Logicomix de Apostolos Doxiadis et al.

LogicomixJe l’ai enfin lu !!! Je l’avais repéré après avoir lu un autre livre de Apostolos Doxiadis, Oncle Petros et la conjecture de Goldbach. Je ne l’avais toujours pas acheté ou même emprunté à la bibliothèque, mais je continuais à le lorgner à chaque fois que je passais au rayon vulgarisation de la librairie Eyrolles. Sauf que début août, j’ai lu Amour et maths de Edward Frenkel. Cela a été un tel bonheur que j’ai voulu continuer dans cet univers et donc j’ai choisi ce comics dans ma LAL.

La narration mêle trois épisodes – périodes :

  • Une période « actuelle », décrivant la manière dont ce comics a été conçu : le but du livre mais aussi les questionnements pour trouver le meilleur scénario pour atteindre ce but. On apprend notamment dans ces parties que l’idée du comics n’est absolument pas de faire une histoire de la logique mais plutôt d’établir une sorte de relation entre les hommes, leurs folies et la logique. Comme si le fait de faire des recherches mathématiques sur la logique, et plus particulièrement à l’époque dont il est question dans Logicomix, par le fait qu’elles touchent les fondements même des mathématiques (vues par certains comme fondements du « monde ») rendaient fous les hommes qui abordaient ces questions par trop métaphysiques.
  • Vous allez me dire, mais quelles questions … C’est Bertrand Russell, célèbre mathématicien – philosophe – pacifiste – éducateur …, dont on peut voir dans toutes les librairies l’Éloge de l’oisiveté (chez Allia), qui va vous l’expliquer lors d’une conférence. Cette conférence s’est tenue en 1939 sur un campus américain et a été « perturbée » par des manifestants pacifistes demandant le soutien de Russell (pacifiste lui-même lors de la Première Guerre mondiale). Pour répondre aux manifestants, Russell choisit de retracer sa vie depuis son enfance. Il a été éduqué par une grand-mère très stricte, après la mort de ses parents et de son grand-père. Celle-ci lui a procuré une très bonne éducation, en particulier grâce à un précepteur en mathématiques. Dès lors, une question l’a obsédé : les fondements des mathématiques. En effet, lorsqu’il a travaillé sur Euclide, il a « découvert » que les théorèmes … reposent tous sur des axiomes, par définition non prouvés. Les vérités mathématiques, qui lui semblaient être des valeurs refuges dans ce monde incertain, lui ont semblé tout à coup particulièrement branlantes, le pire étant que personne ne se rendait compte de ce grave problème.
  • B. Russell décide de consacrer ses études et sa vie à trouver les bases qui feraient des mathématiques une science exacte et fondée. Pour cela, il va à l’Université, fait une déviation vers la philosophie, rencontre les grands maîtres de la logique (et de la théorie des ensembles) : Cantor, Frege, Peano, Wittgenstein (qui a été l’élève de Russell, ce que je ne savais pas du tout), travaille lui-même sur une nouvelle théorie. Russell retrace ainsi toute l’histoire de la logique, la recherche des fondements mathématiques en particulier, jusqu’à l’arrivée de Gödel et de son théorème d’incomplétude. Il y a même Hilbert et Poincaré en guest stars !

Je n’ai jamais étudié la logique à l’Université parce que j’avoue que cela ne m’intéressait pas franchement. Pourtant j’utilise tous les jours les concepts dont parlent le livre. J’ai trouvé particulièrement intéressant de voir dans quel cadre et avec quelle cohérence ils ont été introduits, n’ayant jamais non plus étudié l’histoire des mathématiques. Les mathématiques ne sont ni trop ni pas assez présentes dans cette bande dessinée (dans Amour et maths il y a des maths, des vraies et qui quoi qu’en dise l’auteur ne sont pas compréhensibles par tous, dans Logicomix ce n’est pas le cas : rassurez-vous !).

J’ai trouvé que la travail de vulgarisation était très bien réalisé car les auteurs insistent sur ce qui peut le plus intéresser les lecteurs : les mathématiciens plutôt que les mathématiques. J’avoue adorer quand on parle des mathématiciens car ce sont des gens qui peuvent être réellement très spéciaux. Le point de vue adopté (la logique mène à la folie ou vice-versa) est parfois un peu extrême, il y a une sorte de détournement de l’Histoire pour servir un point de vue.

