Les sirènes d’Alexandrie de François Weerts

LesSirenesDAlexandrieFrancoisWeertsDepuis que nous sommes revenus de vacances, tout est en train de se casser dans la maison : le tuyau d’arrosage, les water-cooling des ordinateurs, mon SSD portable, mon SSD d’ordinateur, la chasse d’eau (oui même elle ….), mais surtout Internet.

Mais nous avons enfin récupéré un semblant d’internet après un mois et demi. La connexion est très ralentie mais elle fonctionne beaucoup mieux. On ne sait pas si c’est de la faute du fournisseur d’accès ou de France Telecom. En attendant mon frère et mon père, on changé beaucoup de matériel à l’intérieur de la maison. Je suppose que tout le monde connaît cela un jour ou l’autre. Mais en attendant, je n’ai pas rédigé de billets car les rares fois où je voulais, la connexion s’est interrompue et j’avais perdu une grosse partie du billet. J’arrêtais donc à chaque fois car courage et persévérance ne sont pas mes seconds prénoms.

Qu’ai-je fait donc pendant cette coupure d’internet ? Ben internet, mais avec mon téléphone (pour faire des MOOC sur Apache Spark), lu (pas forcément des choses très brillantes mais j’en parlerai quand même car ce sont des lectures en allemand que la prof nous a conseillées pour ne pas perdre tout notre allemand pendant les vacances), travaillé pour le Goethe-Zertifikat B2 (c’est à la fin de l’année mais mieux vaut si prendre à l’avance (si quelqu’un l’a déjà passé, j’aimerais qu’il me donne ses trucs pour le Leseverstehen 3)) et accessoirement travaillé. Et là, ce n’est pas la joie car j’ai rédigé un rapport pendant tout le mois et tous les gens qui me connaissent savent que quand je rédige un rapport c’est la complète dépression et le très grand désespoir et surtout que ce n’est pas la peine de me demander de rédiger autre chose. Ce qui explique mon peu de motivation pour rédiger des billets aussi …. Mais c’est bientôt fini. Il ne me reste que des corrections mineures à faire et accessoirement me prétendre spécialiste en géologie mais je peux gérer cela car je vois le bout du tunnel ! D’où billet !

Je ne sais pas si vous suivez le compte Twitter d’Actes Sud mais cet été ils proposent de découvrir 62 pays à travers des livres de leurs collections. Plusieurs fois par semaine, ils proposent un pays et présentent quelques livres écrits par des auteurs de ce pays. Vous vous doutez que j’adore le concept parce que c’est la manière dont j’aime lire. L’autre jour, c’était la Belgique. Ils ont proposé de découvrir un roman noir, le premier roman de François Weerts, Les Sirènes d’Alexandrie. Comme cela faisait longtemps que je n’avais pas lu de roman noir, je l’ai emprunté à la bibliothèque pour le lire très vite finalement.

On est en 1984 à Bruxelles. Antoine Daillez, tout jeune journaliste, fait ses premières armes aux faits divers, en tant que pigiste. Autant dire qu’il court après toutes les histoires un peu glauque qui se passe dans la ville, de la torture du poisson rouge par un enfant sadique (là c’est moi qui invente) aux crimes sanglants. Ce sont ces derniers qui font le plus vendre, bien évidemment ! Alors, quand un policier du rail l’appelle pour lui donner un tuyau, il n’hésite pas, même si cela lui semble peu intéressant : un suicide sur les voies de chemin de fer. Quand il arrive sur les lieux, il trouve des vieilles connaissances dont Martial Chaidron, flic à la brigade des mœurs, mais aussi une affaire beaucoup plus intéressante que prévu : un meurtre. Une vieille femme écrasée par un train alors qu’elle était ligotée aux rails. On ne peut douter qu’il ne s’agit pas d’un suicide. Peu troublé par les faits, en vieux de la vieille, les policiers en profitent pour féliciter Antoine de son tout nouvel héritage : un « lieu de plaisir », L’Alexandrie. En réalité, il est propriétaire de l’immeuble et le commerce qu’il y a dedans, c’est le lieu de plaisir. Il ne s’occupe donc pas du commerce en lui-même.

Ne fréquentant pas ces lieux habituellement, Antoine accepte la proposition de Martial de l’accompagner pour faire connaissance avec les lieux. Quand ils arrivent sur place, plusieurs skinheads sont en train d’attaquer le commerce et sont arrêtés dans leurs méfaits par les hommes de main d’un autre patron de « lieux de plaisirs », Monaco, qui lui ressemble plutôt à un mac. Plus tard, on apprend que la vieille dame sur les rails était la locataire du premier étage de l’immeuble d’Antoine, que cette locataire recevait souvent la visite du grand-père de celui-ci. Puis, L’Alexandrie se fait de nouveau attaquer mais cette fois-ci, personne n’intervient et cela tourne mal. La patronne du bar est blessée sérieusement. Il ne faut pas être d’une grande intelligence pour remarquer que les problèmes ont commencé après la mort du grand-père et que la clef du mystère se trouve dans l’immeuble de L’Alexandrie visiblement (au deuxième étage plus exactement).

