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Mycroft's testimony de Sophie Bellocq-Poulonis

March 01
by Cecile 1. March 2010 15:54

Quatrième de couverture

Sherlock Holmes ne serait pas tout à fait l'homme décrit par son biographe et ami le Dr Watson. Il serait de ceux qui cachent leurs déviances sous le masque du génie excentrique.

C'est du moins ce que confesse son frère Mycroft dans son récit-testament, en révélant l'ampleur de la crise identitaire dont souffrit le détective durant les trois années où Watson déserta Baker Street pour épouser Mary Morstan.

C'est aussi ce que subodore le Dr Aaron Kosminsky, psychiatre et criminologue, dans l'étude psychopathologique qu'il fait du personnage et publie en 2004.

Ces trois ans, compris entre décembre 1887 et mai 1891, furent d'insoupçonnables années d'errance et d'égarement psychiques qui conduisirent Sherlock Holmes à travers les affres de la désespérance, avant que ne le délivre sa disparition dans les chutes de Reichenbach.

Dans cette période troublée, personne n'en a rien su. Pas même Watson. Comment aurait-il pu ?

Mon avis

Je vais vous faire un commentaire en deux parties. Pour ceux qui serait attirer rien que par la quatrième de couverture, sachez que c'est un bon livre, voire très bon avec des clins d'oeil à Sherlock Holmes et à la période historique dans lequel il est censé vivre, une construction en deux parties particulièrment novatrice : le récit de Mycroft est corroboré par une étude psychopathologique aussi rédigé par l'auteur. Vraiment bien pour les personnes qui aiment Sherlock Holmes (malgré les nombreuses coquilles).

Maintenant pour ceux qui ne voudraient pas le lire ou qui n'aurait pas été convaincu par la quatrième de couverture, je vais essayer d'en dire plus sans trop en raconter. Mais sachez qu'il saura possible de deviner la théorie du livre à partir de la quatrième de couverture et ce que je vais dire.

Ce que j'aime chez les Holmésiens, c'est leur imagination foisonnante surtout celle de Sophie Bellocq-Poulonis dont j'avais déjà pu lire le travail dans Le Cahier de l'escarboucle bleue. Ici, l'auteure revisite la relation entre Sherlock Holmes et Jak l'éventreur. On peut d'ailleurs noter le joli clin d'oeil entre le psychiatre de la seconde partie et une des possibles identités de Jack l'éventreur. Une courte introduction nous apprend comment l'auteur a pu se retrouver avec le testament de Mycroft. Dans la première partie, celui-ci explique comment il a fait surveiller son frère après le décès de son jumeau (qui s'appelait Arthur abrégé en Arty : je suis sûre que cela vous dis quelque chose), comment en sous-main il a provoqué la rencontre Watson - Holmes, comment le mariage du docteur a miné Holmes. Pour cette première partie, elle se base sur les différentes études visant à dater les aventures de Holmes. Dans la seconde partie, c'est l'étude psychologique. Là aussi l'auteur montre un certain talent puisqu'elle change complètement de style mais surtout dans l'étude, elle souligne que pour Aaron Kosminsky le personnage de Sherlock Holmes est fictif (c'est rare en général dans les ouvrages des holmésiens) ce qui rend le récit encore plus crédible.

Comme je le disais, à part les coquilles, c'est un ouvrage que j'ai pris beaucoup de plaisir à lire. J'y ai cru la preuve j'ai eté vérifié si l'étude était véridicte ! Maintenant, je vais lire Duel en Enfer de Bob Garcia (il vient de sortir en poche c'est pour ça !), qui lui aussi lie Holmes et Jack l'éventreur. C'est un livre qui a été lu par La liseuse (qui a trouvé ça plutôt pas mal malgré certains défauts) et Mathilda (qui n'a pas aimé du tout, et c'est une holmésienne convaincue). Il ne me reste plus qu'à me faire ma propre opinion.

Références

Mycroft's testimony de Sophie BELLOCQ-POULONIS (Les éditions de l'oeil du sphynx - Les manuscrits d'Edward Derby volume 11, 2009)

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Littérature française | Romans policiers et thrillers

La traque de Muriel et Patrick Spens

February 24
by Cecile 24. February 2010 20:57

Quatrième de couverture

Pourquoi le célèbre romancier anarchiste Larsen, exilé au Mexique, n'a-t-il plus écrit de livres après 1940 ?

Pourquoi les seuls otages fusillés par le gouvernement communiste de Munich en 1919 appartenaient-ils tous à une société secrète dont les principaux membres inspirèrent ensuite son programme d'extermination à Adolf Hitler ?

Pourquoi Rudolf Hess, le dauphin d'Hitler, a-t-il gagné en avion la Grande-Bretagne au printemps 1941, avant le déclenchement de l'opération Barbarossa ?

Pourquoi Jacques Doriot, ancien communiste devenu chef du Parti populaire français collaborationniste, a-t-il été mitraillé dans sa voiture, en 1945, par des avions de chasse non identifiés, sur une route du sud de l'Allemagne ?

L'enquête menée à Paris au début de l'été 1942 par un inspecteur français à la suite d'un officier SS conduit sur la piste de quelques-uns des aspects les plus mystérieux de la Seconde Guerre mondiale.

Un thriller historique qui fait revivre, sous les traits de Larsen, l'écrivain B. Traven, l'inconnu le plus fameux des annales littéraires du XXe siècle.

Ce roman, par son intrigue aux multiples rebondissements et son intelligence rouée, nous fait toucher du doigt toute l'ambiguïté de la période de l'Occupation.

La traque est le premier roman de Muriel et Patrick Spens.

