Cecile's Blog

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Senso de Camillo Boito

September 14
by Cecile 14. September 2009 20:36

Quatrième de couverture

Dans son carnet secret, la comtesse Livia se souvient. De sa rencontre à Venise, alors qu'elle était en voyage de noces, avec Remigio, et de la passion que lui inspira ce beau lieutenant. Froidement, elle raconte aussi comment, par jalousie et par souci de vengeance, elle mena à sa perte son amant après lui avoir donné argent et bijoux.

Concis et cruel dans sa manière de camper ses personnages (sur une vision romantique de l'amour, le cynisme de la comtesse en dit long), précis dans son évocation du contexte historique (la guerre entre l'Italie et l'Autriche), Camillo Boito tire de cette trame mélodramatique un joyau romanesque.

Visconti ne s'y est pas trompé, qui prêta de manière inoubliable les traits d'Alida Valli et de Farley Granger à la comtesse et à son lieutenant dans son Senso de 1954.

Quelques informations supplémentaires pour situer l'auteur

Camillo Boito est un écrivain et architecte italien, né le 30 octobre 1836 à Rome et mort le 28 juin 1914 à Milan. Il est le fils du peintre vénitien Silvestro Boito et de la comtesse polonaise Giuseppina Rodolinska. Il est aussi le frère d'Arrigo Boito (1842-1918). Son père a une vie de bohême et déserte donc régulièrement le foyer familial. Alors quand Camillo, après des études en Italie, en Allemagne et en Pologne, obtient en 1855 la chaire d'esthétique et d'histoire de l'architecture de l'Académie des Beaux-Arts de Venise, l'argent qu'il gagne sert à soutenir sa mère et son frère. En 1856, il est démis de ses fonctions "du fait de son hostilité au gouvernement autrichien". Il revient un peu plus tard à Venise où il restaure la basilique Santa Maria e San Donato de murano. En 1859, il quitte définitivement la chaire de Venise, toujours sous la pression de la police autrichienne. Il trouvera un nouveau poste à l'Académie des Beaux-Arts de Brera à Milan, poste qu'il occupera près d'un demi siècle (jusqu'en 1908). En 1889, il restaure le dôme de Milan. Au niveau de sa vie personnelle, il se mariera deux fois : en 1862, avec sa cousine Cecilia de Guillaume (mariage malheureux ; ils se séparent après la mort de leur fils unique), en 1887, avec la marquise Madonnina Malaspina.

Ses écrits se divisent en deux parties : la partie sur l'architecture et les nouvelles. Pour la partie archtecture, un ouvrage a été traduit en français aux Éditions de l'Imprimerie : Conserver ou restaurer : les dilemmes du patrimoine. Dans cet essai, Boito fait parler deux personnages fictifs, un adoptant les opinions de Viollet-le-Duc et l'autre celles de John Ruskin. Ces opinions sur la conservation du patrimoine ont inspiré les lois italiennes sur la conservation du patrimoine en 1902 et 1909 mais aussi la charte d'Athènes en 1931. Pour ce qui est des nouvelles, les deux plus connues sont Senso et Un corps (qui a été adapté en opéra et qui a paru en 1995 chez Alfil). Elles font partie de deux recueils : Histoires vaines (le volume des éditions Ombres ne comprend pas toutes les histoires) et Nouvelles histoires vaines. Les anglophones traduisent Histoires vaines par Tales of Vanities. J'étais surprise parce que pour moi vaines n'avait aucun rapport avec vanité.

Boito fait parti du courant littéraire des "scapigliati" (littéralement les échevelés). Dans Histoire de la littérature italienne, N. Jonard les décrit comme des "anarchistes bourgeois en révolte ouverte contre la société", n'ayant "rien à proposer pour remplacer ce qu'ils veulent détruire". "Ils refusent l'ordre social et ses contraintes, bafouent la morale et le christianisme à la Manzoni, raillent le patriotisme de leurs aînés". Pour ce qui est des influences, ils se réclament de Baudelaire, Poe, Hoffmann et Proudhon. S'inscrit dans ce courant, pour ce qui est de la musique, Puccini et, pour la littérature, des auteurs tels que Arrigo Boito, Emilio Praga (1839-1875), Carlo Dossi (1849-1910) et Iginio Ugo Tarchetti (1841-1869).