Antoine et Martial, assisté de Piotr Bogdanovitch, historien de son état, vont devoir remonter très loin l’histoire du grand-père, les menant jusqu’à un parti d’extrême-droite flamand et à la violence qui va avec.

J’ai beaucoup aimé ce livre, pas vraiment pour son histoire, plutôt sur tout ce qu’il m’a appris sur l’histoire architecturale bruxelloise et l’histoire belge en général.

Il s’agit bien ici d’un roman noir, et pas d’un roman policier donc il n’y a pas d’enquête. L’ambiance est donc sombre ; on rencontre très peu de personnes gentilles, croquant la vie à pleines dents (peut être la patronne du bar, et encore). On traîne dans des milieux peu recommandables, de la petite délinquance à la plus grande, sans trop passer devant les gens qui vont travailler tout simplement. Une sorte de Bruxelles parallèle en quelque sorte. L’enchaînement des événements est cohérent en lui-même, mais on ne peut pas franchement dire vraisemblable.

Par contre, ces événements entraînent l’auteur a raconté beaucoup de choses sur l’histoire belge, et en particulier sur le mouvement indépendantiste wallon. C’est extrêmement intéressant pour quelqu’un d’extérieur. L’histoire se déroulant principalement à Bruxelles, on découvre une autre ville : les commentaires sur l’architecture (pas forcément du goût de l’auteur visiblement) ne manquent pas, entre autre sur ces quartiers de la prostitution complètement délabrés, sur l’architecture art-nouveau, sur le palais de justice. J’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir cet autre Bruxelles, ce Bruxelles d’avant et pas forcément celui des touristes. C’est une des grandes réussites du livre, arriver à retranscrire l’ambiance d’une ville. C’est d’ailleurs un des talents de l’auteur puisqu’il arrive aussi à bien faire sentir l’ambiance dans la police et plus généralement entre tous ces personnages.

L’auteur a sorti en 2015 une autre histoire dont le personnage principal est encore Antoine Daillez. Je me demande comment il a pu enchaîner avec un deuxième tome, vu la fin qu’il donne à ce volume-ci. Avez-vous lu cette seconde histoire ? Est-ce qu’elle vaut cet épisode-ci ?

Références

Les Sirènes d’Alexandrie de François WEERTS (Actes noirs / Actes Sud, 2008)

Les Temps Nouveaux de Warnauts et Raives

LesTempsNouveauxWarnautsRaivesCette bande dessinée est aussi un diptyque, le premier tome se passant en 1938 et le deuxième en 1944, l’entre deux ne nous étant absolument pas raconté.

L’action se situe dans les Ardennes belges, à La Goffe (je précise pour ceux qui connaissent).

Le premier tome s’ouvre avec le retour de Thomas après huit années à parcourir le monde (l’Afrique surtout). Il va prendre la gestion de l’hôtel qu’il a reçu en héritage. Le retour est un peu délicat car il est parti après avoir appris que la fille qu’il aimait et qui l’aimait allait se marier avec Charles, le sérieux de la fratrie. Entre temps Alice et Charles ont eu des jumelles mais Alice reste amoureuse de Thomas. Thomas lui a ramené Assunta, une espagnole communiste, dont il est fortement épris. Il peut aussi compter sur le soutien de Joseph, son meilleur ami, et accessoirement curé.  Pour vous situer, sur la couverture, on voit les cinq personnages : Thomas est celui avec la valise, Assunta la femme à la robe rouge, le curé est facile à reconnaître, Alice et Charles sont les deux personnages près de la voiture. Cela ressemble à une gentille histoire de famille, qui peut se régler avec le temps. Sauf qu’on est en 1938 et que la politique est partout : Thomas partage plus ou moins les idées d’Assunta avec plus ou moins de désinvolture, tandis que Charles est proche du rexisme, même s’il commence à renier ces idées pour se rapprocher des conservateurs.

LesTempsNouveauxWarnautsRaivesTome2Dans le deuxième tome, les Américains arrivent et libèrent La Goffe. Le temps des règlements de compte s’ouvre. Thomas n’est pas parti à la guerre à cause du paludisme qu’il a contracté en Afrique. Il s’est occupé de l’hôtel où il a vu passer les Allemands et maintenant les Américains. Il voit débarquer un jour Alice qui vient d’être tondu après la disparition de Charles soupçonné de collaboration. Joseph est très éprouvé par ce qu’il a vu. Assunta a disparu dans un camp. C’est la situation au début de ce deuxième volume mais les apparences s’avèreront trompeuses.

