 

Cette petite BD est donc fort sympathique : c'est surtout les textes qui sont biens : drôles, ironiques … Les dessins, assez simples, n'aident pas vraiment à en faire un meilleur livre. C'est à conseiller à tous les LCA (qui leur parlera surtout à eux à mon avis).

D'autres avis

Celui de Clarabel, d'Hélène, d'Emeraude, …

Références

Moi vivant, vous n'aurez jamais de pauses ou comment j'ai cru devenir libraire de Leslie Plée (Jean-Claude Gawsewitch Éditeur, 2009)

La vengeance d'une femme de Jules Barbey d'Aurevilly

Je me découvre être une fille pleine de préjugés non fondés. Je m'explique : je pensais que Barbey d'Aurevilly écrivait des récits un peu osés. Pour moi, il n'était donc pas nécessaire de le lire. Or, ce mois-ci j'ai acheté à la maison de la presse pour la première fois le magazine dBD. Petite digression : dans ma ville, il y a un magasin qui vend exclusivement des BD et des mangas. Les BD sont classées par genre (mieux que dans les grandes surfaces culturelles où si vous ne connaissez pas l'auteur, l'éditeur mieux vaut ne pas y aller), le libraire est très sympa et conseille très bien. Je voulais donc voir ce qui sortait ce mois-ci pour pouvoir lui demander ce que je voudrais. J'ai donc vu l'interview d'un jeune auteur, Lilao (né en 1978), professeur de dessin dans les Yvelines, à l'occasion de la sortie de sa première bande dessinnée : l'adaptation de la dernière nouvelle des Diaboliques, La vengeance d'une femme.

Deux choses m'ont persuadé que cette BD en valait la peine : c'est une des planches qui montre Paris (le seul mot qui peut la désigner c'est splendide) et que c'est un auteur qui a été repéré par Emmanuel Proust l'année dernière à l'occasion du salon du livre. Me voilà donc parti au marchand de BD pour rentrer en possession de ce précieux volume. Quand le vendeur m'a vu le prendre, il a dit : "vous avez raison, il est vraiment bien". J'étais donc encore plus persuadée.

 
De quoi ça parle me direz-vous. Un soir, un jeune dandy, Robert de Tressignies, voit une prostituée qu'il croit reconnaître. En tout cas, il voit au-delà de la robe jaune, une beauté hors du commun (en tout cas que peu de filles des rues ont). Il l'a suit donc dans sa chambre. Ils font l'amour. Elle montre une vigueur sans pareil, en tout cas peu commune au fille dont c'est le métier. Tressignies s'aperçoit que l'attention de la fille est fixé non sur lui mais ur un bracelet où il y a le portrait d'un homme. Il demande des explications : elle lui livre alors son histoire. Cette prostituée n'est autre que la duchesse d'Arcos de Sierra-Leone, dernière descendante de la branche italienne des Turre-Cremata (d'après la nouvelle, elle serait parente avec l'Inquisiteur Turquemada : je ne sais si c'est vrai). Elle est la femme d'un homme très respecté en Espagne. Un jour, Don Esteban, marquis de Vasconcellos, cousin du Duc, vint à Sierre-Leone. Tout de suite leur amour a eu "la simultanéité de deux coups de pistolet tirés en même temps, et qui tuent …" Elle dit à son mari d'éloigner Don Esteban de peur de ses sentiments. Celui ci répond qu'"il n'oserait" l'attaquer. Après quelques temps d'un amour chaste entre la duchesse et Vasconcellos, le mari s'aperçoit enfin de quelque chose. Il fait alors étrangler son cousin, lui fait enlever le coeur et manger par des chiens. La duchesse aurait aimé que son mari, pour se venger, lui dévorer le coeur de son amant. Elle décide alors à son tour de se venger. Pour cela elle décide de se faire protituée. Sa vengeance sera d'autant plus triste qu'elle sera ratée …

Comme je l'ai dis le travail de Lilao est remarquable : d'abord pour les dessins des personnages (et surtout les expressions des visages et des yeux), les dessins des quelques vues de Paris, pour son travail d'adaptation du texte littéraire. On trouve d'ailleurs quelques explications dans l'entretien avec dBD :

"J'ai relu la nouvelle plusieurs fois en soulignant les passages et les mots-clés. Il faut savoir que les textes écrits par Jules Barbey d'Aurevilly sont extrêmement denses et truffés de références culturelles de l'époque. J'ai gardé l'essentiel et sélectionné ce qui pouvait passer par l'image. Par contre, aimant son phrasé, je n'aipas touché aux textes originaux. J'ai bien entendu fait des coupes ou supprimé des citations inutiles mais je n'ai pas inventé des phrases qui n'existaient pas."

