L’Odyssée de Homère

J’ai reçu hier une très gentille petite carte de Niki me demandant si j’étais souffrante puisque je ne rédigeais plus de billets sur les livres que je lisais. Sachez que je vais bien (pour ceux que cela intéresse bien entendu). Outre que j’ai lu quelques navets, je me suis inscrite à un MOOC sur Coursera intitulé Greek and Roman Mythology.

Je me suis aussi inscrite à des MOOC scientifiques, qui occupent beaucoup mon temps mais qui me sont nécessaires pour compléter mes connaissances qui semblent insuffisantes à bien des égards. Mais le MOOC sur la mythologie, je l’ai choisi parce que j’ai toujours voulu savoir ce qui se cachait derrière la mythologie grecque et romaine, et surtout connaître des références culturelles que tout le monde cite. Je ne le fais pas à fond car normalement il y a une dissertation à rendre. Je regarde juste les vidéos et fais les quizz.

Il y a donc des lectures à faire et la première a été L’Odyssée de Homère. J’ai donc passé trois semaines dans ce livre et cela a été ma plus grande surprise depuis le début de l’année.LOdysseeHomere

Je n’ai jamais voulu me lancer là-dedans car dans ma tête, c’était une sorte de longue poésie (et je n’arrive pas avec la poésie comme vous le savez peut-être).

J’ai choisi la traduction disponible chez Babel car après avoir lu les commentaires sur Amazon, il m’a semblé que c’était la version la plus adaptée pour moi. Je l’ai donc ouvert et première surprise, cela se lit très bien. Pour une première lecture, je n’ai pas fait particulièrement attention à la forme mais plus au fond. En cela, j’ai été aidé par les vidéos du MOOC qui souligne les points essentiels de l’action et le pourquoi du comment. Par exemple, le professeur a beaucoup insisté sur la Xenia grecque mais aussi sur l’universalité de certains thèmes.

Je ne reviendrai pas sur le livre car je ne pense pas que je pourrais vous apporter dessus plus que ce que vous ne savez. Quand je l’ai fermé, j’ai eu envie de le relire (pour vous dire comme je l’ai aimé). J’ai bien sûr prévu de lire L’Iliade mais mon chef m’a dit que c’était plus compliqué donc j’attends un peu. Je me suis aussi demandée pourquoi on traduisait, en France, Odysseus par Ulysse. Je me suis sentie bête quand j’ai regardé la première semaine de vidéo. Je me suis demandée qui était cet Odysseus dont on parlait en plus de Télémaque (j’avais lu les huit premiers livres et je n’avais pas rencontré ce personnage…). Ulysse, c’est le nom romain. Pourquoi nous n’avons pas gardé le nom grec ?


Je ne savais pas si vous avez déjà suivi un MOOC mais il y a un forum où les participants discutent. Dessus, il y avait un sujet sur le livre de Margaret Atwood, L’Odyssée de Pénélope. Curieuse, je l’ai acheté puis lu et c’est aussi une très bonne surprise.

Le livre est écrit une alternance (de chapitre) entre l’histoire de l’Odyssée racontée par Pénélope et le chœur des 12 servantes assassinée par Télémaque dans l’Odyssée.

LOdysseeDePenelopeMargaretAtwoodPénélope s’exprime dans une langue moderne et parlée. Cela se justifie par le fait qu’elle nous parle du XXIième siècle, du « paradis », où elle nous observe. Elle a aussi adoptée un point de vue moderne et féministe.

Dans un premier temps, elle nous parle de son enfance à Sparte, à la cour de son père , Icare. Elle nous raconte la tentative de meurtre que celui-ci a commis celle en voulant la noyer et où elle fut sauver par des canards. Elle parle aussi de sa mère, une Naïade, qui préférait nager que de s’occuper de sa fille. Elle s’est ainsi transformé en une adolescente timide et peu sûr d’elle.

Quand elle eut quinze ans, elle a été en âge de se marier. Ulysse l’a jouée à la course à pied et l’a gagnée (on l’a plus ou moins laissé gagner) mais cela ne compte pas puisqu’il avait aussi joué pour la cousine de Pénélope, Hélène, qui avait été remportée par Ménélas provoquant ce que l’on sait. Ulysse est décrit ayant des jambes courtes et un torse de barrique. D’un point de vue moral, il est défini comme un menteur, tricheur et beau-parleur. Ce n’était donc pas le grand amour comme décrit dans L’Odyssée. Il y a une certaine complicité qui s’est faite au lit, après le mariage. Cependant, Pénélope souffre de l’attitude méprisante de sa belle-mère et de celle trop envahissante de la nourrice d’Ulysse. Puis, il part à Troie et n’en revient qu’après 20 ans.