J’ai trouvé que c’était un bon diptyque avec des personnages bien campés et sympathiques, une histoire intéressante. Les points qui m’ont particulièrement plu ont été :

  • de voir la manière dont la Seconde Guerre mondiale a été vécue dans un petit village belge. Finalement, cela n’a pas été très différent de ce qui s’est passé en France : l’occupation, la collaboration, la résistance, la résistance de la dernière heure, l’épuration ressemblent étrangement à ce qui s’est passé en France.
  • de voir que les Ardennes belges sont très différentes des Ardennes françaises. Je ne suis pas monté très souvent là-bas mais à chaque fois il faisait tout gris ou trop chaud. Les couleurs de l’été n’étaient pas chatoyantes et on voyait plutôt du vert partout (j’ai vu des photos de l’automne où par contre le vert des arbres devenu orange est du plus bel effet). Les Ardennes belges semblent être une sorte de paradis avec beaucoup de lumière, des fleurs, des beaux paysages dégagés, de la neige qui recouvre magnifiquement le sol. Tout cela pour dire que ce sont deux albums avec de magnifiques couleurs, de beaux paysages mais je ne suis pas très sûre que cela soit réaliste.

Apparemment, il y a une suite qui s’appelle Après-guerre, un diptyque aussi, qui se passe à Berlin cette fois-ci.

Références

Les Temps nouveaux de Éric WARNAUTS et Guy RAIVES (Le Lombard)

Tome 1 : Le retour (2011)

Tome 2 : Entre chien et loup (2012)

Jolie libraire dans la lumière de Frank Andriat

JolieLibraireDansLaLumiere

Je ne sais plus chez qui j’ai piqué cette idée de lecture mais je l’en remercie. Je venais de finir La liste de mes envies et j’avais besoin d’un livre qui me rappelle pourquoi j’aimais lire. On ne m’y reprendra plus, je ne mettrai jamais plus de best-sellers dans ma liste sur amazon car après que tout le monde en ait parlé, il reste juste le livre. Pour être un peu plus précise, je connaissais déjà l’histoire du livre avant de l’ouvrir tellement on en a parlé (je la trouvais intéressante, jamais lue) mais quand c’est le cas, pour moi, le livre doit pouvoir se lire malgré tout grâce au style de l’auteur. Dans le cas de La liste de mes envies, cela n’a pas marché.

L’histoire est très bonne mais surtout l’écriture est lumineuse. On ne sort pas complètement déprimé du livre de Frank Andriat, contrairement au livre de Grégoire Delacourt. La personne qui fait les quatrièmes de couverture chez Lattès n’a pas du finir le livre. L’héroïne dit à la fin qu’elle ne peut plus aimer, En quoi cela ressemble à « une histoire lumineuse » ? Tous les personnages ont leurs vies gâchées ! Dans Jolie libraire dans la lumière, tous les personnages voient leurs vies changer en mieux. Ils résolvent quelques uns de leurs problèmes. L’auteur ne cherche pas à passer d’un état à un autre pour la vie de ses héros mais cherche plutôt à décrire un moment fort de leurs vies.

Ici, les phrases sont travaillées, sans clichés. Leurs longueurs correspondent aux propos. Je ne sais pas si je l’ai déjà dit sur ce blog mais je n’ai jamais dépassé le stade de la lecture orale. Cela se traduit par le fait que quand je lis j’entends le texte dans ma tête. C’est aussi pour cela que je lis très lentement. Tout cela pour dire qu’en général, je lie le texte aux sentiments que je ressens à la lecture. Dans La liste des mes envies, les phrases étaient trop courtes par rapport à la tristesse qui se dégage du texte. Je n’arrivais pas à mettre les points au bon moment. Dans le texte de Frank Andriat, je n’ai pas eu du tout ce problème. Le texte dégage une impression, grâce à son héroïne, de douceur, d’introspection, de réflexion, d’attente malgré une vie difficile. On n’a pas l’impression de voir uniquement la forme extérieure du personnage principal féminin.

C’est un très bon livre, un livre doudou en cas de panne de lecture.

J’en viens ENFIN à l’histoire. Une jeune femme, libraire de son état, vient de découvrir, par hasard, dans les offices, un livre qui lui parle. En effet, l’histoire reprend un épisode dramatique de sa vie en utilisant les prénoms réels. Le livre va alterner les deux périodes dans la vie de notre libraire, jusqu’à ce qu’elles fusionnent lors de la rencontre avec l’auteur. Ce livre va définitivement changer la vie d’au moins cinq personnes !

En conclusion, un livre qui parle de livres, de libraire, de librairie, un beau texte, une histoire bien écrite. Il va rester dans ma bibliothèque en cas de coup de blues.

Références

Jolie libraire dans la lumière de Frank ANDRIAT (Desclée de Brouwer, 2012)

Les noceurs de Brecht Evens

LesNoceursBrechtEvans

J’avais déjà lu Les amateurs du même auteur, que j’avais plutôt beaucoup aimé. Les noceurs est sa première bande dessinée (publiée) puisqu’il s’agit de son travail de fin d’études d’après le site des éditions Actes Sud. Il reprend les mêmes « codes » que pour Les amateurs : dessins à l’aquarelle, très colorés, pas de cases, pas de bulles, personnages caractérisés plus par leur couleur que par leurs traits physiques. J’ai aimé retrouvé ce côté très original qui avait fait que Les amateurs avaient été une très bonne surprise.

