Métamorphoses de Thomas Hardy

 

Quatrième de couverture

Maître dans l'art de décortiquer "les petites ironies de la vie", Thomas Hardy possédait aussi le talent de se pencher, en quelques pages, sur les grandes. Ces instants où une existence bascule, ces décisions dont il faudra à jamais supporter les conséquences, ces éclairs de lucidité qui pétrifient, il s'en fit le conteur subtil. Et si l'Angleterre qu'il nous dépeint a disparu, ses personnages gardent intact cet étrange et universel don de nous émouvoir. Quand un géant du roman se métamorphose en nouvelliste, les masques de ses courtes tragédies prennent un relief inoubliable.

Mon avis

Ça y est je suis folle de Thomas Hardy, encore plus qu'après Le retour au pays natal. Je me promenais tranquillement chez mon libraire dans la section anglaise qui fait deux étagères quand mes yeux ont buté sur un nom connu Thomas Hardy mais deux titres inconnus (enfin un seul l'autre j'ai vu des critiques sur internet) !!!! 

Ici sont rassemblées quatre nouvelles de Thomas Hardy issues du recueil A changed man and other stories (pourquoi ne pas avoir fait paraître tout le recueil ? je ne sais pas). Elles ont été écrites entre 1881 et 1900.

La première s'intitule Sous le regard du berger ou quatre nuits au clair de lune (What the Sheperd Saw, traduit par Pierre Coustillas) : un petit berger assiste à une rencontre entre une riche dame et son cousin, autrefois épris d'elle. Il aperçoit ensuite le mari de la dame qui a tout vu, mais pas tout entendu. Le drame se déroule sur trois nuits et la conclusion sur une (mais vingt deux ans plus tard). Chez Thomas Hardy, on paye toujours un jour ou l'autre. J'ai apprécié la construction de la nouvelle en acte comme au theâtre et la mise en scène d'un personnage extérieur, le petit berger, pour que l'action ne soit pas en huis-clos entre deux hommes et une femme. Cela ressemble un peu au Retour au pays natal où l'homme au rouge, en tout cas au départ, observe beaucoup. Le fait de faire intervenir un personnage qu'on croyait extérieur m'a aussi beaucoup plu car il permet une chute inattendue et pleine de sens dans la logique de Thomas Hardy.

Les trois autres nouvelles font intervenir des militaires (pourquoi ?)

Le deuxième nouvelle, Métamorphose (A changed Man – traduit par Françoise Vreck) parle d'une femme qui réussi à se faire épousée par un hussard. Elle est plus attirée par l'uniforme que par l'homme. Manque de chance il va se faire pasteur…

La troisième, La tombe solitaire (The Grave by the Handpost – traduit par Michel Krzak) est la plus triste. Un père envoie son fils à l'armée en lui disant qu'il avait aimé ça quand il était jeune: il avait trouvé ça très formateur. Manque de chance, il n'y avait pas de guerre à son époque tandis que le jeune homme est obligé de partir aux Indes. Il écrit de là bas à son père une lettre désespérée et pleine de reproches. Le père se suicide et est enterré dans une tombe hors du cimetière, à un croisement de routes. Le fils revient, découvre ça, se repend affreusement et demande aux personnes d'une chorale de l'enterrer dignement. Il donne l'argent pour ça. Il repart ensuite dans l'armée pour que son père puisse être fier de lui, prend du galon… Il revient une nouvelle fois dans son pays natal et découvre ce que l'on a fait du corps de son père… C'est la plus triste car finalement c'est le jeune soldat qui paie alors que ce sont les villageois qui ont mal agit.

La quatrième nouvelle est sûrement la plus féroce. Elle s'intitule Un dragon entre en scène (Enter a Dragoon – traduit par Noël de Beer. Une femme doit épouser un soldat. Juste après la deuxième publication des bans (il en faut trois), il doit partir à la guerre. Peu après, elle apprend qu'il est mort à la bataille de l'Alma. En réalité, il y a erreur de prénom. Le jeune homme revient mais après trois ans (il a été longtemps à l'hôpital). Entre temps, elle a accouché d'un petit garçon (du soldat), s'est résigné à prendre un nouveau fiancé. Or, le soldat revient juste avant le nouveau mariage, la fille rompt précipitemment avec le nouveau fiancé (qui lui était amoureux)… Elle le regrettera très cher (dans les dernières pages).

Un recueil que je ne saurais trop vous conseillez tant les nouvelles sont excellentes et les traductions vraiment très bonnes !

L'avis de Cryssilda.

Références

Métamorphoses de Thomas Hardy – traductions de Pierre Coustillas, Françoise Vreck, Michel Krzak et Noël De Beer – illustrations d'Anne Careil (L'arbre vengeur, 2007)

P.S. Je ne connaissais pas du tout cette maison d'édition. J'ai déjà repéré un livre de G.K. Chesterton et un livre de Dickens (préfacé par Jean-Pierre Ohl, celui des Maîtres de Glenmarkie) qui sortira en septembre. J'ai aussi découvert une autre maison d'édition : Les moutons électriques. Ils vont faire paraître vers la fin de l'année un livre intitulé Les nombreux mondes de Jane Austen dans leur collection "La bibliothèque rouge". Dans la même collection, il y a Les nombreuses vies de Sherlock Holmes (qui passe pour être un ouvrage de référence, épuisé mais réédité en avril 2010), Les nombreuses vies d'Hercule Poirot, Les nombreuses vies de Miss Marple

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.