À partir ce tout petit bémol, je ne regrette pas du tout d’avoir acheté et lu ce comics. Je vous le conseille si vous êtes (un peu) intéressé par les maths pures, la logique … Si vous êtes complètement allergique, ce n’est pas la peine de vous faire violence non plus.

L’avis de Keisha.

Références

Logicomix de Apostolos DOXIADIS (concept, histoire, script), Christos PAPADIMITRIOU (concept et histoire), Alecos PAPADATOS (personnages et dessins) et Annie DI DONNA (couleur) – traduit de l’anglais par Pierre-Emmanuel Dauzat (Vuibert, 2011)

P.S. : Désolée encore une fois pour mon absence. J’ai lu pas mal de livre en août mais surtout je suis partie en vacances une semaine (c’était la première fois en quatre ans). Je suis allée en Allemagne à Aix-la-Chapelle. J’ai repris le travail lundi et je suis déjà épuisée. Vivement les prochaines vacances 🙂

Petits meurtres entre mathématiciens de Tefcros Michaelides

PetitsMeurtresEntreMathematiciens

Encore une idée de lecture que j’ai trouvé dans les Défis du CEA (l’abonnement est gratuit si vous êtes intéressés). Bien sûr, c’est le titre qui m’a interpellé de suite. Après lecture, je dirais qu’il est un petit peu racoleur tout de même car ce n’est pas le sujet principal du livre. Le sous-titre s’avère lui beaucoup plus juste : « comment deux amis débattent de maths et d’amour dans le Paris de la Belle Époque ».

On est en 1929, à Athènes. Michael Igerinos est appelé pour reconnaître le corps de son ami de trente ans, Stefanos Kantartzis, qui vient juste d’être assassiné, empoisonné plus exactement. Cela ramène Michael trente ans en arrière. Pour arriver à l’explication du meurtre, il va remonter très longtemps jusqu’à nous (c’est à peu près 80 % du livre). Les deux mais se sont rencontrés en 1900 à Paris, au deuxième Congrès international de mathématiques qui s’est tenu à la Sorbonne. C’est là où Hilbert a présenté ses fameux 23 problèmes qui allaient guider tout le développement des mathématiques durant le 20ième siècle. Ils se sont rencontrés par le plus grand des hasards mais se sont tout de suite plut. Penzez, tous les deux sont animés par les mathématiques ! Pendant ce séjour, Stefanos présentera à Michael la vie parisienne, et entre autre Picasso (apparemment, l’auteur a pris quelques libertés et avancée le séjour à Paris de quelques mois). C’est à mon avis la partie la plus intéressante du livre car l’auteur présente les différents courants qui traversent les mathématiques mais aussi les personnages qui animent le domaine. On apprend notamment que Hilbert était connu pour êtres un bon vivant dans la ville médiévale de Göttingen.

Ensuite, j’ai trouvé qu’on perdait un peu de vue les mathématiques car Michael est obligé d’arrêter pour cause de raisons familiales. On rentre alors plus dans la description d’une époque très troublée, ainsi que dans la description du fil d’un vie (mariage, divorce, maîtresse …) Même quand Michael retrouve Stefanos, par hasard toujours, ils parlent moins de maths car Stefanos a gardé la passion de la recherche (dans le sens résolution de problème) tandis que Michael ne fait que se tenir au courant. Le livre perd alors un peu d’intérêt.

Comme je le disais, la résolution du meurtre ne casse pas trois pattes à un canard. Il n’y pas d’enquêtes car il n’y a pas de suspect. Le livre est donc plus sur l’histoire des maths que sur les maths elles-mêmes.

Je dirais que c’est un bon livre dans les 150 premières pages, mais qui s’essouffle dans la suite. Je précise qu’il faut tout de même être un tout peu intéressé par le sujet …

P.S. Je suis sûre que vous vous êtes toujours poser la question de comment retenir les décimales de pi. Ce livre donne la réponse : il suffit de compter les lettres de chacun des mots de ce poème :

Que j’aime à faire apprendre un nombre utile aux sages !

Immortel Archimède, artiste ingénieur,

Qui de ton jugement peut priser la valeur ?

