Quirke – saison 1

Quirke_DVDAprès vous avoir parlé en long et en large de la série policière mettant en scène le docteur Quirke, pathologiste dans les années 50 à Dubllin. Je rappelle, pour les personnes qui n’ont pas suivi, que cette série a écrite par John Banville, sous le pseudonyme de Benjamin Black. Elle comporte pour l’instante six volumes (que j’ai tous billetés sur ce blog). Je me devais donc de vous parler de la série, en tout cas de la saison 1, qui est sortie cette année en DVD.

Celle-ci comprend trois épisodes de 90 minutes, qui reprennent les intrigues des trois premiers volumes de la série. A savoir : Les disparus de Dublin, La double vie de Laura Swan, La disparition d’April Latimer.

Les disparus de Dublin : une jeune femme se retrouve sur la table d’autopsie de Quirke. Elle est décédée en couche. Quirke « enquête » pour savoir ce qu’est devenu le bébé. Dans cet épisode apparaissent pratiquement tous les personnages décisifs de la série (sauf Jimmy Minor).

La double vie de Laura Swan : une femme mariée est retrouvée morte. Quirke et son assistant David Sinclair découvre qu’elle se droguait. Pourtant, elle n’en a pas le profil : femme au foyer (forcément, à cette époque-là, on n’envisage que des femmes au foyer sans problème ; on n’avait pas encore visionné Desperate Housewives). Bientôt, une seconde femme avec le même profil est retrouvée morte, elle aussi droguée.

La disparition d’April Latimer : une amie de Phoebe, April Latimer, a disparu. Sa famille ne s’inquiète pas car elle n’avait pratiquement pas de contact avec . Seule Phoebe ne comprend pas et demande à Quirke de voir ce qu’il peut faire.

Mes très très courts résumés ne parlent que de la partie « enquête » des épisodes. Comme dans les livres, la série fait la part belle à l’environnement familial, amical, amoureux de Quirke, ainsi qu’à sa consommation d’alcool. Toutes les enquêtes auxquelles le docteur est mêlé ramène toujours à un membre de sa famille. A mon avis, c’est pour bien indiqué, comme dans les romans, que Dublin est une petite ville dans les années 50 et que tout le monde se connaît (j’ajouterais dans un certain milieu).

Si je n’avais pas lu les livres avant, j’aurais certainement trouvé cette série plutôt bonne mais là, j’ai été déçue (j’ai tout regarder donc ce n’est pas une mauvaise série, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit) . Premièrement, l’intrigue n’est pas reprise fidèlement par rapport au roman. Elle emprunte des raccourcis que les livres n’empruntent pas (question de durée je suppose) mais cette remarque vaut aussi pour les personnages. Alors que Benjamin Black liquide facilement ses personnages, les auteurs de la série ont du mal à liquider leurs acteurs ou à les garder (la fin de l’épisode 3 n’est pas du tout celle du roman). Pour les épisodes 1 et 2, j’ai été gêné mais sans plus car j’avoue que seules les grandes lignes des deux premiers romans restent dans ma mémoire mais j’ai lu le troisième au début de l’année. Pour celui-ci, je me suis clairement dit qu’il manquait quelque chose.

C’est là que j’en viens à ma deuxième remarque. Par rapport aux romans de Benjamin Black, il manque tout le côté psychologique. Dans ces conditions, il est à mon avis difficile de comprendre les personnages de Quirke et de Phoebe (sa fille). J’ai trouvé que l’acteur qui a joué Quirke n’a été crédible dans son rôle de maladroit en société, et d’alcoolique, que dans le troisième épisode. Avant il m’a semblé effacé mais pas tourment, comme je me l’étais imaginé. Je n’ai réussi à comprendre comment Phoebe évoluait au fur et à mesure des évolutions et des différents évènements qu’elles vivaient.

Passons aux acteurs. Je remercie Niki et Lewerentz pour m’avoir indiqué que Gabriel Byrne était un acteur agréable à regarder. Il illumine clairement la série (il a illuminé mes voyages en RER car j’aime vraiment beaucoup quand il me regarde à travers ma tablette). Comme j’en avais peur, il n’arrive pas paraître grand à l’écran, il n’arrive tout simplement pas à paraître déplacé dans son environnement. Je m’explique. Dans les romans, Quirke nous est présenté comme une sorte d’intrus dans son milieu, tout en n’en ayant perçu et compris les codes, il n’arrive pas s’y conformer. Je ne l’ai pas du tout retrouvé dans la série. Il est bien alcoolique, fou amoureux de la femme de son frère adoptif. On perçoit une touche ironique dans le jeu Gabriel Byrne (surtout dans les expressions faciales) mais il ne semble pas déplacé dans son milieu. Il semble à sa place. Il est peut être un peu plus impétueux que les autres mais c’est tout.

Malachy, le frère de Quirke, est joué par Nick Dunning. Si vous aimez série-alcoolique comme moi, vous l’avez déjà rencontré dans les Turdors où il jouait Thomas Boleyn. Je me suis demandée à plusieurs reprises pourquoi ils avaient pris un vampire pour jouer le rôle (cheveux blancs, plaqués sur la tête avec du gel, teint blafard). L’avantage est que cela donne un côté insaisissable au personnage, particulièrement adapté puisque Malachy est présent comme un fervent défenseur de l’église catholique, particulièrement féroce à l’époque.

L’inspecteur Hackett est joué par Stanley Townsend. Je ne l’avais jamais vu. J’ai beaucoup aimé ce personnage même s’il n’est pas tout à fait comme je me l’étais imaginé. Il a bien le chapeau, est bien pataud mais il est gros et pas maigre comme je le pensais. Par contre, par rapport au livre, j’ai trouvé que l’acteur rajoutait une touche d’humour, d’ironie, de recul particulièrement bien adapté au personnage.

