Deux nouvelles de Eduard von Keyserling

VersantSudEduardVonKeyserlingJ’ai toujours voulu lire Eduard Von Keyserling depuis la première fois que j’en ai entendu parler. Depuis un an, quoi. Depuis la sortie du Thesaurus. Puis je me suis dis que ce n’était pas raisonnable d’acheter toutes les œuvres si aucune ne me plaisait. J’ai pris donc deux poches : Versant Sud (1914) et Été Brûlant (1904).

Ils ont rempli leur rôle en me mettant du baume au cœur et surtout plein de petites paillettes dans les yeux. Parce que c’est très bien écrit. Parce que ce sont deux histoires d’un autre âge, d’un temps qui n’existera plus dans pas très longtemps (pour cause de Première Guerre mondiale) et on le sent dans la narration.

Été brûlant est l’histoire de Bill, un jeune comte, qui vient de rater son bac et qui est condamné à passer les mois de vacances avec son père pour potasser (je trouve très drôle les parents qui réagissent comme cela ; peut être qu’il fallait le faire avant, non ?). Sa mère et les autres enfants partent de leur côté. Cela promet de mauvaises vacances car son père est un être qui a toujours été froid avec sa famille. La seule chose réjouissante est la jolie cousine du domaine d’à côté. Le problème est qu’elle va se marier bientôt et dixit la quatrième de couverture, cela va « précipiter le jeune comte et son père dans la tragédie ». Il y a longtemps que j’ai lu Premier Amour mais à mon avis il s’est un peu inspiré.EteBrulantEduardVonKeyserling

Versant Sud est l’histoire de Karl Erdmann von Wallbaum, jeune soldat qui revient voir sa famille pendant une permission. Il est heureux de retrouver sa famille mais surtout une amie de sa mère qui est hébergée chez eux. Tous les hommes de la maison sont amoureux d’elle et elle le leur rend bien minaudant quelque peu. Sauf avec Karl, qu’elle semble considérer comme un frère alors que pour lui son amour est le meilleur. Cette fois-ci, il a un atout dans sa manche : pendant sa permission, il a prévu un duel (le problème datant d’avant la permission). Il espère qu’elle saura l’aider dans ce qu’il présente comme ses derniers instants.

Rien qu’en racontant les livres, on voit bien que Versant Sud est une œuvre plus complexe que Été brûlant (cela fait titre de soap américain je trouve). Pourtant Eduard von Keyserling a écrit ces textes dans sa période mature je pense puisqu’il est né en 1855 et mort en 1918. Il appartient au courant de l’impressionnisme allemand (je pensais que c’était un mouvement uniquement pictural)(c’est pour montrer mon inculture mais vous pouvez lire des explications dans le wikipedia allemand ou dans le wikipedia anglais)(ou si quelqu’un veut m’en donner). Ses histoires se passent dans la Courlande, région ouest de la Lettonie d’aujourd’hui (c’est une région qui était sous domination russe au moment où Keyserling écrit ses nouvelles).

À mon avis, ces deux textes sont une très bonne introduction à cet auteur, dans le sens où la lecture, rapide, en est très agréable et où ils donnent envie de tout lire de l’auteur (tout cela pour dire que je me suis achetée le Thesaurus).

Références

Été Brûlant de Eduard von KEYSERLING – roman traduit de l’allemand par Jacqueline Chambon et Peter Krauss (Babel / Actes Sud, 2001)

Versant Sud de Eduard von KEYSERLING – roman traduit de l’allemand par Jacqueline Chambon et Peter Krauss (Babel / Actes Sud, 2001)

Un siècle de littérature européenne – Année 1904
Un siècle de littérature européenne – Année 1914

10 réflexions au sujet de « Deux nouvelles de Eduard von Keyserling »

  1. Je ne connais pas du tout cet auteur mais vous me donner carrément envie de le découvrir ! (surtout qu’en ce moment, j’ai envie de lire des livres de cette époque, anglais, autrichien ou allemand). Je vous que vous êtes toujours à fond dans la littérature allemande 😉 Votre apprentissage de la langue avance ?

    1. J’ai vu votre avis sur le livre de Stefan Zweig que vous venez de lire. J’ai voulu laisser un commentaire mais il m’a mis un message d’erreur. Vous m’avez follement donné envie de le lire. J’ai toujours vos livres en tête ne vous inquiétez pas. Mon apprentissage avance tout doucement. Je lirais des romans dans longtemps à mon avis.

      1. Tant mieux pour Zweig ! 😉
        Cet été, j’ai eu l’occasion de lire un livre en allemand, quelques pages en attendant ma soeur, et j’étais heureuse de voir que je comprends toujours bien. Mais ce n’était pas de la littérature et là, je pense que je peinerais autrement ! Le bon allemand est une très belle langue à entendre, je trouve, mais qu’est-ce que c’est difficile avec tous ces cas, etc. :-S Bon courage !

        1. Les cas ne me dérangent pas car j’ai fait du russe et il y en deux de plus. Les prépositions un peu plus mais surtout les exceptions. La prof dit toujours en allemand il y une règle mais un très gros ABER.

    1. Moi aussi je l’ai vu sur un blog (le thesaurus) mais je ne me rappelle plus chez qui. Je crois que le mieux c’est de découvrir l’auteur par soi-même (c’est pour encourager que je dis cela …)

  2. je ne connais pas du tout cet auteur, mais tu me donnes envie de le découvrir

    je constate que les peintres belges inspirent les couvertures de babel = ici c’est Knopf qui s’y colle

    1. Est-ce que tu ne crois pas que cela vient du fait que Nyssen était belge ? Sinon, je note aussi celui là dans mon carnet truc à fouiller.

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