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Les derniers jours de Thomas de Quincey de John Ritchie Findlay

February 17
by Cecile 17. February 2010 11:39

Présentation de l'éditeur

De Quincey se profile régulièrement derrière ses écrits, ce qui en fait une présence familière à tout lecteur attentif. Mais ce personnage exemplaire laisse naturellement échapper le singulier, ou l'irrégulier, de cette vie, ce qui lui fit propre jusqu'à l'insignifiance - ou à la fiction (cet "anecdotage" que De Quincey lui-même exploita si bien à propos de Kant).

John Ritchie Findlay accompagna les dernières années de l'écrivain. Plein de révérence et d'étonnement, il laissa de cette amitié une petite chronique jamais rééditée depuis sa publication originale. Voici donc, comme figés dans le temps, quelques éclats de cette très étrange existence. Voici un De Quincey aussi courtois, affable et serviable qu'incontrôlablement caustique, ou médisant ; perambulateur émérite et opiniâtre opiomane ; toujours en retard d'un écrit, ou d'un crédit, toujours en retard d'une dette, espérant sans cesse se reprendre. Voici, sous le regard d'un témoin fasciné, l'émouvant portrait d'un excentrique malgré lui, en proie au démon de la ratiocination, à l'opiomanie, aux affres de la pauvreté et à l'obsession du texte impossible à écrire, à achever, à envoyer.

Mon avis

Ce petit livre n'est pas un texte littéraire dans le sens où il n'a pas la construction des derniers jours d'Emmanuel Kant et que l'auteur n'est pas l'écriture de Thomas de Quincey (même si il y a parfois de très jolies phrases : ils "se mirent à diiscuter de vieux auteurs, de questions d'histoire et de littérature classique bien au delà de ma portée, si bien que je restai échoué sur le rivage avec cette marée d'éruditions et de spéculations fluant et refluant devant moi"). Il faut plutôt le voir comme une sorte de documentaire sur Thomas de Quincey et sur son "déclin". En effet, Findlay a repris la construction en deux parties des derniers jours d'Emmanuel Kant. La première partie, sous forme de journal, explique comment Findlay s'est retrouvé fasciné par de Quincey, tout ce qu'il a pu apprendre de l'auteur aussi. La deuxième partie, sous forme de note, décrit comment Findlay a essayé d'aider du mieux qu'il le pouvait Thomas de Quincey. Je crois que la différence de forme provient du fait que Findlay ne veut pas insister sur les vieux jours de l'auteur et que l'on en garde l'image d'un grand homme. Je trouve que c'est tout à son honneur (de Quincey ne l'avait pas fait pour Kant parce qu'il a un esprit "caustique" et "médisant").

C'est le mérite du livre : mieux nous faire connaître Thomas de Quincey. D'abord au niveau physique :

C'était un homme très petit (environ 1,59 ou 1,60 m) mais d'une contenance remarquable due à une séduction intellectuelle que jamais je n'ai rencontrée depuis. Quoique sans régularité, ses traits étaient empreints d'une finesse aristocratique, et un air d'éducation raffinée pénétrait son visage. Il avait un front extraordinairement large et dense. À première vue, son visage avait la fraîcheur lisse d'un jeune garçon, réchauffée d'une sorte de rougeur hectique en remarquable contraste avec ces évidents signes de l'âge que donnaient les cheveux grisonnants et les yeux pâlis. La coloration de ses joues était, j'en suis persuadé, due à son usage constant de l'opium et l'aspect apparemment lisse de la face disparaissait une fois observée de plus près.

On voit aussi que Thomas de Quincey aime parler de tout et de rien. Il ne m'en ai que plus sympathique :

Invité à revenir le voir, je faisais un saut de temps en temps ; une demi-heure de conversation avec lui était un privilège que j'estimais trop pour risquer de l'importuner fréquemment. Il était disposé à aborder n'iporte quel sujet : les nouvelles du jour, les articles du Scotsman, les livres récents, nos amis communs, toutes les questions fondamentales, car il était dans la conversation un homme du monde et non un pédant ou un rat de bibliothèque. Parfois, il badinait sur des sujets insignifiants, les traitant avec une sorte d'importance humoristique. Aussi se lança-t-il un jour dans une longue dissertation sur la difficulté de s'habiller. Se raser, en particulier, était un grand tracas. Après avoir rassemblé les meilleures informations sur la question, il avait acquis une série de rasoirs de première qualité, mais on l'avait prévenu qu'ils ne pourraient se passer d'un affilage régulier, tâche à laquelle il n'imaginait pas de se soumettre ; en outre, il fallait avoir une boîte à savon, article de nécessité qu'il abhorrait au plus au point. Quelques années plus tard, il résolut ce problème en se laissant pousser la barbe.