L’actrice qui joue Phoebe, Aisling Franciosi,est assez fascinante car elle imprime un côté femme-enfant à son personnage qui remplace le manque psychologique dont je parlais au dessus. Parfois ingénue, parfois séductrice, elle a aussi besoin d’être défendu, tout en voulant prendre son indépendance. Je n’avais pas réussi à saisir cette variété d’attitude dans les livres (peut être que je me suis trop attardée sur la partie psychologique justement).

Je finirais par Sarah, la femme de Malachy et celle dont Quirke est fou amoureux. L’actrice, Geraldine Somerville (qui a joué dans les Harry Potter apparemment mais bon comme je ne les ai pas vu …) est juste sublime. J’ai aimé la manière dont elle joue la femme amoureuse, la mère inquiète, la maîtresse de maison, l’épouse, l’amie …

Pour ce qui est du niveau d’anglais, je vous conseille clairement cette série. Elle est compréhensible la plupart du temps sans sous-titre. En effet, la diction de tous les acteurs (sauffff peut être Jimmy Minor) est impeccable. S’il y a accent, il est compréhensible. Le vocabulaire n’est en plus pas trop compliqué. C’est une bonne surprise après avoir visionné la saison 2 de Endeavour.

P.S. : Si vous avez l’impression que mon billet est particulièrement haché, je suis désolée. Je l’ai écris en deux fois pendant ma pause déjeuner, en même temps que je laisse l’ordinateur calculé (il y a des figures qui me sautent au visage parfois, cela fait peur). A propos de cela, si quelqu’un est spécialiste de la parallélisation en python avec le module mutliprocessing (en particulier quand la variable sur laquelle on fait l’itération est une liste de dimensions 5 millions de lignes * 11 colonnes), signalez-vous. J’ai besoin de votre aide !

 Références

Quirke – saison 1 – écrite par Andrew Davies et Conor McPherson – dirigée par John Alexander, Diarmuid Lawrence et Jim O’Hanlon (BBC, 2014)

La plume empoisonnée – un épisode de la série avec Joan Hickson

Suite à mes deux billets précédents concernant La plume empoisonnée en livre, en « dramatisation » et en téléfilm, j’ai regardé les deux épisodes de la série, où Joan Hickson joue le rôle Miss Marple, et inspirés par ce livre d’Agatha Christie.

Comme je le disais à Niki, Joan Hickson me fait dormir, pratiquement systématiquement. Par précaution, je l’ai donc regardé au début de l’après-midi. Je n ai dormi que très très peu à la fin du premier épisode. Je m’améliore donc lentement.

Ici, on a à faire à une adaptation fidèle du texte original. Les personnages et leurs rôles dans l’histoire sont de manière générale très bien respectées. La personne qui a réalisé l’adaptation a du aussi trouver que l’apparition très tardive de Miss Marple dans le texte était dommageable pour l’aspect policier de l’histoire et fait donc apparaître la vieille femme au début. Jerry enquête donc par conséquent moins que dans le livre. Tant mieux ! Miss Marple a sa façon bien à elle d’enquêter. Sans avoir l’air d’y toucher, elle ne fait qu’écouter les ragots du village en les encourageant (ouvertement) très peu et elle en tire les conséquences pour la résolution du problème. La police semble dépassée, et ce beaucoup plus que dans le livre. Miss Marple enquête en parallèle, met la police au courant à la fin et lui laisse toute la gloire, avec une petite remarque laconique et un sourire ironique. J’ai trouvé la partie enquête policière beaucoup plus réussie que dans le livre pour le coup. En plus, Miss Marple livre plus d’explications que dans le texte (j’ai donc compris des choses que je n’avais pas compris dans le livre … honte à moi).

Comme je le disais, il y a aussi quelques arrangements avec le livre. La ville ne s’appelle plus Lymstock mais Lymstone. Pourquoi ? Mystère et boule de gomme. Un autre changement est le fait que dans la série, le personnage de Béatrice, bonne chez Emily Barton et qui s’en va très tôt dans l’histoire à cause d’une lettre anonyme laissant à penser qu’elle a eu une aventure avec Jerry Burton, se retrouve bonne chez les Symmington et que c’est donc elle qui va se faire assassiner à la place d’Agnes qui n’existe donc pas dans la série. On fait des économies là où on peut, n’est-ce pas ?

Ce que je maintenant je reprocherais, c’est que la série a beaucoup vieilli. Je crois que cela vient du fait que les personnes semblent plus être des années 80 (surtout la coupe de cheveu de Megan et de Joanna, les manières de jouer aussi), qui est la date où la série a été tournée, et non des années 30-40. Cela date l’épisode alors que l’époque aurait été un peu plus respectée, je crois que je n’aurais pas eu cette impression. Par contre, les décors comme dans toutes les séries anglais sont impeccables.

Je ne visionnerai pas l’épisode de la série où c’est Geraldine McEwan qui tient le rôle de Miss Marple car je ne l’ai pas dans ma DVDthèque. Vous êtes donc tranquille, je ne vous parlerai plus de La plume empoisonnée !

Références

La plume empoisonnée dans Miss Marple – saison 1 – 10 épisodes (BBC, 2006)

La plume empoisonnée – un téléfilm de Éric Woreth

Quand j’avais encore la télévision, j’aimais particulièrement regardé cette série car je trouvais qu’elle mêlait habilement mystère, humour et beaux décors (époque année 30), jeux d’acteurs très théâtral.

