Emma de Alexander McCall Smith

EmmaAlexanderMcCallSmithEmma de Alexander McCall SMith est le fameux gros livre en anglais qui m’a empêché d’avancer dans mes lectures. En fait, il n’est pas si gros que cela, 360 pages, mais à chaque fois que je l’ai pris, j’étais rapidement fatiguée de le porter (je ne sais pas si c’est mes doigts qui n’aiment pas être écartés ou si c’est le fait que le livre ne s’ouvre pas bien …). En tout cas, depuis 2014, date où je l’ai acheté, il est sorti en poche en anglais mais aussi en français (aux éditions Terra Nova). Emma fait partie d’une série de réécriture moderne des romans de Jane Austen par de célèbres auteurs britanniques. On peut ainsi trouver Sense and Sensibility de Joanna Trollope mais aussi de Northanger Abbey par Val McDermid.

Il y a quelques années j’avais lu le roman de Jane Austen, roman que j’avais adoré grâce à une traduction formidable. Ici, Alexander McCall Smith reprend l’histoire, les personnages … de manière générale. Il ne suit pas à la lettre le roman de Jane Austen, mais fait sienne l’histoire en la réinterprétant pour qu’elle corresponde à notre époque. J’ai beaucoup aimé ce roman, non pas pour la réécriture de Jane Austen, mais bien parce qu’on y retrouve la manière de raconter une histoire, la plume, l’humour de Alexander McCall Smith. J’ai ressenti un plaisir proche mais moindre de celui que je prends en lisant la série des Isabel Dalhousie.

Je ne vais pas reprendre l’histoire car en gros, l’auteur reprend l’histoire et les personnages du roman de Jane Austen. La modernisation est particulièrement drôle : Emma conduit une Mini Cooper, Harriet Smith est très superficielle mais très gentille : son père est un donneur de sperme anonyme, elle enseigne dans une école d’anglais pour étudiants étrangers, sa logeuse / patronne / ami prépare des cakes un peu spéciaux, Mr. Woodhouse craint énormément beaucoup de choses (d’autant qu’il est abonné à de nombreuses revues scientifiques), a fait fortune grâce à une invention scientifique, le frère de George Knightley est photographe de mode à Londres alors que lui a choisi de reprendre et faire revivre le domaine familial. J’ai trouvé que tout était mêlé avec énormément d’humour.

Par rapport à l’histoire, Alexander McCall Smith ne s’intéresse pas à la même chose que Jane Austen. Elle décrivait une communauté à un moment t et travaillait surtout sur les relations entre chacun des membres de la communauté. Lui suit l’évolution du personnage d’Emma, ce qu’il fait qu’elle est comme elle est. Elle est dépeinte comme une enfant / adolescente / femme un peu spéciale, ayant un fort caractère, pour qui chaque chose à sa place (et c’est elle qui décide la place de chaque chose, les gens sont aussi des choses malheureusement), très marquée par sa gouvernante. J’ai trouvé que l’évolution d’Emma (surtout l’affirmation de son caractère) était intéressante (un peu comme si tout s’était joué pendant l’enfance). À l’âge adulte, elle est décrite comme gentille mais très, voire trop gâtée. Les autres personnages du roman ne semblent pas réellement interagir avec elle. Elle interagit avec eux et décide pour eux. J’ai eu l’impression d’une certaine solitude du personnage d’Emma, que je n’avais pas eu en lisant le roman de Jane Austen.

Par contre, j’ai lu un commentaire sur GoodReads auquel je souscris entièrement. Comment Emma peut-elle se découvrir un sentiment amoureux pour George Knightley alors qu’elle ne le rencontre jamais ! Visiblement, les histoires d’amour ne sont pas trop la tasse de thé de l’auteur.

Si on veut comparer le roman de Jane Austen et celui d’Alexander McCall Smith, clairement, ce n’est pas la même chose ! Alexander McCall Smith prend le temps de s’intéresser à des moments que Jane Austen n’avait pas détaillés. Ainsi, on découvre l’enfance et l’adolescence d’Emma et d’Isabella, avec leur gouvernante Miss Taylor.  Par contre, d’autres moments importants pour Jane Austen ne le sont pas du tout ; le pique-nique par exemple ne prend qu’un chapitre à la toute fin du livre. Alexander McCall Smith s’intéresse aussi énormément aux personnages secondaires : Mr. Woodhouse est particulièrement savoureux ; par contre Jane Fairfax et Ms. Bates ne sont pas trop présentes. Frank Churchill et son père ont ainsi une vie propre, pas forcément intéressante pour l’histoire d’Emma, mais que pourtant l’auteur développe beaucoup. C’est pour cela que je dis que le livre est plus Alexander McCall Smith que Jane Austen. Les digressions et les remarques (plus générales) sont la marque d’Alexander McCall Smith à mon avis

En conclusion, un roman qui ravira les fans de Alexander McCall Smith, mais un peu moins ceux de Jane Austen.

Références

Emma de Alexander McCall SMITH (Borough Press, 2014)

Murder most persuasive de Tracy Kiely

MurderMostPersuasiveTracyKielyPour me changer les idées après ma lecture de 1986 de Yu Hua, j’ai choisi une lecture légère dans ma PAL : Murder most persuasive – a mystery de Tracy Kiely. C’est la troisième tome d’une série de quatre (j’ai les trois premier dans ma PAL et je commence par le troisième bien évidemment ; je suis indécrottable), mettant en scène Elizabeth Parker, grande Janéite, citant à l’envie son auteur préféré. Au vu du titre, on peut penser que Tracy Kiely est dans le même cas puisque chaque début de chapitre commence par une citation de Jane Austen et qu’elle utilise une partie de Persuasion pour construire son histoire.