En conclusion, c'est un livre instructif mais il faut aimer Thomas de Quincey (ou au moins l'avoir déjà lu) pour pouvoir le lire jusqu'au bout.

Références

Les derniers jours de Thomas de Quincey de John Ritchie FINDLAY - traduit de l'anglais par Michèle Hechter (Le cabinet des lettrés - Le promeneur, 1997)

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Littérature écossaise

La douce tranquilité des samedis d'Alexander McCall Smith

November 15
by Cecile 15. November 2009 18:36

Quatrième de couverture

Quand son amant Jamie, le pere du petit Charlie, devient l'ami d'un compositeur en résidence à Édimbourg, Isabel lutte contre un sentiment de jalousie. Au cours du dîner, elle fait la connaissance d'une femme dont le mari, professeur à la Faculté de médecine, est accusée d'avoir menti au sujet d'un médicament récemment mis sur le marché. Impossible que ce spécialiste renommé ait commis une faute aussi élémentaire que grave ! Comment, alors, expliquer la mort tragique d'un de ses patients ? L'honneur d'un homme est en cause, et les enjeux financiers, considérables. Isabel pourra-t-elle jamais retrouver la douce tranquilité de ses samedis ?

Mon avis

Je vous ai déjà parlé des "enquêtes philosophiques" d'Isabel Dalhousie ici et . Je vais quand même récapituler pour ceux qui auraient séché ! Isabel Dalhousie vit à Édimbourg et est rédactrice en chef de la revue d'Éthique appliquée (revue qu'elle a racheté dans l'épisode 4 suite à une tentative de putch de deux membres du comité de rédaction). Elle est donc une philosophe qui réfléchit à notre vie de tous les jours. Le problème c'est qu'elle réfléchit un peu trop (est-il éthique de manger du chocolat ?), qu'elle peut agir assez bêtement (elle agit de manière éthique mais ne se rend pas compte qu'elle peut blesser les gens) et surtout elle se mêle des histoires de tout le monde. Dans les précédents épisodes (celui-ci est le cinquième), elle a eu un enfant avec l'ex petit ami de sa nièce Cate. Le père, Jamie, musicien, a quatorze ans de moins qu'elle. Elle était donc plus ou moins faché avec Cate, sauf quand celle-ci avait besoin d'aide à sa boutique de produits italiens. Elle se demandait aussi comment être un couple avec Jamie et si elle était une bonne mère du haut de ses quarante ans. Malgré toutes ses occupations et interrogations, elle trouvait quand même le moyen de s'occuper des problèmes du tout Édimbourg (et parfois même de sa banlieue).

Ici, elle cherche à comprendre comment un médecin s'est retrouvé discrédité après la mort d'un patient suite à l'injection d'un vaccin (vous notez comme je suis l'actualité...) visant à contrecarrer la résistance aux antibiotiques. En effet, le médecin avait rédigé un rapport préalable positif malgré deux cas de complications lors de la phase expérimentale. On retrouve ici la question. Peut-on sacrifier quelques vies pour en sauver plusieurs ?

Du côté de sa vie personnelle, on découvre qu'Isabel peut éprouver des sentiments normaux, c'est-à-dire des sentiments qu'on n'arrive pas forcément à analyser. Ici, c'est la jalousie ! Et je peux vous dire qu'elle n'est pas jalouse qu'un peu de tous les gens qui tournent autour du beau Jamie. En filigrane, on retrouve aussi Eddie, l'employé de Cate qui prend une place de plus en plus importante même si on ne sait toujours pas pourquoi il n'aime pas les gens. Je me demande si Alexandre McCall Smith va nous le dire un jour...