Dans la suite du livre, Pénélope parle de ses stratagèmes pour se protéger des prétendants. Pour cela, elle les a fait espionner par ses douze plus belles servantes, celles qui seront assassinées.

Celles-ci s’expriment donc dans le livre, comme un chœur dans les tragédies grecques. Elles sont donc un groupe vengeur et menaçant envers Ulysse mais n’en veulent pas du tout à Pénélope.

Le livre est court mais est très drôle car iconoclaste, moderne tout en étant ancré dans l’histoire racontée par Homère. Je vous le conseille vivement. C’est par contre très différent des livres habituellement rédiger par Margaret Atwood.

Références

L’Odyssée de HOMÈRE – traduit du grec par Frédéric Mugler (Actes Sud / Babel, 1995)

L’Odyssée de Pénélope de Margaret ATWOOD – traduit de l’anglais (Canada) par Lori Saint-Martin et Paul Gagné (Flammarion, 2005)

P.S. : Il me reste une semaine de travail à tirer et après je suis en vacances pour trois semaines. Je serais plus présente alors …

Hôtel Polski de Tecia Werbowski

Quatrième de couverture

Eva reçoit un jour une lettre adressée à sa défunte mère dans laquelle figurent le nom d’un homme, Joachim Riegel, celui de l’hôtel Polski à Varsovie et une année, 1943. C’est par cette missive qu’elle découvre que sa mère était juive et que c’est Joachim, un Allemand, qui l’a sauvée de la violence meurtrière nazie et que c’est Joachim, un Allemand, qui l’a sauvée de la violence meurtrière nazie parce qu’il en était tombé éperdument amoureux. Eva se rendra sur les lieux de la rencontre pour faire la connaissance de Heinrich, le fils de Joachim.

Tecia Werbowski a écrit huit romans, des nouvelles et un essai. Ses œuvres ont été traduites en plusieurs langues et adaptées pour le théâtre, la radio et la télévision. Née à Lwów, en Pologne, pragoise dans l’âme, elle habite au Canada depuis 1968 et vit entre Montréal et Prague.

Mon avis

Tecia Werbowski est quelqu’un de cosmopolite, cela se voit à sa biographie (et à sa bibliographie aussi d’ailleurs). C’est typiquement le type d’auteurs pour lequel je ne sais pas dans quelle casse ranger leurs écrits. D’habitude, je le vois à l’écriture, au type d’histoire choisie. En général, je ne me base pas sur le lieux de naissance car cela ne veut souvent rien dire.

Au thème, j’aurais dit que Tecia Werbowski écrivait de la littérature tchèque (ou plus généralement des pays d’Europe de l’Est) : un mélange de passé et de présent, un passé qui interagit fortement sur le présent, le thème des amoureux que tout oppose ou plutôt que le contexte veut opposer. Puis à la lecture, on se rend compte que Tecia Werbowski aborde ce thème de manière très anglo-saxonne (mais entendons-nous bien ce n’est pas fait de manière superficielle). Le passé sert de fond, l’hôtel Polski de cadre. Le plus important est de savoir si Eva, pas très heureuse dans la vie, et Heinrich tout aussi pas très très heureux dans sa vie, vont reproduire la vie de leurs parents ou tout du moins vont-ils être capable de vivre, au moins un moment, une vie plus exaltante, moins routinière. On ne parle pas des fantômes du passé pour élucider des pseudo-problèmes, on ne parle pas de secrets de famille inavouable. Comme le dit la quatrième de couverture, il y a de la légèreté et de la grâce dans l’écriture de Tecia Werbowski ; elle dit les choses sans avoir l’air d’y toucher. Finalement, au vu du résumé de l’éditeur, on obtient un livre inclassable, un livre auquel on ne peut pas s’attendre avant de l’avoir lu. Comme quoi, en littérature, il est très difficile de mettre les choses dans des petites cases.

C’est une jolie découverte pour moi ; je la dois à Lou et à Malice.