Mon avis

La traque n'est pas le premier roman inspiré du personnage de B. Traven (ce n'est donc pas une bio). Vous pouvez lire sa biographie ici. A lire sa vie, on peut voir que le livre de Muriel et Patrick est une oeuvre d'imagination (d'où le nom de l'auteur du roman B. Larsen) et même une très bonne. L'intrigue est complexe. En effet, les auteurs arrivent à mêler Première et Seconde Guerre Mondiale, l'historique de l'idéologie nazie, la collaboration française et les partis populistes. D'ailleurs, le flic qui enquête Roger Fontenoy a une histoire nonlinéaire (c'est toujours plus intéressant). Ancien membre de l'extrême droite de Doriot, il s'en est détaché car il ne support plus les dérives antisémites et collaborationistes de ses "amis". Donc comme je disais ici on mêle petite et grande histoire. La petite c'est celle de deux hommes Roger Fontenoy et de Seelendorf. Ils se sont rencontrés paendant la Guerre d'Espagne et même si ils se sont perdus de vue, leur estime réciproque fait que quand Seelendorf va se faire assassiner sur un pont de Paris, Fontenoy va tout faire pour retrouver les assassins. Quitte à remonter dans le passé proche et lointain de Seelendorf au péril de sa vie. L'intrigue est dévoilée au fur et à mesure mais il y a de nouveaux problèmes et questionnement qui arrivent. L'histoire se suit donc de manière avide.

Si autant je n'ai aucune réserve sur l'histoire, j'en ai un peu plus sur la narration. Il y a des personnages dont je n'ai pas vraiment compris l'utilité : Suzy, la petite amie de Roger Fontenoy (les auteurs finalement s'en servent comme d'une pauvre godiche qui sert à passer des messages ou faire des choses qu'elle ne comprend pas) ou bien encore le logeur de Seelendorf à Paris (il passe un message : oui, et ?). La narration éclatée aussi est parfois dérangeante. On n'a pas forcément envie d'être coupé en pleine action. En effet, le livre est divisé en deux parties qui sont rédigées de deux manières différentes. La première alterne rapport d'espionage et vie de Roger Fontenoy (on hésite souvent entre le je et le il). La deuxième alterne une sorte de testament de Seelendorf et l'enquête de Fontenoy.

Pour un premier roman, ce livre est plutôt bon même si il a ses défauts mais je lirai sûrement le deuxième pour voir ce que les auteurs auront concocté. Bon, maintenant, je vais lire les romans de B. Traven (il y a deux chapitres du livre qui sont excellents sur le sujet).

Références

La traque de Muriel et Patrick SPENS (Le cherche midi, 2010)

Je remercie l'équipe d'Ulike pour l'envoi toujours aussi ultra-rapide. Vous pourrez retrouver ce billet sur le site Chronique de la rentrée littéraire.

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Littérature française | Romans policiers et thrillers

Les nouveaux mystères d'Udolpho de John Dickson Carr

January 30
by Cecile 30. January 2010 21:43

Présentation de l'éditeur

Après des années passées en Amérique, le journaliste Christopher "Kit" Farrell regagne l'Angleterre. Son ami Nigel Seagrave doit l'entretenir d'une affaire qui le préoccupe : il est persuadé que Muriel, la femme qui partage sa vie, n'est pas celle qu'il a épousée. Pour étayer sa thèse, il organise au manoir d'Udolpho un dîner au cours duquel il espère obtenir une preuve de ce qu'il avance. À la fin du repas, le maître de maison invite les convives à le rejoindre dans la splendide serre tropicale qui fait sa fièrté. Mais lorsque les hôtes y pénètrent, ils découvrent le corps de Nigel, gisant sur le sol, frappé d'une balle en pleine poitrine.

Ce n'est que le début d'une série de faits déroutants et inexplicables, que la police va s'efforcer d'élucider... avec l'aide d'un personnage réel, l'écrivain Wilkie Collins, célèbre pour ses romans d'épouvante et de mystère.

Voici l'un des derniers inédits de John Dickson Carr, l'un des auteurs les plus inventifs en matière de crime en chambre close. Associant une minutieuse reconstitution de l'époque victorienne à l'esprit du roman gothique, Les noueaux mystères d'Udolpho maintient jusqu'au bout le suspense et le défi intellectuel, sans oublier l'humour et l'érudition littéraire.

Mon avis

Il y a six mois le titre ne m'aurait même pas interpellé sur les tables d'une librairie. Le challenge English Classics est passé par là. Quand j'ai vu le titre, j'ai retourné le livre pour lire le résumé et là on me dit que Wilkie Collins enquête. J'ai su que c'était fini et qu'il fallait que je ramène ce petit livre de 400 pages à la maison.

Une fois que cela a été fait, je me suis précipitée pour le lire. La préface commence bien : "En ces temps de disette pour les amateurs d'énigmes, la sortie en français du dernier roman écrit par John Dickson Carr constitue un petit évènement. Dans le paysage littéraire actuel où le genre policier est dominé par le sadisme et la violence, le règne interminable des serail killers et les thrillers à caractère sociopolitique, ces Nouveaux Mystères d'Udolpho seront sans nul doute accueillis par les vrais amoureux de la littérature policière classique - "le délassement des grands esprits", disait-on à son âge d'or-, comme un bain de jouvence." J'étais flattée bien évidemment et je me suis dit que j'avais bien choisi. Mais après j'ai tourné la page ... où Roland Lacourbe nous explique gentiment que ce n'est pas le meilleur John Dickson Carr voire qu'il n'est pas très bon parce que l'auteur était malade et l'a écrit pendant sa chimio. Qu'il a été plutôt bien accueilli aux États-Unis mais pas en Angleterre. J'ai trouvé que c'était un peu étrange comme préface mais bon ...

Maintenant parlons du texte à proprement dit. John Dickson Carr est un des précurseurs du roman policier historique. Ici, il fait une description du Londres de l'année 1869 digne d'un auteur de l'époque à mon avis (dans la description pas dans la langue : ce qu'il faut complimenter en fait surtout c'est le travail documentaire). Par contre, sur la description du mode de vie, j'ai trouvé que les femmes de la bonne société (trois des personnages principaux) avaient des moeurs un peu légères (ce qu'aucun écrivain de l'époque n'aurait permis à mon avis) ; je me suis demandée si Carr n'avait pas plaquée le mode de vie du 20ième siècle sur celui du 19ième.