Justement, rentrons plus avant dans l’intrigue. L’ouverture du livre se fait sur un enterrement (il n’est pas mort de mort suspecte, rassurez-vous). Toute la famille est réunie pour rendre un dernier homme à Oncle Marty, Martin Reynolds officiellement, grand-oncle d’Elizabeth Parker, mort d’un cancer qu’il a combattu pendant des années. Tous les membres de la famille se retrouvent au restaurant après les funérailles.

C’est là où on découvre tous les protagonistes de notre histoire, en tout cas la majorité. Il y a Elizabeth, sa mère et sa sœur Kit, enceinte e 8 mois, avec qui Elizabeth ne s’entend que très moyennement. Il y a des chamailleries, dirons-nous.

Il y a les trois filles du mort : Reggie, la sœur aînée connue pour sa beauté et son tempérament, Frances, ayant deux jumeaux et un mari, Scott, connue pour être plus carriériste pour son mari que son mari lui-même, et Ann, la gentille, qui prend soin de toute la famille sans se préoccuper de sa vie, de ses amours, de son futur (j’espère que vous voyez le clin d’œil à Persuasion, sinon il faut le relire d’urgence).

S’ajoute la femme du défunt et belle-mère des filles, Bonnie. Plus jeune que lui, elle avait été choisie pour servir de substitut de mère aux filles après la mort de leur mère dans leur enfance. Cela n’a jamais marché car c’est une cruche. Le mari s’en est désintéressé très vite. Pourtant, elle se fait remarquer en ce jour en pleurant et en soupirant « pauvre Marty, je ne m’y attendais pas » (je rappelle qu’il est mort d’un cancer) et parle même de meurtre, les autres essayant de la persuader de sa sottise. Elle est tellement éplorée qu’elle décide de partir en thalassothérapie le lendemain, laissant Ann régler les détails pour le catalogage des objets du testament.

Avant de mourir, Martin Reynolds, entrepreneur, avait vendu sa maison d’été du Maryland (ils ont une maison d’hiver dans la même ville, si j’ai bien compris) et voulait répartir cet argent entre ses trois filles mais n’ayant eu le temps de régler les détails, Bonnie demande aussi une part (cela aura une petite importance pour la suite). Tout cela pour dire que la maison d’été a changé de propriétaires et que ceux-ci sont en train de modifier la piscine. Et là, c’est le drame, on retrouve le corps de Michael, le crâne fracassé. Celui-ci n’est autre que l’ancien fiancé de Reggie, avec qui elle a rompu deux mois avant le mariage, un 4 juillet, il y a huit ans. Plus personne n’avait entendu parler de lui (et pour cause), surtout qu’il avait été ensuite découvert qu’il avait détourné 1 millions de dollars de la compagnie de son futur beau-père (il avait été choisi comme successeur en plus, maintenant c’est Scott au grand plaisir de Frances).

La police enquête bien évidemment, enquête menée par Joe, qui n’est autre que l’ex d’Ann, avec qui elle avait rompu le 4 juillet aussi, sur les conseils de Laura, meilleure amie de sa mère lorsque celle-ci était encore en vie (au prétexte qu’elle était trop jeune pour s’engager au près d’un tel homme, si vous ne voyez pas Persuasion, je désespère). Laura, elle, est mariée à Miles, ancien associé (depuis il a monté sa propre entreprise) et meilleur ami de Marty. Sur ce, Bonnie revient de sa thalassothérapie, avec une espèce de don Juan qui se prétend expert financier pour placer l’argent des riches veuves qu’il rencontre. Elizabeth Parker va aider Ann, mais aussi la police, pour cette troisième enquête dans laquelle elle se voit impliquer « de force ». Elle sera bien conseillée adroitement par Peter son petit ami et tante Winnie, sœur de Martin Reynolds, elle aussi grande janéite.

J’ai beaucoup aimé cette lecture, qui a totalement remplie son office de lecture détente. L’auteur écrit une bonne histoire, en y mettant des touches d’humour, très bien placées. Le niveau d’anglais n’est pas suffisamment haut pour ouvrir son dictionnaire à chaque phrase. L’auteur décrit une galerie de personnages tout à fait crédibles, bien incarnés, un peu loufoques. L’enquête est vraiment bonne aussi. J’ai eu quelques soupçons à un moment mais l’auteur les a habilement détournés. Les clins d’œil à Jane Austen sont nombreux mais à mon avis ce n’est pas ce qui fait le charme de ce livre. C’est tout simplement un bon cozy mystery dans lequel il fait bon s’installer pour se détendre un peu.

Références

Murder most persuasive – A mystery de Tracy KIELY (Minotaur Books, 2011)

Lady Susan de Jane Austen – livre audio

Présentation de l’éditeur

Une veuve spirituelle et jolie, mais sans un sou, trouve refuge chez son beau-frère, un riche banquier. Est-elle dénuée de scrupules, prête à tout pour faire un beau mariage, ou juste une coquette qui veut s’amuser ? Le jeune Reginald risque de payer cher la réponse à cette question …

Grande dame du roman anglais, Jane Austen trace le portrait très spirituel d’une aventurière, dans la lignée des personnages d’Orgueil et préjugé et de Raison et sentiments.

