Green Manor de Bodart et Vehlmann

L’objet livre est magnifique en lui-même. Il est sous la forme d’un vieux grimoire : la tranche est celle d’un vieux livre lu et relu, la couverture est elle-aussi faussement usé. Au toucher, on sent le grain du carton (je ne sais pas si on dit comme cela mais si ce n’est pas le cas Matilda nous éclairera de son savoir). L’intérieur (juste après la couverture) est comme les vieux livres aussi. Vous savez les dessins tout coloré en zig-zag, comme en volute. Si vous ne voyez pas, il faut aller feuilleter le livre chez votre libraire ou à la bibliothèque. Ce sera sans aucun doute plus clair. Le seul truc qui cloche, le prix assez élevé (même si c’est une intégrale et qu’il y a quand même un sacré soin pour le livre).

Je ne regrette pas ma lecture. Je ne connaissais pas avant de voir ce titre dans la liste d’Ys mais les commentaires lus sur Amazon m’ont persuadé. Il s’agit de 16 « historiettes criminelles », historiettes car ce sont des histoires très courtes, 8 à 10 pages à peu près.

Green Manor est un club pour gentlemen dans le Londres victorien, un club d’un genre un peu particulier puisque les membres sont un tantinet obsédés par le crime : la réalisation, la résolution, la théorie.

Chacune des histoires est marquée par l’humour. Un humour anglais, c’est-à-dire avec une dose d’ironie dans la conclusion, un côté « c’est la vie qui se venge ».

On peut citer par exemple l’historiette qui s’appelle Jeux d’enfants. Un serveur du club se fait humilier systématiquement par un des membres du club. Un autre se vante de pouvoir faire assassiner qui il veut sans jamais être mis en cause. Il propose de faire profiter de ses relations au serveur, un peu comme si il parlait à une âme inférieure comparée à lui et son intelligence. Le serveur commence par lui expliquer que ce n’est absolument pas morale mais il insiste. Le serveur trouve le moyen de lui faire payer pour ses crimes en utilisant ses anciens jeux d’enfants.

Il y a dans une autre nouvelle deux gentlemen qui essaient de se tuer mutuellement pendant une semaine pour savoir qui est le meilleur. À  la fin de la semaine, pas de réponse mais deux morts tout de même.

Bien sûr, comme on parle de l’époque victorienne, deux de nos gentlemen essaye de tuer Conan Doyle en lui projetant du haut d’un clocher 21 hallebardes sur la tête au cours d’une conférence.

J’ai trouvé que les historiettes étaient toutes réussies chacune dans son genre avec comme je le disais une constance sur l’humour anglais.

Les dessins ne m’ont pas subjugué mais j’ai trouvé qu’ils servaient parfaitement l’histoire : les décors retranscrives bien l’époque et les visages les émotions des personnages. Un point important : le dessinateur n’a pas dans sa palette qu’une seule forme de visage. Chacun est différent et caractéristique. Cela permet de les reconnaître très facilement.

C’est donc un très bel album avec à l’intérieur des histoires criminelles où il est important que le crime soit élégant. Vous sourirez sans aucun doute (à mon avis).

Références

Green Manor – l’intégrale de Denis Bodart (dessins), Fabien Vehlmann (scénario), Scarlett (couleurs de tous les épisodes), Denis Bodart et Étienne Simon (couleurs des épisodes de 12 à 16) (Dupuis, 2010)

Livre lu dans le cadre des 12 d’Ys dans la catégorie Romans graphiques / Intégrales.

7 réflexions au sujet de « Green Manor de Bodart et Vehlmann »

  1. J’enrage de ne pas parvenir à mettre la main sur cette intégrale, les bib que je fréquente ne la possèdent pas, c’est rageant, j’aimerais bien tourner les pages de ce vieux grimoire.

    1. C’est clair qu’ils ont mis un sacré soin à la réalisation de l’intégrale. Pour une bibliothèque, c’est peut être un peu cher si ils ont déjà les trois tomes séparés. Je ne sais pas …

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