Un tel soucis ne peut qu'honorer son auteur ! Emmanuel Proust, non content de nous proposer cette bande dessinnée propose à la suite du volume le texte original de Barbey d'Aurevilly. Ce fut une découverte. Quelle écriture, quel talent pour la description des sentiments ! Par contre, c'est vrai qu'il y a beaucoup de citations de l'époque de l'auteur que je n'ai pas comprises. On n'a qu'une envie c'est de découvrir d'autres textes de Barbey d'Aurevilly. À la librairie, il n'y en avait qu'un seul c'était Le bonheur dans le crime (autre nouvelle des Diaboliques) ; je vous en parlerai bientôt …

Un billet de Frédéric Ferney sur la nouvelle.

Références

La Vengeance d'une femme de Jules Barbey d'Aurevilly et Lilao (Emmanuel Proust Éditions – collection Atmosphères, 2009)

Je suis cathare de Makyo – Calore – Chec

 

 

Résumé de l'éditeur (pour le premier tome)

"An 1310, pays cathare. Lorsqu'il est recueilli par maître Emeric, le seul lien qui rattache Guilhem à son passé est un cauchemar récurrent. Un matin, il remplace son protecteur indisposé auprès d'un enfant mourant et se découvre un miraculeux don de guérisseur. La rumeur du prodige s'étend si bien qu'elle permet à son frère Arnaut de le retrouver. Celui-ci le persuade l'accompagner afin de sauver Nita, pour l'amour de laquelle ils s'étaient jadis querellés. 


Trahi, maître Emeric est arrêté par l'Inquisition. Porteur d'un mandat épiscopal, un jeune homme demande à le voir. Une fois près de lui, il dévoile son véritable but : retrouver son frère Guilhem, car il prétend être, lui aussi, Arnaut Roché. Informé qu'un autre homme a usurpé son identité, Arnaut poursuit alors sa quête, bientôt rejoint par un mystérieux cavalier masqué.


Lorsque Guilhem retrouve Nita, une partie de la mémoire lui revient. Il sait à présent que l'homme qu'il a suivi n'est pas son frère mais un conciliateur chargé de traquer les hérétiques. Pris au piège,  il sauve pourtant la jeune femme. Alors que les conciliateurs cherchent à le faire abjurer, il parvient à fuir le monastère avec Nita, aidé par Arnaut et le cavalier noir qui viennentde les y rejoindre …"

En fait, Arnaut cherche Azalaïs, l'introuvable parfait. Personne ne l'a jamais vu à part ceux qui ont subit l'initiation et d'après ce qui est dit, on peut soupçonner que Guilhem doit son pouvoir de guérisseur à cette fameuse initiation.


Résumé du deuxième tome

Les fugitifs se retrouvent au château de Sicard de Nelli. Le cavalier masqué
vient retrouver, dans ce château, ses amis les "dépourvus" aussi nommés
les "sans noms". Il ne les voit pas, interroge Sicard de Nelli.
Celui-ci lui explique qu'ils ne sont pas encore arrivés. Le cavalier s'interroge aussi de ne pas voir la femme de Sicard. Rapidement, on s'aperçoit que Sicard de Nelli est très perturbé. Guilhem avec son pouvoir de guérisseur arrive à l'apaiser. Sicard de Nelli avoue alors qu'il a fait brûler vif Jean Isarn, un "parfait", qu'il a cloitré sa femme car il n'ose plus la regarder dans les yeux et enfermé les "sans noms". Ils les libèrent et ceux-ci le jugent : il doit remplacer le parfait qu'il a éliminé. Entre temps, Nita et Guilhem se sont déclarés leur amour. Ils doivent s'enfuir tous les deux pour éviter la jalousie d'Arnaut. Il reste que Guilhem doit retrouver la mémoire entre sa querelle avec son frère et son arrivée chez maître Emeric …

Mon avis

C'est une bonne série. L'histoire est intéressante et mouvementée. Les dessins sont beaux. Malheureusement, je m'attendais à trouver plus d'informations sur les cathares. Ce ne fut pas le cas. Comme dirait Historia, historiquement, ce n'est pas passionnant.