Mon avis

D’habitude, le dimanche, je fais le repassage en écoutant les podcasts des émissions littéraires de la semaine. C’est passionnant, n’est-ce-pas ? J’aime beaucoup le repassage pour ça mais là, vendredi, j’ai été à la librairie et je me suis offert ce livre audio que j’avais repéré à Sauramps à Montpellier il y a deux mois. Je vous conseille le rayon livre audio de cette librairie car il est vraiment très fourni (plus grand qu’au Gibert à Paris, vous allez me dire y a pas de mal).

L’histoire vous pouvez la retrouver chez George (bon anniversaire !) ou chez Matilda par exemple. Lady Susan, jeune veuve, doit partir de chez ses amis, chez qui elle s’était réfugiée après la mort de son mari. Elle doit partir car elle a séduit le mari et a fait que la fille de la maison s’est fait siffler son fiancé (on ne sait pas au profit de qui : de Lady Susan ou de sa fille, Frederica). Elle se réfugie chez son beau-frère (frère du mari), bonne âme qui pardonne tous les écarts de sa belle-sœur mais sa femme Catherine, elle ne pardonne pas le fait qu’elle est voulue empêcher son mariage (et ceux pour des raisons purement personnelles). Alors quand le jeune frère de Catherine, Reginald, arrive en visite, Catherine entretient méfiance et peur car Lady Susan s’est mis en tête de séduire Reginald pour se venger d’elle. La narration est faite sur le mode épistolaire entre les protagonistes. C’est impressionnant de voir ce que l’on peut se révéler dans des lettres sans en avoir l’air (je vous l’accorde, nous faisons la même chose avec le téléphone mais si je crois que dans la voix, on ne peut pas cacher ses sentiments et du coup il y a une part de non-intentionnelle dans la communication qu’il n’y a pas dans la lettre que l’on peut contrôler).

Le livre audio est juste magnifique ! Lady Susan est incarnée par la voix de Chloé Lambert. Elle prend un ton dur et tranchant dans les lettres à Reginald mais quand elle écrit à sa copine, Alicia Johnson (Georgia Scallet), elle arrive à nous faire sentir la connivence en étant plus douce et plus confidentielle. En parlant de celle-ci, Georgia Scallet prend un ton lascif qui donne l’idée d’un tempérament de suiveuse et pas forcément très intelligente. Ma voix préférée est celle de Catherine Vernon (Caroline Victoria) qui a une voix toute douce (incarnant la gentillesse de Catherine), un ton familiale avec sa mère. Lady de Courcy (Marianne Epin) et Thierry Hancisse (Sir Reginald), les parents de Catherine, n’interviennent pas beaucoup mais j’ai apprécié que les voix fassent les âges des personnages. Même Reginald (Loic Corberon) est trop bien car entre le début et la fin, il perd finalement son innocence et le comédien arrive à nous faire saisir la chose en changeant le rythme de sa voix. Frederica est incarnée par Sarah Stern (mais elle aussi intervient trop peu pour que je puisse vous dire quoi que ce soit).

Si on parle maintenant des musiques qui sont intercalées entre les lettres, très dans le style des films de Jane Austen et des bruits de plume qui gratte le papier quand un des protagonistes signe sa lettre, vous comprendrez sûrement mon adoration pour ce livre audio !

Références

Lady Susan de Jane AUSTEN – lu par Chloé Lambert et 6 comédiens (Écoutez lire – Gallimard, 2011)

Emma de Jane Austen

EmmaJaneAustenQuatrième de couverture

Publié anonymement en 1816, Emma est l’œuvre la plus aboutie de Jane Austen et l’un des classiques du roman anglais. Orpheline de mère, seule auprès d’un père en mauvaise santé, Emma Woodhouse, désormais la maîtresse de maison, s’est mis en tête de marier Harriet Smith, une jeune fille pauvre qu’elle a prise sous sa protection. Ce faisant, ne s’est-elle pas attribué un rôle qui n’est pas (ou pas encore) pour elle ? Son inexpérience des cœurs et des êtres, ses propres émotions amoureuses, qu’elle ne sait guère interpréter ou traduire, lui vaudront bien des déconvenues et des découvertes. Autour d’Emma, Jane Austen dépeint avec sobriété et humour, et aussi une grande véracité psychologique, le petit monde provincial dans lequel elle a elle-même passé toute sa vie.

Mon avis

Je m’excuse pour les fautes et surtout auprès de The Story Book Girl avec qui je fais cette lecture commune (parce que j’aurais du publier le billet dans la journée et pas dans la soirée surtout que je l’ai fini il y a trois semaines ce livre). En effet, j’ai un cheval de troie sur mon portable que je n’ai pas réussi à enlever avec l’anti-virus (Bouh m’a porté la poisse) donc j’ai appelé mon expert en informatique, en la personne de mon frère, qui a pris le contrôle à distance (de chez lui) de mon PC et en échange il m’a prêté le sien, qui lui est resté à la maison, et qui est exactement le même mais avec une toute petite différence : j’ai un clavier anglais et lui un français. Alors si Jane Austen se transforme en Jqne Qusten merci de ne pas m’en tenir rigueur.