Pour moi, ton problème eut de pareils avantages.

Qui a dit que les mathématiciens n’étaient pas capables de poésie ?

Références

Petits meurtres entre mathématiciens de Tefcros MICHAELIDES (Plumes de science / Le Pommier, 2012)

Mourir pour un crapaud … de Catherine Bousquet

Quatrième de couverture

Été 1926. Un coup de feu éclate dans la montagne autrichienne. Triste spectacle : un homme à la tête sanglante gît, un pistolet à la main… Suicidé ! C’est le professeur Kammerer, biologiste bien connu à Vienne, spécialiste des batraciens ! Pourquoi donc ce geste funeste ? Est-ce le dénouement tragique d’une violente controverse scientifique, qui dure depuis plus de quinze ans et dont le héros est … un simple petit crapaud ? Est-ce l’aveu d’une fraude, récemment révélée, et dont le scandale retentira à jamais ? Est-ce pour de toutes autres raisons, aux enjeux idéologiques, voire politiques ? Mais ne peut-on aujourd’hi, grâce aux plus récentes découvertes, interpréter cette énigme de façon tout à fait différente ?

Mon avis

J’ai piqué ce conseil de lecture chez Tiphanya. Quoique pas emballée, elle m’a donné envie de le lire car c’est une parfaite continuation de la lecture du livre de Luc Perino. Surtout, j’avais lu la biographie que consacrait Catherine Bousquet à Darwin et que cela m’avait beaucoup plu.

Dans cette histoire des sciences romancée, on est environ 50 ans après le premier débat sur les théories de Darwin. Dans la communauté scientifique, il y a toujours les pro-Lamarck et les pro-Darwin. Le point principal d’achoppement est entre caractère acquis (pour les partisans de Lamarck, l’homme s’adapte à son environnement pour y survivre et le caractère obtenu est transmis aux futures générations) et « loi du plus fort » (pour les partisans de Darwin, l’environnement (dans le sens de nature et pas humain)1 va provoquer une sélection progressive des caractères qui permettront l’adaptation progressive de l’espèce). Le contexte est cependant différent de la bataille d’Oxford de 1860. Puisqu’en 1900, de Vries redécouvre les lois de Mendel, lois génétiques qui tendent à confirmer la théorie de Darwin. Il y a toujours des sceptiques. Kammerer en fait partie.

Ses travaux portent sur la reproduction des crapauds. Il en regarde deux sortes : ceux qui se reproduisent sur terre et d’autres dans l’eau. Il essaye de se faire reproduire dans l’eau ceux qui se reproduisent sur terre. Pour cela, il exerce des conditions qu’il suppose favorables. Il regarde ensuite si c’est possible et surtout si les crapauds, au fur et à mesure des générations, prennent les caractères de ceux qui se reproduisent dans l’eau (acquisition de sorte de ventouses qui permettent de retenir la partenaire dans l’eau et surtout de garer les œufs car c’est le crapaud qui est censé les couvés). C’est le cas. Pour lui, c’est la preuve flagrante que Lamarck avait raison. Bateson, scientifique anglais, grand partisan de Mendel, est très sceptique. Commence alors une confrontation scientifique très difficile car elle se fait pendant une période très troublée où les voyages n’étaient pas des plus évidents et après dans un contexte politique très idéologisé (je sais que cela ne se dit pas mais je n’arrive pas à trouver le mot). En plus, il y avait la mauvaise foi des deux parties. Tout cela va mal tourner.

L’apport de Catherine Bousquet dans l’histoire est indéniable. Son style alerte lui permet de nous livrer une narration très agréable à lire, très claire mais surtout ses connaissances de la biologie permettent de jeter un regard moderne sur cette histoire. Kamemerer n’est plus regardé comme le « fraudeur scientifique » du XXième siècle mais comme une victime de son temps. En effet, Catherine Bousquet explique à la fin de son livre les théories les plus modernes pour interpréter les résultats de l’expérience (elle s’appuie sur des articles de fin de l’année 2010 tout de même). C’est cette conclusion que j’ai particulièrement aimé : les résultats de l’expérience de Kammerer étaient là mais pas forcément les théories pour les interpréter. Ce qui m’a aussi beaucoup plu, c’est que Catherine Bousquet ne se concentre pas sur les aspects les plus glauques comme la tricherie ou le suicide (elle nous livre quelques interprétations dans un style bon enfant) mais se concentre sur l’explication des résultats et des enjeux scientifiques.