Autant, l’histoire des Amateurs était plutôt sympathique, autant celle des Noceurs m’a foutu le bourdon.

Un homme invite ses anciens amis de lycée à une petite réunion, censée être une fête, légèrement alcoolisée. Ceux-ci viennent, non pour voir le personnage, mais l’ancienne star du lycée. Ils se tirent la bourre pour savoir si c’était untel ou unetelle qui sera son/sa préférée. J’ai trouvé que déjà cela, c’était assez pathétique. Il est d’autant plus attendu qu’il est le grand absent de la soirée car on le comprendra au fur et à mesure, il hante une boîte de nuit qu’il a aidée à sauver et à rendre célèbre en plus. Les dessins sont envahis du vide de cette homme : une chaise vide par derrière laquelle on regarde la scène, un espace livre dans une pièce comble. La soirée se passe en attentes déçues pour les invités, en faux coups de fil pour l’hôte (parce qu’il n’a pas vraiment le numéro de portable de la « star »). On sent que notre « héros » est un homme très seul, au chômage avec comme seul perspective de retourner au lycée comme pion. Cette impression ne va pas s’arranger quand il va retrouver la star du lycée dans la fameuse boîte de nuit.

J’ai oublié de dire que l’hôte est le seul personnage qui n’est pas en couleur. C’est une ombre voûtée, qui se traine dans un halo maronnasse grisonnant.

On en vient à se dire que faire un revival du lycée pour combler le vide d’une vie n’est peut être pas une bonne idée car on risque de découvrir qu’en réalité, la vie des autres est tout aussi vide que la sienne.

Références

Les noceurs de Brecht EVENS – traduit du néerlandais par Vaidehi Nota et Boris Boublil (Actes Sud BD, 2010)

Green Manor de Bodart et Vehlmann

L’objet livre est magnifique en lui-même. Il est sous la forme d’un vieux grimoire : la tranche est celle d’un vieux livre lu et relu, la couverture est elle-aussi faussement usé. Au toucher, on sent le grain du carton (je ne sais pas si on dit comme cela mais si ce n’est pas le cas Matilda nous éclairera de son savoir). L’intérieur (juste après la couverture) est comme les vieux livres aussi. Vous savez les dessins tout coloré en zig-zag, comme en volute. Si vous ne voyez pas, il faut aller feuilleter le livre chez votre libraire ou à la bibliothèque. Ce sera sans aucun doute plus clair. Le seul truc qui cloche, le prix assez élevé (même si c’est une intégrale et qu’il y a quand même un sacré soin pour le livre).

Je ne regrette pas ma lecture. Je ne connaissais pas avant de voir ce titre dans la liste d’Ys mais les commentaires lus sur Amazon m’ont persuadé. Il s’agit de 16 « historiettes criminelles », historiettes car ce sont des histoires très courtes, 8 à 10 pages à peu près.

Green Manor est un club pour gentlemen dans le Londres victorien, un club d’un genre un peu particulier puisque les membres sont un tantinet obsédés par le crime : la réalisation, la résolution, la théorie.

Chacune des histoires est marquée par l’humour. Un humour anglais, c’est-à-dire avec une dose d’ironie dans la conclusion, un côté « c’est la vie qui se venge ».

On peut citer par exemple l’historiette qui s’appelle Jeux d’enfants. Un serveur du club se fait humilier systématiquement par un des membres du club. Un autre se vante de pouvoir faire assassiner qui il veut sans jamais être mis en cause. Il propose de faire profiter de ses relations au serveur, un peu comme si il parlait à une âme inférieure comparée à lui et son intelligence. Le serveur commence par lui expliquer que ce n’est absolument pas morale mais il insiste. Le serveur trouve le moyen de lui faire payer pour ses crimes en utilisant ses anciens jeux d’enfants.

Il y a dans une autre nouvelle deux gentlemen qui essaient de se tuer mutuellement pendant une semaine pour savoir qui est le meilleur. À  la fin de la semaine, pas de réponse mais deux morts tout de même.

Bien sûr, comme on parle de l’époque victorienne, deux de nos gentlemen essaye de tuer Conan Doyle en lui projetant du haut d’un clocher 21 hallebardes sur la tête au cours d’une conférence.

J’ai trouvé que les historiettes étaient toutes réussies chacune dans son genre avec comme je le disais une constance sur l’humour anglais.

Les dessins ne m’ont pas subjugué mais j’ai trouvé qu’ils servaient parfaitement l’histoire : les décors retranscrives bien l’époque et les visages les émotions des personnages. Un point important : le dessinateur n’a pas dans sa palette qu’une seule forme de visage. Chacun est différent et caractéristique. Cela permet de les reconnaître très facilement.