Après cette atermoiement tout personnel, passons à la lecture ! Emma est définitivement mon Jane Austen préféré juste à côté d’Orgueil et Préjugés. Et pourtant là aussi j’ai une histoire compliquée avec ce livre. En effet, c’est le premier Jane Austen que j’ai eu il y a dix ans dans la version 10/18. Et je l’avais abandonné à la page 78. Comme j’ai été plusieurs fois déçue par les traductions 10/18 (je reste persuadée que c’est pour ça que je n’ai pas aimé Mansfield Park : Angelitam et Nabokov (je vais lire le Bouquins qui vient de sortir avec ses critiques de livres anglais et russes c’est obligé) n’en pensent que le plus grand bien), je m’en suis rachetée un exemplaire au Livre de Poche dans la traduction de Pierre Nordon (en général, j’aime beaucoup son travail). Il n’y a pas photos je l’ai lu d’une traite.

Il y a particulièrement deux points qui m’ont beaucoup plu : le côté vie de village et l’histoire d’amour Emma/Mr. Knightley. En effet, la description de la vie provinciale de l’époque m’a beaucoup rappelé le roman d’Elizabeth Gaskell : Cranford. Parce que Jane Austen raconte le poids du quand-dira-t-on, de la pression des voisins, des rumeurs, du ragotage de bas étages. Même l’intrigue dans l’histoire d’amour entre Jane Fairfax et Frank Churchill (lui il m’a beaucoup fait rire parce que je l’ai trouvé godiche : le mot masculin ne me revient pas) m’a rappelé Femmes et filles d’Elizabeth Gaskell. Si ça ce n’est pas du plagiat par anticipation, Monsieur Bayard, je ne m’y connais pas !

Pour l’histoire d’amour, là aussi c’est une histoire qui n’appartient qu’à moi. Je ne connaissais pas l’histoire de Emma mais je m’attendais à l’histoire entre Emma et Mr. Knightley parce que j’ai acheté le Mr Knightley’s Diary de Amanda Grange quand je suis allée à Londres. Je tournais les pages en attendant le début de l’histoire, d’une déclaration enflammée et ça ne venait pas. Finalement, c’est ce qui fait d’Emma un roman à part dans l’œuvre de Jane Austen : l’histoire d’amour de l’héroïne n’est que secondaire alors que la description de la société est primordiale.

Bien sûr, tout cela ait fait dans un style tout austenien qui donne cette impression d’être au coin du feu avec une tasse de thé en train d’écouter une histoire d’une dame qui vous fait vivre les personnages sans avoir besoin de les connaître (et ce grâce à des descriptions fouillées).

Maintenant, je vais aller découvrir les adaptations et regarder comment ils ont représenté la différence d’âge entre Emma, 19 ans, et, Monsieur Knightley, 37 ans ! C’est mon côté commère.

Références

Emma de Jane AUSTEN – traduit de l’anglais par Pierre Nordon (Livre de Poche, 2008)

Darcy's story de Janet Aylmer

Finissons cette année par un livre réjouissant qui a fait battre mon petit coeur pratiquement autant qu’Orgueil et Préjugés. Ben normal, c’est un peu la même histoire. Mais comme je le disais dans mon billet sur ce même Orgueil et Préjugés, c’est pas toujours gagné. Dans le même genre, j’ai lu le Darcy’s diary d’Amanda Grange et le Darcy’s diary de Maya Slater. Autant le premier a continué à me faire rêver autant le deuxième donne une version très très glauque de l’histoire de Jane Austen.

Je situerais le Darcy’s Story de Janet Almeyr entre les deux. Il est plus proche du ton d’Amanda Grange mais le début, là où l’auteur s’imagine ce qui s’est passé à Ramsgate, est un petit peu long et manque de charme à mon avis. L’autre partie où l’auteur se détache de l’oeuvre de Jane Austen c’est le moment entre la demande en mariage et la rencontre à Pemberley. Elle ne fait pas non plus preuve d’une imagination monstrueuse en s’imaginant les états d’âme de Darcy.

Si on résume un peu au niveau de l’histoire, Janet Almeyr est très fidèle à l’histoire d’Orgueil et Préjugés dans l’ensemble, et pour les deux passages qu’elle imagine elle n’est pas forcément très original. Passons à l’aspect anglais du livre c’est à dire au vocabulaire : je n’ai eu besoin de chercher aucun mot ! Et ce n’est pas du à des progrès extraordinaires en anglais. La lecture a été fluide grâce à cela et ce qui permet de conclure en disant que c’est un bon roman pour passer une bonne soirée même si le début est un peu long.

Je pense que je vais commencer la nouvelle année du challenge Lire en VO en lisant le livre d’Hilary Mantel qui a reçu le Booker Prize. 800 pages rien que ça : il est juste énorme. Qu’est qu’on ferait pas au début d’un année ! J’espère que vous verrez un jour le billet.

Comme le billet est court, j’en profite pour vous souhaiter un joyeux réveillon et surtout une bonne année pleine de bonheur et de moments heureux, de santé, de lectures et de blogs.

Références

Darcy’s story de Janet Aylmer (Harper, 2006)

Mansfield Park de Jane Austen

Quatrième de couverture

« On ne sait pratiquement rien d’elle, sinon quelques dates et les lieux où elle a vécu. Son iconographie est réduite à un portrait que fit d’elle sa soeur. Jane Austen (1775-1817) serait tombée dans l’oubli le plus total, n’étaient les six romans qu’elle écrivit, et qui sont parmi les plus étonnants du domaine romanesque anglais… Il ne s’y passe littéralement rien. Ils racontent principalement les rapports qui se tissent entre des demoiselles à marier et des épouseurs en puissance. Ils sont faits de dialogues et d’évocations brèves : mondanités, jardins, maisons de campagne, voilà pour le cadre.