Références

Je suis cathare

Tome 1 : Le parfait introuvable

Tome 2 : Impardonable pardonné

de MAKYO (scénario), Alessandro CALORE (dessin), Claudia CHEC (couleur) (Delcourt, 2008)

La Reine Margot de Cadic – Gheysens – Derenne – Paganatto

Je ne suis pas très objective car j'adore cette période de l'histoire mais c'est vraiment une très bonne série de bandes dessinnées.

Comme le titre l'indique, cela parle de la Reine Margot, fille de Henri II et Catherine de Médicis (si je vous montrais la tête que la dessinatrice lui a fait ça fait peur !), soeur du roi Charles IX, du futur roi Henri III, femme de Henri de Navarre, le futur Henri IV. Elle a vécu en France durant la période troublée des guerres de religions et c'est sur cette période que focalise ces trois bandes dessinnés, chacun des tomes reprenant les premiers amours de Marguerite de Valois.

Dans le premier tome, c'est le Duc de Guise qui a les faveurs de Margot (ils ont été élevés ensemble à la cour). Ils seront séparés par Marie de Médicis qui juge les Guise, fervents catholiques, un peu trop avide de pouvoir royal.

L'italienne, avec la complicité de Jeanne d'Albret, obligera Margot à se marier avec Henri de Navarre (calviniste) pour pacifier le royaume. Pendant les noces auront lieu les journées de la Saint Barthélémy … Au troisième tome, Margot, délaissée par Navarre trouve l'amour, le vrai en la présence du Comte de La Mole.

Malheureusement, il sera décapité pour avoir comploté dans le but de faire évader Alençon, troisième frère de Margot (plus neutre, il devait devenir le nouveau roi) et Navarre de Vincennes où ils sont sous la surveillance du roi et de sa mère. L'histoire s'arrête là en tout cas pour la bande dessinnée : "Son aventure avec le Comte de La Mole l'avait affranchie des conventions. Margot vivrait désormais en femme libre." La liberté des femmes, au vu des dédicaces des tomes 1 et 3 est visiblement un thème cher aux auteurs.

La mise en page assez originale, les dessins (les méchants ont un visage affreux et les gentils sont beaux comme dans les publicités) ainsi que les couleurs sont des réussites. Les émotions de chaque personnage sont très bien dépeintes sur chaque visage.

Ce sont trois albums à recommander pour les gens qui s'intéressent à l'Histoire : on y retrouve l'ambiance sombre, pleine de complots, de guerres, d'assassinats de l'époque …

P.S. Promis, je vous reviens avec un billet sur un "vrai" roman : Le château périlleux de Walter Scott …

Références

La Reine Margot

Tome 1 : Le Duc de Guise (Chapeau Bas, 1re édition chez Theloma, 2006)

Tome 2 : Le Roi de Navarre (Chapeau Bas, 2007)

Tome 3 : Le Comte de La Mole (Chapeau Bas, 2008)

de Olivier CADIC et François GHEYSENS pour le scénario, de Juliette DERENNE pour les dessins, de Camille PAGANOTTO pour les couleurs.

Le tour d'écrou d'Henry James – Hervé Duphot

Résumé de l’éditeur

« Une jeune gouvernante est engagée pour s’occuper de deux adorables enfants, Miles et Flora, délaissés par leur oncle. Alors qu’elle se réjouit de ce nouvel emploi, elle aperçoit à plusieurs reprises une présence inquiétante dans le château. On lui révèle qu’il s’agit de Quint, un ancien valet… mort l’année précédente ! Un second spectre apparaît bientôt, tandis que les enfants s’avèrent bien moins innocent qu’il y paraît…