Références

Hôtel Polski de Tecia WERBOWSKI – traduit de l’anglais par Christine Le Boeuf (Les allusifs, 2008)

La jeunesse de Sherlock Holmes – L'oeil du corbeau de Shane Peacock

Quatrième de couverture

Printemps 1867. Une femme est sauvagement assassinée dans une ruelle de Londres. Non loin de là, un jeune garçon de treize ans rêve d’une vie meilleure. Il s’appelle Sherlock Holmes. Et il est fasciné par ce fait divers sordide. Il décide d’en savoir plus, de rencontrer l’accusé. Commence alors une contre-enquête qui le rend suspect à son tour.

Mon avis

Ce livre est en fait le début d’une série ; il n’y en a qu’un seul traduit en français mais déjà quatre sortis en anglais. Vous pouvez trouver des précisions sur le site de l’auteur qui est très sympa.

Comme tout début de série, on a l’introduction des personnages principaux. Sherlock Holmes bien sûr. Il a treize ans, fait l’école buissonnière pour observer les gens dans les parcs. Il est pauvre et désespère de devenir riche. En plus il est assez solitaire car on se moque de lui pour ses habits et son aspect dont il prend un soin tout particulier, pour ses origines : c’est un « sang-mêlé ». Son père, Wilber, est  juif et était promu à un brillant avenir comme professeur à l’University College of London car c’est un génie des sciences (notamment en chimie et en ornithologie). Mais il a eu le malheur de tomber amoureux de Rose la mère de Sherlock, passionnée d’opéra et de musique. Celle-ci a bien voulu l’épouser mais la belle-famille a fait en sorte que Wilber n’obtienne pas son poste à l’UCL. Ils ont eu trois enfants, Mycroft (dont ils n’ont que trop rarement des nouvelles, parti loin de la maison pour vivre d’un poste de petit fonctionnaire), Sherlock et une petite fille qui est décédée. Il y a aussi Malefactor, ennemi de Sherlock même si leur caractère est semblable, petit voyou des rues, membre des Irréguliers. On voit que lui aussi est au-dessous de sa condition (on comprend qu’il était dans une famille très aisée avant). Il est orphelin de père et mère, sa sœur est morte. Seul lui reste sa passion pour les mathématiques. Cela vous rappelle quelqu’un des aventures de Sherlock Holmes. Non ? Il y a aussi Dupin (appréciez le clin d’œil)  qui fournit parfois à Sherlock (quand il n’a pas réussi à les trouver dans les poubelles) les journaux où il trouve des faits divers passionnants.

Notamment, celui sur lequel il enquête dans le livre : le meurtre d’une jeune femme non identifiée dans le secteur de Whitechapel. Ce qui l’intrigue, ce sont les corneilles dessinées dans le journal. Justement il en voit au dessus de lui (il est donc destiné à résoudre cette énigme). Rapidement, un jeune boucher d’origine arabe est arrêté. On a trouvé son couteau sur le lieu du crime, des traces de pas ensanglantées menant à son atelier. Sa culpabilité ne fait aucun doute. Le problème c’est que l’on ne retrouve pas une bourse appartenant à la victime. Alors, quand l’accusé parle uniquement, et à voix basse, à Sherlock Holmes, le jour où il est emmené en prison, Lestrade (le vieux : nous est même présenté le jeune) pense qu’ils sont de mèches. D’autant que l’on a vu Sherlock deux fois sur les lieux du crime. Ni une ni deux, Lestrade arrête Sherlock et le mets en prison. Arrive deux visiteurs de prisons, un père et sa fille, Andrew et Irène Doyle (admirez le clin d’œil aussi). Celle-ci tombe amoureuse de Sherlock, l’aide à s’évader, puis enquête avec lui pour trouver le véritable assassin.

Parce que comme d’habitude dans les romans, la moitié des preuves ont échappé à la police. Sherlock et Irène vont toutes les retrouvées et pour cela vaincre toutes leurs peurs et tous les dangers. En fait, sans rire, l’enquête est plutôt intéressante à suivre , il y a vraiment des rebondissements à chaque chapitre. Au fur et à mesure, on cerne de mieux en mieux la personnalité de Sherlock, ce qui rend le livre de plus en plus agréable à suivre.