La cérémonie du thé, la préparation et le déroulement des bals, voilà pour les événements majeurs. Et pourtant, avec une matière ‘une apparence si mince, Jane Austen a fasciné des lecteurs de la qualité de Virginia Woolf et de Henry James, et continue de fasciner un public important. »

Hubert Juin, Le Monde

Mon avis

J’ai une journée de retard pour mes devoirs parce que c’était une lecture commune pour le premier décembre mais c’est pas grave ! Au commencement, il y a trois soeurs (que nous désignerons par leur nom de femme mariée) :

  • Lady Bertram qui a fait un très beau mariage. Imaginez un baronnet. C’est une femme indolente, sans caractère, toute molle (l’avantage pour son mari est qu’elle est toujours d’accord avec lui et qu’elle ne s’inquiète jamais de rien),
  • Madame Norris qui s’est mariée avec un homme d’Église et qui a une obsession de l’économie qui chez elle, se transforme plutôt en rapacité. Elle est jalouse, envieuse … de tout le monde ! Cela en fait le personnage le plus détestable du roman,
  • Madame Price qui par un mariage inconsidéré s’est retrouvée pauvre et mère de neuf enfants.

Le roman débute par un acte de charité, celui de Sir Thomas Bertram et de Madame Norris (du moment que la charité ne se fait pas en perte pour elle…), de prendre un des enfants de madame Price en pension à Mansfield Park, demeure des Bertram (où madame Norris est tous les jours). Le choix se porte se porte sur le deuxième enfant, Fanny, alors âgée d’une dizaine d’années, le premier enfant étant un garçon William qui est en train de s’engager sur un bateau.

Fanny sera élevée avec ses deux cousines Maria et Julia et ses deux cousins Tom et Edmond. Elle ne vivra quand même pas sur un plan d’égalité avec la famille (merci madame Norris !), ce qui en fait une petite Cendrillon mais lui donne un caractère plus agréable. Seul Edmond la considère comme une soeur. On va suivre l’évolution de l’enfance au statut de « jeune gens » de tous les cousins pendant quelques chapitres qui constituent une sorte d’introduction au livre.

L’intrigue démarre vraiment quand monsieur Norris qui occupait le presbytère de Mansfield meurt. Le Docteur Grant vient s’y installer avec sa femme. Celle-ci, habituée à plus de gens, va héberger sa demi-soeur, Mary Crawford, et son demi-frère, Henry Crawford. Ceux-ci sont du même âge que les jeunes gens de Mansfield. Les habitants de Mansfield et du presbytère vont alors beaucoup se fréquenter. Il y aura alors de nombreuses amourettes qui se feront (mais ne se développeront pas forcément jusqu’au mariage).

J’ai trouvée cette première partie particulièrement ennuyeuse parce qu’il n’y a pas assez de personnages et du coup, on a l’impression qu’il tourne en rond dans leur grande demeure et ça fait pitié à force. Il y a deux autres personnages qui apparaissent cependant : monsieur Yates (qui incite les jeunes désoeuvrés à faire du théâtre et en plus dans une pièce un peu vulgaire pour l’époque et pour cette classe de la société) et monsieur Rushworth, futur mari de Maria et donc très jaloux de Henry Crawford.

La deuxième partie est un peu plus vivante, n’a pas réussi à rattraper les lenteurs de la première partie mais elle est plutôt intéressante à suivre. En effet, chacun va commencer à bouger : aller à Londres, rencontrer d’autres gens, aller à Porsmouth, il y a l’arrivée de William dont le personnage prend un peu plus de profondeur. Il y a donc une plus grande diversité de société qui rend le roman beaucoup plus agréable.

Pour le style de Jane Austen, j’ai été un peu déçue, à moins que cela ne vienne de la traduction, car même si elle dépeint très exactement la société de l’époque, il n’y a pas les petites touches un peu moqueuse que j’affectionne tant.

En conclusion, un avis en demi-teinte !

D’autres avis

J’ai lu ce livre dans le cadre d’une lecture commune avec Bouh (qui a fait ses devoirs en temps et en heure), George, Malou et Diane. Il y a d’autres avis sur blog-o-book. Il y a aussi Restling et sûrement d’autres du fait du challenge Jane Austen !

Références

Mansfield Park de Jane AUSTEN – traduit de l’anglais par Denise GETZLER (10/18, 1995)

L'abbaye de Northanger de Jane Austen

Quatrième de couverture

Alors que vers la fin du XVIIe siècle le roman noir semait ses naïves terreurs dans les foyers anglais, Jane Austen, née en 1775 et qui écrit depuis l’âge de douze ans, ne s’intéresse ni à l’hisoire ni à la politique ni aux fantômes. Elle n’a de goût que pour la vie – la vie telle qu’un oeil acéré peut en surprendre les manèges dans un salon, voire une salle de bal où les jeunes gens dansent, tandis que leurs parents évaluent rentes et dots. Comme on le voit dans ce roman – le troisième, écrit entre sa vingtième et sa ving-troisième année, après Le Coeur et la Raison et Orgueil et Préjugé – où une jeune provinciale de bonne famille est envoyée à Bath prendre les eaux, pour faire son apprentissage du monde et des intermittences du coeur.