L’archevêque de Canterbury conta à Henry James en1895 une histoire d’enfants hantés par des serviteurs morts. Celui-ci s’en est inspiré pour Le Tour d’écrou. Salué par Oscar Wilde, ce court récit est considéré aujourd’hui comme le roman fantastique par excellence, car il repose sur l’hésitation du lecteur entre une interprétation rationnelle ou une interprétation surnaturelle du récit.« 

Mon avis

À mon avis, je ne suis pas normale parce que je n’ai pas compris la fin (si quelqu’un peut m’expliquer, je serais contente). Je n’ai jamais lu le livre, qui se trouve pourtant dans ma PAL depuis belle lurette. Cette bande dessinnée me donne envie de le déterrer, rien que pour essayer de comprendre ce qui m’a échappé. L’histoire est vraiment bien (sauf la fin). Il y a une montée du suspens ; on se demande jusqu’à la fin si les enfants sont dans le coup, si c’est la nouvelle gouvernante qui est à moitié folle (je ne crois pas sinon comment pourrait-elle savoir la tête des revenants). Les dessins et couleurs sont assez classiques à mon goût et sont particulièrement réussis pour les décors extérieurs.

Je vais sûrement me lancer prochainement dans Henry James. Le classez-vous dans la littérature américaine ou dans la littérature anglaise ? C’est une question que je me suis toujours posée.

Références

Le tour d’écrou d’Henry James – adapté en bande dessinnée par Hervé DUPHOT (scénario, dessin et couleur) (Ex-Libris – Delcourt, 2009)

Lord Faureston de Ayroles, Maïrona et Leprévost

 

 

D'habitude, je n'aime pas les histoires de vampire (Buffy à la fin elle me sortait par les yeux) mais alors là j'ai vraiment adoré cet album. On est au XIXième siècle. Richard Drake revient d'un voyage lointain où il a frôlé la mort, plein d'histoires à raconter. En plus, il est plutôt beau mec … Quand il rencontre Miss Catherine Lacombe à un bal, il pense qu'il a tous les atouts en main pour la séduire mais elle le snobe pour aller danser avec un jeune homme au teint très blanc, "un de ces gadins efféminés qui précipitent un peu plus chaque jour l'empire dans sa décadence". On le voit sur la couverture ; personnellement, il me fait plutôt peur … La jeune Catherine Lacombe tombe sous le charme du dandy et part se promener dans le jardin avec lui. Ils sont suivis par un chasseur de vampire, puis par Richard Drake qui pense que le chasseur de vampire est un voleur d'argenterie. Ils trouvent Miss Lacombe évanouis et le vampire a disparu.

Après, le vampire la poursuit de ses assiduités en lui envoyant un bouquet de roses rouges chaque jour. La protectrice du vampire, lady Caversham, sa soi-disant tante, s'en rend compte devient jalouse et il la tue … Et ça ce n'est que le début de l'aventure. Il y a plein de péripéties, les personnages sont attachants. Le scénario est donc très bon. Les dessins des visages sont particulièrement soignés ; les émotions des personnages sont visibles (je trouve ça plutôt bien par rapport à d'autres bandes dessinnées). Pour les couleurs (je ne sais pas si c'est les dessins ou les couleurs), j'ai remarqué que tous les personnages étaient cernés d'un gros trait noir. Cela donne l'impression que le décor n'est qu'arrière plan.

J'attends avec impatience les autres volumes des aventures de Richard Drake et Lady Lacombe. Vous l'aurez compris, c'est un album à lire.

Un autre avis

Celui de Fashion

Références

D – tome 1 : Lord Faureston de Alain AYROLES (scénario), Bruno MAÏRONA (dessin) et Thierry LEPRÉVOST (couleur) (Delcourt, 2009)

Boule de Suif de Guy de Maupassant – Li-An

 

 