J’ai beaucoup aimé mais ce n’est que mon avis.

Références

Mourir pour un crapaud … un authentique drame scientifique de Catherine BOUSQUET (Le Pommier / Romans et plus, 2011)

P.S. Je ne suis pas biologiste alors si j’ai mal dit ou mal compris quelque chose, n’hésitez pas à corriger dans les commentaires.

1: je précise que toute sélection provoquée par l’homme n’est pas un processus darwinien (même si certains veulent le penser) mais un processus imbécile, qui ne veut rien dire et ne sert absolument à rien à part à servir des idées stupides, le mot est très faible. Tout commentaire portant sur ces questions sera supprimé.

Oncle Petros et la conjecture de Goldbach de Apostolos Doxiadis

Quatrième de couverture

Le vieil oncle Petros qui vit dans une petite maison près d’Athènes est-il un des grands ratés de la science ou le Prométhée de la théorie des nombres ? Lorsqu’il meurt, il fait don à son neveu préféré de sa bibliothèque de livres scientifiques. Celui-ci raconte alors quelles ont été ses relations avec cet homme peu commun et quel a été son destin.
Une conjecture mathématique irrésolue depuis deux siècles, un oncle mathématicien rendu fou par la recherche de la solution, un neveu qui enquête, avec ce polar des nombres premiers, Apostolos Doxiadis a réussi un roman parfaitement original et attachant, salué par les communautés mathématiques et littéraires anglo-saxons comme un exploit qui force l’admiration de deux mondes peu habitués à se rencontrer.

Mon avis

Ce livre aborde, avec beaucoup de réussite, les thèmes que le livre de Claudine Monteil ne faisait que survoler. Je précise au passage que Apostolos Doxiadis est mathématicien de formation.

On rencontre un homme, un génie, le fameux oncle Petros, qui s’est consacré toute sa vie au mathématique. Futur héritier d’une grande fortune en Grèce et normalement destiné à la gérer, son père acceptera de le faire former par Carathéodory, en Allemagne (parce qu il était grec), après avoir reconnu le génie de son fils. Il rencontre alors une femme avec qui il vit six mois torrides mais elle se marie avec un autre. Il décide alors de la reconquérir en devenant le plus grand mathématicien du monde. Pour l’instant, il fait sa thèse sur un problème d’équations différentielles (qui trouvera son application durant la Première Guerre Mondiale). Ce sont des mathématiques appliquées. Malgré le grand renom que lui doit sa découverte, il la comparera tout au plus à des comptes d’apothicaire.

Il reçoit peu après une bourse pour aller à Cambridge travailler avec Littlewood, Hardy et Ramanujan (mathématiciens dont Keisha nous a parlé ici). Commence alors le début d’une période très prolifique mais aussi le début de la fin car il va décider de se consacrer à la théorie des nombres et surtout à la conjecture de Goldbach.

La conjecture de Goldbach (dont parle aussi Le théorème du perroquet) c’est cette phrase si simple que personne n’a jamais réussi à démontrer : « Tout nombre pair supérieur à 2 est la somme de deux nombres premiers ».

À partir de là, il va s’isoler (dans une université allemande) pour travailler sur ses recherches. Il obtiendra plusieurs résultats intermédiaires qu’il ne publiera pas à temps (d’autres l’auront devancer alors qu’il les avait trouvé avant mais ne s’était pas tenu au courant). La question qui se pose alors c’est jusqu’où doit-on aller pour démontrer une conjecture qui devient une obsession ? La réponse que retiendra Petros lui sera inspirée Kurt Gödel (avec son théorème de l’incomplétude) et Alan Turing.

Le livre parle de la différence entre mathématiques appliquées et mathématiques fondamentales : l’une est dans le monde de tous les jours alors que l’autre est dans un autre monde, un monde « poétique ». L’auteur va même jusqu’à comparer le mathématicien a un poète, a un artiste car il se créé un monde, ses propres images pour pouvoir prouver des théorèmes. C’est d’ailleurs ce que dit Alain Connes, médaille Fields, dans cette vidéo.

