Les chevaliers de l'escalier rond de Einar Mar Gudmundsson

 

 

Résumé

Reykjavik, fin des années 60. On construit en masse de nouveaux immeubles. Dans un de ces immeubles habite Johann Petursson, petit garçon de sept ans. Il vient de donner un coup de marteau sur la tête d'Oli. Rassurez-vous, rien de grave. Par vengeance, Oli "désinvite" le petit garçon de sa fête d'anniversaire. Tout le roman part de là ; on est dans la tête de Johann qui vit d'autant plus mal cette "injustice" que l'oncle policier d'Oli, une sorte de montagne de muscles, doit venirà cette fête.

Johann va monter en esprit plein de stratagèmes pour pouvoir venir quand même. Finalement, il y arrive, nous décrit cette fameuse fête, puis le reste de la journée et une partie de la nuit qu'il passe avec ses copains dans un immeuble en construction. Là se produit un drame qui va faire perdre à Johann son insouciance d'enfant.

Mon avis

Pour tout vous dire, j'ai trouvé le roman sympathique (parfois il y a quelques longueurs mais bon c'est un premier roman: il faut être indulgent). L'écriture et la traduction y sont pour beaucoup: c'est vraiment un enfant de sept ans qui parle. C'est ce qui est le plus impressionnant.

La fin m'a laissé sous le choc. J'ai trouvé ça horrible parce que la gravité du fait ne s'accorde pas avec le ton de l'enfant. Je crois que c'est ce que l'auteur a voulu faire par son écriture faussement innocente (et très poétique) mais vraiment c'est dur …

Une autre critique

Papercuts

Références

Les chevaliers de l'escalier rond de Einar Mar GUDMUNDSSON – taduit de l'islandais par Eric Boury (Editions Gaïa, 2007)

Le violoncelliste sourd de Francis Malka

L'autre jour, j'étais à Paris dans le quartier latin (mon quartier favori vous vous en doutez …). Je rentre dans la librairie du Québec (que j'ai découverte en septembre dernier au festival America à Vincennes) à la recherche d'auteur inconnu de moi ; ce qui pour la littérature québécoise n'est pas trop difficile, je dois l'avouer. Et là miracle, j'en connaissais un : Francis Malka dont j'avais lu l'extraordinaire Jardinier de Monsieur Chaos l'année dernière. Voilà comment je suis rentrer en possession de ce livre et de quelques autres …
 
 
Quatrième de couverture

"Un jeune violoncelliste ambitieux se brouille avec son maître. Un projecteur se détache du plafond lors d'un concert et le blesse à la tête. Une surdité soudaine metfin à une carrière prometteuse.

Fin ? Pas tout à fait. Car, contre toute attente, l'ouïe du violoncelliste se rétablit. Suivant les conseils de Léon Honneger, son impressario, le jeune musicien concevra la plus grande imposture qu'ait vue le monde musical à ce jour : il cachera son rétablissement au monde entier et feindra la surdité afin de relancer sa carrière. Le succès est instantané. Du jour au lendemain, il devient un prodige, un phénomène qui fait courir les foules d'un bout à l'autre de l'Europe. Comment un sourd peut-il manier le violoncelle avec tant de doigté ? Et surtout, comment peut-il jouer aussi juste ?

Mais le secret est d'autant plus lourd à porter qu'il est grand. Si le violoncelliste parvient à berner tout le monde, des médias jusqu'à Clara Higgins, son accompagnatrice, il ne fait pas le poids face à ceux dont le métier consiste à démasquer les imposteurs.

C'est ainsi que, sous la menace constante que son mensonge soit révélé au grand jour, il doit maintenant obéir malgré lui aux ordres des services secrets israéliens."

Mon avis

On passe un bon moment de lecture. Il y a de très beaux passages sur la musique, la surdité, le mensonge, la guerre et la paix (un peu cynique tout de même) mais c'est moins original que Le jardinier de Monsieur Chaos. De fait, ça m'a un petit peu déçue.

L'écriture est par contre toujours aussi élégante, fine et précise (dans l'expression du ressenti du personnage principal).