C’est donc un très bel album avec à l’intérieur des histoires criminelles où il est important que le crime soit élégant. Vous sourirez sans aucun doute (à mon avis).

Références

Green Manor – l’intégrale de Denis Bodart (dessins), Fabien Vehlmann (scénario), Scarlett (couleurs de tous les épisodes), Denis Bodart et Étienne Simon (couleurs des épisodes de 12 à 16) (Dupuis, 2010)

Livre lu dans le cadre des 12 d’Ys dans la catégorie Romans graphiques / Intégrales.

L’urgence et la patience de Jean-Philippe Toussaint

Un extrait

Non, l’urgence n’est pas un don, c’est une quête. Elle s’obtient par l’effort, elle se construit par le travail, il faut aller à sa rencontre, il faut atteindre son territoire. Car il y a bien un territoire de l’urgence, un lieu abstrait, métaphorique, situé dans des régions intérieures qui ne s’abordent qu’au terme d’un long parcours. C’est par l’immersion qu’il faut l’atteindre. Il faut plonger, très profond, prendre l’air et descendre, abandonner le monde quotidien derrière soi et descendre dans le livre en cours, comme au fond d’un océan. On n’atteint pas le fond tout de suite, il y a des étapes, des paliers de décompression. Dans les premières phases de la descente, on pressent encore le monde visible au-dessus de soi, on peut encore le voir, on peut encore s’en inspirer. C’est qu’on n’est pas descendu assez profond, il faut descendre encore, persévérer. À partir de 130 mètres, on ne voit quasiment plus rien, on commence à deviner des ombres nouvelles, le souvenir des personnes réelles s’estompe, des créatures fictives apparaissent et nous entourent, un grouillement de micro-organismes vivants de tailles et de formes diverses. Nous sommes dans un monde trouble, entre la réalité et la fiction. On descend encore, et, au-delà de 200 mètres, plus aucun rayonnement solaire ne nous parvient. C’est que nous avons atteint le territoire de l’urgence, le monde des abysses, plus de 300 millions de kilomètres carrés d’obscurité et de silence où règnent des pressions écrasantes et où prolifèrent d’incessantes présences aveugles, d’infimes potentialités de vie en mouvement. Nous y sommes, c’est la bonne profondeur, nous avons maintenant le recul nécessaire, la distance idéale pour restituer le monde, pour retranscrire, dans les profondeurs mêmes de l’écriture, tout ce que nous avons capté à la surface.

Mon avis

Je n’avais pas aimé (ou pas compris) son Faire l’amour. L’autre jour, ils ont parlé du livre au Masque et la Plume et franchement cela avait l’air plutôt pas mal. Puis j’ai lu l’avis de Yokai sur LibraryThing (elle l’a aussi publié sur son blog). Puis encore après je l’ai vu sur Feedbooks et du coup je l’ai acheté et lu tout de suite parce que cela faisait trop de coïncidences et que surtout, je suis faible.

J’ai beaucoup aimé cette lecture, en fait, j’ai adoré. J’ai recopié énormément de passages dans mon carnet de lecture (je ne vous ai mis que mon préféré). C’est un tout petit livre constitué de 11 essais sur la manière d’écrire, de lire, de s’enthousiasmer de Jean-Philippe Toussaint. Ce qui est intéressant, c’est que l’auteur nous livre son expérience avec ses anecdotes et pourtant on n’a pas l’impression de lire la vie de Jean-Philippe Toussaint : il généralise assez facilement son discours (pas dans le sens où il pense que tout le monde fait comme lui). J’ai eu aussi l’impression de rentrer dans sa vie, de l’accompagner en quelque sens dans ses réflexions sur sa manière de travailler, comme si il discutait avec moi (voilà que je me flatte toute seule maintenant).

Pour un peu parler, il parle de ce qu’il l’a décidé à écrire, de ses bureaux, du processus d’écriture d’un livre (dans l’essai qui donne son nom au livre), de littérature et cinéma (il pense qu’entre la littérature et le cinéma il y a le même antagonisme qu’entre mathématiques et biologie. Il parle Proust, Dostoievski, Jérôme Lindon et Beckett et maintenant je veux lire Beckett. Genre là, maintenant, ou plutôt comme lui dans le bus 63 qui va de l’institut Goethe à Gibert. Je suis comme cela, une vraie copieuse !

Références

L’urgence et la patience de Jean-Philippe TOUSSAINT (Les éditions de minuit, 2012)

Les déboires de Sherlock Holmes de Jean-Claude Mornard

Quatrième de couverture

Tout au long des quatre aventures qui composent ce volume, le plus célèbre détective du monde en voit de toutes les couleurs. Harcelé par une nymphomane, il est obligé de fuir Londres alors même que Jack l’éventreur y sème la terreur. Watson et Mrs. Hudson, de leur côté, sont dévorés par le démon du jeu. Pour couronner le tout, des émules de Robin des Bois font flèche de tout bois afin de rançonner les riches au nez et à la barbe du grand Sherlock Holmes. Un séjour à Liège, dans les locaux apparemment hantés de l’Académie des Beaux-Arts, sera-t-il suffisant pour remontrer le moral de notre héros fatigué ?

