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L'instinct d'Inez de Carlos Fuentes

May 01
by Cecile 1. May 2009 00:00

 

 

C'est ma première participation au blogoclub. Pour ce premier essai, j'ai trouvé que le livre n'était pas très "facile", dans le sens où ce n'est pas un livre pour se détendre. Je suis quand même arrivée au bout en en lisant un petit peu à chaque fois. La quatrième de couverture même si elle raconte une très grosse partie de la trame narrative m'a permis de mieux comprendre où l'auteur voulait en venir.

Quatrième de couverture

Londres en 1940, le célèbre chef d'orchestre français Gabriel Atlan-Ferrara monte La Damnation de Faust d'Hector Berlioz. Il rencontre une jeune cantatrice mexicaine, Inés, qui transformera son nom en Inez Prada. Passion impossible qui ne connaîtra que deux autres rencontres, lors de deux représentations de Faust où Inez, devenue diva chantera Marguerite.

Mais Inez est habitée par un autre personnage, une femme ayant vécu à l'aube de l'humanité, peu avant les grandes glaciations, et dont le destin sera tragique. C'est cette femme qui découvre le chant comme nécessité pour exprimer ces sentiments.

Deux intrigues, deux histoires se nouent ainsi autour d'une conception du temps : le passé est un futur et le futur un éternel retour dans la spirale infinie de la Création permanente à partir du chaos de l'origine, symbolisé par le finale de La Damnation de Faust.

Dans L'instinct d'Inez, Carlos Fuentes revient à l'une de ses meilleures veines : celle du mystère des êtres dont l'essence profonde excède leur propre histoire, pour entrer dans la chaîne multiple de l'histoire de l'humanité.

Premier paragraphe

- Nous n'aurons rien à dire sur notre mort.

Cette phrase habitait depuis longtemps la vieille tête du maestro. Il n'osait pas l'écrir. Il craignait que le fait de la consigner sur le papier ne lui donne une actualité aux conséquences funestes. Il n'aurait plus rien à dire après ça : le mort ne sait pas ce qu'est la mort, le vivant non plus. C'est pourquoi la phrase qui le hantait comme un fantôme verbal était à la fois suffisante et insuffisante. Elle disait tout, mais à condition de ne rien dire. Elle le condamnait au silence. Et qu'avait-il à dire sur le silence, lui qui avait consacré sa vie à la musique - "le moins gênant des bruits", selon la rude sentence du rude soldat corse, Bonaparte ?

Mon avis

Mon sentiment sur ce livre est d'être passée à côté de quelque chose pour plusieurs raisons.

La première est que je ne suis pas musicienne et que de manière générale je n'arrive pas à apprécier la musique. Toutes les envolées lyriques de Gabriel sur son métier de maestro m'ont paru assez obscures. De plus je ne connais pas du tout l'opéra de Berlioz, même pas l'histoire. J'ai cherché sur internet et je n'ai même pas compris (c'est mon incompréhension de la musique : je fais une sorte de blocage psychologique). Là, je suis donc passée à côté d'une partie importante du livre, notamment la fin que je n'ai pas comprise (disparition d'Inez, est-ce que Gabriel et elle ont vraiment été ensemble...).

Pourtant m'est restée de très beaux passages sur la femme "primitive", sur l'analogie du chant d'Inez et du cri de la femme primitive, sur le sceau en cristal représentant la mémoire de l'humanité... mais aussi beaucoup de passages longs, très longs. J'ai trouvé insupportable la tendance à s'écouter parler de Gabriel. L'auteur aurait voulu nous faire sauter ces passages qu'il n'y s'y serait pas mieux pris. 