J'ai lu Boule de Suif de Maupassant quand j'étais au collège ; je crois comme un peu tout le monde. C'est une des seules lectures obligatoires que j'ai aimé. Donc, quand j'ai vu la BD, je me suis un peu précipitée. Rapidement, je vous rappelle l'histoire. On est en 1870. Les soldats français doivent partir de Rouen car les prussiens arrivent. Les habitants de la ville subissent alors la présence des soldats étrangers. Ils sont bloqués dans la ville. Un seul véhicule arrive à avoir les autorisations pour quitter Rouen et aller au Havre. Dedans des nobles, des bourgeois (des gens comme il faut quoi), un démocrate et une prostituée, la fameuse Boule de Suif. Dans la première partie du voyage, Boule de Suif partage son pique-nique avec tous les autres passagers. En effet, ils n'ont pas pensé à prendre des provisions. Après un peu de route, ils se retrouvent bloqués dans une petite ville, Tôtes, par un officier prussien qui veut coucher avec Boule de Suif. Celle-ci refuse en fervente partisane de Napoléon III. Les gens bien comme il faut la poussent, la harcèlent pour qu'elle accepte. Ce qu'elle fait pour leur être agréable et après ils la rejettent. Une petite nouvelle pour dire que la valeur des gens n'a pas forcément un rapport avec leur condition. Les dessins et les couleurs sont classiques, il n'y a pas autant de détails que dans la nouvelle mais j'ai beaucoup apprécié de retrouver ce texte de Maupassant.

À sinaler : la collection Ex-Libris de Delcourt présente des adaptations de classiques de la littérature. Il y en a plein dont Les aventures de Tom Sawyer, Candide, Le Capitaine Fracasse, Dans la colonie pénitenciaire, Le dernier jour d'un condamné, Double assassinat dans larue Morgue, Frankenstein, L'île au trésor, Oliver Twist, Le portrait de Dorian Gray, Robinson Crusoé, Tartuffe, Le tour du monde en 80 jours, Les trois mousquetaires. Laetitia la liseuse, dans son billet sur les sorties de mars, dit qu'il y aura trois nouveaux albums : Le tour d'écrou, Les hauts de Hurlevent et La métamorphose de Kafka. De belles lectures en perspective !!!

Références

Boule de Suif, nouvelle de Guy de Maupassant adaptée en bande dessinée par Li-An (Delcourt – Ex-Libris, 2009)

Vinci (tome 1) – L'ange brisé de Didier Convard et Gilles Chaillet

 

 

Résumé

Novembre 1519 à l'abbaye cistercienne de Valuisant. François Ier confie à l'abbé Antoine un tableau de Leonard de Vinci qui ne devra jamais être vu par personne tellement il est la marque d'un esprit tourmenté. L'abbé Antoine demande au roi de raconter l'histoire qui a fait naître cette peinture.

15 décembre 1494 à Milan. On découvre le cadavre du notaire Christoforo di Rodrigo affreusement mutilé : on lui a volé son visage. Un enquête commence … 

A la même époque, Vinci habite aussi Milan. Son entourage proche est composé d'une femme et d'un jeune garçon qu'il appelle Salaï. On comprend rapidement que tous les trois partagent un secret et qu'ils cherchent à se venger. C'est aussi l'époque où Vinci met au point ses machines pour voler.

Alors survient un autre meurtre, cellui d'un notable dont on a aussi volé le viasge. Il a été attaqué par une énorme chauve-souris noire.

Mon avis

Les dessins sont classiques mais au moins j'ai reconnu tous les personnages… Ils m'ont rappelé Tintin ; je crois que c'est à cause de l'écriture des bulles. Les dessins servent bien le scénario qui fait frissonner. J'attends déjà la suite avec impatience !

Un autre avis

Celui de Laetitia La Liseuse.

Références

Vinci (tome 1) – L'ange brisé de Didier CONVARD (scénario) et Gilles CHAILLET (dessin) (Glénat, 2008)

Champollion et le secret des hiéroglyphes de Gilbert Bouchart et de Jean Prost

 

 

Présentation de l'éditeur

"S'il est un personnage historique dont la vie méritait d'être racontée et illustrée, c'est bien Champollion. Du hiéroglyphe à la bande dessinée, voilà un juste renvoi d'ascenseur !


Né à Figeac en 1790, Jean-François Champollion fait très vite preuve d'une vive inclination pour les langues anciennes, notamment l'hébreu, avant de se passionner pour l'Egypte des pharaons et sa mystérieuse écriture. Ecolier à Grenoble, il est remarqué par le préfet Fourier et va suivre des études orientalistes approfondies à Paris. Sa première tentative de déchiffrement de la pierre de Rosette, découverte en 1799 par le lieutenant Bouchard, se solde par un échec.