Pour ceux qui ne connaissant pas, il s’agit de l’adaptation en France des livres d’Agatha Christie. Cette série met en scène le commissaire Larosière, joué par Antoine Duléry, et l’inspecteur Émile Lampion, joué par Marius Colucci (le fils de Coluche). Ces deux acteurs sont absolument excellent, séparément et ensemble. Larosière est séducteur, mystérieux se contemple souvent en train de réfléchir, dispute et moque souvent son subordonné (il se veut la tête pensante du duo). Lampion est gentil, discret, familier, efficace, silencieux (c’est le gendre idéal mais malheureusement il n’est pas pour moi car il est homosexuel dans l’histoire). C’est un très beau duo, très complice, car comme le dit Larosière dans cet épisode Lampion est le fils que Larosière n’a jamais eu. Ils ont tous les deux un jeu que l’on verrait plus au théâtre que dans un téléfilm, les traits de caractères sont tirés au maximum, surjoués comme qui dirait. Cela donne cet humour si particulier à la série, qui ne se contente pas d’être une simple série policière.

Dans cet épisode, Émile Lampion part se reposer à la campagne, dans le Nord de la France, suite à une blessure qu’il a reçu en arrêtant un malfaiteur. Larosière qui se sent coupable (car il l’avait envoyé seul pour mieux draguer dans un restaurant) lui paye la villégiature et se propose de veiller sur lui pendant son séjour.

Ils arrivent dans une grande maison que leur loue, pour se faire des sous, une vieille dame, Émilie Dubreuil, très conservatrice (deux hommes dans une maison, ahhhh), qui ira dormir dans le lit de sa domestique (qui sera dedans aussi … il y a des choses qui choquent moins visiblement). En arrivant, Larosière s’est amouraché de la fille délaissée du notaire et souhaite mieux la comprendre (ainsi que le village). Il apprend rapidement que des lettres anonymes circulent dans le village mais surtout que celui-ci est peuplé de gens très très particuliers (eux aussi ont un jeu type théâtre).

Tous les deux se retrouvent invités à un thé chez la femme du notaire, qui est complètement barré, et où seront présents tous les notables de la ville. Au cours de ce thé, Emilie Dubreuil mourra en avalant sa tasse de thé. Un peu plus tard, ce sera la bonne du notaire, puis la femme du notaire. Les deux policiers vont prendre l’enquête en main.

L’épisode est très bien ficelé et on sourit beaucoup (j’ai même ri aux éclats quand Lampion et Larosière se retrouvent dans le même lit et sont observés par tout le village). Cette fois-ci, j’ai aussi pu observer le travail d’adaptation puisque je venais juste de lire le livre d’Agatha Christie. L’idée de départ est clairement respectée mais il y a plus de morts, il y a une intrigue parallèle qui se développe puisque seuls les meurtres qui sont repris du livre d’Agatha Christie sont expliqués à la manière d’Agatha Christie (et ce même s’ils ne meurent pas de la même manière). L’intrigue parallèle est vraiment intéressante car elle apporte un plus en complexité pour celui qui connaît bien le livre.

De même, le téléfilm accorde moins d’importance à la vie à la campagne, plus à l’enquête policière et au duo d’enquêteurs. Les personnages sont plus importants séparément que les relations qu’ils entretiennent.

C’est donc clairement une adaptation très libre du texte initial mais ce DVD coûtait 4 euros 70 sur Amazon. Alors je ne m’en suis pas privé et j’ai encore une fois passé un bon moment avec cette série.

Références

La plume empoisonnée – réalisé par Éric Woreth – avec Antoine Duléry, Marius Colucci – Anaïs Demoustier – scénario de Sylvie Simon (Les petits meurtres d’Agatha Christie, 2009)

Sherlock Holmes attaque l’Orient-Express – un film de Herbert Ross

Ils ne savent pas choisir la traduction des titres ! Cela ne parle pas ce titre et surtout cela ne parle de rien, mais de rien du tout.

Ce film est l’adaptation du pastiche de Nicholas Meyer The seven-per-cent solution (que j’ai dans ma PAL bien sûr).

L’idée est que depuis le mariage de Watson et de Mary Morstan, Sherlock Holmes est devenu accro à la cocaïne. Watson, appelé par Mrs Hudson, se rend compte des dégâts lors d’une visite (notamment de sa paranoïa envers Moriarty, qui est ici présenté comme le précepteur de mathématiques de Mycroft et Sherlock quand ils étaient jeunes). Comme à son habitude, Watson va chercher à aider le grand détective. Après la lecture d’un article écrit par Freud, il décide que c’est ce qu’il faut à son ami. Pour cela, il va requérir l’aide de Mycroft car bien sûr, Sherlock, sans subterfuge, refusera de quitter Londres pour aller dans le cabinet du docteur.

Avec la complicité de Moriarty et un plan machiavélique, Watson et Mycroft arrivent à leurs fins. Freud commence tout de suite le traitement en l’hypnotisant. S’en suit une phase où Sherlock vacille, dort, voit des cafards, mygales et autres joyeusetés. après un temps certain, il est en rémission et fait la connaissance d’une autre patiente, célèbre (dans le film et dans la réalité puisqu’il s’agit de Vanessa Redgrave), qui a été malade de la même manière.

Or, celle-ci disparaît. Freud enjoint Sherlock de mener l’enquête. Sherlock hésite pensant ne pas être à la hauteur mais le fait quand même. Nous avons alors droit à la visite de Vienne, à une poursuite de train, une bataille d’épées sur le toit d’un wagon (pas dedans car le cameraman avait peur de se faire mal) …

La fin nous apprendra pourquoi Sherlock se drogue, pourquoi il voue une telle haine à Moriarty et que sont devenus les parents des frères Holmes. J’avoue que là j’ai des doutes tout de même et à mon avis (en tout cas je l’espère), dans le livre, c’est un peu mieux amené parce qu’ici cela ressemble à une explication psychologique que l’on peut voir à la télé.