L'intrigue est plutôt bonne "dans son classissisme" mais je me suis sentie un peu flouée comme à chaque qu'il n'y a pas un meurtre dans une enquête policière. Parce que oui Nigel Seagrave n'est pas mort (avec une balle près du coeur tout de même et en plus opéré au manoir d'Udolpho par le médecin généraliste du coin : pas sûre que le mien sache faire ça). Comme quoi, l'esprit humain est prompte à s'imaginer n'importe quoi.

En conclusion, vous n'avez plus de Agatha Christie, plus de Patricia Wentworth, plus de Ngaio Marsh, plus de Anne Perry, vous pouvez lire ce roman : vous y passerez un moment de détente sympathique. Il faut cependant passer sur quelques invraissemblances et anachronismes ...

Références

Les nouveaux mystères d'Udolpho de John Dickson Carr - préface de Roland Lacourbe - traduit de l'anglais (États-Unis) par Danièle Grivel (Rivages/Noir poche, 2010)

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Littérature des Etats-Unis | Romans policiers et thrillers

Les visages de Jesse Kellerman

January 22
by Cecile 22. January 2010 11:44

J'ai lu ce livre à cause d'Amanda qui nous a dit dans je ne sais plus quel billet qu'elle conseillait ce livre à des gens qu'elle ne connaissait pas dans les librairies. Je me suis dis qu'elle me le conseillerait à moi aussi du coup. Je ne la remercie pas bien évidemment parce que je ne l'ai pas lâché pendant deux jours (du coup rien d'autre n'a avancé !)

Si le nom de Kellerman vous dit quelque chose, c'est le fils de Jonathan et Faye, eux aussi auteurs de romans policiers. C'est son premier livre traduit en français mais pas son premier.

L'histoire : Ethan Muller, enfant riche d'une riche famille qui s'est construite elle-même à partir d'un immigré (c'est le mythe américain, quoi), dirige une galerie d'art. Il a rompu les ponts avec sa famille (c'est toujours le cas dans les familles riches ; il y a toujours un mouton noir). Mais parfois Tony Wexler, homme des basses besognes de son père, prend contact avec lui pour lui parler ... de son père. Un jour, il insiste au téléphone pour montrer à Ethan quelques choses de très important dans un appartement qui se situe dans des appartements à son père. Ethan accepte avec réticence. Il se retrouve dans un appartement miteux remplis de dessins très bizarres parce qu'ils sont l'oeuvre d'un génie ou d'un fou (comme un fou), de Victor Cracke. Celui-ci a disparu en laissant tout son fatras derrière lui. Comme tout est bon pour faire de l'argent et sa réputation, Ethan pique les dessins, les assemble (parce qu'ils forment une sorte de carte), les expose et les vend une fortune. Le hic, c'est qu'un jour il reçoit le coup de fil d'u ancien flic, obsédé par une affaire : le viol et le meurtre de cinq garçons d'une dizaine d'années dans les années soixante. Or, celui-ci reconnaît les cinq visages dans la carte de Victor Cracke.De là, Ethan, quittant son milieu factice de l'art, s'engage une enquête pour retrouver Victor et surtout savoir si il est coupable.

Comme je le disais, c'est un bon livre : les personnages sont bien campés, c'est bien écrit. On ne le lâche pas. Mais, si on réfléchit un peu, il y a quand même des éléments qui n'en font pas un excellent "thriller" (comme le dit la couverture). Un : vous ne frissonnez jamais, vous n'avez jamais peur, vous ne vous posez jamais de question. Pour un "thriller" je trouve ça bizarre. Deux : la construction qui au début vous paraît intellegente vous paraît bien factice ensuite. Je m'explique : à la page 50, arrive un premier interlude. L'auteur décrit le début de la saga des Muller. Quand vous l'avez fini, vous remarquez que cela n'a rien à voir avec l'histoire principale (même si c'est un chapitre très instructif : les plus grandes familles se sont toujours construites à partir de multiples secrets) et vous comprenez alors que Ethan ne sera pas le seul Muller à intervenir dans l'histoire principale (je pourrais aller plus loin dans le raisonnement mais ça dévoile un peu beaucoup l'histoire). Mais vous continuez à lire parce que vous êtes pris dans l'histoire. Mais dans l'interlude de la page 330, ce que vous vouliez savoir vous est dévoilé. Le problème c'est que le livre en fait 470 de pages. Vous avez donc une révélation de l'histoire sur 130 pages. C'est un peu long à mon avis pour un thriller.

En conclusion, c'est un bon roman pour se détendre et lire une histoire originale bien écrite mais ce n'est pas le chef d'oeuvre annoncé quand même.

D'autres avis

sur blog-o-book ...

Références

Les visages de Jesse KELLERMAN - traduit de l'anglais (États-Unis) par Julie Sibony (Sonatine éditions, 2009)

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Littérature des Etats-Unis | Romans policiers et thrillers

Les disparus de Dublin de Benjamin Black

January 20
by Cecile 20. January 2010 20:47

L'auteur, Benjamin Black, est le pseudonyme de John Banville, celui de La mer. Personnellement, j'avais adoré ce livre, si ce n'est adulé (en simplifié pour moi c'est un chef d'oeuvre). J'ai aussi adoré ce livre mais par contre dans ma tête, il est bien clair que Les disparus de Dublin ne joue pas au même niveau. Ici, on a plutôt affaire à un très bon diverstissement.