Mon avis

Un jour, je n’avais pas le moral et j’ai commencé à lire ce livre dans le bus et j’ai recommencé à sourire … Pas à rire parce que j’étais dans le bus. La première nouvelle est extraordinairement drôle ! On n’apprend qui est Moriarty, le pourquoi des chutes de Reichenbach. Jean-CLaude Mornard, membre (enfin je crois) de la très honorée SSHF, nous livre ici une nouvelle qui est totalement éloignée du canon, très moderne dans les propos et la relation Watson et Holmes. Il le fait sans culpabiliser et sans se soucier de ce que les gens sérieux, qui ne veulent voir que le canon et ne comprenne pas forcément l’humour, peuvent en penser et c’est juste trop trop drôle. Cette nouvelle vaut le prix du livre.

Les trois autres nouvelles sont très bonnes mais pas aussi excellentes que la première parce que justement moins irrévérencieuse que la première. Il y a toujours cet humour délicieusement drôle et qui fait sourire (des relations Holmes-Watson moins moderne mais issu d’une vision tout aussi personnelle de Jean-Claude Mornard). Dans la deuxième nouvelle, intitulée Watson mène le jeu, comme d’ailleurs pour les nouvelles du canon, Holmes me manque beaucoup (le côté loufoque m’a quand même énormément plu). La troisième est plus dans la lignée du canon, plus dans l’enquête … Elle est basée sur une remarque intéressante :

L’idée, apparemment saugrenue, de confronter Sherlock Holmes et Robin Hood, m’est venue du fait que, dans de nombreux films consacrés à ce dernier, son ennemi est joué par un comédien holmésien : Errol Flynn contre Bail Rathbone en 1938, Don Taylor contre Douglas Wilmer en 1954 ou encore Richard Greene contre Peter Cushing en 1960.

Jean-Claude Mornard

La quatrième nouvelle est un hommage de l’auteur à sa ville de Liège et à son académie des Beaux-Arts. Il pourrait carrément servir de guide. En tout cas, une chose est sûre c’est qu’il donne envie d’y aller.

En conclusion, c’est un recueil de quatre très bons pastiches !

Références

Les déboires de Sherlock Holmes de Jean-Claude MORNARD (The Book Edition, 2010)

Le psautier de Mayence de Jean Ray

Quatrième de couverture

Tâcheron de génie enchaînant à train d’enfer les aventures de Harry Dickson, Jean Ray, tailleur de joyaux noirs dignes des plus hautes vitrines du fantastique, n’eut qu’une préoccupation : pousser les portes secrètes qui mettent en relation le monde visible et l’invisible.

Le psautier de Mayence, conte marin lié au vieux mythe du vaisseau fantôme, le place dans la catégorie de Hoffmann et de Poe.

Mon avis

Là encore c’est un titre soufflé par Matilda. Il n’y en avait qu’un quand nous étions à Paris mais après je l’ai revu alors je l’ai pris 🙂 J’adore les aventures d’Harry Dickson depuis toute petite peut être même avant Sherlock Holmes. Je trouve que cela détend et que c’est plutôt bien raconté quand elles sont vraiment de Jean Ray (quand elles ne le sont pas, par contre, on voit la différence de qualité). Je ne les conseille plus depuis qu’une personne à qui j’avais dit que c’était trop m’a dit que c’était nul.

Ici, ce n’est pas une aventure d’Harry Dickson mais un conte que l’on pourrait qualifier de fantastique. Un équipage s’embarque pour une expédition scientifique dictée par un homme. Cette expédition va les mener au-delà de notre monde, c’est-à-dire qu’ils vont traverser une porte spatio-temporelle sans s’en rendre compte. Ce qui va les mener dans une série meurtrière horrible avec une fin à vous mettre la frousse pour toute la nuit.

Jean Ray, à mon avis, ici est beaucoup plus fort que les Harry Dickson parce que l’écriture est très littéraire, les images très fouillées et choisies alors que dans les Harry Dickson c’est les intrigues qui m’ont le plus marquées. Ici, c’est le style (qui fait monter l’angoisse) qui fait que j’adhère à une histoire pour laquelle je n’aurais eu à la base aucune affinité.

Il est à noter que la postface est de François Angelier, celui-là même qui présente l’émission Mauvais genres sur France Culture qui nous a fait il y a quelques semaines une superbe émission sur le somme de Arnaud Huftier Jean Ray, l’alchimie du mystère paru chez Engrenages (trop cher pour moi en ce moment : je le demanderais à Noël).

Livre lu dans le cadre du challenge Littérature Belge chez Reka.