Extraits

"M. Stein a conclu la première année de classe sur la note suivante : "Votre immense talent, qui vous portera très loin, n'a d'égal que votre ambition, qui vous y mènera par le mauvais chemin." Jamais personne ne m'a décrit aussi justement." (p. 18)

"Je réalise maintenant qu'un meurtrier sommeille en chacun de nous, chez certains si profondément que rien ne le réveillera, mais chez d'autres suffisament près de la surface pour qu'un jour, une menace quelconque le tire de son sommeil. L'homme n'est après tout qu'un mammifère aux instincts violents, qui, pendant des millions d'années, a tué son semblable pour survivre. La spécialisation des rôles dans la société moderne permet simplement à ceux qui ne veulent pas commettre la violence de la déléguer à d'autres, tandis que la technologie permet à ces derniers de la commettre sans se salir les mains. Derrière cette hiérarchisation et cette déresponsabilisation du meurtre, derrière la propreté clinique du bouton de mise à feu et du projectile téléguidé, derrière les discours de paix de nos dirigeants, se cachent en fait des Homo sapiens qui s'entretuent toujours à coups de pierres." (p. 187-188)

Références

Le violoncelliste sourd de Francis MALKA (Hurtubise HMH – América, 2008)

Le coeur du Mid-Lothian de Walter Scott

 

 

Quatrième de couverture

"Sans Walter Scott, et l'immense influence qu'il a exercée, Balzac, Stendhal, Hugo, Dumas n'auraient pas été les mêmes. Il a su transformer l'histoire passée, mais aussi l'époque moderne, en drame poignant. Le coeur du Mid-Lothian (1818), dont le nom désigne la prison d'Edimbourg, raconte l'histoire, qui commence en 1736, de gens simples, écrasés par l'injustice, et les efforts d'une jeune paysanne pour faire innocenter sa soeur, injustement condamnée à mort. Emeutes, dialogues pathétiques, procès, amour et violence, tous les ressorts d'une oeuvre populaire s'unissent aux tourments de la conscience, à l'héroïsme quotidien, au ton de la ballade et de l'épopée : c'est pourquoi on considère le roman comme le chef-d'oeuvre de Scott. La traduction que les romantiques avaient lue datait de 1821. Nous donnons de ce roman pour la première fois une version précise et complète."

 

Mon avis

Je suis très, très, très contente d'avoir lu ce livre.

Premièrement, normalement, je ne lis jamais de classiques (à part, scandinaves parce qu'ils n'en sont pas vraiment pour moi …) et surtout des classiques de 800 pages. Ce sont des livres qui me rappelle l'école et les lectures obligatoires. Avec ce livre, je n'ai eu aucun problème !!! J'ai découvert que je me faisais de fausses idées et qu'il y avait de très bons romans dans les classiques. J'enfonce sûrement des portes ouvertes pour certains.

J'avais choisi de lire Walter Scott car j'avais lu dans mon livre sur la littérature anglaise que c'était lui qui avait inventé le roman historique genre que j'adore par dessus tout. Ici il mêle la petite et la grande histoire :

  • l'affaire Porteous : un soldat qui a réprimé trop sévèrement une émeute qui faisait suite à la pendaison d'un contrebandier. Il est condamné à mort mais il bénéficiera d'un sursis. La population d'Edimbourg se venge en le "kidnappant" à la prison même et en le pendant ;
  • l'affaire de la famille Deans (famille fortement religieuse) inspirée d'une histoire réelle. Effie est tombée amoureuse d'un homme dont elle tombera enceinte. Le problème c'estqu'à cette époque les enfants hors mariage c'était plutôt mal vu surtout quand ils mourraient à la naissance. Ce qui est le cas ici ; elle est donc condamnée à mort pour infanticide. Sa soeur Jeanie va demander une grâce à Londres auprès de la Reine.

Son roman se déroule de manière très ingénieuse entre ces deux histoires ; ceci est dû à une écriture (et une traduction) vraiment superbe, très vivante tant au niveau des dialogues que des descriptions.