Ce qui m’a gêné au démarrage, c’est que l’auteur fait du misérabilisme sur le dos de Sherlock Holmes, insiste bien sur le fait qu’il ne pourra jamais se sortir de sa condition sauf si il le désire vraiment et que comme il est le plus fort, il va s’en sortir (c’est évident). Il m’a donné l’impression que Sherlock était un jeune garçon jaloux et envieux, avide de reconnaissance (comme si il était très fragile dans sa tête). C’est un peu à mon avis détruire le mythe qu’il abaisse au niveau du commun des mortels. Ce qui m’a aussi gêné c’est le fait que tout le livre soit écrit au présent. En tout cas, pour moi (je ne suis pas le public visé non plus), cette technique ne me permet pas de mieux visualiser les scènes ou quoi que ce soit. Je crois que cela vient du fait que les aventures de Sherlock Holmes et Watson sont racontées au passé et du coup ça m’a troublé. Une dernière chose m’a vraiment déplu, c’est que l’on puisse lire de tels passages dans un livre pour des enfants de dix ans :

Il y a bien des injustices dans le monde, songe le garçon. Certaines sont cependant pires que d’autres. On peut mépriser une personne parce qu’elle est pauvre, à cause de ses vêtements ou en raison de ses opinions politiques ; ce sont des traits qui peuvent changer. Mais en vouloir à quelqu’un d’être juif ou arabe relève de la plus grande injustice qui soit : il ne peut rien faire pour changer son état. Le plus grand tort, oui … après celui qui consiste à lui ôter la vie …

D’abord, je ne crois pas qu’à notre époque, mêler origine géographique et religion soit très approprié. De plus, dire à un jeune adolescent, c’est normal de mépriser quelqu’un de pauvre revient à dire qu’il est normal d’aduler quelqu’un parce qu’il est riche (et que si il devient pauvre on peut le mépriser). Je ne vous parle pas des opinions politiques … N’aurait-il pas été suffisant de dire que l’on doit admettre que les autres puissent être différent de soi ?

En conclusion, c’est un bon livre, avec quelques lenteurs au départ lors de la présentation des personnages (j’attends de voir les autres épisodes pour vous dire si c’est une très bonne série) même si j’ai pu être parfois un peu gênée par les opinions émises (ce n’est pas non plus omniprésent : ne vous imaginez pas ça).

Références

La jeunesse de Sherlock Holmes – Tome 1 : L’oeil du corbeau de Shane PEACOCK – traduit de l’anglais par Pierre Corbeil (Milan Jeunesse, 2008)

Mort en lisière de Margaret Atwood

Mort en lisière est en réalité un recueil de dix nouvelles à ne surtout pas lire dans plusieurs cas :

  • Vous êtes un tant soit peu déprimé. Elle va vous plomber encore un peu plus le moral à chaque nouvelle. C’était mon cas ; je me suis retrouvée très triste à la fin du livre. En effet, pour tous les personnages des nouvelles cela ne se termine jamais dans la joie et la bonne humeur. Même si au départ ils étaient heureux, plein d’illusions sur le monde, à la fin, il se retrouve soit dans une vie qu’ils n’ont pas choisi, soit ils sont malheureux …
  • Vous avez encore quelques illusions sur l’humain, sur la vie telle que nous la vivons de nos jours. Vous voulez garder ces illusions : ne lisez pas ces nouvelles. Margaret Atwood va vous ouvrir les yeux sur la réalité.

Passons aux résumés des nouvelles.