Références

Le psautier de Mayence de Jean RAY – postface de François Angelier (Mille et une nuits, 1997)

Le bateau-citerne de Willem Elsschot

Quatrième de couverture

« À la santé de la guerre, Frans, car la guerre est une bénédiction. Et le capitalisme a quand même son bon côté, vrai ou pas vrai ? » C’est ce toast étonnant qui clôture Le bateau-citerne, écrit en 1941 et publié l’année suivante, alors que la guerre secoue la planète et expose une des faces les plus ombres du capitalisme.

Fin de l’été 1939, Jack Peters raconte sa rencontre avec un certain Boorman, qui lui a permis de conclure une affaire en or : sans bourse délier, il est devenu propriétaire du Joséphine, un bateau-citerne ancré à Barcelone et dont la valeur ne manquera pas de décupler avec le début de la guerre. À moins que ce ne soit une arnaque de Boorman … ou que le Joséphine soit en réalité un navire fantôme.

Hors dess normes et des conventions, Elsschot offre ici une satire percutante du monde des affaires.

Figure majeure de la littérature européenne, Willem Elsschot (1882-1960) est aujourd’hui traduit dans plus de vingt langues, Le bateau-citerne est son cinquième roman publié au Castor Astral, après le mythique Fromage, Villa des Roses, L’embrouille et Le feu follet.

Mon avis

J’ai pris ce livre dans ma PAL parce que j’ai fait des PAL pour emmener dans mon déménagement (avec les nouveautés, les Sherlock Holmes, les George Sand, les Edith Wharton). Alors il me reste les livres que j’ai acheté il y a plus longtemps. En plus, Reka me fait trop envie avec son challenge sur la littérature belge mais comme il y a le temps je verrais pour m’inscrire au début de l’année prochaine.

Le résultat est que j’ai été obligé d’ajouter Fromage dans ma PAL. Si on résume, cela fait : -1 + 1 = 0. Tout cela avance, me direz vous ! J’ai adoré l’écriture de Willem Elsschot où pointe une distance ironique qui m’a fait sourire à de multiples reprise. La lecture est très fluide grâce à une expression des idées très linéaire (la narration est classique si on veut parler en gros). En plus, l’histoire m’a rappelé les histoires de Sherlock Holmes où des pauvres gens se font dévaliser par des escrocs qui montent de fausses entreprises ! Parce que j’ai cru jusqu’au bout que c’était une arnaque de personnes qui comptaient profiter de la guerre et Jack Peters était une victime. Je pensais que Elsschot allait conclure. Figurez-vous que non ! En plus, il n’y a pas de second volume. Alors on ne sera jamais comment leur montage financier aura survécu à la guerre.

Je dirais que c’est une belle découverte d’un auteur inconnu jusqu’à là de moi. Fromage a l’air d’être son chef d’œuvre. Il ne me reste plus qu’à lire !

Livre lu dans le cadre du challenge Littérature Belge chez Reka.

Références

Le bateau-citerne de Willem ELSSCHOT – traduit du néerlandais (Belgique) par Marnix Vincent (« Escales des lettres » – Le Castor Astral, 2009)

De sang royal de Pieter Aspe

Quatrième de couverture

Persuadé que sa femme Hannelore, juge d’instruction, le trompe avec Valentin, un amour de jeunesse, le commissaire Van In ne décolère pas. Quelques instants après le retour de la belle (passablement éméchée) au bercail, il est appelé sur les lieux d’un suicide. Marcus Heydens, le père de Valentin, a été retrouvé pendu.

Que ce bon vivant très fortuné ait mis fin à ses jours semble peu probable. Lorsque Hannelore disparaît, l’affaire prend un tour dramatique, qui va pousser Van In aux portes du Palais royal …

Secrets de la grande bourgeoisie belge, imbroglios amoureux, règlements de compte au commissariat … Impulsif et incorrigible, le célèbre commissaire brugeois est ici au meilleur de sa forme !

Un extrait (un peu long …)

Une vénérable demeure aussi originale que son propriétaire se dressait quai de la Coupure. Marcus Heydens y organisait des concerts pour un public trié sur le volet ; il avait même fait construire à cet effet une tribune de bois dans son salon, convaincu qu’il était que la musique s’apprécie mieux lorsqu’elle vient d’en haut. Était-il fou pour autant  ? Lui-même se qualifiait d’excentrique et se prévalait d’un QI aussi élevé que la Tour Eiffel. Outre les concerts, Marcus Heydens montait des séances de guignol à l’intention des enfants du quartier. Pour tromper l’ennui, il lisait l’Odyssée à voix haute dans son jardin, dans le plus simple appareil, il servait à ses hôtes des sauterelles grillées et des vers de farine marinés dans les plus grands crus de bordeaux ou, déguisé en mendiant, il se postait à la sortie de la gare du Nord à Bruxelles pour haranguer les voyageurs. Mais à vrai dire, son grand rêve était d’égaler le record de Simenon, qui se targuait d’avoir couché avec pas moins de dix mille femmes.