Le seul bémol que je mettrai c'est moi, qui ne suis pas familière ni avec l'histoire de l'Ecosse ni avec l'histoire des religions, j'ai eu beaucoup de mal à comprendre les parties qui entraient trop profondément dans les querelles de religion en Ecosse (il y a une introduction à ce thème dans la notice à la fin du livre ; à mon avis à lire avant de commencer le roman).

En conclusion, c'est un très, très bon roman qui donne envie de lire plus de Walter Scott.

D'autres avis

Ceux de Madame Charlotte, de Cryssilda et d'Isil

Extrait (c'est la morale qui résume tout le livre)

"Cette histoire n'aura pas été racontée en vain, s'il apparaît qu'elle illustre une grande vérité : que le coupable, bien qu'il puisse atteindre à la splendeur temporelle, ne goûtera jamais le vrai bonheur ; que les conséquences néfastes de nos crimes survivent longtemps à leur accomplissement et, tels les fantômes des gens assassinés, hantent à jamais les pas du malfaiteur ; et que les voies de la vert, si elles conduisent rarement à la grandeur terrestre, mènent toujours à une vie agréable et paisible."

Références

Le coeur du Mid-Lothian (La prison d'Edimbourg) de Walter SCOTT – traduction nouvelle de Sylvère Monod (Folio, 1998)

Mon voisin de Milena Agus

 

 

Résumé

Sardaigne. Il fait chaud. Une femme seule dans un appartemet avec un enfant qui ne parle pas. Séparée de son voisin par un mur où dessus il y a des tessons de bouteilles. Seule, elle s'imagine le suicide parfait. Elle pense "mon fils sera dans une meilleure famille sans moi".

Un jour, le mur est dégagé de quelques tessons : le voisin et elle commence à sympathiser. Les jours passent, il y a de moins en moins de tessons de bouteilles ; le voisin et son fils sont rentrés dans la vie de la jeune mère et de son enfant pour éclairer leurs avenir …

Mon avis

J'aime l'écriture de Milena Agus, comment elle parle de la Sardaigne. Quand il pleut, il suffit de lire un de ses livres pour être au chaud sous le soleil de l'Italie. Mais par contre, comme pour Mal de pierre, je n'arrive pas à adhérer à l'histoire. Pour les deux livres, je me suis dit "Oui bon, et alors ?". C'est sympathique mais sans plus ; je ne crierai pas au chef d'oeuvre. 

Autres avis

Celui de Bellesahi

Références

Mon voisin de Milena AGUS – traduit de l'italien par Françoise Brun (Liana Levi – Piccolo, 2009)

Le vampire de Ropraz de Jacques Chessex

 

 

Quatrième de couverture

"En 1903 à Ropraz, dans le Haut-Jorat vaudois, la fille du juge de paix meurt à vingt ans d'une méningite. Un matin, on trouve le cercueil ouvert, le corps de la virginale Rosa profané, les membres en partie dévorés. Stupéfaction des villages alentour, retour des superstitions, hantise du vampirisme. Puis, à Carrouge et à Ferlens, deux autres profanations sont commises. Le nommé Favez, un garçon de ferme, est le coupable idéal. Condamné, emprisonné, soumis à la psychiatrie, on perd sa trace en 1915. A partir d'un fait réel, Jacques Chessex donne le roman d'une fascination meutrière. Qui mieux que lui sait dire la "crasse primitive", les fantasmes des notables, la mauvaise conscience d'une époque ?

Mon avis

Je découvre Jacques Chessex avec ce livre et c'est une belle découverte : je vais sûrement me laisser tenter par son dernier livre Un Juif pour l'exemple chez Grasset.

Plus que l'histoire (qui est bien mais comme il paraît que c'est un fait divers ce n'est pas vraiment de lui … ou en tout cas je ne sais pas ce qu'il a inventé), c'est l'atmosphère que l'auteur a su mettre dans ce livre qui m'a séduite. J'avais l'impression d'étouffer dans cette région de Suisse, de ressentir l'angoisse des habitants face au vampire, le soulagement d'avoir un coupable (je dirais plutôt un bouc-émissaire …). Là encore, un final à couper le souffle (je crois que c'est ça qu'il a inventé). Un petit bémol, il y a des descriptions un peu trop sordides pour moi (par exemple, celles des chairs découpées) : c'est ce qui m'empêche d'en faire un coup de coeur.