J'ai trouvé que ce roman était aussi agréable à lire que les précédents. Ce n'est pas d'une grande prétention mais ça détend. Parfois c'est bien aussi ! Je demande même si je ne vais pas mettre le sixième tome dans mon challenge Lire en VO... sinon il faudra que j'attende encore un an !

P.S. J'ai trouvé une autre fan d'Isabel Dalhousie. C'est ici.

Références

La douce tranquilité des samedis d'Alexander McCall SMITH - traduit de l'anglais par Martine Spokan (Éditions des 2 terres, 2009)

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Littérature écossaise

Kenilworth de Walter Scott

September 10
by Cecile 10. September 2009 17:17

Quatrième de couverture

Sous le règne d'Elizabeth Ire, Amy Robsart, une jeune fille à la grande beauté et à l'intégrité sans faille, épouse secrètement Robert Dudley, comte de Leicester. Mais Dudley, favori de la reine craint de voir ce mariage réduire à néant ses belles aspirations d'élévation sociale. Déchiré entre l'amour - sincère - qu'il porte à Amy, et son goût immodéré pour les fastes de la cour, il ne mesure pas encore les forces que son mensonge vient de mettre en mouvement.

Dans cette oeuvre au romantisme échevelé, jamais rééditée en France depuis la fin du XIXe siècle, passion, ambition, manoeuvres politiques et traîtrises gouvernent une cour élisabéthaine décadente et pourtant captivante.

Mon avis

Autant vous le dire tout de suite, j'ai apprécié ce roman. Autant Le château périlleux m'avait paru quelque peu ennuyeux par rapport au Coeur du Mid-Lothian, autant celui-ci, malgré une unique intrigue, m'a semblé plein de vie. À mon avis, c'est dû au fait qu'on est toujours entre deux lieux : entre le lieu de rétention de la jeune Amy Robsart et à la cour d'Elizabeth Ire (que je découvre avec ce roman et qui m'a fasciné). Les scènes qui m'ont le plus plu sont celles où apparaît la fille d'Henri VIII.

Typiquement, ce n'est pas un roman historique. Il ne s'inspire pas de faits historiques mais d'une annecdote véridicte : la mort d'Amy Robsart. Par contre, Walter Scott, d'après Henry Suhamy, a mélangé deux faits non contemporrains. En 1549, Robert Dudley épouse à l'âge de 17 ans Amy Robsart, jeune fille de petite noblesse. On la retrouve mort de manière douteuse le 8 septembre 1560. On soupçonne Robert Dudley d'avoir commandité l'accident car Amy pouvait empêcher un mariage prometteur entre lui, le premier courtisan et la Reine (il faut savoir que par la suite la Reine lui gardera toute son affection mais ne se mariera jamais avec lui : elle aura trop peur de mourir... et lui contractera deux mariages quasi-secret). D'après ce que j'ai cru comprendre, Amy, au contraire a été cachée mais pas enfermée comme dans le roman. En 1564, Robert Dudley sera nommé comte de Leicester mais c'est seulement en 1575 qu'il reçoit la cour en son château de Kenilworth.

Et là je m'aperçois qu'encore une fois je n'ai pas été très clair. Dans le roman, deux courtisans s'affrontent pour les faveurs de la reine, Sussex et Leicester. Amy était fille d'un partisan de Sussex. Alors quand Varney, le premier écuyer et grand confident (et grand manipulateur) de Leicester, enlève Amy Robsart à son père (tout le monde pense que Varney est celui qui va déshonoré Amy), celui-ci envoie quelqu'un se plaindre auprès de Sussex en espérant qu'il aura intérêt à l'affaire. Il pourrait mettre en disgrâce Leicester auprès de la reine. Quand l'affaire vient aux oreilles d'Elizabeth, vous imaginez assez la gêne de Leicester... Au final, Dudley et Varney arrive à lui mentir en disant que Amy,enfermée pendant près de la moitié du romam, est la femme de Varney (c'est assez dangereux en sachant qu'elle avait les mêmes tendances décapiteuses que son père). Or, il est prévu que Dudley organise dans son château de Kenilworth des festivités pour distraire la reine ; elle demande que lors de celle-ci Amy lui soit présentée (en sachant qu'Amy veut être reconnue en tant que comtesse et que donc elle n'acceptera pas la supercherie). Varney se propose alors de rendre indisponible Amy mais celle-ci réussit à s'échapper de sa "prison" et à arriver jusqu'à Kenilworth ! Au vu du résumé, j'avais pensé qu'Amy mourrait au début du roman et qu'ensuite on voyait les suites de sa mort pour Dudley. C'était mal connaître Walter Scott. C'est un auteur qui ne pouvait pas ne pas nous dévoiler toute la suite logique des événements. En fait, elle meurt à la page 500 !

