Moi, Parasite de Pierre Kerner

Je ne sais plus trop comment je suis tombée sur ce bouquin. Je me rappelle avoir divagué sur internet, d’avoir trouvé un article ou quelque chose comme cela et d’avoir regardé sur Amazon où les avis étaient positifs (et louaient l’humour de l’auteur). Je l’ai commandé à la librairie et je l’ai lu dès qu’il est arrivé en deux jours, alors que je n’ai aucun intérêt particulier pour les parasites. Et franchement, je vous conseille ce livre, si vous êtes aussi dans ce cas, car vous passerez un excellent moment et apprendrez plein de choses intéressantes et cocasses sur les parasites.

L’auteur Pierre Kerner est maître de conférences en génétique évolutive du développement. Il tient aussi le blog « Strange Stuff and Funky Things ». Un compte Twitter (@moiparasite), un compte Instagram et un compte Facebook permettent de prolonger la lecture de ce livre ou vous poussez à vouloir le lire.

Le titre est un clin d’œil au « Moi, Président » de François Hollande. Ainsi, le livre commence par un manifeste où le parasite explique qui il est, en quelques lignes. C’est le parti pris du livre : le monde des parasites nous est raconté par les parasites eux-mêmes. Le livre est divisé en six chapitres et comme le monde des parasites est vaste, chacun a un narrateur différent, un parasite ou un hôte de parasites. Voici l’annonce du plan (cela permet aussi de se faire une bonne idée de l’humour du livre) :

Moi, Parasite, mes avatars sont innombrables et mes histoires infiniment variées, mais je me limiterai à un mandat de six chapitres dont voici le programme :

Moi, Ver solitaire, je vous présenterai mes biographes qui, en content mes exploits, jetaient les prémices de la parasitologie.

Moi, Guêpe parasitaire, je n’ai jamais eu la prétention de travailler seule. Je vous ferai donc découvrir mon projet de stratification efficace du travail parasitaire à travers un extraordinaire entreprise d’imbrication des parasites.

Moi, Parasite, je laisserai une tribune libre au parti de l’opposition et notamment à un espèce d’hôtes, les fourmis, pour qu’elles vous narrent les stratégies qui se sont développées dans chacun de nos deux camps au cours de nos nombreuses escarmouches.

Moi, Sacculina, je ne vous cacherai par les conséquences de notre future association et vous dévoilerai en toute transparence les probables dommages co-parasitaux qui ne manqueront pas de survenir suite à notre cohabitation.

Nous, Diplozoon, couple littéralement soudé, entamerons une campagne d’information d’éducation sexuelle d’envergure afin d’enrayer l’accumulation grandissante de lacunes sur nos moeurs reproductives.

Moi, Virus, je serai le symbole de la tolérance et de l’acceptation. Et à travers mes exemples, vous comprendrez enfin pourquoi l’humanité, que dis-je, le monde entier, bénéficie des actions parasitaires.

Vous, hôte et moi, parasite, avons finalement déjà agréé les termes du contrat qui nous unit. Alors détendez-vous et lisez sereinement ce que l’avenir nous réserve, à tous les deux.

J’ai particulièrement apprécié dans ce livre le fait que l’auteur structure son livre sur les comportements des parasites et pas forcément sur les différents parasites. Il y a bien sûr un type de parasite décrit en détail dans chaque chapitre, mais il y a une place pour d’autres types, qui ont des comportements similaires ou complètement opposés. C’est un peu mon problème en général : les auteurs donnent souvent des informations, qui en tant que spécialistes ne sont pas vraiment importantes pour moi, dans le sens où je ne peux pas les relire car je n’arrive pas à les relier à ce que je connais déjà. Ici, ce n’est pas le cas : l’auteur présente des anecdotes étayées sur des comportements, qu’il rend intéressantes par sa manière de les raconter et de les lier à ce qu’il a introduit précédemment. Quand j’ai fermé le livre, après cette première lecture (car il y en aura d’autres), j’avais des notions de bases sur le cycle de vie des parasites (reproduction, « lieux d’habitation », ennemis, stratégies de survie, intérêt des parasites pour les humains …) Pour moi, cela prouve que le livre est suffisamment vulgarisateur pour être intéressant, même pour une personne complètement novice. D’où mon conseil de le lire.

J’ai particulièrement aimé le premier chapitre sur le ver solitaire et la parasitologie car il explique très clairement (et de manière peu ragoutante) la manière dont les découvertes décisives se sont faites et explique la manière dont ce ver peut arriver jusque dans l’humain.

Le chapitre sur la vie sexuelle des parasites est lui aussi très intéressant et très drôle (voire graveleux). Je trouve que c’est celui qui permet le mieux de se rendre compte de la variété des comportements des parasites ; j’ai eu l’impression qu’à un parasite correspond une stratégie unique de reproduction.

En complément de ce livre, on trouve en annexe une bibliographie de vulgarisation mais aussi d’articles scientifiques pour sourcer les différentes anecdotes racontées, et un lexique (classé par chapitres).

En conclusion, de la très bonne vulgarisation scientifique ! Ma seule réserve est que je ne suis pas sûre d’avoir compris la différence entre parasites, virus et bactéries.

Références

Moi, parasite de Pierre KERNER – illustrations de Alain Prunier et Adrien Demilly (Belin, 2018)

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