Références

Le vampire de Ropraz de Jacques CHESSEX (Livre de Poche, 2008)

La reine des lectrices de Alan Bennett

 

 

Quatrième de couverture

"Que se passerait-il outre-Manche si, par le plus grand des hasards, Sa Majesté la Reine se découvrait une passion pour la lecture ? Si, tout d'un coup, plus rien n'arrêtait son onsatiable soif de livres, au point qu'elle en vienne à négliger ses engagements royaux ?

C'est à cette drôle de fiction que nous invite Alan Bennett, le plus grinçant des comiques anglais. Henry James, les soeurs Brontë, le sulfureux Jean Genet et bien d'autres défilent sous l'oeil implacable d'Elizabeth, cependant que le monde empesé et so british de Buckingham Palace s'inquiète : du valet de chambre au prince Philip, d'aucuns grincent des dents tandis que la royale passion littéraire met sens dessus dessous l'implacable protocole de la maison Windsor.

C'est en maître de l'humour décalé qu'Alan Bennett a concocté cette joyeuse farce qui, par-delà la drôlerie, est aussi une belle réflexion sur le pouvoir subversif de la lecture."

Mon avis

Oui, c'est drôle ! Oui, c'est original ! Les propos sur la lecture sont intéressants ; j'ai eu quelques fois l'impression de me reconnaître (pourtant je ne suis pas reine…). Mais j'ai quand même été déçue.

Je m'explique : toute la première partie sur la lecture c'était très bien. Dans les lectures d'Elizabeth, j'ai noté Dylan Thomas, John Cowper Powys, Jane Morris, Kilvert, Alice Munro et Rose Tremain. L'idée qu'un livre en entraîne un autre, qu'au fur et à mesure on lit des livres de plus en plus "compliqués", qu'on vous prend pour une folle dès que vous lisez plus de cinq livres par an, tout ça, j'ai trouvé que c'était juste et que c'était bien décrit de la part de l'auteur.

Mais la deuxième partie, ça parle de l'écriture. Parce que pour Alan Bennett on ne peut pas lire sans écrire. Et là, j'ai décroché (peut-être parce que ça ne me touche pas). J'ai un peu moins ri … Enfin, ça ne m'a pas autant plu. Sauf le final qui est absolument inattendu et génial !!!

En résume, c'est un livre agréable à lire. On y passe un bon moment mais il ne faut pas y chercher ce qu'on ne peut pas y trouver.

D'autres avis

Ceux de Clarabel, d'Amanda, de Cathulu, de Cuné, de Lou, d'Yspadadden, d'Emeraude

Références

La reine des lectrices de Alan BENNETT – roman traduit de l'anglais par Pierre Ménard (Denoël, 2009)

Le diable de Milan de Martin Suter

 

 

Quatrième de couverture

"Depuis un "bad trip" au LSD, Sonia est victime d'hallucinations. Elle quitte son mari et part traviller dans un grand hôtel des Alpes suisses. Sur place, un portier de nuit disparaît, un ficus est liquidé à l'acide, les douze coups de minuit sonnent à cinq heures … et le décor feutré de cet hôtel déserté n'est soudain plus si rassurant. A moins que Sonia ne devienne folle ?"

Mon avis

Je ne sais pas vous mais ce que j'aime dans les quatrièmes de couverture c'est y chercher les erreurs ou plutôt les approximations. Je garde en mémoire la quatrième de couverture de Jamie M. Saul Les leçons des ténèbres où tout était faux (au niveau des détails pas de l'histoire quand même …)

En tout cas, ici, Sonia n'est pas victime d'hallucinations mais de synesthésie. Si on reprend la définition de Wikipédia, c'est "une condition neurologique par laquelle deux ou plusieurs sens sont associés" ; on peut par exemple voir les lettres en couleur. On peut facilement imaginer que c'est très destabilisant surtout quand ça vous arrive d'un seul coup.