Le personnage principal, c'est Quirke (apparemment il sera récurrent dans les livres de Benjamin Black). Il est médecin légiste à Dublin dans les années cinquante. Il est grand, bourru, alcoolique, fumeur ... Irlandais quoi (je suis une fille pleine de préjugés :) ). Niveau famille : il est orphelin, recueillie par Grant Griffin, juge de son état, qui lui-même a un fils Malachy, qui lui même a une femme Sarah. Les deux derniers ont ensemble une fille Phoebe. Quirke est veud de Delia, morte en couche, vingt ans plus tôt. Détail non négligeable c'est la soeur de Sarah.

Ces histoires amoureuses ont commencé comme ça : Quirke et Malachy sont partis aux Etats-Unis il y a vingt ans pour une année chez un grand amis de Grant : Crawford (le prénom m'échappe, désolée). Celui-ci a deux filles : Sarah et Delia. Quirke veut Sarah mais couche avec Delia (comme quoi les hommes ...)

Je pense vous avoir situé tous les personnages à part Rose, Andy et Claire et aussi les membres de l'Église irlandaise et bostonienne. Je vous en dévoilerai un peu beaucoup alors.

Pour ce qui est de l'intrigue : Quirke arrive un jour dans son bureau et trouve Malachy, gynécologue de son état, en train de falsifier un rapport de décès. Celui de Christine Falls, morte d'un embolie pulmonaire. Quirke ne dit trop rien mais s'aperçoit rapidement que cette fille est en réalité morte en accouchant d'une petite fille. La question qu'il se pose est où est la petite fille ? Est-elle morte ou vivante ? Il met alors le doigt dans une histoire glauque d'enlèvements d'enfants (de trafic en réalité avec les États-Unis) par des membres de l'Église irlandais, dont plusieurs membres de sa famille.

Comme je vous le disais, j'ai passé un excellent moment de lecture. C'est un page-turner si on reprend l'expression de la quatrième de couverture . Il y a plein d'intrigues, de rebondissements. Par contre c'est un roman noir (d'où le pseudo de l'auteur) mais pas un roman policier. Il n'y a pas d'enquête à proprement dit. Par contre, on peut reprocher au livre les défauts des premiers volumes de série ; l'auteur essaye de garder du suspense sur la vie du personnage principal et prend du temps à décrire les personnages qui seront récurrents. Par contre il faut noter le soucis du détail dans les descriptions des personnages (récurrents ou pas) que vous pouvez pratiquement visualiser. Mais là c'est l'auteur de romans et non de romans noirs qui écrit à mon avis.

Je dois cette lecture aux dames de Blog-o-book. Merci beaucoup !!!

 

Deux autres avis

Ceux de Mango (je n'ai pas pu m'empêcher de remarquer les infichus) et de Madame Charlotte.

Références

Les disparus de Dublin de Benjamin BLACK - traduit de l'anglais (Irlande) par Michèle Albaret-Maatsch (Nil, 2010)

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Littérature irlandaise | Romans policiers et thrillers

The american boy de Andrew Taylor

December 07
by Cecile 7. December 2009 22:29

Mon premier vrai gros livre en anglais. 485 pages ! Je suis très fière ... C'est presque aussi bien que quand j'ai lu mon premier roman en français sans images et qui faisait plus de 250 pages. J'avais choisi ce livre parce que je croyais que le héros était Edgar Poe ("the american boy") mais en fait ce n'est qu'un personnage très très secondaire (si on faisait jouer le film, il aurait peu de dialogue mais beaucoup de figuration).

On est en Angleterre, à Londres et dans ses environs, en 1819. Thomas Shield devient professeur au collège dirigé par Mr. Bransby. Il a en particulier comme élèves Charles Frant et Edgar Poe, deux petits garçons d'une dizaine d'années qui se ressemblent étrangement. Thomas Shield devient plus ou moins "ami" avec les deux enfants car il prend leur défense devant des plus grands. À ce titre, il est plus souvent à leur service que leur professeur. Il emmène les enfants chez leurs parents, les reprend ... Un jour, il voit un homme attendre devant la maison des Frant. Il va s'avérer qu'il est en réalité à la recherche d'Edgar (il s'est trompé d'enfant) qui lui vit chez son père adoptif Mr. Allan. L'inconnu s'avère être le véritable père d'Edgar, Mr. Poe. Le temps que cela soit découvert, il y a plein de quiproquos qui font que Mr. Frant s'inquiète pour son fils et vont transformer Thomas Shield en enquêteur, ce qu'il ne cessera d'être jusqu'à la fin du livre.

Un jour, Mr. Frant est retrouvé mort, défiguré et assassiné. C'est Thomas Shield qui va le reconnaître. Charles Frant est retiré de l'école. Thomas Shield devra lui servir de précepteur. Il fera alors connaissance avec la famille. Mr. Frant était associé dans une banque qui appartenait à la famille de sa femme (Sophie ou Sophia Frant (l'auteur n'est pas très fixé), ex Marpool). En effet, la mère de Sophie était une Wavenhoe, famille de banquier. Il y a aussi l'oncle de Sophia, George qui est très vieux et surtout très mourant et Stephen Carswall, cousin de George (homme très très vieux et surtout très manipulateur) qui a une jeune fille : Flora. Bien sûr Thomas va tomber amoureux de Sophia et de Flora.

Avant la mort de George Wavenhoe, Stephen Carswall va manipuler George pour qu'il donne la propriété qui devait revenir à Sophia (maintenant veuve) à Flora. Ainsi, il garantit un bien à sa fille et en même temps il rend Sophia et son fils dépendante. J'ai aussi oublié de signaler que la banque a fait faillite après la mort de Mr. Frant suite à la découverte de plein de magouilles.

Là dessus se greffe un autre américain : Mr. Noak dont on va découvrir au fur et à mesure pourquoi il est là.

Je ne vous ai raconté peut être qu'un dixième des péripéties. Il se passe toujours un truc même si c'est très sage comme rebondissement. Mais chaque détail compte. À la fin vous pensez que tout le monde est coupable et vous vous retrouvez un peu perdu quand on vous annonce le dénouement qui sembla à l'auteur évident d'après ce qu'il nous a dit avant. C'est un très bon livre (on se demande pourquoi il n'est pas traduit en français).