Mon avis

Pour ceux qui se rappellent, je vous ai déjà parlé de Tarchetti pour son livre Fosca. Là encore, dans cette très courte nouvelle de 60 pages, l'image de la femme n'est pas très brillante. Livia, 22 ans, vient de se marier avec un homme de 62 ans qu'elle a voulu avoir pour perdre sa "qualité de demoiselle". En juillet 1865, elle est en lune de miel à Venise. D'après elle, elle est au sommet de sa beauté :

"Ma beauté était dans tout son éclat. Un éclair de désir brillait dans les yeux des hommes lorsqu'ils me regardaient ; je sentais sur moi la flamme des regards dérobés même sans les voir. Jusqu'aux femmes qui me dévisageaient, puis de la tête aux pieds me détaillaient avec admiration. Je souriais comme une reine, comme une déesse. Je devenais, dans le contentement de ma vanité, bonne, indulgente, familière, insouciante, spirituelle : la grandeur de mon triomphe me faisait presque paraître modeste." (p. 12)

Pendant une bonne partie de la nouvelle, la dame se flatte. Cela devient de pire en pire car elle croit acquis l'amour du beau lieutenant Remigio. Jusqu'au jour où elle s'aperçoit qu'il en a une et même plusieurs autres et que c'est elle qui entretient tout cela avec l'argent qu'elle lui donne. À partir de là son ressentiment sera implacable.

"Je compris alors que le lieutenant Remigio était toute ma vie. Mon sang se glaça, et je tombais presque sans connaissance sur le lit dans la chambre sombre. S'il n'était apparu à ce moment-là, dans l'encadrement de la porte, mon coeur dans un paroxysme de soupçons et de rage aurait éclaté. J'étais jalouse à en devenir folle. J'aurais même pu devenir jalouse à en tuer." (p.22)

Livia est une femme odieuse à mon avis : elle est vaniteuse, jalouse, vindicative même si on peut aimer son côté "extrême" dans la passion. Au delà du jugement moral sur la dame (le monsieur n'est pas non plus en reste d'ailleurs), ce texte est très bon. Le style est froid, sans sentiment. La comtesse nous exprime ses opinions sans en rougir, ni même regretter ce qu'elle a fait seize ans plus tôt (car il s'agit d'un journal qu'elle écrit a posteriori). On voit même qu'elle n'a rien appris, qu'elle est toujours la même. C'est pour ça que je vous ai fait tout un speech sur l'auteur. Ici, il nous dévoile son désenchantement par rapport au genre humain. Seul peut être les plus pauvres trouvent quelques graces aux yeux de l'auteur.

Sinon, j'ai toujours l'air de débarquer de ma planète mais est-ce que quelqu'un a vu le film de Visconti ? C'est bien ? On a le même sentiment qu'à la lecture ?

Références et sources

Senso - carnet secret de la comtesse Livia de Camillo BOITO - traduit de l'italien par Jacques Parsi (Babel, 2008 - première édition en 1994)

Histoire de la littérature italienne de Norbert JONARD (Ellipses - collection Littérature des cinq continents, 2002)

Biographie dans Histoires vaines de Camillo BOITO (Éditions Ombres, 1999) : je vous en parle dès que je l'ai lu !

Biographie et bibliographie sur le site des éditions Sillage

et bien sûr l'article de Wikipédia en français et en anglais !

 

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Littérature italienne

Enquête sur un sabre de Claudio Magris

August 30
by Cecile 30. August 2009 20:46

Quatrième de couverture

Les faits historiques évoqués dans ce récit se sont déroulés en Carnie entre l'été 1944 et le printemps 1945. La Carnie, au nord du Frioul, était occupé par les Allemands et l'armée de cosaques composée de tous ceux qui s'étaient résolus à collaborer avec le IIIe Reich après avoir fui la Russie stalinienne. Les nazis, en échange, leur avaient promis une patrie.

Parmi les officiers à la tête de cette armée cosaque domine la figure de Krasnov, personnage légendaire dont la mort resta longtemps enveloppée d'un épais mystère et de diverses légendes.

L'enquête sur Krasnov cherche à reconstituer, au travers des mythes, la réalité historique de ces cosaques, à la poursuite du rêve impossible d'une nouvelle partie, qui périrent presque tous, trahis et abandonnés par les vainqueurs.

Mon avis

Une fois, j'ai entendu qu'on disait de Claudio Magris qu'il pourrait être un futur lauréat du prix Nobel de littérature. Il ne m'a pas fallu bien longtemps pour décider qu'il fallait que je le lise. Il s'est écoulé trois ans pour que je passe à l'action (le dossier de Lire sur la littérature italienne a été le déclencheur) et trois mois pour qu'il sorte de ma Pile à Lire.