Le grand hôtel des Alpes suisses n'est grand que par la taille ; il n'a rien de prestigieux. C'est un vieil hôtel qui vient d'être réhabilité par une femme : il y a donc peu de clients (en plus, il ne fait même pas beau), le personnel est nouveau et ne se connaît donc pas. Les villageois sont particulièrement hostiles à l'ouverture d'un hôtel de balnéothérapie.

C'est tout ces éléments que Martin Suter sait exploiter pour faire monter une angoisse sourde tout au long du livre (et pour ça, il est vraiment très doué !) Malheureusement, la fin est trop rapide et pas aussi angoissante qu'on aurait pu s'y attendre. C'est un auteur dont je vais essayer de poursuivre la lecture, Le diable de Milan m'ayant fait découvrir quelqu'un capable de construire tout un univers et de nous y faire vivre.

P.S. Il y a une autre faute dans la quatrième de couverture. Sonia a déjà quitté son mari avant son "bad trip" au LSD. Mais finalement ce n'est pas très grave … L'important c'est que les quatrièmes de couverture nous donnent envie de lire les livres !

D'autres avis

Ceux de Laure, d'Elfique, de Tamara, de AliAnna, de Stephanie, sûrement d'autres que je n'ai pas trouvé …

Références

Le diable de Milan de Martin SUTER – traduit de l'allemand par Olivier Mannoni (Points Seuil, 2007)

Paris-Brest de Tanguy Viel

 

 

Résumé

Un jeune homme de dix-sept ans reste vivre avec sa grand-mère (plutôt en dessous de chez elle) à Brest tandis que ses parents s'exilent dans le Sud. Pour l'exil me direz-vous. C'est simple : le père est reconnu coupable d'avoir détourné 14 millions de francs du club de foot local. Leur fils ne part pas avec eux car il faut surveiller la grand-mère. En effet, elle vient d'hériter de 18 millions de francs. La mère, particulièrement odieuse, possessive, envahissante et très, très attirée par l'argent, cherche à faire main basse sur le pactole. Le narrateur va sans le vouloir en être l'artisan. La mère revient à Brest, reprend tout en main …

Trois ans plus tard. Le narrateur a préféré s'exiler à Paris plutôt que de rester affronter sa mère à Brest. Il revient pour la première fois à l'occasion des fêtes chez ses parents avec un roman ou plutôt une "histoire familiale". S'en suit les différentes réactions de chacun des protagonistes …

Mon avis

C'est encore un coup de coeur dû à mon libraire : il y avait une banderole "la libraire a aimé" et ça m'a suffit pour le prendre. L'histoire est plutôt sympa mais surtout ce qui est génial c'est le ton ou l'écriture (je ne sais pas comment on dit) ; c'est drôle (j'avais le sourire tout au long de la lecture), dynamique … Les personnages sont tellement bien décrits qu'on les croirait devant nous. En tout cas, c'est un écrivain à suivre (je vais surtout lire ses précédents livres tous situés en Bretagne).

A signaler, un dossier intéressant sur Tanguy Viel dans Le Matricule des Anges de ce mois-ci qui permet de comprendre la part autobiographique de ses romans.

Références

Paris-Brest de Tanguy VIEL (Les éditions de minuit, 2009) 

La pluie, avant qu'elle tombe de Jonathan Coe

 

 

Résumé

Rosamond vient de mourir. Elle fait de Gill, sa nièce, son exécuteur testamentaire : elle lui lègue un tiers de ses bien, un autre tiers à son neveu David et le dernier à une certaine Imogen (une inconnue pour la famille). Gill se rappelle vaguement l'avoir vu à une fête de famille : c'était une jeune aveugle aux cheveux d'or.

En triant les affaires de sa tante,Gill découvre des cassettes destinées à Imogen. Pour pouvoir espérer retrouver cette dernière, elle va les écouter avec ses deux filles. Sur ces cassettes, on entend Rosamond décrire vingt photos qui racontent l'histoire de trois générations de femmes : Beatrix, Thea et Imogen. Trois femmes qui ont été maltraitées par leur mère respective. Beatrix et Thea ont chacune reproduit ce schéma sur leur fille jusqu'à une issue dramatique pour la troisième génération (en cela, cela m'a rappelé Les petits sacrifices de Caroline Sers).