Comme dans les deux précédents livres que j'ai lu, Walter Scott nous dépeint tout une série de personnages, parfois il faut le dire assez caricaturaux mais le destin d'aucun ne nous est caché. L'auteur décrit toutes les couches de la société : paysans, marchands, aubergistes, amuseurs, petite bourgeoisie, truands, courtisans, serviteurs et même reine. Vous êtes donc immergé dans ce monde (le roman débute dans une auberge bien évidemment). Je n'ai pas rencontré comme dans le Château périlleux de moments où j'ai eu du mal à rentrer dans l'histoire ou qui m'ont semblé inutiles pour la suite. Il faut cependant dire que l'écriture de Walter Scott n'est pas forcément évidente au premier abord mais à mon avis cela vaut la peine de persévérer.

Maintenant, il me reste à dire que le personnage d'Amy Robsart est aussi le sujet d'une pièce de Victor Hugo que je n'ai pas lu (mais je compte bien me rattraper !). Je serai ravie d'avoir votre avis si vous l'avez lu !

Comme je l'ai déjà dit je suis assez bon publique. Pour contrebalancer mon avis plutôt positif, je vous laisse avec l'avis d'Henry Suhamy : "Malgré sa popularité relative, il est permis de considérer Kenilworth comme faisant partie des oeuvres les moins attrayantes de Scott, et que l'influence qu'elle a eue sur la création romanesque et théâtrale au XIXe siècle n'a pas été entièrement positive. L'auteur s'est appuyé sur une annecdote célèbre, et l'a déformée de façon à la rendre fertile en rebondissements. Le résultat est qu'il a transformé en mélodrame la situation simplement dramatique que l'histoire lui fournissait, prouvant a contrario que la réalité a souvent plus de talent que la fiction". Suhamy va même jusqu'à dire ce roman "irritant et inventif" provoque une "impression de malaise".

Un autre avis

Celui de Camille. Suivez son conseil et visionnez le film Elisabeth Ire. Je peux vous dire que Sir Walter Raleigh (que l'on retrouve dans le roman) est absolument craquant !

Références

Kenilworth de Walter SCOTT - traduit de l'anglais par Auguste-Jean-Baptiste Defauconpret (Phébus, 2009)

Sir Walter Scott de Henry SUHAMY (Éditions de Fallois, 1993)

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Littérature écossaise

Olalla des montagnes de Robert Louis Stevenson

June 06
by Cecile 6. June 2009 19:12
 

Après Amato il y a deux jours je me suis jetée sur Olalla des Montagnes. Comme je le disais dans le billet précédent, je l'ai en deux exemplaires : une version en Librio et une autre version dans l'intégrale des nouvelles (parue en Libretto. C'est la version Librio que j'ai choisi de lire. Cela faisait des années que le livre était dans ma PAL et pour tout dire il était déjà dans mes étagères sans que je l'ai ouvert. Cela venait du fait que je n'avais pas choisi de lire ce livre puisqu'on me l'avait donné et que la couverture n'est pas engageante. Elle est illustrée par le tableau de Delacroix, Jeune orpheline dans un cimetière et l'oeil de la jeune orpheline est mis en valeur. Pour moi, cette fille a un regard de folle. Elle a l'ai un petit peu simple tout en étant dérangée. C'est exactement l'histoire d'Olalla des Montagnes.