Dans ce chef d’oeuvre, qu’elle a remanié en 1815, Jane Austen, sans doute l’un des esprits les plus implacablement satiriques de toute la littérature, traite sa protagoniste non comme une créature de chair et d’os, à l’instar de tous les romanciers, mais bel et bien comme une héroïne de roman égarée au milieu de conjonctures qui, par rapport aux habitudes du genre, la rabaissent aux yeux du lecteur.

Et c’est avec une allégresse féroce que Jane Austen nous la montre se comportant, à la moindre occasion, en référence à son livre de chevet, Les Mystères d’Udolphe d’Ann Rafdcliffe, publiés en 1794, juste avant qu’elle ne commence elle-même L’abbaye de Northanger.

Ainsi parodiait-elle le roman gothique et ses candides lecteurs, promis aux mêmes déboires que Don Quichotte intoxiqué par les ouvrages à la gloire de la chevalerie. Et ainsi, du même coup, annonçait-elle et énonçait-elle l’idée qui serait plus tard au coeur de la modernité, et selon laquelle la vie finit toujours par imiter l’art.

Hector Bianciotti

Mon avis

Le problème avec les romans de Jane Austen c’est que je ne sais jamais quoi dire. Vous me direz dans ce cas pourquoi faire un billet dessus. Peut être pour garder une trace de cette lecture, même si je relirai L’abbaye de Northanger parce que c’est vraiment trop bien ! Dans l’ordre de mes préferences, il y a d’abord Persuasion parce que l’héroïne est humaine, ensuite L’abbaye de Northanger et Orgueil et Préjugés pour leur ironie si drôle et à la fin Raisons et sentiments et Mansfield Park (je suis en train de lire mais les longueurs du début m’ont un peu dégoûté). Il me reste à lire Emma, Juvenilia, Lady Susan, Les Watson, Les Sanditon et les Lettres. Je verrai comment c’est …

L’abbaye de Northanger c’est l’histoire de Catherine Morland qui n’a jamais vu le monde. Mais elle pense le connaître car elle lit tous les romans gothiques qui sont en vogue à l’époque. Un jour, on lui propose d’accompagner ses voisins à Bath pour tenir compagnie à la dame. Là elle s’attend à retrouver les mêmes choses que dans les romans : des hommes qui vous enlèvent … Elle sera vite déçue. La seule aventure est celle d’ecouter Isabella Thorpe, sa nouvelle « amie » (qui est égocentrique et donc par définition n’écoute son amie que pour se faire valoir elle-même), le frère de celle-ci (qui courtise Catherine Morland de manière plus que lourde). Heureusement arrive les Tilney : le père est amiral, Henri est homme d’église et Eléonore, seule femme de la famille et à peu près du même âge que Catherine. Toujours pas d’aventures gothiques mais une idylle naît entre Henry et Catherine. Elle devra souvent choisir entre les Thorpe (le frère de Catherine, James, veut épouser Isabella) et les Tilney.

Dans une deuxième partie, les Tilney invite Catherine à leur domicile, l’abbaye de Northanger ! Si ce n’est pas un lieu d’aventures gothiques, je ne m’y connais pas.

Dans ce livre, Jane Austen développe deux idées. Tout d’abord elle se moque des jeunes filles romantiques qui confonde le roman et la réalité. D’après Jane Austen, George Clooney ne viendra jamais m’enlevé pour que nous vivions ensemble dans un château hanté (avec de bons travaux il ne le sera plus) ! Je sais cela peut surprendre … Elle montre aussi que les personnes les plus fortunées ne sont pas forcément celles qui ont le plus de qualités morales. Il y a un nombre incroyable de personnages qui sont dans ce cas.

Ce qui m’a beaucoup plû dans ce roman c’est le ton de Jane Austen : encore plus délicieusement ironique que dans Orgueil et Préjugés. Un régal !

Comme je vous l’ai dit, un des romans de Jane Austen que je préfère. Pour l’instant …

D’autres avis

D’autres avis sur blog-o-book mais aussi chez Mathilda, Fleur, Mo, Malice

Références

L’abbaye de Northanger de Jane AUSTEN – traduit de l’anglais, présenté et annoté par Pierre Arnaud (L’imaginaire – Gallimard, 2004)

Raisons et sentiments de Jane Austen

Quatrième de couverture

Sense and Sensibility est le premier roman que publia Jane Austen (1811). Le livre procède, si l’on considère le titre, d’une opposition entre deu traits fondamentaux : le bon sens et la sensibilité, qui seraient incarnés par deux soeurs, Elinor et Marianne, Mais l’une et l’autre sont bien pourvues de ces deux qualités, si Elinor possède plus de jugement, et si Marianne, en adepte du romantisme, a tendance à cultiver les élans de sa sensibilité. Notamment lorsqu’elle tombe aveuglément amoureuse du héros de ses rêves, Willoughby, un homme superficiel, tourné vers l’argent, qui va la décevoir profondément. La sage, la raisonnable Elinor, qui l’avait mise en garde, avait-elle donc raison ? Et le secret du bonheur serait-il dans l’usage du jugement ?

C’est l’être isolé affrontant la société, qu’analyse Jane Austen. La raison consiste à s’ajuster au monde, et non à le braver, à observer des règles qu’on ne peut changer, plutôt qu’à cultiver des rêves et des états d’âme condamnés à rester sans réponse.