J’ai adoré ce film car il est très vivant. On ne s’ennuie pas, ce qui est tout de même une qualité essentielle pour un film. Il y a une variété de situations mais aussi une variété de décors impressionnants (et que j’aime les décors grandioses). Le seul défaut des personnages vient de Sherlock Holmes. Quelle idée de mettre un Sherlock blond (c’est comme le James Bond blond même si il faut le dire, quand il apparaît sur l’écran, il ne gâche pas l’image) ! On oublie facilement ce détail grâce à un jeu convaincant. Les trois personnages masculins principaux, Sherlock, Watson et Freud, ont un jeu très typé où on retrouve les mimiques des deux personnages mais aussi pour Freud des attitudes marquées. Vanessa Redgrave, très belle avec sa chevelure rousse, est moins présente et je l’ai trouvée un peu évaporée.

Maintenant, il ne me reste plus qu’à lire le livre … qui est en dessous d’autres livres.

Références

Sherlock Holmes attaque l’Orient-Express – un film de Herbert Ross (1976) avec Alan Arkin (Sigmund Freud), Vanessa Redgrave (Lola Devereaux), Robert Duval (Dr. Watson), Nicol Williamson (Sherlock Holmes), Laurence Olivier (Professeur Moriarty).

Le signe des Quatre – un film de Rodney Gibbons

Présentation du DVD

Le crime est ingénieux… Le détective aussi.

Chaque année depuis 10 ans, Mary Morstan reçoit un colis anonyme contenant une perle de culture d’une valeur inestimable, le jour anniversaire de la disparition de son père…

C’est pourquoi Mary décide de faire appel au plus célèbre détective Britannique : Sherlock Holmes et a son fidèle ami, le Dr Watson. C’est dans les bas-fonds brumeux de Londres que Holmes commence son enquête…

Matt Frewer dans le rôle de Sherlock Holmes.

Kenneth Welsh dans le rôle du Dr. Watson.

Mon avis

Si ne vous ne savez pas de quoi parle Le signe des quatre, je pense que mon avis, où je ne vais même pas raconter l’histoire mais où je vais raconter la fin du DVD ne va pas vous intéresser. Mais il fallait que je raconte comment Rodney Gibbons est parti en vrille sur cet épisode de la série.

Tout commence bien, j’entends comme dans le roman. Mary Morstan était jeune et jolie. J’étais donc beaucoup plus convaincu qu’avec la version de Jeremy Brett. Bartolomew / Taddeus Sholto me faisait beaucoup moins peur, Bartholomew était même sympathique, malgré le fait qu’il soit hypocondriaque, dans son admiration pour l’Inde. Je ne sais pourquoi mais Rodney Gibbons a décidé de changer la fin, c’est-à-dire à partir de la poursuite sur la Tamise. Tonga n’est plus une boule de poils et je trouve cela mieux car quand même moins « les gens des pays « civilisés » sont sans poils et ceux des autres pays sont forcément des hommes des cavernes donc forcément ils ressemblent à des singes ».  Conan Doyle s’était à mon avis laissé guider par les préjugés de l’époque et je trouve bien que le réalisateur est changé cela même si se faire balader nu un homme dans Londres est assez étrange : je pense que l’acteur a du avoir très froid (et même plus drôle car il a rendu Jonathan Small très poilu pour donner encore plus l’impression d’un sauvage). Comme je le disais Rodney Gibbons ne fait pas de poursuite sur la Tamise (il n’a pas du avoir le droit de tourner) mais fait un final avec un combat sur les docks. Pourquoi pas ?

Comme c’est un téléfilm familial, cela doit bien se terminer pour les gentils. Sherlock Holmes a réussi à faire synthétiser un antidote pour le poison de Tonga mais seulement moins 10 ml, un dose pour une personne correspond à 3ml. Devinez combien de gentil seront visés par le poison : 3 (deux policiers et le Dr. Watson que Sherlock Holmes sauvera en lui faisant une piqure). Quand Sherlock Holmes retourne une fléchette de Tonga contre Tonga, ben forcément, celui-ci va mourir. Prévisible, non ? Même Jonathan Small ne s’enfuira pas et préférera se suicider.

Et, maintenant, parlons de la fin amoureuse de l’histoire. Watson est bien amoureux de Mary Morstan mais bon, il est trop vieux pour elle (je rappelle que Kenneth Welsh n’est pas ce que l’on pourrait appeler un jeune premier). Il faut cependant marier la jeune fille en détresse. Qui reste-t-il dans le bâteau ? Bartholomew Sholto. Il a envie d’aller en Inde et elle d’y retourner (elle l’a quitté à 18 ans). Ils vont donc s’installer là-bas mais comme ce sont des gens honnêtes, ils vont se servir des méfaits de leurs pères pour faire le bien. C’est beau, non ? J’en rigole, encore !

Par contre, je crois que Rodney Gibbons a eu une réduction de moyen car les déguisements des personnages sont ridiculement visibles. Il y a aussi l’apparition de Wiggins, qu iest un peu vieux pour le rôle, mais qui joue très bien le gars des rues. Il réapparaîtra dans le dernier épisode Crime en Bohême que j’ai trouvé très bien. Cela change !

Références

Le signe des quatre – un film de Rodney Gibbons (2001)

Le chien des Baskerville – un film de Rodney Gibbons

Présentation du dvd

Depuis des siècles quelque part dans la lande anglaise, se dresse le château des Baskerville. C’est là que se rendent Sherlock Holmes et son fidèle assistant, le docteur Watson afin de résoudre une nouvelle énigme. Sir Charles, le maître des lieux, aurait été assassiné dans des conditions des plus mystérieuses, et tout le voisinage attribue cette disparition à la légendaire malédiction qui poursuit cette famille depuis deux cent ans. Une bête monstrueuse arpenterait la lande dans l’attente de s’attaquer au dernier héritier des Baskerville. Bien évidemment, Holmes et Watson n’accordent aucun crédit à cette superstition …

Distribution

Pour les portraits des acteurs, vous pouvez regarder ici.