Il a fallu que je choisisse un titre. Ça a été celui-là car le sujet m'étais inconnu mais m'intéressais beaucoup.

Ce livre m'a d'abord surprise. C'est un genre hybride : on s'attend à une sorte de biographie mais en réalité c'est une longue lettre d'un vieux curé à un autre plus jeune lui racontant les événements. Au lieu d'une biographie, on obtient un essai décrivant un peu les faits. Une fois que l'on sait ça, on n'a plus à s'étonner d'un style qui nous tiens à distance des évènements et on ne peut qu'être impressionnée par l'intelligence des opinions données (bien sûr c'est toujours argumenté d'une manière convaincante).

Cependant, c'est justement le fait de décrire si peu ce qui c'était passé qui a fait que par moment je me suis retrouvée un peu perdue (et que du coup je me suis un peu ennuyée).

En conclusion, un avis mitigé. J'aurais aimé que l'auteur nous détaille un peu plus ce qu'il vait à nous dire. J'aimerais cependant continué à lire cet auteur. Connaissez-vous un titre qui pourrait me permettre de mieux comprendre le travail de Caudio Magris ?

Références

Enquête sur un sabre de Claudio MAGRIS - traduit de l'italien par Marie-Anne Toledano (Desjonquères - Les chemins de l'Italie, 1987)

 

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Littérature italienne

Le compagnon de voyage de Curzio Malaparte

July 02
by Cecile 2. July 2009 18:02
 

Présentation de l'éditeur

Fable pudique, baroque et pleine d'humanité, Le Compagnon de voyage a pour cadre l'Italie de 1943. Après le renversement de Mussolini et le chaos que provoque la signature de l'armistice, les hommes de troupe, désormais sans ordres et sans chefs, décident de rentrer chez eux.

Au milieu de cette débandade, Calusia, un soldat bergamesque, entame la lente remontée de la Péninsule jusqu'à Naples. Il s'est juré de rendre à sa famille la dépouille de son lieutenant, mort en Calabre lors des ultimes combats désespérés et vains contre le débarquement allié.

Cet honnête paysan, fier de ses origines, traverse l'Italie en compagnie de l'âne Roméo et d'une jeune fille qu'il a prise sous sa protection. À travers ses rencontres se dessine un portrait tout en finesse du peuple italien, capable des pires bassesses, mais aussi plein de courage et de générosité.

Mon avis

Ce livre, c'est comme Il faut sauver le soldat Ryan : un type, un soldat, s'est fixé une mission humaniste dans une débacle, dans le sens où personne ne sait vraiment où il est et ce qu'il doit faire. Ici, ce n'est pas le débarquement mais l'Italie d'après le 8 septembre 1943. Calusia doit ramener la dépouille de son chef à sa famille. Pour cela, il va parcourir l'Italie. Il rencontre différentes personnes dans chaque village qu'il traverse et à chque fois il essaye de les aider et montre tout son courage. L'écriture de Malaparte donne l'impression de l'épopée d'un héros antique qui va sauver l'Italie en crise. Par un ton léger, on a l'impression que ce qui se passe est anodin mais en réalité, il sait dénoncer à travers ses personnages et ce qu'ils nous disent les pires travers d'une société en guerre : le vol, l'exploitation du malheur. C'est un roman que je n'oublierais pas de sitôt.

J'avais pris ce livre à la librairie parce que dans ma PAL j'avais Kaputt et La peau et que finalement je navais plus trop envie de les lire : là je peux vous dire qu'ils sont remontés tout en haut...

D'autres avis

Ceux de Lau,  de Annick Dor, de Stefano Palombari...

Références

Le compagnon de voyage de Curzio MALAPARTE - Postface et traduction de l'italien par Carole Cavallera (Quai Voltaire, 2009)

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Littérature italienne

Fáulas de Luciano Marrocu

June 29
by Cecile 29. June 2009 15:34
 

Quatrième de couverture

Rome 1939 : Luciano Serra, jeune inspecteur de l'OVRA (la police secrète fasciste), est chargé d'une affaire délicate. Il doit enquêter sur Gonario Musio, un haut dignitaire du régime. Ses investigations l'emmèneront jusqu'en Sardaigne. Un retour aux sources pour Serra et la découverte d'un régime fasciste englué dans la corruption et la peur. Fáulas est le premier volet des enquêtes de l'inspecteur Serra.

Luciano Marrocu est professeur d'histoire à l'Université de Cagliari. Il est aussi adjoint à la culture de la Province de Cagliari. Fáulas est son premier roman.