Mon avis

Là où je m’aperçois que j’ai pensé la même chose que George Sand du livre de Jane Austen. Parce que oui c’est une lecture commune avec George sand (j’adore dire ça, vous ne pouvez pas vous imaginer !) De Raisons et Sentiments, j’ai d’abord vu l’adaptation avec Hugh Grant, puis la mini-série de la BBC (2008) qui est passée sur Arte en mars (elle sort en français fin octobre en DVD !!!!) L’adaptation ne m’a que moyennement plu (la copine de mon frère l’a trouvé génial) parce que je l’ai trouve peu crédible : les actrices semblaient trop âgées pour avoir de tels comportements. Elinor semble avoir trente ans ; c’est donc normal qu’elle soit beaucoup raisonnable que sa soeur Marianne (qui semble en avoir vingt cinq). Je croyais à la vue du film que cette fille était un peu éloignée du monde et de ses réalités parce qu’elle ne vivait que dans la musique donc je trouvais ça logique qu’elle soit plus romantique et « naïve ». Je trouvais Margaret pleine de vie et d’intelligence. Pour la série de la BBC, je ne m’en rappelle plus trop (je ne l’ai vu qu’une fois…) mais je sais que j’en étais sortie avec des petites étoiles dans les yeux.

La vue de ses adaptations (ainsi que la lecture d’Orgueil et Préjugés) a faussé l’image que je me faisais du livre. Je m’attendais à un livre beaucoup plus pétillant dans le sens où le regard de jane Austen aurait adouci les drames de la vie des soeurs Dashwood. Bien sûr, il est présent mais moins que dans Orgueil et Préjugés. Finalement de Raisons et Sentiments, je retiens surtout les péripéties moins le ton de l’auteur. Pour ce qui est donc de l’histoire, Elinor a dix neuf au début du livre (qui s’étale environ sur deux ans) tandis que Marianne en a dix sept. Tout de suite, on comprend mieux qu’il y a deux jeunes filles qui ont un caractère différent : une discrète, qui sait masquer ses opinions, ses envies et rêves aux yeux de sa famille et du monde extérieur (même si quand elle est amoureuse d’Edward Ferrars, tout le monde le sait ou s’en doute) et une autre, Marianne, qui vit ses sentiments au risque de transgresser, ce que dans son monde, on peut appeler les bonnes manières (en cela, on retrouve ce qui peut se passer dans la série de la BBC). Margaret est une sorte de personnage secondaire que l’on ne voit pas.

C’est pareil pour les histoires d’amour. Entre Elinor et Edward Ferrars, je n’aurais pas su qu’il y avait une histoire d’amour, je ne l’aurai pas compris au début du livre (quand ils sont tous à Norland) même si bien sûr il y a les réactions de Madame Dashwood, de Fanny. On voit le début de l’attachement à travers les yeux de l’entourage plutôt que par les actions des deux jeunes gens. C’est sûrement pour rendre hommage au caractère d’Elinor. En cela, je trouve que le film donne une fausse image de ces relations. Par contre , de la passion entre Willoughby et Marianne (dans ce cas, on ne peut plus parler d’attachements), on s’en rend compte tout de suite même si pour les démonstrations les plus ardentes, on nous en rend compte après. Dans Raisons et Sentiments, les histoires d’amour ou d’attachement nous sont souvent rendus par le regard des autres (de la famille, des voisins…). Cela m’a donné une impression d’opression très bizarre . C’est très différent d’Orgueil et Préjugés où finalement, la plupart du temps, on est avec Elizabeth et Darcy. Il y a plus de liberté dans ce livre-là.

Raisons et Sentiments, pour moi (en tout cas), c’est un roman plus de relations sociales que d’histoires d’amour. On y a voit tout une série de personnages tous plus « caricaturaux » les uns que les autres (ce n’est pas un défaut dans mon idée, entendons-nous bien). J’avoue que j’adore Monsieur Palmer (ça tient au fait qu’il a été joué par Hugh Laurie dans le film). Il y a la femme sans esprit, la commère, la femme gainée dans les bonnes moeurs, la femme avare, la mère castatrice, le mari doux comme un agneau, le frère imbu de sa personne … Être dans un tel entourage, je plains les soeurs Dashwood. Finalement, ce n’est pas Jane Austen (à travers l’ironie narrateur) qui nous fait nous moquer de leurs actions mais plutôt les actes des différents personnages.

Il ne faut quand même pas exagérer : l’histoire est plaisante et on suit agréablement les peripéties des personnages grâce à une belle écriture et un grand talent pour décrire les relations humaines.

Au fait, vous êtes peut être intéressé par l’histoire, mais comme je suis atteinte d’une flemmingite aigue, je vous renvoie ici.

En conclusion, c’est un roman qui nécéssitera pour moi une seconde lecture parce que j’avais trop d’attente. J’étais encore trop dans Orgueil et Préjugés et finalement, je n’ai pas pu m’empêcher de comparer alors que Jane Austen, en tant qu’auteur de talent , n’a pas écrit deux fois le même livre !

D’autres avis sur blog-o-book.

Références

Le coeur et la raison de Jane AUSTEN – traduction de Pierre Goubert (Folio classique, 2009)

Orgueil et préjugés de Jane Austen

Première lecture dans le cadre du Mathilda’s contest. J’ai pris celui où j’étais à peu près sûre de bien tomber : Orgueil et préjugés de Jane Austen (par contre, je ne pense pas avoir quelque chose d’intéressant à vous raconter). Parce que oui depuis que je regarde les blogs de lecture (à peu près quatre ans), je ne vois que très très rarement des avis qui ne sont pas enthousiastes (voire hystériques mais là je ne citerai pas de nom).

