Diamants et silex de José María Arguedas

Quatrième de couverture

« Au bord des déserts éblouissants de neige », les villageois parlent aux oiseaux comme aux plantes avec une troublante intensité et les Indiens se signent lorsque se manifeste l’indicible. Au cœur de la lointaine Cordillère des Andes, les rites et les sortilèges maintiennent naturellement un ordre qui ne peut être qu’être extrême. Le monde du dehors, « civilisé », rationnel, surgit sous la forme d’une jeune citadine blonde qui va bouleverser cet équilibre primitif.

Extrait (de la quatrième de couverture)

Quand ils virent don Aparicio, ils lui frayèrent un passage. L’herbe, haute et encore verte, envahissait le sol. Il parvint au bord de la tombe ; la dépouille avait déjà été descendue. On l’avait habillée d’un vêtement couleur café. Les pieds, nus et jaunes, étaient visibles. Une capuche couvrait sa tête ; sur son visage on avait placé des cotons. De ses mains croisées pendait un petit lama fabriqué avec des bouts de bois et rempli d’un morceau d’alpage. Le lama allait accompagner dans le voyage silencieux qui le mènerait à la grande tour que construisent les morts, d’après les Indiens d’Al’amare, sans jamais la finir, sur la cime lointaine du mont K’oropuna.

Mon avis

J’ai beaucoup apprécié ce court récit raconté comme un conte : une princesse est enlevé violemment par un prince mais elle ne peut s’empêcher de l’aimer tout de même. Sauf que le prince se tourne vers une autre princesse. La première princesse est jalouse et essaye de reconquérir son prince avec l’aide de Mariano, le serviteur préféré du prince.

C’est très beau, très lyrique et très poétique. Quand Arguedas nous décrit la vie du village, on y est. Quand il décrit les grands espaces du Pérou, on y est aussi. C’est un livre dépaysant.

Il y a un hic pourtant (vous vous y attendiez, non ?) : on nous dit qu’Arguedas fait partie du courant indigéniste, qu’il est « le promoteur d’un métissage des cultures andine d’origine quechua et urbaine d’origine européenne ». Je veux bien mais à mon avis l’auteur n’a pas écrit pour la traduction. J’ai eu l’impression que tout le contexte, l’enjeu social m’échappait et j’aurais aimé plus de précisions au moins pour cette édition car cela a l’air d’être cela que l’auteur voulait faire passer et pas le côté traditionnel que j’ai apprécié.

C’est pour cela que j’ai préféré El Sexto du même auteur.

Références

Diamants et silex de José María ARGUEDAS – traduit par Ève-Marie Fell – préface de Mario Vargas Llosa, traduite par Albert Bensoussan (Éditions de l’Herne, 2012)

Lu dans le cadre des 12 d’Ys, dans la catégorie auteurs latino-américains.

2 réflexions au sujet de « Diamants et silex de José María Arguedas »

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