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Victoria de Knut Hamsun

February 20
by Cecile 20. February 2010 21:36

Présentation de l'éditeur

"Avez-vous déjà, ne fût-ce qu'une seule fois, vu un homme épouser celle qu'il aurait dû ?"

Elle est la fille du châtelain ; il est le fils du meunier. Ils s'aiment et tous les sépare, leur famille comme leur statut social. Dans une Norvège petite-bourgeoise et piétiste, deux êtres s'aiment et se déchirent sous le joug de leur indomptable orgueil. Traversé de rêveries exaltantes, ce roman d'un roman impossible fut écrit en 1898. Knut Hamsun y dresse un portrait splendide et cruel d'amants romantiques dévorés par le malheur d'aimer.

Mon avis

L'objet livre en lui-même est très beau comme tous les livres de chez Gaïa, et ce même si les pages ne sont plus roses. On a toujours envie de les ouvrir. Et là c'est encore encore le cas, surtout avec cette magnifique couverture rappelant le printemps.

Cela donne l'impression que l'on va lire une histoire heureuse, une histoire d'amour entre deux jeunes gens, Victoria et Johannes, que tout aurait dû séparer. Dès le début du roman, on ne peut douter qu'il s'aime et ce depuis leur plus tendre enfance. Ils sont séparés par leurs familles (plutôt sa famille à elle), leur milieu ... Alors quand Johannes parti à la ville pour étudier se fait un nom en tant que poète, il croit qu'il va enfin pouvoir séduire le coeur de sa belle mais ce n'est pas le cas. Elle est promise à un autre qui rétablira financièrement la situation de la famille de Victoria. Johannes aura beau sauver seule une jeune fille de la noyade devant les yeux de Victoria, elle ne cillera pas. Après moult péripéties, dont le suicide de son père et la mort du fiancé, Victoria avoue son amour à Johannes mais celui-ci qui l'avait attendu jusqu'à présent vient de se fiancer le matin même avec la fille qu'il a sauvé de la noyade. La fin qui voit la mort de Victoria est jjuste bouleversante, vous ne pouvez retenir une larme, voire plusieurs.

Si vous êtes accros aux histoires d'amour qui se finissent bien, ne lisez pas ce livre. L'écriture de Knut Hamsun est évocatrice et poétique. Vous sentez au fur et à mesure que le livre avance qu'il va se passer quelque chose d'horrible. Knut Hamsun fait alors des petits intermèdes qui donne un tout autre souffle au livre, juste pour se reposer de l'histoire.

J'ai trois livres de Knut Hamsun dans ma Pile À Lire. Pourquoi je ne les ai pas lu avant, je ne sais pas mais ce sera rapidement réparé !

Il faut lire le magnifique billet de Vita Nova sur ce livre. Il vous donnera vraiment envie de lire Knut Hamsun !

Livre lu dans le cadre de l'opération Masse Critique de Babelio. Je remercie Guillaume Teisseire parce que même si ce n'était pas le livre annoncé, je l'ai tout simplement dévoré. Vous me direz, il est plus facile de lire d'affilé 123 pages que les 700 de la bio de Knut Hamsun prévu à l'origine. Je remercie bien évidemment les éditions Gaïa de m'avoir envoyé le livre !

Extrait

- Quest-ce que tu t'es fait aux yeux ? Ils sont tout rouges. Tu as pleuré ?

- Non, répondit-il en éclatant de rire, j'ai tourné le regard vers mon imagination où le soleil est très fort.

Références

Victoria de Knut HAMSUN - traduit du norvégien par Ingunn Galtier et Alain-Pierre Guilhon (Gaïa, 2010)

Critiques et infos sur Babelio.com

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Littérature norvégienne

Vengeance et autres nouvelles de Arne Garborg

January 20
by Cecile 20. January 2009 15:37

 

 

Résumé

C'est un tout petit livre de 64 pages où on compte pas moins de trois nouvelles, une notice sur Arne Garborg par Maurice Bigeon et une biliographie. Commençons par les trois nouvelles.