  • Courrier du coeur : un groupe de jeunes adolescents est en camp d’été surveillé par deux moniteurs et de jeunes serveuses. Une des serveuses va se retrouver enceinte d’un garçon dont elle n’osera pas dire le nom. Elle élevera seule son enfant. Dix ans plus tard : on fait le point sur la vie de quelques protagonistes de cette histoire.
  • Un cadeau empoisonné : une femme vient de se faire opérer d’un kyste ovarien (avec des poils et des dents : comme si c’était un enfant) qu’elle garde dans un bocal de formol. Elle est journaliste et maîtresse de son patron marié. Elle le quitte mais envoie le kyste à la femme, comme l’enfant qui serait né de leur amour.
  • Isis dans les ténèbres : un poète raté raconte son amour de jeunesse non réciproque de Séléna. Il finit par se marier avec une autre femme mais garde toujours Séléna en tête.
  • L’homme dans la tourbière : une jeune femme couche avec son professeur marié. Il l’emmène en Écosse dans les tourbières car il est archéologue et on vient de retrouver un corps. Il la laisse plus ou moins de côté. Elle le quitte même si pour elle c’est le grand amour. AU bout de quelques années, elle se rappelle exactement l’Écosse mais l’amant n’est qu’une image floue.
  • Mort en lisière : Loïs accroche des tableaux de paysage dans son nouvel appartement. Cela lui rappelle le suicide de sa meilleure amie de camp de vacances que l’on n’a jamais retrouvé. Ne serait-elle pas cachée dans les tableaux ?
  • Les oncles : une femme est élevée par sa mère et ses trois oncles qui la chérissent comme si elle était leur fille. Plus tard, elle travaille dans un journal et se lie d’amitié avec un homme qui ressemble aux trois oncles qui va l’aider à construire sa carrière. Cependant, il la trahira après vingt ans et elle va se remettre en question.
  • Les années de plomb : histoire d’amitié – amour non consommé entre Vincent et Jane racontée après la mort de Vincent.
  • Hommage à Molly : une femme, dont la meilleure amie s’est fait tuer sous les coups de son mari, dine avec un homme. Et s’interroge sur ses réactions.
  • Dans la jungle des familles : un homme est marié avec une femme qui a deux soeurs. Il couche avec les trois soeurs et ça fout le bins dans la famille.
  • Le mercredi d’une mercenaire : c’est la journée d’une femme comme les autres : elle a un mari révolutionaire, écologiste qui dénigre le journal elle travaille et dont elle craint de se faire virer même si elle n’a que des piges. Enfin elle vit sa vie.

Je pense que le résumé des nouvelles vous permet de bien voir les thèmes de Margaret Atwood : les femmes (souvent journalistes d’ailleurs), les amours contrariés, l’amitié, la mort et la vie dans son plus simple appareil. Pas de bonheur, de mariage heureux. Elle dépeint des personnages courants, de notre vie quotidienne. Cela ne correspondait pas trop à ce dont j’avais besoin à ce moment là. Il faut cependant lui reconnaître un très grand talent : les nouvelles sont toutes de niveau égal (ce qui est quand même rare dans ce type de recueil), sont autour de même thème (c’est très homogène). De plus, elle a une écriture impressionante dans le type d’images qu’elle peut développer ; c’est bref, acide mais on voit tout de suite la scène se dessiner devant nous. Un exemple sur les premières lignes de la première nouvelle :

Les serveuses se dorent au soleil comme une troupe d’otaries écorchées, leurs corps rose et brun tout luisant d’huile solaire. Elles ont gardé leurs maillots de bain parce que c’est l’après-midi. Aux premières lueurs de l’aube, ou bien au crépuscule, il arrive qu’elles aillent se baigner toutes nues – rester accroupis en proie à mille démageaisons, au milieu des buissons infestés de moustiques qui se trouvent en face du ponton qui leur est réservé, devient alors infiniment plus attrayant.

En conclusion, je continuerai la découverte de cette auteure en connaissant maintenant ce qu’elle écrit et les thèmes qu’elle aborde.

Références

Mort en lisière de Margaret ATWOOD – traduit de l’anglais (Canada) par François Dupuigrenet-Desroussilles (Pavillons poche – Robert Laffont, 2009)

Vous pouvez d’autres avis sur le site du Prix Littéraire des Blogueurs. En effet c’est dans le cadre de ce prix que j’ai lu ce livre (que je n’aurais pas ouvert sinon). Ce livre peut voyager pour les autres participantes (et même les autres mais il faut que je vous connaisse quand même). N’hésitez pas !

Stevenson sous les palmiers d'Alberto Manguel

Avant de partir au Mexique, direction les îles Samoa dans le Sud-Pacifique avec Robert Louis Stevenson …

 

 

Quatrième de couverture

"Aux îles Samoa, où il s'est installé avec sa femme sur la fin de sa vie, le célèbre écrivain Robert Louis Stevenson oscille entre nostalgie des brouillards de son Edimbourg natal et une fascination grandissante pour l'exotique volupté des îles. Taraudé par une maladie qui ne lui laisse guère de répit, frustré par la froideur de la couche conjugale, il poursuit néanmoins son entreprise littéraire entre deux quintes de toux. Un jour est retrouvée morte, après avoir été violée, une jeune fille dont la danse lagoureuse avait captivé l'écrivain lors d'une fête locale de rendre compte de son emploi du temps le jour du drame …


Stevenson, l'une des figures fondatrices de l'imaginaire littéraire d'Alberto Manguel, devient alors le héros d'une superbe fable qui signe les noces d'Eros, de Thanatos et de la fiction conçue comme émanation directe du désir.
"

Extrait d'une discussion entre Mr Barker, missionnaire, et Stevenson 

"– Il m'arrive de penser que mon éditeur distribue des exemplaires afin de flatter mon sentiment d'importance.