Mon avis

C'est tout simplement, pour moi, un coup de coeur. Bon, OK, je ne suis pas très objective : j'adore tout ce que fait Jonathan Coe … C'est vrai que c'est différent de ce qu'il fait d'habitude mais bon un auteur a le droit de changer de style quand même ! C'est plus triste. Comme il l'explique dans ses interviews : au contraire de ses autres romans, il n'y a pas d'humour pour contrebalancer cette morosité.

J'avoue que j'ai eu un peu de mal à rentrer dedans (les soixante premières pages sont les préliminaires pour arriver à la description des vingt photos) mais une fois qu'on est dedans on ne le lâche plus jusqu'à la fin. Là encore un happy end en demi-teine qui m'a tiré une petite larme tellement je m'étais attachée aux personnages.

Références

La pluie, avant qu'elle tombe de Jonathan COE – traduit de l'anglais par Jamila et Serge Chauvin (Gallimard – Du monde entier, 2009)

Appartenance de Ron Butlin

 

 

Quatrième de couverture

"Appartenance revêt la forme d'un journal intime, celui de Jack, un homme d'une tentaine d'années, sans vocation ni qualification particulière, un Ecossais d'Edimbourg qui, avec Anna, sa petite amie, a décidé de tout quitter pour un petit boulot de gardien dans une résidence d'une station huppée des Alpes françaises.

Le couple semble passionnément amoureux et profite pleinement des commodités des lieux car les appartements sont désertés en raison du mauvais temps. Arrive cependant un soir un couple en Ferrari rouge : un homme d'âge mur accompagné d'une jeune fille aux cheveux multicolores, Thérèse. Elle pourrait être sa fille.

Au court de la nuit, l'homme meurt en tombant accidentellement du balcon.

Thérèse, choquée, recherche la protection d'Anna et de Jack, ce qui ne va pas manquer d'attiser certaines tensions au sein du couple. Après avoir répondu aux questions de la police, Thérèse part de son côté, non sans avoir laissé à Jack son adresse parisienne, et celui-ci quitte la résidence avec Anna pour retourner en Ecosse. Mais ces personnages ne se satisferont pas d'un destin aussi sage …

L'écriture de Ron Butlin, sèche, précise, est d'une violence redoutable. Ildécrit l'odyssée infernale d'êtrs qui recherchent désespérément le lieu auquel ils appartienent. Plongés dans un monde que menacentle terrorisme et les catastrophes climatiques, ilsvont jusqu'au bout de leur nuit intime, quitte à perdre tout rapport à l'univers social."

Mon avis

C'est le deuxième livre écossais que je lisais après Sois près de moi de Andrew O'Hagan. Je me suis dit : "les Ecossais sont des gens d'une tristesse et d'une mélancolie incommensurables". Là aussi, il est question de personnes paumées, qui se cherchent … Il n'y a pas un seul personnage qui soit vraiment heureux (je suis méchante : à un moment deux personnages vont complètement changer, essayent de retrouver le "monde exterieur" mais on ne sait pas comment ça se termine) A un moment, Thérèse et Jack vont aller en Espagne dans, ils le pensent, une sorte de paradis hippie mais cette expérience va rapidement tourner au cauchemard. Ils ne rencontrent que des personnes aussi paumées qu'eux. Ils vont alors perdre tout lien avec le reste des gens et même le lien entre eux.

En gros, dans ce roman, il n'y a personnes content d'être là ou il est ou même d'être en vie. Il n'y pas de happy end non plus. C'est un roman très fort, très violent. Je pense aussi, comme il est dit dans la quatrième de couverture, que c'est dû au style de l'auteur : il y a contraste entre l'histoire et l'écriture nette et sans pathos de Ron Butlin. Par contre, c'est un roman qui vous plombe votre journée. A déconseiller aux gens déprimés !

Références

Appartenance de Ron BUTLIN – traduit de l'anglais par Brice Matthieussent (Stock – La Cosmopolite, 2008)