Le seul reproche que je ferai c'est que l'histoire aurait pu être raconté sans Edgar Poe (par contre pas sans le père). Andrew Taylor semble le prendre comme un prétexte surtout dans l'épilogue quand il se raccroche aux branches pour lier les événements à la mort de Poe trente ans plus tard.

Pour ce qui est du niveau d'anglais, je l'ai trouvé un peu difficile au début surtout dans ce qui était des descriptions du mobilier ou même des personnages. Au fur et à mesure je me suis prise au jeu et j'ai trouvé que cela se lisait plutôt bien.

Il ne me reste plus qu'à trouver quelqu'un pour le traduire en français pour savoir si j'ai bien compris.

Références

The american boy de Andrew TAYLOR (Harper Perrenial, 2003)

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Littérature des Etats-Unis | Romans policiers et thrillers

Les enquêtes de Jack Taylor par Ken Bruen

November 25
by Cecile 25. November 2009 19:11

Le titre du billet est un peu péremptoire car je ne vais en fait parler que de deux des enquêtes de Jack Taylor par Ken Bruen. En réalité, il y en a six, toutes publiées dans la collection Série Noire chez Gallimard (les quatre premières sont disponibles en Folio policier) :

  • Delirium tremens
  • Toxic Blues
  • Le martyre des Magdalènes
  • Le dramaturge
  • La main droite du diable
  • Chemins de croix.

Vous pouvez regarder les billets de Yvon qui lui a lu tous les livres. Parce que bien évidemment moi c'est la première enquête de Jack Taylor que je lisais et j'ai commencé par la sixième.

Quatrième de couverture

Jack Taylor sème la souffrance et la mort dans son sillage. Ses proches en sont les premières victimes. Le seul espoir de rédemption qu'il lui reste, Cody, qu'il a récemment adopté comme son propre fils, est à l'hôpital, plongé dans le coma. Il y a toujours Ridg, la policière, son amie de longue date mais leur relation n'a rien de particulièrement orthodoxe. Quand elle lui apprend qu'un jeune homme a été crucifié à Galway, il accepte de l'aider à retrouver le meurtrier.

Son enquête plonge Jack dans les bas-fonds oubliés de sa ville natale. Il y rencontre des fantômes, morts et vivants. Tous veulent obtenir de lui quelque chose mais Jack n'est pas certain d'être encore en mesure de donner. Peut-être devrait-il partir pour de bon, prendre ce qu'il possède et quitter la ville comme tout le monde donne l'impression de le faire. Mais quand la soeur du garçon assassiné meurt à son tour, brûlée vive, Jack décide qu'il lui faut traquer l'auteur de ces crimes jusqu'au bout, même s'il doit pour cela faire justice lui-même...

Mon avis

Si je ne considérais que mes impressions au cours de la lecture, cela donnerait

  1. Jack Taylor n'est pas plus enquêteur que moi. Par contre, il a un pouvoir de divination extraordinaire. Ici, il n'y a donc ni enquête, ni rebondissement, ni fausses pistes car Jack Taylor, dans le seul mystère dont il s'occupe, devine tout tout de suite. Dans celui qu'il délègue (un obscur vol de chiens), il va cherche midi à quatorze heures alors que c'est tout simple.
  2. Jack Taylor se dit malheureux. N'est-il pas plutôt heureux de son sort (si on ne considère pas les morts qu'il y a autour de lui) ? Il n'est pas fait pour vivre avec une femme et des enfants...
  3. C'est qui tous ces gens qui interviennent dans le roman ?

Si maintenant je regarde objectivement et "à froid" ma lecture (j'ai entendu cette expression aujourd'hui... je me suis demandée si cela correspondait à une lecture dans une chambre froide), j'en viens à me dire que les Jack Taylor sont publiés dans la série noire. Malgré le sous-titre, il faut passer outre l'enquête mais considérer le "noire" comme la description d'une société dans ce qu'elle peut avoir de sordide, de glauque et pour ce qui est de l'Irlande en particulier, des laissez-pour-comptes du miracle économique (bien sûr, on parle d'avant la crise). Jack n'est pas malheureux mais plutôt en colère contre cette nouvelle société irlandaise. Gamin de Galway, il se rappelle de "l'avant", des gens qui n'étaient pas forcément riches mais heureux. Il dénonce notamment les spéculateurs immobiliers qui dénature le centre de la ville. On a ici un véritable roman noir : la description d'une ville que l'on ne voit pas quand on est touriste (pour avoir visiter Galway, je vous en parle en tout état de cause).

Pour ce qui est des personnages secondaires, c'est la seul bémol que l'on peut adresser à Ken Bruen. Il a considéré que le lecteur de cette sixième aventure connaissait déjà Jack Taylor et donc qu'il n'avait pas besoin de détailler les personnages. Cela donne des personnages secondaires qui manque de profondeurs. Toujours objectivement, j'ai tourné les pages sans m'en rendre compte. Pour confirmer ces impressions, je suis allée dans ma librairie de quartier (qui contient toutes les réponses) et je me suis retrouvée avec Le martyre des Magdalènes dans mon petit sac.

La quatrième de couverture de cet ouvrage est la suivante :

Lessivé, rincé par sa dernière enquête, l'ancien flic de Galway Jack Taylor tente d'en faire passer le goût amer en éclusant des pintes de Guinness. Alors qu'il se répète à qui veut bien l'entendre qu'on ne l'y reprendra plus, il est contrait par un caïd psychotique à retrouver "l'ange des Magdalènes". Cette bonne soeur aurait, dans les années soixante, sauvé des jeunes filles mises au ban de la société dans le sinistre couvent des Magdalènes. Filles-mères reniées de tous, ces femmes y travaillaient comme blanchsseuses dans d'effroyables conditions pour s'y laver de leurs péchés, et cela même si elles avaient été violées par un frère, un père ou un voisin. Ce qui s'annonçait comme une mission rédemptrice va vite se transformer en chemin de croix. Le martyre de Jack Taylor ne fait que commencer.