Quand j’ai commencé à voir le nom de Darcy, j’étais en même temps en train de regarder l’essai d’un monsieur qui s’appelait aussi Darcy et qui a écrit 750 pages sur les fontaines publiques de la ville de Dijon (si vous ne me croyez allez voir sur gallica) ; je me suis donc demandée très fortement pourquoi tout le monde s’enflammait pour les fontaines publiques de Dijon. Ça me paraissait plus que suspect surtout le fait qu’on parle d’adaptation télé où Darcy était trop beau… Je crois que ça vient du fait qu’il y a des gens qui ne racontaient pas l’histoire. Parce que oui mesdames il y a un monde où on ne connaît pas Fitzwilliam Darcy ! Je sais : ce ne devrait pas être possible.

Donc voilà, l’histoire. Elizabeth Bennet, jeune femme de 21 ans, observatrice lucide de ce qui l’entoure, vit à Longbourn avec ses quatres soeurs : Jane (très très belle), Mary (qui a si peu de talents et de beauté naturelles qu’elle est obligée d’étudier, ce qui n’améliore rien), Kitty (qui n’a rien de particulier à part qu’elle suit Lydia) et Lydia (qui le symbole de la futilité), avec son père (qui est un véritable pro de la petite phrase toujours bien sentie) et sa mère (qui a un but dans la vie : le mariage, pas d’elle puisque c’est déjà fait, mais de ses filles et peu importe avec qui (pour tout dire ma voisine est pareille avec moi)). Sa petite vie s’écoule bien tranquillement entre les bals, les invitations qu’ils s’échangent avec 24 familles (dont la tante des cinq jeunes filles). Elizabeth a une super amie : Charlotte Lucas (fille d’un sir). Toutes ces filles cherchent à se marier avec un manque flagrant de bons partis (visiblement tous partis à la guerre). Jusqu’au jour où la grande maison d’à côté Netherfield Park est loué par Charles Bingley, jeune homme toujours agréable et poli et souriant avec 5000 livres de rente. Il vient accompagner de son meilleur ami : Fitzwilliam Darcy, jeune homme ne sachant pas se comporter dans une société qui lui est inconnue mais surtout possédant un beau domaine dans le Derbyshire : Pemberley, de sa soeur Mademoiselle Bingley (folle amoureuse de Darcy soit dit en passant) et de soeur Mrs Hurst (avec son mari). Bingley tombe fou amoureux de Jane (mais ses soeurs s’opposent à de telle relation avec une petite rien du tout). Darcy et Elizabeth se cherchent. Tout le livre porte sur comment Jane et Bingley vont se retrouver et comment Darcy et Elizabeth vont tomber amoureux après avoir vaincu leur orgueil et préjugés (je sais c’est facile).

Ce n’est pas un harlequin. Ce qui est vraiment passionnant dans ce livre c’est la kyrielle de personnages que l’on observe des yeux d’une narratrice extérieure aux regards acérés (tout en suivant de près Elizabeth). Même si l’histoire d’amour entre Darcy et Elizabeth est vraiment très belle (je ne demande pas à Darcy de venir chez moi parce qu’il a déjà fort à faire avec toutes les lectrices du roman de Jane Austen même si à mon avis il devrait privilégier les célibataires). Pour tout vous dire à cause de Mathilda et de son challenge, je suis tombée dans une sorte de névrose. J’ai lu deux fois le roman en moins d’une semaine (alors que je ne relis jamais), j’ai lu deux livres en anglais (Mr. Darcy’s Diary de Amanda Grange que je vous conseille même si votre niveau d’anglais est moyen et Mr. Darcy’s Diary de Maya Slater qui est plus compliqué au niveau de l’anglais et qui fait passer Darcy pour un homme qui fréquente les prostituées donc je ne vous le conseille pas), ai visionné 10 fois la version de la BBC de 1995, 15 fois le film de Joe Wright (tout ça en deux semaines). J’ai lu depuis deux autres romans de Jane Austen : Persuasion (dont j’ai été obligé de visionner l’adaptation de la BBC même si elle est tout en anglais et que mon niveau d’anglais est assez minable, j’attends l’autre version plus récente qui va sortir en français fin octobre) et Raisons et Sentiments (j’ai vu le film avec Hugh Grant et j’ai l’adaptation de la BBC 1981). J’ai réussi à ne pas tout lire d’un coup en me disant que j’allais en garder pour les lectures communes.

Ma conclusion est que mon niveau d’anglais remercie Mathilda (peut être que mon porte monnaie la remercie un peu moins), que Jane Austen est un très très grand auteur, que Orgueil et Préjugés est un très très grand roman que l’on peut relire indéfiniement en y trouvant toujours quelque chose de nouveau et auquel tout le monde peut y voir ce qu’il veut. La preuve : la jaquette du DVD de Joe Wright

Dans un petit village anglais de la fin du XVIIIème, une jeune fille se prend d’amour pour son voisin alors que sa mère veut la marier dans le beau monde.

J’avoue je n’ai toujours pas compris. Pour celles (et ceux) qui ont été jusqu’au bout de ce long billet pourriez vous m’expliquer. SVP ?!

Le billet d’une fille qui n’est pas névrosée.