Il est nommé professeur d'histoire à Grenoble à 19 ans. Les circonstances politiques liées à l'abdication de Napoléon lui feront perdre son emploi, l'obligeront à s'exiler quelques temps dans sa ville natale, et seront préjudiciables à ses travaux. Mais, en 1822, grâce à de nouveaux document égyptiens et sa parfaite maîtrise du copte, il parvient à établir que l'écriture hiéroglyphique est à la fois symbolique, figurative et alphabétique.


Après avoir visité les grandes collections italiennes, il est nommé conservateur du département des antiquités égyptiennes du Louvre. Mais il lui faut attendre 1828 pour se rendre enfin en Egypte, àla tête d'une mission scientifique, d'où il rapportera quelques pièces de grande qualité ainsi que de précieux dessins et notices.


Mort prématurément à Paris, en 1832, Champollion est unanimement considéré comme le fondateur de l'égyptologie moderne.
"

Mon avis

On apprend plein de choses par cette bande dessinnée, surtout quand on ne connaît pas la vie de Champollion. Son père était libraire à Figeac. Son frère, qui était aussi son parrain, l'a beaucoup aidé dans le début de sa carrière (j'aurais aimé en savoir plus sur lui). On ne peut douter du sérieux historique de l'album vu que Jean Prost, le scénariste, est un ancien professeur d'histoire (il est aussi illustrateur de BD) et que celui-ci a été conseillé par Alain Faure, auteur d'une biographie de Champollion (Fayard, 2004). Même le dessinateur, Gilbert Bouchard, est historien de formation.

Côté BD, en tout cas à mon goût, il y a un peu trop de petites étoiles en dessous des dessins (je ne sais pas comment il aurait pu faire autrement à part à allonger l'album) et j'ai parfois eu du mal à reconnaître Champollion de son frère. 

Ce livre permet un premier contact avec Champollion. Il ouvre l'appétit pour dévorer une biographie romancée ou non de l'égyptologue car parfois on regrette un manque d'information sur certains sujets, le format n'étant pas adapté pour tout dire.

Références

Chapollion et le secret des hiéroglyphes de Gilbert BOUCHARD (dessins) et de Jean PROST (scénario) (Glénat, 2009)

Les fleurs du Cardinal Richelieu de Zaz et Esteve Polls Borrell

 

 

Quatrième de couverture

"Lyon, le 12 septembre 1642. Le marquis de Cinq-Mars est décapité place des Terreaux, pour avoir comploté contre le roi (rappel de moi : c'est une exécution célèbre car le bourreau a dû s'y reprendre à deux fois). Dans le même temps à Paris, Thomas de Vineuil rédige la dernière page de son journal. Il sait que les sbires de Richelieu vont venir le tuer, car il a pris part au complot. Il se remémore la querelle qui, sept ans auparavant, l'a entraîné dans la spirale des intrigues, alors qu'il pensait devenir simple professeur de botanique au Jardins du Roi (futur jardin des plantes) de monsieur Guy de la Brosse. Le récit narre l'histoire de Thomas, jeune botaniste surdoué, forméà l'université et complétant son savoir auprès des rebouteux du peuple. A une époque où la médecine tatonne, Thomas est une sorte de sorcier, capable de soigner ou de tuer, en utilsant les plantes. Repéré par Richelieu, il va devenir l'un de ses principaux outils pendant les querelles et conspirations de la fin du règne de Louis XIII. Aidé de Guéraud, un Garde du Cardinal, aventureux et désinvolte, Thomas va être l'instrument de l'Histoire."

Mon avis

Le scénario est absolument génial : plein de suspsens, d'intrigues, de manigances ! Les dessins sont assez beau. Le seul petit défaut c'est que les personnages se ressemblent un peu tous (c'est l'époque qui veut ça) ; on ne les distingue bien que grâce aux couleurs qui sont assez sombres. C'est tout de même un très bel album pour qui aime les bandes dessinnées historiques.

Références

Les fleurs du Cardinal Richelieu de ZAZ (scénario) et Esteve POLLS BORRELL (dessins) (Editions Claire de Lune – collection Centurion, 2008)