J'ai trouvé ce livre absolument admirable dans sa construction. Il y a toujours deux enquêtes parallèles mais ici Ken Bruen met en scène deux sociétés : celle d'avant et celle d'après. Il dénonce dans l'enquête des Magdalènes la société ultrareligieuse des années soixante et dans l'enquête "moderne" une société qui ressemble aux séries américaines (la jeune femme tue son vieux mari pour hériter). Comme dans Chemins de croix, Jack Taylor se montre un enquêteur pas incorruptible (comprenez n'agissant pas forcément dans la légalité) mais il garde toujours ses principes.

Dans ce livre, c'est l'apparition des personnages que l'on retrouve dans Chemins de croix. Et là, j'ai compris quelque chose que beaucoup d'entre vous ont déjà compris : il vaut mieux lire les séries dans l'ordre chronologique de leur rédaction!

Chemins de croix est chroniqué dans le cadre de l'opération Masse Critique de Babelio.

livres, critiques citations et bibliothèques en ligne sur Babelio.com

Références

Chemins de croix de Ken BRUEN - traduit de l'anglais (Irlande) par Pierre Bondil (Série noire - Gallimard, 2009)

Le martyre des Magdalènes de Ken BRUEN - traduit de l'anglais (Irlande) par Pierre Bondil (Folio Policier, 2008)

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Littérature irlandaise | Romans policiers et thrillers

La Pierre de Lune de Wilkie Collins

October 30
by Cecile 30. October 2009 16:19

Présentation de l'éditeur

"La Pierre de Lune se vengera !" Mais que veut dire le Brahmane mourant qui lance cet anathème sur la famille Verinder ? Vous le saurez en pénétrant dans le monde à tiroirs de ce roman dont l'héroïne, Rachel, est une intrépide jeune fille de 18 ans. Il y sera question d'un diamant baptisé Pierre de Lune qui attise les convoitises et sème le malheur sur son passage et d'un policier de Scotland Yard, le Sergent Cuff, aux manies surprenantes, qui aura pour mission de démêler l'écheveau serré d'une intrigue complexe comme Collins en a le secret. Au cours de l'enquête, vous croiserez aussi le très étrange Gabriel Betteredge et la non moins excentrique Miss Clack...

Le poète T.S. Eliot disait de ce roman qu'il était "le premier, le plus abondant et le meilleur de tout ce que l'Angleterre a produit en matière de roman d'énigme". Il est sans conteste l'un des chefs-d'oeuvre de Wilkie Collins, le pionnier victorien du roman à suspense.

Mon avis

J'ai fini deux nouveaux challenges (en plus de celui de Lou sur Mary Elizabeth Braddon) : celui de Cryssilda et de Karine:). Je peux continuer à m'inscrire à tous les challenges 2010 qui fleurissent !

Heureusement que Cryssilda précise une lecture ou plus si affinités. Ici, il y a clairement des affinités avec Wilkie ! J'avais essayé de lire il y a quelques années Armadale et je l'avais abandonné. À mon avis, mes neurones étaient fatigués (ou c'était mes muscles qui trouvaient le livre trop lourd !). Après cette lecture, j'essaierai de le reprendre. Parce que oui j'ai adoré La Pierre de Lune. Contrairement à Mary Elizabeth Braddon et son Secret de Lady Audley, on ne devine pas le coupable qui a piqué La Pierre de Lune, petit caillou d'une valeur de 20000 livres, à la belle Rachel Verinder (après que son oncle l'ai lui même piqué aux Hindous). Pourtant le livre fait 570 pages. Finalement, j'ai lu ce livre comme un roman policier.

C'est la forme proposée par l'auteur qui m'y a incitée : c'est une mosaïque de récits des témoins des faits (présenté tout de même dans l'ordre chronologique). Ce n'est pas des témoignages dans le feu de l'action mais écrit a posteriori et rassemblé par Franklin Blake, cousin de Rachel et accessoirement prétendant. On y voit le domestique qui est dans la famille depuis un temps immémorable (il m'a fait pensé aux Vesiges des jours), la vieille cousine bigote, désargentée mais qui malgré ses convictions aimerait beaucoup hérité d'un petit quelque chose, le médecin de campagne ... et  tout une galerie de personnages tout à fait fascinants. Chacun nous parle à nous ; on est souvent pris à partie ... Il y a beaucoup de traits d'humour. Mary Elizabeth Braddon nous parlait de la société victorienne de la campagne. C'est une autre partie de la société victorienne que nous fait découvrir Wilkie Collins puisqu'ici c'est la très haute bourgeoisie qui passe l'été à la campagne et l'hiver à Londres. J'ai trouvé que le roman policier occultait quelque peu la peinture de la société contrairement au livre de Mary Elizabeth Braddon. Mais je ferais plus attention quand je relirai le livre.

En conclusion, que c'était bien !!!!

D'autres avis

Oui j'ai la flemme de faire une bonne recherche dans Google. J'en cite deux : celui de Keisha, de Levraoueg . Mais si vous me signalez votre avis, je le mettrais avec un grand plaisir !

Références

La Pierre de Lune de Wilkie COLLINS - traduit de l'anglais par L. Lenob (Le Masque - collection Labyrinthes, 2008)

Livre lu dans le cadre du challenge English Classics de Karine:) et du challenge Coups de coeur de la blogosphère de Theoma (c'est le coup de coeur de Cryssilda).