Ce soir-là, ses folles escapades lui paraissaient dérisoires. Il leva la tête. La plate-forme de la tribune s’élevait à trois mètres au-dessus du sol. Reposant sur deux colonnes de marbre, elle courait sur toute la largeur de la pièce et sur deux mètres de profondeur. Fermée à l’avant par une impressionnante balustrade ornée de quatorze pilastres torsadés, elle ressemblait à un jubé, sans l’orgue, bien sûr. Qui aurait jamais pu imaginer que quelqu’un serait un jour assez machiavélique pour transformer cette excentricité architecturale en instrument de mort ? Certainement pas le maître des lieux qui se trouvait pourtant debout, pieds joints sur un tabouret chancelant, avec, autour du cou, une corde dont l’extrémité avait été accrochée au sommet de la dite balustrade. Sa mobilité était pour le moins restreinte. Au moindre faux mouvement, il perdait l’équilibre et mourrait d’une mort sans gloire, les bras prisonniers d’une camisole de force et la bouche bâillonnée au ruban adhésif de déménageur. Pour couronner le tout, la télévision gueulait sa soupe, de sorte qu’il lui était impossible d’attirer l’attention des voisins.

Les yeux fermés, Marcus Heydens écoutait stoïquement deux actrices vanter les mérites d’une poudre à lessiver dans le tunnel de pub précédant le 20 heures.

[…]

Les jambes de Marcus Heydens tremblaient. Il avait toujours rêvé d’une mort flamboyante, dans un feu d’artifice de souvenirs chatoyants. Crever pendant la pub ! C’est d’un vulgaire ! Quel déshonneur pour un esthète comme moi !

Mon avis

J’adore les séries de manière générale, que ce soit pour des romans policiers ou non. J’aime retrouver les personnages d’une histoire à l’autre, les voir vivre et évoluer. Là j’ai été comblé avec cette sixième enquête publiée en France de Pieter Van In (vingt-cinq tomes en réalité en langue flamande). En effet, c’était le premier livre de Pieter Aspe que je lisais et j’ai eu dès le début, l’impression de faire partie du livre, de connaître bien les personnages et pas l’impression de débarquer au milieu d’une série. Cela vient du fait que l’auteur est doué pour croquer de manière visible ses personnages en un paragraphe, le plus souvent avec une certaine ironie et un certain sarcasme. Finalement, on connaît le personnage mais aussi l’avis de l’auteur sur celui-ci (avis que l’on a tendance à adopter parce qu’on se laisse très vite porter par l’écriture).

Dans les personnages, il y a Van In lui-même (soupe au lait, grand buveur de Duvel devant l’éternel, mais qui arrive tout de même à résoudre des enquêtes avec une perspicacité à devenir alcoolique vous-même), Versavel (le brigadier homosexuel pris entre son amitié pour son chef et son compagnon, à la fois cultivé et ironique : c’est lui que j’ai préféré), Hannelore la compagne de Van In (désabusé par le père de ses enfants qui ne la satisfait plus, elle essaye d’aller voir ailleurs mais finalement, elle se rend compte que ce n’est pas si mal ce qu’elle a à la maison). Ce sont les personnages récurrents importants (on pourrait citer toute la hiérarchie de Van In et de Hannelore qui sont heut en couleur).

Ces personnages sympathiques sont ancrés dans Bruges. Ils nous font voir le côté sombre (ce qui est le principe d’un roman policier) de cette cité touristique. C’est plutôt intéressant même si franchement j’aurais aimé un plan avec les logements des suspects …

Maintenant, passons à l’intrigue. Pieter Aspe emploie les mêmes techniques pour les personnages propre à ce volume. Par contre, ce que l’on pourrait reprocher à l’intrigue c’est d’avoir un package très compliqué (il y a quand même intervention des francs-maçons) pour une histoire toute simple. Ce n’est pas un défaut avec l’écriture et les personnages de Pieter Aspe car il n’y a pas de temps morts qui font que l’on peut se poser la question de où est-on dans le livre ? Finalement, on se laisse prendre à un monde très déjanté.

Pour ce qui est de la comparaison avec Simenon (dont j’ai lu quelques tomes il y a quelques années), je ne vois pas trop à part qu’il est belge. Je trouvais Simenon plus fort en intrigue mais moins capable de faire vivre ses personnages et ses lieux. Pieter Aspe a un style plus vivant, peut être plus de notre époque.

Si vous voulez tester par le premier tome, il est sorti en poche. C’est Le carré de la vengeance. Le deuxième vient de sortir au mois de mai et c’est Chaos sur Bruges. Je les ai déjà commandé à la librairie 🙂

Je remercie Plume et Aude (et Laura) des éditions Albin Michel qui m’ont permis de découvrir cette série !

Livre lu dans le cadre du challenge Littérature Belge chez Reka.

Un autre avis

Celui de Marie.

Références

De sang royal de Pieter ASPE – traduit du néerlandais (Belgique) par Emmanuèle Sandron (Albin Michel, 2010)