Mon avis

Je commence par un reproche (je sais ce n'est pas très gentil). Je ne suis pas spécialiste de l'administration fasciste, ni de l'histoire de l'Italie à cette période : ça aurait été sympa une postface pour nous parler du contexte... (surtout quand on voit que l'auter est historien). De plus, je ne suis jamais allée en Sardaigne. Je sais situer les grosses villes italiennes mais pas tous les villages de Sardaigne. Il faut mettre une petite carte. Ce préambule pour vous dire qu'il faut un minimum de culture italienne (ou un bon dictionnaire : j'ai appris le mot pyroscaphe) pour bien comprendre ce livre. Ça peut gêner la lecture à mon avis. Je remercie cependant le traducteur pour les quelques notes : grâce à lui j'ai découvert le nom de Grazia Deledda, prix nobel de littérature en 1926. Ces livres ont l'air très intéressants.

À part cela, c'est un roman policier sympathique : on tourne facilement les pages. L'auteur décrit assez longuement ses personnages (on sent qu'il va développer la série) même si leur vie extérieure reste mystérieuse (notamment pour l'inspecteur Serra). On fait l'enquête en même temps que l'inspecteur. J'ai trouvé la solution en même temps que lui. L'enquête et son déroulement ne semble pas être la préoccupation principale de l'auteur. Par contre, la description de la corruption et de l'omerta dans le village sarde de Fáulas vaut le détour même si au contraire de ce que dit la couverture, j'ai eu l'impression de survoler le régime fasciste (plus généralement d'avoir entre les mains un roman atemporel à part le fait que Serra appartient à l'OVRA). 

En conclusion, un roman policier sympathique à lire pour se détendre. J'attends de lire le deuxième volume pour savoir si l'auteur "améliore" un peu ses personnages et ses enquêtes. 

Références

Fáulas de Luciano MARROCU - traduit de l'italien par Marc Porcu (La fosse aux ours, 2008)

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Littérature italienne | Romans policiers et thrillers

Fosca de Iginio Ugo Tarchetti

June 22
by Cecile 22. June 2009 15:15
 

Présentation de l'éditeur

Au dix-neuvième siècle en Italie, Fosca, une femme maladive et d'une terrible laideur, voue au bel officier Giorgio Bacchetti un amour ardent, obsessionnel et possessif, qui finira par envoûter ce dernier. Publié en 1869, peu après la mort de son auteur, Fosca est un récit passionné à propos duquel Umberto Eco écrivait il y a peu : « Il faudrait rééditer Fosca en français, l'histoire d'un homme qui tombe amoureux d'une femme laide, non par masochisme, mais malgré sa laideur, que pourtant il ne peut supporter. »
Fosca a été adapté au cinéma en 1981 par Ettore Scola sous le titre de Passion d'amour.

Iginio Ugo Tarchetti (1839-1869), par sa vie de bohême, son engagement politique et littéraire, est l'une des figures de proue du romantisme et de la Scapigliatura. Influencé par de nombreux écrivains étrangers - Hoffmann, Poe, Baudelaire, Heine… -, il aspire à un art engagé, suscitant de nombreuses polémiques. Il s'essaie à plusieurs formes - romans, récits, poésie, pamphlets (dont Une noble folie, dans lequel il attaque l'armée et l'autorité). Il meurt de phtisie à l'âge de 30 ans.

Mon avis

Quand j'ai lu le résumé de ce livre, je me suis dit "c'est l'histoire d'un trio amoureux, un homme pris entre deux femmes. Ça doit être sympa à lire." J'étais toujours dans la même librairie. Après avoir demandé Le perce-oreille du Luxembourg, je demande au libraire Fosca (parce que bien sûr je ne l'avais pas trouvé). Il l'avait lu aussi !!! Il m'a conforté dans mon idée : "c'est très bien mais il y a des passages qui trainent en longueur (mais peut-être parce que je lis beaucoup)." J'avais envie de l'interroger sur tous les livres de sa librairie pour savoir combien il en avait lu exactement parce que j'étais vraiment impressionnée (je me suis aussi demandée si ce n'était pas un homme parfait pour moi : on lit les mêmes livres). Néanmoins, je suis repartie uniquement avec mes livres...