Sherlock Holmes : Matt FREWER

Dr. Watson : Kenneth Welsh (je pense que je l’ai déjà vu dans les téléfilms de M6)

Sir Henry Baskerville : Jason London (qui a joué des petits rôles dans toutes les séries américaines un peu gentilles de l’époque, en particulier 7 à la maison)

Beryl Stapleton : Emma Campbell

Jack Stapleton : Robin Wilcock

Dr. Mortimer : Gordon Masten

Mr. Barrymore : Arthur Holden

Mrs. Barrymore : Leni Parker (qui visiblement s’est inspiré de Mercredi dans la famille Adams pour son rôle)

Mon avis

Il s’agit de la plus mauvaise (j’ai hésité avec la moins bonne mais cela restera la plus mauvaise). Je l’ai vu deux fois pour ne pas être méchante pour rien. À la deuxième lecture, j’ai cru à une caricature canadienne du chien des Baskerville. Je me suis ravisée ensuite car on ne fait pas une caricature sur 4 dvd (parce que Matt Frewer a joué quatre fois Sherlock Holmes et cela promet parce que j’ai les quatre dvd).

Le réalisateur écrit au début du film que le film est inspiré du roman de Conan Doyle mais que les ayants droits ne l’ont pas laissé le reproduire tel quel. Et du coup le réalisateur s’y est donné à cœur joie pour massacrer le tout. Matt Frewer est un Sherlock Holmes peut convaincant car il est acteur avant d’être détective. Il surjoue le rôle autant au niveau du visage que du corps. Il se moque des attitudes de Sherlock Holmes, en particulier la pipe, les attitudes face à Watson … Sherlock Holmes finit même les plats au restaurant. Dans quel monde vit-on ? Le Dr. Watson est bovin et ne sert qu’à rire de connivence avec Holmes sans pour autant comprendre ce qui Holmes dit. Pour autant, le réalisateur a pris le parti de faire vivre l’affaire par Watson pratiquement jusqu’au bout (malgré une capacité au tir de nuit très insuffisante), et d’évincer totalement Holmes encore plus que dans le roman (déjà qu’il n’apparaît pas beaucoup : le réalisateur a dû trouver Holmes très mauvais pour faire cela).

Sir Henry Baskerville est la caricature du type qui arrive d’Amérique du Nord dans la distinguée Angleterre. Il y va à coup de cool attitude, de appelez moi Henry, ou dites Monsieur plutôt que si, à l’étonnement de posséder des terres et d’avoir des métayers, des il ne fait plus bon vivre en Angleterre, à j’échange votre chien contre un grizzly, au mépris de la lande pour ses marécages … C’est le gentil « yankee » face aux bizarres et méchants anglais.

Beryl Stapleton fait nunuche avec ses bouclettes qui sautillent et Stapleton fait trop benêt pour être honnête. Le Dr. Mortimer ait la caricature du bourgeois de province, bien stupide, bien gras et complètement inutile dans l’histoire.

Les autres points négatifs sont le décor un peu trop verte prairie pour une lande déserte et un manoir que j’habiterais bien volontiers tellement il ressemble au château dans les versions filmés des romans de Jane Austen (c’est-à-dire très très peu inquiétant). Le 221B Baker Street semble très vaste, le salon fait la taille d’une pièce de Versailles (quand même pas la galerie des glaces). C’est un défaut qui revient souvent dans les adaptations car je suppose il faut de la place pour mettre des caméras.

Beryl et Jack Stapleon ont perdu leur pensionnat parce que Jack Stapleton obligeait sa sœur à acheter de la viande périmée. Jack Stapleton se dispute avec Henry Baskerville pour une question d’Honneur (avec un très grand H).

Un point positif de cette version est qu’elle est l’une des seules à ne pas éluder l’épisode de Laura Lyons et de son père qui observe ses voisins. Mais c’est là bien le seul point positif !

Références

Le chien des Baskerville – un film de Rodney GIBBONS (2000)

Le chien des Baskerville – un film de David Attwood

J’étais jalouse de Niki parce qu’elle avait John Nettles dans son salon et pas moi ! John Nettles c’est Inspecteur Barnaby !!!! (j’ai les dvd de la série mais à la maison). J’ai donc fait venir John Nettles à moi grâce à Mr. Amazon et Mr. Chronopost (qui est de plus en plus gentil même si il croit que je descends deux étages en moins de trente secondes et pourtant je cours). Pour être claire, Niki a parlé de cette version du chien des Baskerville et m’a fait envie ! Je vous renvoie à son avis pour les comparaisons roman / film, l’histoire des acteurs … enfin pour tout ce qui concerne le cinéma.

Je vous remets quand même la présentation du film sur la jaquette.

La famille des Baskerville est maudite. Sir Charles Baskerville a vécu dans la crainte obsessionnelle d’une légende familiale dans laquelle un chien fantôme pourchassait ses aïeux à mort. Or, si son récent décès semble naturel, l’abominable expression d’effroi qui tord le visage de Sir Charles est alarmante. Bien plus inquiétantes encore, des empreintes de pattes appartenant à un immense chien de chasse sont très visibles autour du corps. Alors que le nouvel héritier, Sir Henry Baskerville, s’apprête à emménager à Baskerville Hall, Sherlock Holmes est envoyé pour enquêter sur ce mystère, les évènements se précipitent dans une spirale incontrôlable. L’esprit de déduction le plus brillant du siècle aurait-il rencontré son égal ?