L’auteur parle de comment faire de la recherche (travailler sur son problème, ne pas forcément se laisser obséder, reste en contact avec ses collègues, avec ce qui se fait). Il fait aussi que sur le sort d’un mathématicien, sur comment il peut s’en sortir dans ce monde (sur six, seuls deux on eu une vie normale dans le livre, les autres ont été atteint de folie ou se sont suicidés).

Tout cela est fait dans une langue fluide, sans trop de mathématiques (genre deux pages du livre) et aussi avec beaucoup d’humour.

Je trouve que c’est un très bon livre, intéressant à lire pour toutes les raisons ci-dessus.

Références

Oncle Petros et la conjecture de Goldbach de Apostolos DOXIADIS – traduit de l’anglais par ? (Points Seuil, 2002)

Darwin viendra-t-il ? de Luc Perino

Je vous le dis de suite : Darwin ne viendra pas aujourd’hui. Je viens encore une fois de spoiler le livre même si vous vous doutiez qu’une homme mort depuis plus d’un siècle ne pouvait pas venir mettre un commentaire sur un blog.

Rassurez-vous, ce n’est pas du snobisme de sa part, juste de la timidité,  parce qu’il n’est pas non plus venu le 30 juin 1860 à Oxford pour défendre son œuvre L’origine des espèces. Le livre de Luc Perino raconte comment il n’est pas venu et comment les gens se sont débrouillés sans lui.

Darwin a travaillé pendant 20 ans sur sa théorie. C’était un homme, un scientifique, très méticuleux : il ne voulait pas publier tant qu’il avait des doutes. Il cherchait à justifier toutes les zones d’ombre, cherchait de nouveaux exemples et quand il ne trouvait rien, il indiquait de lui-même les failles de sa théorie. Quand il fut persuadé de la justesse de sa théorie, il était fatigué et n’avait plus envie de débattre. Il était incompris de la plupart de ses pairs car à cette époque, on avait tendance à parler tout de suite de ses recherches pour susciter la discussion et pour entraîner de nouvelles idées.

Ce Darwin ne parle jamais dans le livre. Finalement, ce sont ses partisans et détracteurs qui dressent son portrait. On y découvre aussi un homme partagé entre religion et science car la question centrale de cette histoire romancée est st-ce que Darwin a parlé de l’Homme dans sa théorie de l’évolution ? La réponse est non (Darwin ne pouvait se résoudre à mettre en question toute la Bible) mais beaucoup de gens ont pensé que oui (alors que d’après ce que j’ai compris c’est plutôt Thomas Huxley (c’est même lui qui a inventé le mot « agnostique », le grand-père d’Aldous, qui a fait le lien entre les singes et l’Homme).

La structure du roman est intéressante car dans une première partie on mêle partisans et détracteurs : on expose les théories, les doutes de chacun. On présente un contexte aussi : une Angleterre victorienne, siège de tous les progrès du monde et pourtant d’un puritanisme sans nom. Notamment, on découvre qu’à cette époque une grosse partie des scientifiques étaient des religieux et qu’ils étaient souvent difficiles de distinguer les deux dans leur tête (ici on nous présente les pionniers de ceux qui ont réussi). Cela entraîne entre une vision particulière de la découverte de théorèmes, de lois de la nature … Dans une deuxième partie, on nous présente le fameux débat. Cela permet aussi de faire sa propre idée, de comparer les arguments mis en avant, de décider qui a gagné …

J’avais entendu parler de ce livre dans Le magazine de la santé et je n’ai pas été mécontente d’avoir suivi ce conseil. Ce livre m’a permis d’apprendre énormément de chose sur l’Angleterre victorienne, sur la manière de faire de la science (et de connaître les grands scientifiques de l’époque : Lamarck, Linné, Cuvier, Lewis Caroll, Huxley …) mais surtout de mieux comprendre une théorie que certains, les créationnistes avec leur Intelligent Design, malgré toutes les preuves, mettent encore en cause. En gros, c’est un livre actuel malgré tout.

Références

Darwin viendra-t-il ? de Luc PERINO – préface de Dominique Lecourt (Le Pommier, 2008)