C'est un livre qui n'est pas seulement sympa : il est juste génial !!!! Je me suis surprise à tourner maladivement les pages pour savoir ce qui allait arriver et pourtant ce sont des alternances de lettres, de scènes à un ou deux personnages, les personnages étant Giorgio (le militaire à la santé fragile qui se rétablit dès qu'il y a une femme qui l'aime et qu'il aime), Clara (la jolie, joyeuse amoureuse mais mariée) et Fosca (la moche, à la limite de l'hystérie, égoïste autre amoureuse qui a absolument besoin qu'on l'aime). Au début, on se dit que Giorgio est un pauvre garçon qui se fourre dans des histoires pas possibles, que le mari de Clara devrait ouvrir les yeux (elle le trompe juste au dessus de chez lui), que Fosca après les désillusions qu'elle a vécu devrait renoncer à l'amour. Puis après vous changez d'idée: Giorgio se persuade qu'il aide Fosca en l'aimant par pitié (mais oui avoir deux amoureuses, c'est normal: les deux ont besoin de lui !!!), Fosca, elle, détruit son amour par son hystérie (on a un peu pitié même s'il elle exagère un peu). Et finalement j'en suis arrivée à détester Giorgio qui est pire que Fosca (il a besoin qu'on l'aime ce petit), Clara qui devient triste (et oui être triste et malheureuse et laide, ça peut venir des aléas de la vie aussi !!!) Ça c'est mon ressenti au cours de la lecture. Après j'ai lu la postface et Olivier Favier a une toute autre opinion que la mienne. Il explique cependant qu'il a lu Fosca deux fois et qu'à chaque fois, il a eu une vision différente du roman.

En conclusion, c'est un roman qui a l'air innocent mais qui finalement est fascinant. Il nous livre une réflexion intéressante sur la beauté et la "laideur" d'une femme (tout en ne définissant ni la beauté ni la laideur). On peut le lire de plein de manières différentes... Il faut le lire rien que pour vous faire votre propre idée (j'espère qu'alors vous me la direz...) En plus, il est particulièrement bien écrit et traduit. Un petit extrait pour finir de vous persuader...

La première page

"J'ai été maintes fois sur le point d'écrire mes souvenirs, mais un étrange sentiment, fait de terreur et d'angoisse, m'en a toujours empêché. Un profond découragement s'est emparé de moi. Je crains d'appauvrir la valeur et l'aspect de mes passions en essayant de les exprimer ; je crains de les oublier en les taisant. Car c'est une chose presque facile que de dire ce que les autres ont éprouvé - l'écho des sentiments d'autrui se répercute dans notre pauvre coeur sans le troubler -, mais dire ce que nous avons éprouvé nous-mêmes, nos fièvres, nos douleurs, est une tâche qui dépasse les possibilités de la parole. Nous avons l'impression de ne pas pouvoir rester dans le vrai.

Écrire ce que nous avons souffert et les joies que nous avons goûtées, c'est donner à nos souvenirs la durée de notre existence. Écrire pour moi, pour me relire, pour me souvenir et pour pleurer en secret, voilà pourquoi j'écris."

P.S. Après cette lecture, j'ai une folle envie de découvrir la littérature italienne du 19ième siècle. J'ai déjà repéré plein de titres !

Références

Fosca de Iginio Ugo TARCHETTI - traduit de l'italien par Bernard Guyader - postface d'Olivier Favier - traduction révisée par l'éditeur (Les éditions du Sonneur, 2009)

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Littérature italienne

Mon voisin de Milena Agus

January 29
by Cecile 29. January 2009 10:55

 

 

Résumé

Sardaigne. Il fait chaud. Une femme seule dans un appartemet avec un enfant qui ne parle pas. Séparée de son voisin par un mur où dessus il y a des tessons de bouteilles. Seule, elle s'imagine le suicide parfait. Elle pense "mon fils sera dans une meilleure famille sans moi".

Un jour, le mur est dégagé de quelques tessons : le voisin et elle commence à sympathiser. Les jours passent, il y a de moins en moins de tessons de bouteilles ; le voisin et son fils sont rentrés dans la vie de la jeune mère et de son enfant pour éclairer leurs avenir ...

Mon avis

J'aime l'écriture de Milena Agus, comment elle parle de la Sardaigne. Quand il pleut, il suffit de lire un de ses livres pour être au chaud sous le soleil de l'Italie. Mais par contre, comme pour Mal de pierre, je n'arrive pas à adhérer à l'histoire. Pour les deux livres, je me suis dit "Oui bon, et alors ?". C'est sympathique mais sans plus ; je ne crierai pas au chef d'oeuvre. 

Autres avis

Celui de Bellesahi ...

Références

Mon voisin de Milena AGUS - traduit de l'italien par Françoise Brun (Liana Levi - Piccolo, 2009)

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