Quant au style, Carlos Fuentes privilégie les longues phrases qui peuvent devenir des phrases très lourdes. Ils différencient les deux histoires, les rencontres avec Inez et la femme "primitive", par deux styles différents. Le deuxième a eu ma préférence parce que plus direct (cela vient de l'emploi de la deuxième personne du singulier à mon avis) même si assez lyrique. Pour ce qui est des passages de Gabriel seul, le style est plus moderne mais il y parle trop. Au contraire de ce qui est dit dans la quatrième de couverture, les deux histoires ne se mêlent que très tard, à la page 156 sur un roman de 195 pages. On voit enfin qui est cette femme dont on nous parle un chapitre sur deux depuis le début.

Pour conclure, je retournerai vers Carlos Fuentes mais dans un roman où il n'y a pas de musique parce qu'il y a vraiment de très bonnes choses dans celui-ci. Il faut cependant déguster très lentement ce qu'il écrit pour pouvoir apprécier. Je relierai L'Instinct d'Inez le jour où j'aurai compris La Damnation de Faust, peut-être que ce livre me paraitra moins obscur !

D'autres avis

Celui de Lou qui a publié son billet un peu en avance...

Le billet de Julien qui éclaire tout !

Les autres avis sur les blogs de Sylire et Lisa...

Références

L'instinct d'Inez de Carlos FUENTES - traduit de l'espagnol (Mexique) par Céline Zins (Gallimard - Du Monde entier, 2003)

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Littérature mexicaine

L'île aux fous de Ana García Bergua

April 12
by Cecile 12. April 2009 14:05

 

 

Quatrième de couverture

"Lorsque Scott rejoignit ses hommes, la dame au couteau s'était relativement calmée. Elle avait expliqué au docteur qu'elles étaient les dernières survivantes de la garnison mexicaine chargée de veiller sur l'île de K. Elle s'appelait Luisa, elle était l'épouse du commandant de ladite garnison, le capitaine Raúl Soulier, qui avait péri en mer avec ses soldats en tentant d'aller chercher du secours sur une embarcation de fortune. Le seul homme resté sur l'île, avec les femmes et les enfants, était le gardien du phare. Il avait abusé d'elles et leur avait infligé des violences jusqu'à ce matin encore, où elles venaient de le tuer à coups de marteau. À la fin de son récit, Mme Luisa le supplia de les emmener dans le bateau, de ne pas les abandonner là."

Lorsque, ce 18 juillet 1917, les marins américains accostent sur la plage de l'île de K., ils découvrent neuf enfants en haillons et trois femmes apeurées, amaigries, au bord de la folie... Que font-ils dans un tel état de dénuement perdus au milieu de l'océan Pacifique, sur une île déserte et inhospitalière où la ressource est le guano produit par les oiseaux ? 

Mon avis

Les fous dont on parle ce sont des oiseaux (mais pas des fous de Bassan non plus). Ce livre est donc inspiré d'un fait réel, celui des oubliés de Clipperton, où il y a plein de ces fameux oiseaux. Inspiré seulement : les noms de personnes et de lieux ont été changé. Pour les faits, je ne sais pas ce qu'il en ai précisément. Le principal attrait de ce livre est de nous remettre en mémoire cette histoire. En effet, pour le reste j'ai eu beaucoup de mal. Par exemple, l'auteure décrit l'amour inconditionnel que portait Luisa a Raúl. Il y a tous les actes qui devraient nous le montrer. Mais non, je n'ai pas réussi à y croire. Je n'ai même pas réussi à éprouver quoi que ce soit à l'égard de ces pauvres gens (à part quelque fois de l'ennui parce qu'il y a quand même pas mal de répétitions dans cette histoire). Je pense que c'est dû au style de l'auteur (enfin, c'est le premier roman que je lis et qui est traduit en français : c'est donc un peu difficile à dire. Il faut voir avec les autres). À lire pour l'histoire pas forcément pour le roman ... 

Références

L'île aux fous de Ana GARCÍA BERGUA - roman traduit de l'espagnol (Mexique) par Serge Mestre (Mercure de France, 2009)

Tags:

Littérature mexicaine

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