Un jeune officier se rend en convalescence en Espagne dans la residencia d'une famille autrefois noble et qui maintenant ruinée. Il y a trois survivants : la mère et les deux enfants, un garçon et une fille Olalla. Le garçon est simplet mais serviable et affectueux. La mère, elle, a des yeux vides et des crises de démence. Comme le pense l'officier anglais le pense, la déchéance de la famille n'est pas seulemt pécunière mais surtout dûe au mariage consanguins qui ont "appauvris" le sang. Dans cette famille bizarre, faite de "cadavres" et de fous, Olalla surnage : elle semble être normale, éduquée. Au premier regard, Olalla et le jeune officier tombe amoureux. Toute la question de la nouvelle est de savoir si elle arrivera à se détacher d'une folie certaine si elle reste dans sa famille.

J'ai lu que cette nouvelle rappelle le caractère double Jekyll et Hyde. C'est tout à fait juste puisque Olalla, malgré le fait d'être "saine", ressemble à s'y méprendre à des femmes qui ont tués, qui ont été prises des pires crises de folies.

En conclusion, une lecture intéressante avant de découvrir Jekyll et Hyde !

Références

Olalla des Montagnes de Robert Louis STEVENSON - traduit de l'anglais par Pierre Leyris (Librio, 1995) 

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Littérature écossaise

La magicienne de Robert Louis Stevenson

May 14
by Cecile 14. May 2009 18:47
 

Suite aux billets de Fashion et Isil, je voulais lire La magicienne de Robert Louis Stevenson et je peux aujourd'hui dire que c'est fait et même deux fois plutôt qu'une. J'ai donc acheté il y a à peu près deux mois ce petit livre paru chez Rivages Poche. En revenant à la maison, le porte-monnaie plus léger, je me suis rendue compte que j'étais bête (ou accro à l'achat de livre) car voilà pour ma "littérature à l'honneur" je m'étais achetée l'Intégrale des nouvelles de Stevenson chez Phébus. En fouillant un peu, cette nouvelle est dans le tome 2 (et oui, il y a deux tomes...) sous le titre L'ensorceleuse (c'est pour ça que je me suis fourvoyée en l'achetant une deuxième fois : ce n'est donc pas ma faute ! Je vais faire comme Karine:)). Après ce long préambule, je vous dirai que je ne regrette pas pour deux raisons.


La première c'est que les textes sont précédés de deux notices différentes. Chez Rivages c'est un texte de David et Susan Mann qui sont d'après eux les "découvreurs" de ce texte (ce qui pour Phébus est un peu mensonger visiblement). Pour couper la poire en deux, il a été publié en 1989 après une longue absence dans les recueils de nouvelles de Stevenson. Il a été interdit par les descendants de Stevenson (ou plutôt de sa femme Fanny) pour des raisons que nous ne chercherons pas à commenter. En tout cas, ce petit texte c'est 27 pages détachées d'un carnet après la mort de l'auteur pour vendre le récit aux enchères. Personnellement ça ne me plaira pas qu'on abime mon joli moleskine pour le vendre petits bouts par petits bouts (vous allez me dire que je ne suis pas Stevenson). On suppose que cette nouvelle a été écrite entre l'été 1888 et l'automne 1890 lors d'un voyage en bateau où un peu jeu fut lancer : inventer une histoire sur un thèmes proposé par un membre de l'équipage. Si j'ai bien compris, c'était sur les mariages étanges.

Trève de plaisanterie, parlons de l'intrigue. Nous sommes à Royat, près de Clermont-Ferrand. Edward Hatfield rencontre Emmeline Croft. Celui-ci n'a pas un sou vaillant et s'apprête à mendier quand il aborde la jeune fille, qu'il connaît de vue tout de même. Au lieu de le repousser, celle-ci l'invite à la suivre à Paris, puis à Londres... pour lui proposer un étrange marché. On pourrait résumer l'histoire en une phrase : la rencontre entre un jeune homme romantique et désargenté et une jeune femme pragmatique et à l'abri du besoin (c'est là où les gens ont voulu voir un parallèle avec le couple Stevenson-Fanny mais visiblement ce n'est pas le cas). Je n'avais jamais lu de nouvelles de Stevenson et je suis agréablement surprise : il ne parle pas que d'îles, de pirates... mais aussi de relations humaines (on voit que je n'ai rien lu de lui à part L'île au trésor quand j'étais petite). En plus, c'est une nouvelle comme je les aime parce qu'il y a une vraie chute auquelle on ne s'attend pas. Quoique, à la deuxième lecture, on s'aperçoit que l'auteur et le narrateur ont laissé des indices.