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Littérature anglaise | Romans policiers et thrillers

L'ombre d'Edgar Poe de Matthew Pearl

August 14
by Cecile 14. August 2009 16:00

Quatrième de couverture

Baltimore, automne 1849. L'avocat Quentin Hobson Clark est le témoin fortuit des funérailles d'Edgar Poe - un étrange enterrement auquel seulement quatre personnes assistent... Troublé, le jeune homme entend élucider le mystère qui entoure la mort de cet écrivain qu'il admire entre tous, et laver ainsi l'honneur souillé de celui que la presse présente comme un dévoyé.

ses recherches ne le menant nulle part, Clark décide de tourner le dos à la bonne soicété baltimorienne et d'embarquer sur-le-champ pour la France. Son intention ? Retrouver l'homme ayant sevi de modèle au chevalier C. Auguste Dupin, héros de plusieurs contes d'Edgar Poe habile à démêler les intrigues les plus inextricables, pour qu'il l'aide à tirer l'affaire au clair. À Paris, Clark fait la connaissance de deux hommes - le baron Claude Dupin et le détective Auguste Duponte - qui peuvent tous les deux revendiquer la paternité du personnage. Mais lequel est le véritable Dupin ?

En consacrant son deuxième roman aux derniers jours de la vie d'Edgar Poe, Matthew Pearl choisit de s'attaquer à l'une des plus grandes énigmes de l'histoire littéraire : la mort, demeurée inexpliquée, de celui qui est considéré - ironie du sort - comme l'inventeur du roman policier. Pearl a eu l'idée géniale et machiavélique de confier aux héros inventés par l'auteur des Histoires extraordinaires le soin de mener eux-mêmes l'enquête sur la disparition de leur créateur...

Mon avis

Je me sens toujours un peu bête de ne pas avoir aimé un livre que tout le monde a aimé mais alors dans le cas contraire, je ne vous dis pas c'est encore pire. Si vous voulez voir des avis mitigés (celui de Keisha) à très négatifs, je vous renvoie vers les liens de BOB. Le mien sera plutôt assez bon. J'ai trouvé que c'était facile à lire sans véritablement de recherche au niveau de l'écriture cependant. Je ne pense pas que c'est ce qui est à rechercher dans un tel livre. Pour ce qui est de l'histoire ce que j'ai regretté c'est qu'à mon avis il y trop de Dupin par rapport à peu de Poe. En effet malgré que le roman soit centré sur la mort de Poe, le fait qu'il y ait compétition entre les deux Dupin possibles fait qu'on se focalise plus sur cette question (Dupin a-t-il existé ? Lequel est-ce ?) Finalement, l'auteur se rappelle qu'on aimerait bien savoir comment Poe est mort au chapitre 35. Par contre, quand il le fait, c'est à la manière de Dupin : j'ai cru lire une résolution comme dans les contes de Poe. Notamment, la méthode utilisée par Auguste Duponte et Quentin Clark m'a semblé très proche de celle utilisée par Dupin et son acolyte. En cela, le livre est un bel hommage à Poe.

En plus, j'ai été flatté (c'est peut-être un peu fort, ça m'a plutôt fait rire) que l'auteur et moi ont ait eu la même idée. L'autre jour, je feuilletais un livre de ma bibliothèque : Des mathématiciens de A à Z de Bertrand Hauchecorne et Daniel Surreau (je vous prierai de ne pas rire : on ne peut pas avoir que des livres glamour dans sa bibliothèque) pour avoir des informations sur le mathématicien Duhamel, quand je vois en tournant la page un mathématicien du nom de Charles Dupin dont les travaux portent "sur la mécanique et la géométrie différentielle. Ses résultats principaux concernent la théorie des surfaces et en particulier l'étude de leurs lignes de courbure." Je ne sais pas en quoi cela peut aider pour résoudre des énigmes mais quand je l'ai lu j'étais persuadée que Poe s'était inspiré de ce Dupin parce que j'avais entendu dans Mauvais genres de France Culture que Poe était très fort en mathématique ! Je suis très prompte à ce type de rapprochement... Je n'ai pas compris pourquoi Clark l'a écarté de ses candidats potentiels. Moi personnellement, je l'aurais choisit. Si quelqu'un connaît un livre où c'est le cas, n'hésitez pas en commentaire...

C'était l'annecdote du jour. Je reviens bientôt avec un nouveau billet quand j'aurais combattu ma flemmingite aigue.

Attention ! Demi-Spoiler !!! J'ai trouvé très astucieux la réponse de Duponte pour savoir ce qui avait donné ce nom de Dupin : ça fera forcément sourire une blogueuse qui a le livre dans sa PAL si j'ai bien compris. Fin du demi-spoiler !

Merci à MADmoiselle d'avoir réussi à réveiller mon intérêt pour ce livre !

Références

L'ombre d'Edgar poe de Matthew PEARL - traduit de l'américain par Viviane Mikhalov (Robert Laffont , 2009)

Je signale au passage pour les fans de Dickens que le prochain livre de Matthew Pearl portera sur Edwin Drood !

 

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Littérature des Etats-Unis | Romans policiers et thrillers

Nevermore de William Hjortsberg

August 03
by Cecile 3. August 2009 22:00
 

Quatrième de couverture

Dansle New-York des années 20, Nevermore commence avec la découverte macabre d'un double meurtre particulièrement horrible dans le quartier de Hell's Kitchen. La police patauge jusqu'à ce que, de crime en crime, une évidence s'impose : le meurtrier met chaque fois en scène une nouvelle d'Edgar Poe. 

Il ne faudra rien de moins que les efforts conjugués de Houdini et de Sir Arthur Conan Doyle pourvenir à bout du mystère.

La vraie histoire entre Houdini et Conan Doyle

Vous vous demander sûrement comment Houdini, le magicien et roi de l'évasion américain (d'origine hongrois : je vous le dis parce que je ne le savais pas) et Conan Doyle, l'écrivain britannique ont pu se connaître et surtout comment ils ont pu être amis alors que l'un faisait du prosélitisme pour le spiritisme (Doyle) et l'autre était un fervent détracteur de ce même spiristisme qu'il assimilait plutôt à du charlatanisme (que de mot en isme !). Il y a une célèbre annecdote à ce sujet. Conan Doyle aurait organisé une séance avec Houdini pour que celui-ci parle avec sa chère mère disparue. Quand elle est enfin "apparue", elle a fait le signe de croix. Houdini en a été offusqué parce que sa mère était juive ! Conan Doyle lui répond qu'elle s'est convertie dans l'au-delà.

