Parfois les brötchen croquent sous la dent de Hermann Kant

 

Ce livre me paraissait très très énigmatique. Pourquoi Emmanuel Kant le philosophe avait écrit sur un aliment qui lui avait cassé une dent. Heureusement le libraire est intervenu pour que je puisse bien comprendre l'histoire (au passage, je me permets de le remercier). D'abord c'est Hermann pas Emmanuel ! Nous voilà donc un peu rassurés. Les brötchens c'est les petits pains allemands que le chien Rex, celui de la série télé (on voit tout de suite à quel niveau de culture général je suis…), s'enfile comme des saucisses. Ici, c'est l'histoire d'un comptable et pas d'un chien qui est accro aux brötchens. Bonheur suprême, il vient d'emménager à côté d'un boulanger psychopathe dont c'est la spécialité (pas comme au Konsum où c'est pas bon du tout). Il faut faire la queue très tôt le matin où on est obligé de subir les commérages et discussions en tout genre. Une fois arrivée dans la boutique, il ne faut pas rendre jaloux le boulanger en faisant les yeux doux à la boulangère : le comptable sachant compter s'invente donc une relation à trois. Le problème de ce type de relation c'est que ça coute vite très cher ! Un jour, le boulanger propose au comptable qu'il croit libraire (les commérages ne sont pas toujours exacts) un marché… Et là ça devient très rocambolesque. C'est drôle, d'une écriture enlevée. On y passe un très bon moment de lecture !

C'est seulement le deuxième texte de l'auteur qui est traduit en français. Ce récit date de 1981 mais est seulement traduit maintenant "sur les conseils de Leïla Pellissier". Il y aussi L'amphithéâtre paru en 1970 chez Gallimard.

D'autres avis

Ceux de Michel Sender, Pages à pages, Le livraire, de Marie-Françoise, Léthée

Références

Parfois les brötchen croquent sous la dent de Hermann KANT – traduit de l'allemand par Leïla Pellissier et Frank Sievers (Autrement, 2009)

Une minute de silence de Siegfried Lenz

 

 

Résumé de l'éditeur

"Dans une petite ville de la Baltique bercée par le rythme incessant des vagues, Christian assiste à la minute de silence observée par son lycée en mémoire de Stella Petersen, professeur d'anglais morte en mer. Stella fut le grand amour de Christian, un amour volé aux conventions qui régissent les relations entre un professeur et son élève. Un amour composé de silences et d'interrogations, de découvertes fragiles et de beauté.

Dans une prose lumineuse, toute de tendresse et de retenue, Lenz nous offre un roman intimiste, presque onirique, sur l'éblouissement d'un premier amour et sur la douleur de l'inachèvement."

Mon avis

Si vous saviez comme je l'ai attendu ce livre. Après avoir lu La leçon d'Allemand chez 10/18, j'ai cherché partout Le Dernier Bateau. Je l'ai trouvé et adoré. Il me fallait continuer à lire cet auteur et il n'y en avait plus. Alors quand enfin, il y en avait un nouveau qui sortait, j'ai sauté de joie ! Et après lecture, je ne suis pas du tout déçue … C'est même un très beau livre qui m'a mis les larmes aux yeux.

Dans les films, on vous explique qu'avant de mourir vous voyez votre vie défilée en quelques secondes. Ici, c'est ce qui se passe. Une minute de silence. Christian voit défiler toute son histoire d'amour avec Stella comme si c'était lui qui mourrait. En cent-vingt pages, on s'attache à ces deux là. C'est tout en tendresse, en retenue, en non-dit. C'est un livre délicat. On le referme tout doucement pour ne pas faire plus souffrir Christian.

Références

Une minute de silence de Siegfried LENZ – traduit de l'allemand par Odile Demange (Robert Laffont – collection Pavillons, 2009)