Que dire ? J’ai aimé, voire beaucoup aimé parce que cela m’a redonné du moral. Contrairement à Niki, le Sherlock Holmes (Richard Roxburgh) m’a beaucoup plu parce qu’il est très très beau, très très humain aussi (il arrive à faire une erreur qui le met dans les sables mouvants à la merci du criminel et c’est Watson qui le sauve ! tout le contraire du roman)(c’est décevant mais bon tout le monde ne peut pas être James Bond) et surtout il est doublé (j’ai regardé la version française au cas où vous vous poseriez des questions) avec un homme qui a une voix très classe et distinguée et un rire qui va avec le physique de l’acteur.

Le Watson (Ian Hart) est humain bien sûr mais trop. Premièrement, il a des mouvements bizarres quand il mange (il est juste en train de s’enlever un truc coincé dans ses dents mais le réalisateur le film à ce moment là), il attaque la cachette de Holmes canne en avant et révolver à la main (je suis sceptique là : il n’aurait pas pu poser sa canne avant ?) puis après où il court après le chien et Selden, il a posé sa canne alors qu’il grimpe une côte. Je trouve pas ça très logique. Il pleure, s’énerve… veut sauver les dames, se fait tirer une balle par le méchant.

Les rôles secondaires sont très bon : John Nettles (le Dr. Mortimer, qui présente l’affaire à Holmes n’est pas assez présent…), Richard E. Grant (Stappleton a le physique de l’emploi mais il tient son pistolet avec ses deux mains et court avec comme si il était en intervention avec le GIGN), Matt Day a dans ce film le côté poupon et dragueur du type qui vient de rentrer dans la vraie vie, c’est ce que j’attends d’un sir Henry Baskerville (par contre quand le Dr. Mortimer dit qu’il est agriculteur au Canada, j’ai eu peur car je me suis dis qu’il conduisait un tracteur et tout et tout alors qu’il est quand même un peu snob) et pour une fois Berryl Stappleton (Neve McIntosh) est belle.

L’action prend le dessus à cause de Watson et c’est finalement ce qui ressort de cette version du chien des Baskerville. Le réalisateur ne se contente pas du livre et veut du spectaculaire. Pour le coup, c’est plutôt réussi et l’histoire n’en est pas vraiment pas dénaturé, même si certains personnages ont disparu, que le sang qui coule, qu’il y a une mort par pendaison (mais le chien n’est pas phosphorescent). J’ai aussi la version de la légende (Niki nous en apprend plus sur le sujet) parce que je comprends enfin d’où vient le chien !!!

Deux autres aspects très réussis du film : la musique (approprié aux scènes, qui fait peur à certains moments pour rien du tout parfois) et les décors (ah, la lande !!! le vent, le brouillard).

En conclusion, à mon avis, une bonne version du chien des Baskerville !

Références

Le chien des Baskerville – un film de David Attwood – texte de sir Arthur Conan Doyle – adapté par Allan Cubitt (BBC, 2002)

Sherlock Holmes contre Jack l'éventreur – un film de James Hill

Présentation du fabricant du dvd

Lorsque Sherlock Holmes apprend que deux prostituées ont été sauvagement assassinées dans le secteur de Whitechapel, et que les deux crimes présentent de nombreuses similitudes, sa curiosité le pousse à s’intéresser à l’affaire. Aussi, quand le gouvernement fait appel à lui, il n’hésite pas une seconde. Son enquête l’entraine sur plusieurs pistes, des bas-fonds aux quartiers les plus riches de Londres.

Sur une idée originale – la traque de Jack l’éventreur par Sherlock Holmes, James Hill a réalisé un thriller devenu mythique. On plonge avec délice dans les quartiers mal famés de la capitale anglaise, on tremble pour les prostituées traquées dans les brumes londonienne, on découvre avec Holmes les secrets honteux de quelques riches familles. Un grand classique, présenté pour la première fois dans une version restaurée.

Casting

Réalisateur : James Hill

Scénaristes : Donald et Derek Ford

Holmes : John Neville

Watson : Donald Houston

Annie Chapman : Barbara Windsor (je l’ai trouvé mémorable, vraiment excellente)

Docteur Murray : Anthony Quayle (je l’ai vu quelque part mais je ne sais plus où)

Mon avis très subjectif

J’ai adoré ce film. Comme je le disais l’autre jour, il s’agit du film (A study in terror de 1965) dont a été tiré le livre d’Ellery Queen Sherlock Holmes contre Jack l’éventreur.

Si je je n’avais pas lu le livre avant, j’aurais trouvé le film excellent. Les acteurs sont charismatiques, parfois très drôles et marquent ainsi vraiment leur prestation. Il y a aussi des passages terrifiants (même si le tenancier de l’auberge ne m’a pas vraiment fait peur alors qu’il est censé). L’histoire est donc connue : Sherlock Holmes est à la recherche de Jack l’éventreur. Il est en cela aidé par l’envoi anonyme d’une trousse d’instruments chirurgicaux qui le mènent droit à Whitechapel et à l’asile du Docteur Murray. Là seule chose que je trouve étrange, c’est tout ce rouge : les chaussures, les habits, le sang … Vous allez me dire que cela fait parti des tissus les moins chers mais bon cela doit avoir une autre signification tout de même.

Comme j’ai lu le livre peu de temps avant, j’ai tout de suite repéré les changements faits par Ellery Queen : l’inversion de l’ordre des enfants Osborne, l’adjonction d’une petite fille … et tout cela rend d’autant plus appréciable le travail des deux auteurs : comment transformer, sans trop le changer, une histoire pour faire apparaître qui on le souhaite et proposer tout de même un dénouement différent. Par exemple, pour les « suites » des romans de Jane Austen, je trouve que ce n’est pas fait avec autant de subtilité.