En parlant de deuxième lecture, j'en arrive à la deuxième raison de pourquoi je ne suis pas mécontente d'avoir ce volume en double. Rappelez-vous quand j'ai Le château périlleux de Walter Scott, je m'étais posée la question de l'importance du traducteur. J'ai pu tester ! Je vous en donne un aperçu : c'est le tout début de la troisième partie pour ceux qui ont lu le livre. Traduction de chez Rivages :

"Le contrat était recouvert d'une écriture serrée ; on n'aurait pas eu la place de poser un doigt dans l'un des quatre coins ..." (p. 73)

Traduction de Phébus :

"Le contrat était un modèle de rigueur et de compacité ; l'on eût été bien en peine d'en tourner la moindre clause." (p. 541)

Cela laisse songeur...

Références

La magicienne de Robert Louis Stevenson - traduction de l'anglais par Patrice Repusseau (Rivages Poches - Bibliothèque étrangère, 1991)

L'ensorceleuse de Robert Louis Stevenson - traduction de Éric Chédaille dans Intégrale des nouvelles - volume 2 (Phébus, 2001)

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Littérature écossaise

Une question d'attitude d'Alexander McCall Smith

April 23
by Cecile 23. April 2009 20:00

 

Quatrième de couverture

Quoi de plus naturel que de s'intéresser aux affaires des autres ? Cette fois encore, la curiosité d'Isabel Dalhousie, rédactrice en chef de la Revue d'éthique appliquée, a de quoi être satisfaite. Alors que sa cousine Mimi vient lui rendre visite à Édimbourg, elle fait la connaissance de Tom Bruce, un homme d'affaires texan et d'Angie, sa jeune et cupide fiancée. Cette rencontre pousse Isabel à s'interroger sur les réelles motivations d'Angie et sur ses propres sentiments pour Jamie, un musicien de quinze ans son cadet dont elle est secrètement éprise. Quelle attitude adopterface à l'amour et ses obstacles ? Faut-il faire passer le désir avant la raison ? Réflexions philosophiques, quiproquos et chassés-croisés amoureux sont au coeur de cette troisième et singulière aventure.

Mon avis

C'est la troisième "enquête philosophique" d'Isabel Dalhousie ; c'est pour justifier le fait qu'il ai mis ce livre dans la collection "Grand détectives" que l'éditeur est obligé de placer le mot enquête. C'est donc le quatrième livre que je lis avec Isabel (j'ai lu la quatrième aventure avant les autres... je sais ce n'est pas bien). Je vous avais présenté les personnages récurrents ainsi que la deuxième histoire ici.

Dans cette "enquête", Isabel continue à se mêler de la vie des autres même si ils ne lui ont pas demandé, ici c'est de la vie de Tom et Angie. Cependant, ce volume est marqué surtout par la vie sentimentale de Isabel. Enfin, elle et Jamie se déclare leur amour. Quand on a lu la quatrième histoire avant les autres, on attend ça avec impatience. Ça me turlupinait de savoir comment Jamie et elle avait pu avoir un enfant ensemble (rassurez-vous je sais comment on fait les bébés, pas la peine de m'envoyer des dessins explicatifs).

Isabel est toujours aussi bien, comme je le disais, précédemment très second degré, Jamie toujours aussi gentil, Cat toujours amoureuse d'hommes bizarres. Dans cette histoire, on retrouve nos petits et donc c'est très bien.

Comme vous l'aurez compris, c'est un livre léger mais pas mal du tout quand on veut lire quelque chose pour ne pas se prendre la tête. Des fois ça fait du bien... 