Vengeance : une jeune fille est empéchée d'épouser le jeune homme qu'elle aime par son père. Celui-ci manigance avec le prêtre pour qu'il y ait quand même mariage avec l'homme que lui a choisi. Mais le jeune homme écarté va chercher à se venger.

Jeunesse : un homme arrive dans un village et tombe amoureux d'une jeune fille belle, innocente quoi qu'un peu "actrice" (elle en fait marcherh plus d'un ...) Le problème c'est qu'il est fiancé à une autre femme qui a tout les atouts de bonne société. Mais il va découvrir que ce n'est pas forcément ce qu'il doit chercher chez une femme.

Cette nouvelle, d'après ce qui est expliqué dans le livre, est la réponse de Garborg à la pièce de Ibsen Le gant : "Svava Riis et Alf Christensen sont fiancés. Tout va bien jusqu'au jour où Svava découvre qu'Alf lui a caché une faute grave commise naguère. Elle décide de rompre prétextant que si c'était elle qui avait eu de multiples aventures dans sa jeunesse, il n'aurait pas voulu d'elle, or il n'y a pas de raison pour que la réciproque ne soit pas vraie : l'exigence doit être la même pour tous, la femme et l'homme sont égaux devant la morale. Ce que Svava reproce surtout àla société c'est son hypocrisie et à son fiancé de ne pas lui avoir dit toute la vérité." (p. 20)

Résumé comme je l'ai fait on ne voit pas trop le rapport mais en réalité il y en a un (si, si !!!) : les auteurs dénoncent tous les deux l'hypocrisie de la société ainsi que l'opinion générale qui influence nos comportements personnels.

Mourir : un viel homme raconte à un jeune garçon sa perception de la mort toutes les fois où il a eu l'occasion de la frôler de près.

Mon avis

J'ai trouvé ces trois petites nouvelles fortement intéressantes : les sujets abordés sont traités d'un point de vue assez novateur (même si pour un auteur mort en 1924 c'est un adjectif bizarre), c'est bien écrit, bien traduit ... C'est un moment très agréable de lecture.

J'aime beaucoup cette maison d'édition parce qu'elle met toujours en perspective les oeuvres qu'elle publie par une bibliographie détaillée, et même ici une notice (en plus, elle publie des textes très originaux). Le problème c'est qu'ici avec les trois nouvelles je n'ai pas eu l'impression d'avoir saisi le travail de l'auteur mais seulement sa périphérie. J'ai trouvé que c'était frustrant (en plus, d'après mes recherches, il n'y a pas d'autres livres de lui qui soient publiés en français). Je lance un appel à qui veut bien l'entendre : traduisez-vite Arne Garborg, s'il vous plaît !!!

Par contre, ce que j'ai appris c'est que dans la première moitié des années 1890 il y a eu une sorte de vague scandinave qui a déferlé sur la France (en tout cas pour les livres). Maurice Bigeon a fait une étude sur le sujet Les révoltés scandinaves (on peut la trouver sur Gallica). Parmi les auteurs qu'il consacre il y a Auguste Strindberg, Henrik Ibsen, Georg Brandes, Bjornstjerne Bjornson, Herman Bang, Jonas Lie et Arne Garborg ...

Extrait

"C'est une bêtise que de se laisser torturer par la mauvaise conscience parce qu'on a fait une fois une chose dont on a eu envie. Pourquoi se priver de faire ce qui plaît, et faire toujours ce qui nous ennuie et nous assomme ? Qu'est-ce donc que la conscience ? L'opinion publique en nous-même, la sainte terreur devant les "on-dit", la morale, vieil héritage démodé, cet instinct du troupeau, inné, incarné en nous, qui nous fait distinguer le bien du mal !" (p. 37)

Références

Vengeance et autres nouvelles de Arne GARBORG - traduit du norvégien par Auguste Desmoineaux et Jean de Néthy (L'Elan, 2008)

Tags:

Littérature norvégienne

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