J'ai fonc fait quelques recherches (qui se sont résumées à la lecture de ma bio de Doyle mais pour ma défense elle est en anglais) pour vous en dire plus à propos de cette étrange amitié (il y a même un livre sur le sujet) qui leur permet de résoudre des énigmes en tout cas fictivement !

Ils font connaissance quand Houdini envoie à Doyle, en mars 1920, son livre The Unmasking of Robert Houdin (1908). Dans ce livre, censé rendre homage à Robert Houdin, rénovateur de la magie, et faire une petite histoire de cet art, mais qui en vient à parler spiritisme à propos des frères Davenport qui ont réussi à reproduire les résultats des spirites convaincus. Doyle répond à Houdini que d'après lui, les frères Davenport et même Houdini ont en réalité des talnts pour le spiritisme! il faut savoir qu'au départ Houdini a écrit à Doyle en pensait que ça ferait bien sur son CV de connaître le père de Sherlock Holmes. Il est donc estomaqué de la réponse du sir britannique mais il poursuit cependant la correspondance. Un peu plus tard dans l'année, les deux hommes se rencontrent car Houdini vient se produire en Angleterre. À cette occassion, Doyle lui fait faire plein de séances spirites mais Houdini n'est pas du tout convaincu ! Il retourne aux États-Unis au mois de juillet. Ils se revoient une deuxième fois quand Doyle débarque le 9 avril 1922 avec trois de ses enfants et sa femme Jean pour faire une tournée expliquant le spiritisme en Amérique. C'est pendant ce voyage que se situe l'action du roman ! Houdini invite Doyle chez lui le 10 mai. Le britannique est surpris de voir le nombre de livres dans la bibliothèque du magicien qui concerne le spiritisme (pour combattre une idée, mieux vaut la connaître à fond, c'est élementaire mon cher Doyle !). Ce même soir, Houdini tente de prouver à l'auteur que la plupart des spirites sont des magiciens ou des illusionnistes. Il lui fait un tour plus qu'exceptionnel (vous devez lire le livre pour savoir lequel : je ne me sens pas de le décrire vu que je n'ai pas compris). Doyle est bluffé (comme le lecteur) mais remet sur le tapis que Houdini a sûrement des dons spirites ! Le 2 juin, Houdini invite Doyle au banquet annuel de la société des magiciens américains à l'hôtel McAlpin de New York (il y aussi un passage sur ce banquet mais il ne s'y passe pas du tout la même chose). Au début Doyle refuse parce qu'il ne veut pas qu'on se moque de lui. Pour le convaincre, Houdini lui permet de faire un discours à la fin du banquet. Doyle remercie les magiciens d'aider à convaincre les faux spirites mais les enjoit de ne pas juger ce qu'ils ne comprennent pas. Plus tard, Doyle invite Houdini et sa femme Bess à Atlantic City. C'est au cours de ce séjour que se déroule la fameuse séance dont j'ai parlé plutôt (très bien décrite dans Nevermore). Les deux hommes restent cependant amis car Houdini ne dit pas sa véritable opinion. Il la dira en octobre 1922 (après le départ de Doyle des États-Unis ; ce n'est pas tout à fait ce qui se passe dans Nevermore) : après 25 ans de recherches, "he had never seen or heard anything that could convince me that there is a possibility of communications with the loved ones who had gone beyond". Dès lors, leur lien se distend quelque peu, chacun restant sur ses positions...

Mon avis

C'est un roman policier assez sympathique à lire. On devine facilement le coupable (parce qu'il y a un seul "méchant" et une médium bizarre). La principale originalité du livre est de nous faire connaître cette étrange amitié entre Houdini (j'ai trouvé Houdini un peu trop fier de sa personne) et Doyle. On le voit bien ci-dessus : l'auteur a fait des recherches et a su mêler habilement faits rééls et fictions en s'arrangeant avec la réalité pour que ça colle mieux avec son histoire. Il ne s'en cache d'ailleurs pas dans la préface. En cela, c'est diférent des livres du même type (où on fait intervenir des personnages historiques) où en général on brode sur les personnages secondaires et on exploite le manque d'informations (ou le doute) sur une période donnée.

Pour ce qui nous intéresse ici, Poe apparaît à Doyle comme un spectre l'aidant à résoudre l'énigme. Les meurtres sont aussi commis selon les nouvelles de Poe : il y a deux nouvelles de Dupin (Marie Roget et Rue Morgue), Le Chat noir (je n'aimerai pas mourir comme ça...), Le puits et le pendule, La mort rouge, Hop Frog, Les six orangs-outans, La caisse oblongue et une que je n'ai pas réussi à identifier (une femme morte avec un pic à glace dans le coeur et un corbeau sur la tête). Je n'ai encore pas lu grand chose de Poe ; vous reconnaîterez donc sûrement mieux que moi !

En conclusion, un bon roman (mais pas un grand roman) policier. Sympathique pour une lecture de vacances.

En répondant aux commentaires de MADmoiselle (qui est une connaisseuse de Poe), j'ai cherché des listes de romans ou Poe apparaissaient. J'en ai trouvé deux : une sur wikipedia et une sur Alibis. Pour ceux que ça inttéresse !

Références

Nevermore de William HJORTSBERG - traduit de l'américain par Philippe Rouard (Folio policier, 2000)

Conan Doyle - the man who created Sherlock Holmes de Andrew LYCETT (Phoenix, 2007)

Final séance : the strange friendship between Houdini and Conan Doyle de Massimo POLIDORI (Proetheuse Books, 2001)

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