Le livre et le film sont donc hautement recommandables. Ce que je me demande maintenant, c’est si c’est la première fois que Sherlock Holmes apparaît avec Jack l’éventreur, livres et films confondus.

Vous pouvez aussi consulter le billet plus complet de Niki.

Le chien des Baskerville – un film de Terence Fisher

Présentation du dvd par le fabricant

Un esprit menaçant se cache dans les landes désolées qui entourent les falaises d’Angleterre. Sous la forme d’un sanguinaire chien sauvage, il se nourrit de la chair tremblante des héritiers du sinistre Sir Hugo de Baskerville. Mais avant de s’attaquer au nouveau Lord du manoir, la bête sauvage devra se jouer de l’ennemi le plus puissant qu’elle n’ait jamais affronté : l’incomparable Sherlock Holmes !

Mis en scène par le légendaire Terence Fisher (Frankenstein s’est échappé, Le cauchemar de Dracula), Le chien des Baskerville reste, à ce jour, la plus célèbre enquête du détective Sherlock Holmes (Peter Cushing) et de son fidèle assistant, Watson (André Morell). Soutenue par la présence envoûtante du grand Christopher Lee (Dracula), cette fabuleuse production de la célèbre firme anglaise Hammer Film, s’est imposée comme un grand classique du cinéma d’épouvante.

Présentation de trois spécialistes de l’univers de Sherlock Holmes (reprise du livre intitulé Sherlock Holmes écrit par T. Saint-Joanis, A. Barquin et P. Bannier)

Film datant de 1959. 87 mn (GB. Hammer Films Productions Ltd.)

Réalisateur : Terence Fisher

Scénariste : Peter Bryan

Holmes : Peter Cushing

Watson : André Morell

Sir Henry Baskerville : Christopher Lee

Christopher Lee, futur interprète de Sherlock Holmes et de Mycroft, joue ici le rôle de sir Henry Baskerville. Premier long métrage holmésien en couleurs

Mon avis moins éclairé mais plus subjectif

J’aime le format du film : 87 minutes quand vous êtes fatigués (mais pas crevés) c’est ni trop peu ni pas assez (les films de 2h30 me fatiguent). Le problème du format du film c’est que cela ne permet pas de rendre compte du livre : c’est le film le moins canonique que j’ai vu jusqu’à présent.

On retrouve Sherlock Holmes, Watson (manquerait plus que ça), le docteur Mortimer, Selden, les Barrymore, les Stapleton, Sir Hugo Baskerville, sir Henry Baskerville. On a quand même perdu Laura Lyons mais on a gagné un curé (dont le nom m’échappe) qui est l’entomologiste du coin (il existe peut être dans le livre mais je ne m’en rappelle plus) et observateur patenté de ses voisins. Le problème c’est le lien des Stapleton : ils sont père et fille et là je m’offusque car la fille s’appelle Cécile. Que vient faire cette Cécile ici !  L’actrice est d’autant plus bizarre qu’elle l’a joue à la Manon des Sources, sauf que là elle fait très très fausse ingénue. Tout de suite, on se dit c’est pas naturel comme jeu, c’est elle la méchante. Pourtant, si on s’était basé sur le père on ne pouvait pas savoir si c’était lui le coupable (parce que le fait d’avoir les mains palmées ne joue ni en sa faveur ni en sa défaveur à mon avis) ou le Dr. Mortimer qui avec ce choix d’acteur (Francis De Wolff, digne d’un catcheur) ferait peur à n’importe qui (et surtout donnerait l’impression que le docteur est plutôt là pour tuer que pour soigner). D’un autre côté, tout le monde connaît l’histoire sans l’avoir forcément lu mais si vous faites du non canonique, tout est permis.

Et justement, le réalisateur et le scénariste s’en permettent beaucoup : la visite de Sherlock Holmes, de Stapleton et de Mortimer (Sherlock Holmes le soupçonne un peu aussi) dans la mine abandonnée, où les deux derniers lâchent un wagonet sur Sherlock Holmes, le plafond tombe sur Sherlock Holmes mais tel le phénix il s’en sort ; la disparition du deuxième tableau figurant sir Hugo, l’araignée piquée à l’entomologiste …

Tout cela contribue à maintenir tous les sens de l’holmésien de base (moi en outre) actifs : comment vont-ils s’en sortir pour arriver à faire quelque chose de neuf avec de l’ancien ? Si on ne regarde que le scénario et les acteurs, tout se tient. C’est cohérent, intéressant, sans temps morts … les acteurs sont convaincants (même si j’ai toujours du mal avec la gomina dans les cheveux de Christopher Lee ; son maintien en fait un vampire parfait mais pas forcément un noble : on s’attend à ce qu’il croque dans le coup de Watson à chaque moment). Peter Cushing est parfait dans le rôle de Holmes (j’ai la série où il reprend le rôle à regarder et j’ai donc hâte) : il a ce côté dynamique, physiquement et mentalement, que l’on attend du personnage.

Je vous rappelle qu’une autre membre de la SSHD l’a vu et je vous laisse découvrir qui.

La vie privée de Sherlock Holmes

Après une journée en Belgique, deux jours de maladie, je peux enfin rédiger mon billet sur La vie privée de Sherlock Holmes (il était temps car le billet récapitulatif du mois d’août c’est moi qui le rédige alors si j’étais malade cela n’aurait pas été très bien : j’aurais oublié la moitié des gens).

Parce que c’est un sujet particulièrement important et intéressant, j’ai visionné le film et lu le livre pour mieux comprendre. J’avoue que je ne connaissais pas du tout avant la SSHD et c’est Niki qui a joué les tentatrices. Je ne vous parlerais pas des acteurs, du réalisateur parce que je n’ai absolument aucune idée de ce qu’ils ont fait avant mais comme je pense que vous êtes plus cultivés que moi je vais quand même vous donnez les noms dont ils parlent sur le DVD.

