La carte du monde invisible de Tash Aw

Quatrième de couverture

Indonésie, 1960. Quand son père adoptif est enlevé par les soldats de Soekarno dans le cadre des purges anticolonialistes, Adam entreprend de partir à sa recherche. À seize ans, il a été abandonné à deux reprises déjà : par sa mère, dans la petite enfance, puis par un frère aîné qui lui a été arraché au temps de l’orphelinat et dont le souvenir le hante. Guidé par quelques vieilles photos et d’anciennes lettres d’une dénommée Margaret, amour de jeunesse de son père adoptif, il quitte la petite île de NusaPerdo pour rejoindre Jakarta, où règne un climat fébrile…

Au sein d’un contexte politique mouvementé – la fameuse « Année de tous les dangers » indonésienne -, l’histoire de quête familiale et de quête identitaire que Tash Aw nous conte avec un intense suspense psychologique sait faire la part belle à la poésie des lieux. L’île imaginaire de Nusa Perdo, les biens réelles villes de Jakarta et de Kuala Lumpur ne sont pas de simples décors. Aussi marquées par le passé et incertaines de l’avenir que les acteurs du roman, elles conduisent le lecteur, curieux et ému, à explorer les captivants tréfonds de ce monde invisible.

Mon avis

J’ai lu ce livre en partenariat avec Newsbook. Je remercie donc Ys qui s’occupe si bien de ce site et les éditions Robert Laffont.

Ce livre mêle deux histoire en alternance et pratiquement en parallèle. Adam cherche à la fois son frère et son père mais sa recherche se fait de manière totalement parallèle et surtout très différemment.

Pour son père, Adam a une attitude active ou pseudo-active. Il va trouver Margaret à Jakarta, lui demande de l’aide. Elle met tout en branle pour retrouver son ancien amant, en exploitant notamment des relations proches du pouvoir. Cette histoire est très intéressante à mon avis car elle explique tout le contexte politique de l’époque, les enjeux … Tash Aw exploite différents points de vue, des blancs aux pauvres, aux orphelins, aux communistes en passant par les riches indonésiens. On apprend énormément de choses. De plus, dans cette partie, l’auteur cherche à comprendre qu’est-ce qu’appartenir à un pays. Il livre une réflexion loin des stéréotypes sur le sentiment d’appartenance, de rejet, de nationalités. Il y a aussi une réflexion intéressante sur le post-colonialisme. Cette histoire du livre, liant à la fois réflexion intérieure et réflexion historique, m’aurait amplement suffit.

Cependant, Tash Aw a choisit de mêler à tout cela la recherche du frère. Cela m’a ennuyé. Adam a une attitude passive et la recherche de son frère se fait surtout dans le passé et donc dans les souvenirs. Le problème c’est que ses souvenirs sont très peu nombreux et qu’il les ressasse beaucoup je trouve. Là dessus, Tash Aw alterne avec le mal-être du frère, Johan, qui a été adopté et emmené en Malaisie. Tout cela n’apporte rien ou plutôt l’auteur n’apporte rien. Il n’en fait rien. Je n’ai ressenti aucun sentiment, aucune empathie pour les deux garçons et l’auteur n’en tire aucune conclusion sur l’adoption, la séparation de deux frères … Je crois qu’au contraire de la première histoire du livre, celle-ci aurait du s’inscrire dans la durée et ne correspondait pas forcément au cadre temporel du livre. La quête familiale, des origines, est à mon avis, quelque chose qui demande plus d’un ou deux mois. Surtout qu’Adam ne l’avait pas commencé au début de l’histoire. J’ai donc été un peu déçue.

Sur l’écriture, j’ai été assez déroutée. Elle est souvent assez froide mais il y a aussi des moments de pure beauté, de pure poésie. Ces moments correspondent souvent aux moments où on n’arrive à comprendre les personnages et où on s’approche plus de l’histoire. Ce qui m’a déroutée, c’est le fait que parfois apparaisse des passages sans aucun rapport avec ce qui précède. Il y a une absence de liaisons assez flagrante.

En conclusion, une lecture intéressante, je dirais.

D’autres avis

Ceux de Titine, Lou, Cryssilda, Kathel, Calypso, Will

Références

La carte du monde invisible de Tash AW – traduit de l’anglais par Anouk Neuhoff (Robert Laffont, 2012)

Première parution en anglais en 2009.