– Je n'en ai jamais lu et je n'en lirai jamais. Je n'ai pas de temps à perdre avec le verbiage romanesque. Des histoires inventées, en vérité ! Mensonges, à mon avis, pardonnez-moi. Notre bref séjour sur cette terre doit être un temps de réforme et d'apprentissage, sans dissipation ni fantaisie. Il n'ya qu'un Livre, monsieur, auquel je dois toute mon attention, et il ne raconte pas de fables.

Stevenson se sentit mis en accusation.

– Tout ce que je prétends faire avec mes récits, c'est apporter un peu de plaisir, un peu de bonheur. C'est là notre obligation, non ?

– Le bonheur ? L'homme eut un petit rire. Le bonheur est une récompense, pas un droit." (p. 25-26)

Mon avis

À lire la première partie de la quatrième de couverture, je pensais que c'était un roman policier. La deuxième partie m'a dit que que non … même si ça ne m'a pas dit grand chose de plus (car je ne savais pas qui était Thanatos : mais maintenant je sais).  C'est un très court roman (moins de 100 pages) où Alberto Manguel, avec ses connaissances incroyables sur les auteurs, puise dans les Lettres de Robert Louis Stevenson à sa famille et à ses amis des noms (celui de Mr Barker entre autre) pour extrapoler sur la fin de vie de Stevenson. Il fait jouer un rôle très particulier à ce Mr Barker. On se demande qui il a été en réalité pour Stevenson … J'espère que les descendants n'ont pas lu le livre ! On y apprend entre autre que les îles Samoa ce n'est pas vraiment bien quand on a l'état de santé de Stevenson (trop humide) et qu'il y a eu une guerre aux îles Samoa entre 1889 et 1899 entre les Allemands, les Anglais, les Américains …

J'ai eu du mal à me mettre dans le récit (ce n'est pas pareil que ce que j'avais lu avant d'Alberto Manguel : La bibliothèque, la nuit et en plus je suis un petit peu malade) mais c'est quand même très sympathique à lire : la fin vous fait poser plein de questions …

D'autres avis

J'ai découvert la fonction recherche dans les blogs de Google !

Celui d'Allie, de Frisette

Références

Stevenson sous les palmiers de Alberto MANGUEL – roman traduit de l'anglais par Christine Le Boeuf (Babel, 2005)

Loin d'elle d'Alice Munro

Quatrième de couverture

"Fiona perd pied, des trous noirs semblent embuer sa mémoire, son monde n'a plus de sens. Après s'être résolu à la placer dans une institution, Grant, son époux si tendre et si paisible depuis cinquante ans, va éprouver les affres de la solitude. Mais par amour pour celle qu'il a si profondément aimé, il décide, le moment venu, de se sacrifier. Loin d'elle est une chronique douce et amère d'une vie qui n'est que passage."

Mon avis

Grant se sacrifie dans le sens où quand Fiona "tombe amoureuse" d'un
autre patient et que celui-ci repart chez lui, elle se laisse mourir ;
alors Grant se voit dans l'obligation d'agir pour qu'elle puisse encore
le revoir même si il aime encore par dessus tout sa femme. Les passages
sur le couple de maintenant sont enrecoupés de passages sur le couple
plus jeune où Grant n'hésitait pas à tromper Fiona (c'était le contexte
de l'époque visiblement).

Alice Munro faisait partie des auteurs à découvrir suite à ma lecture de La Reine des lectrices. Samedi, quand je suis allée à la librairie, j'ai pris le plus petit livre d'elle et c'était celui-ci. En réalité, cette petite nouvelle de 80 pages a déjà paru sous le titre L'ours qui traversa la montagne dans le recueil Un peu, beaucoup … pas du tout et a été réédité à l'occasion de la sortie du film qui s'en inspire (la photo sur livre ne donne pas vraiment envie d'aller voir le film).

C'était une découverte pour moi : elle est un peu en demi-teinte. C'est agréable à lire mais sans plus. Je retentrai à l'occasion …

Références

Loin d'elle d'Alice MUNRO – traduit de l'anglais par Geneviève Doze (Rivages poche, 2007)