C’est un film de Billy Wilder, daté de 1970. Les acteurs sont les suivants :

  • Robert Stephens pour Sherlock Holmes
  • Colin Blakely pour le Dr. Watson
  • Ireme Handl pour Mrs. Hudson
  • Christopher Lee pour Mycroft Holmes (c’est un nom connu de moi cela)
  • Genevieve Page dans le rôle de Gabrielle Valladon
  • Mollie Maureen dans le rôle de la Reine Victoria.

Vous pouvez voir la tête des acteurs ici. Tout cela vous fait une belle jambe si je ne vous raconte pas l’histoire. Tout commence par la narration mettant en scène Sherlock Holmes, Watson et des femmes. Comme dans les histoires de Arthur Conan Doyle, Watson est très sensible aux charmes sensibles ce qui est beaucoup moins évident chez Sherlock (je parle en euphémisme bien évidemment) alors quand un jour tous les deux reçoivent une invitation pour aller voir Le lac des Cygnes, ils flairent un mauvais coup (on cherche à engager Holmes en lui donnant un pot-de-vin) mais Watson est tellement content qu’ils y vont quand même. Après l’opéra, pendant que Watson est ébloui (et c’est peu de le dire : l’acteur est excellent dans ce rôle là), Sherlock est emmené à part pour voir Madame Petrova. Celle-ci veut que Sherlock parte à Venise avec elle une semaine pour qu’il lui fasse un enfant. Il refuse en prétextant que Watson et lui sont ensemble mais il réussi quand même à récupérer un Stradivarius dans l’histoire. Tout cela n’a rien à voir dans l’histoire (c’est juste un préambule pour nous présenter les personnages). On parle aussi de la drogue …

L’histoire commence dès lors que Gabrielle Valladon est amenée par un cocher, après avoir été repêchée dans la Tamise. Elle a perdu la mémoire mais elle a dans ses affaires (et c’est tout ce qu’elle a) la carte de Sherlock Holmes avec quelque chose d’effacer écrit derrière. Après une nuit de sommeil (et où Sherlock Holmes est à deux doigts de se faire violer par Gabrielle), on sait enfin qui elle est.  C’est une jeune femme belge (vous avez vu comme je suis raccord avec la première phrase de mon billet !) qui vient enquêter sur la disparition inquiétante de son mari Emile, ingénieur engagé récemment par la Jonas Limited. Tout cela entraîne Holmes et Watson dans une enquête au bord du Loch Ness et aux portes des secrets d’État. On sait alors que Mycroft n’est jamais loin !

J’ai trouvé la narration palpitante et très intéressante même si la théorie pour le monstre du Loch Ness n’est pas très novatrice (peut être qu’elle l’était dans les années 70, cela je ne peux pas savoir). La relation Watson / Holmes est du style protecteur et personne qui a besoin d’attention mais qui n’a pas envie qu’il soit évident que c’est le cas. Cela rend un Holmes taquin mais un Watson peu sensible à cela : il prend tout au premier degré dans envisage l’humour. J’ai trouvé qu’encore une fois Watson était un peu dénigré notamment quand il est mis en scène dans des situations ridicules : quand il court dans un escalier de leur hôtel 1er classe près du Loch Ness, en criant Holmes, Holmes. Je trouve que cela ne fait pas très anglais tout cela. J’ai regretté les clins d’œil trop évident au milieu du film à la solution de l’énigme.

Tous ces défauts, je les ai vu parce qu’avant j’avais lu le livre La vie privée de Sherlock Holmes de Michael et Mollie Hardwick car je pensais que le film avait été adapté à partir du livre mais en fait pas du tout. Il s’agit de la novélisation du livre mais pas par n’importe qui. Michael Hardwick est un holmésien très connu (j’ai un de ses livres encore dans ma PAL).  Pour reprendre un peu la bibliographie citée dans l’excellent Dictionnaire des littératures policières, dirigé par Claude Mesplède, Michael Hardwick a écrit des études sur le Canon (notamment le Guide complet de Sherlock Holmes), des pastiches (notamment celui-ci et Sherlock Holmes et le prisonnier de l’île du Diable mais aussi une histoire racontée du point de vue de Mme Hudson (il y a aussi Sydney Hosier qui a écrit toute une série sur le même sujet), Revenge of the Hound, Sherlock Holmes, My Life and Crimes) mais aussi des adaptations théâtrales du Canon.

Je peux vous dire que le livre est excellent. On prend autant de plaisir à le lire que lui (et sa femme) à le faire. Toutes les incohérences par rapport au canon, les situations ridicules, les scènes un peu trop explicites sont gommées, ou corrigées, ou annotées pour que l’histoire soit la plus authentique possible. La relation Watson / Holmes est plus fraternel qu’autre chose. Les deux personnages ont un humour extraordinaire : on ne peut s’empêcher de sourire ! J’aimerais que touts les pastiches envisagent Watson et Holmes de cette manière. Dans le film, à cause d’une certaine retenue et d’une certaine froideur des acteurs, on ne sent pas de réelle complicité ou de réelle amitié. Le côté curieux de Watson est aussi amplifié (il veut tout savoir pour raconter). Il va vivre toute l’action (sur l’invite de Holmes ce qui n’est pas du tout le cas dans le film). Cela me semble plus cohérent avec le canon.

Si vous avez aimé le film (qui est très bon), vous aimerez le livre (qui lui est excellent et génialissime).

Références

La vie privée de Sherlock Holmes de Billy Wilder (MGM DVD, 2004)

La vie privée de Sherlock Holmes de Michael et Mollie HARDWICK – traduit de l’anglais par France-Marie Watkins (Le Masque – Les Maîtres du roman policier, 1997)