Références

Une question d'attitude d'Alexander McCall SMITH - traduit de l'anglais par Martine Skopan (10/18, 2008)

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Littérature écossaise

Les porteurs de lanternes de Robert Louis Stevenson

March 29
by Cecile 29. March 2009 10:45

 

 

Le résumé de ce court essai d'une quarantaine de pages peut se résumer en un sous-titre : "ou comment je ne pourrais jamais être un écrivain réaliste". Face à un résumé aussi court, il faut mettre quelques extraits pour mieux se rendre compte. En parlant des écrivains réalistes,

"Le cas de ces romanciers est très étrange. Ils ont été des enfants et des jeunes gens ; ils se sont attardés sous la fenêtre de leur bien-aimée qui était probablement en train d'écrire à un autre ; ils se sont retrouvés assis devant une feuille de papier avec le sentiment d'être emplis de poésie mais incapables d'écrire une ligne ; ils ont marché seuls dans les bois, ils ont marché dans des villes aux innombrables lumières, ils ont connu la haine, ils ont connu la peur, ils ont eu envie de poignarder un homme, et l'ont peut-être fait ; le goût âcre de la vie leur a piqué la gorge. Et quand bien même vous leur refuseriez tout le reste, il y a au moins un plaisir qu'ils ont connu dans toute sa plénitude - leurs livres sont là pour en attester - le plaisir intense de la création littéraire. Par conséquent, ils inondent la terre de livres dont l'intelligence m'inspire une admiration teintée de désespoir. S'y mêle la colère de les voir donner constamment une vision erronée de ce que je me plais à appeler l'existence. Si je n'avais rien de mieux à espérer que de continuer à patauger dans ces petites histoires minables, assomantes, dans lesquelles ils plongent leurs héros, et à m'émouvoir des attentes et des peurs dérisoires qui les habitent, j'affirme que je mourrais sur le champ." (p. 31-32)

"Ces écrivains me rétorqueraient (si je ne trahis pas leur pensée) que tout cela est très vrai ; qu'il en est de même pour eux et les autres personnes douées (comme ils disent) d'un tempérament artistique ; qu'en cela nous sommes exceptionnels et devrions apparemment avoir honte ; mais que nos oeuvres doivent traiter exclusivement de (ce qu'ils appellent) l'homme ordinaire, qui est quelqu'un de prodigieusement ennuyeux, accessible uniquement aux considérations les plus futiles. Soit. Nous ne connaissons les autres qu'à travers nous-mêmes. Avoir un tempérament artistique (maudite soit cette expression) ne nous rend pas différent des autres, sans quoi nous serions incapables d'écrire des romans ; l'homme ordinaire (la peste soit ce mot) est absolument comme vous et moi, sinon ce ne serait pas un homme ordinaire." (p. 32-33)

"Dans un tel cas, la poésie vit sous les apparences. L'observateur (pauvre homme, avec ses documents !) est dans un autre monde. S'il se contente de regarder l'homme, il ne peut que s'attendre à être trompé. Il verra le tronc d'où il tire sa nourriture, mais l'homme lui-même est au-dessus, et bien loin, dans le dôme vert du feuillage, bercé par les vents et partagent le nid du rossignol. Le véritable réalisme serait celui du poète qui grimperait jusqu'à lui comme un écureuil, pour apercevoir le royaume céleste dans lequel il vit. Le véritable réalisme, toujours et partout, est celui des poètes qui savent où la joie prend sa source et lui prêtent une voix bien au-delà du chant." (p. 38-39)

N'est-il pas beau ce dernier extrait ! J'ai beaucoup aimé cette idée que la poésie est en tout homme et qu'un écrivain peut ne pas savoir regarder assez profondément pour la voir. En tout cas, une chose est sûre : c'est un petit livre surprenant. Je pense compléter cette lecture par un autre ouvrage de Stevenson sur le même thème paru lui chez Payot : Essais sur l'art de la fiction.

P.S.  Il y a des références que je n'ai pas compris : qui sont les gamins d'Harrow ? qui est Dancer ? Quelqu'un pourrait-il m'aider ?

Références

Les porteurs de lanternes de Robert Louis STEVENSON - traduction de Marie Picard (Édition Sillage, 2009)

 

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Littérature écossaise

Le château périlleux de Walter Scott

March 21
by Cecile 21. March 2009 23:13

Je vous préviens tout de suite le billet va être un peu long. Si vous êtes pressés, passez directement au résumé. C'est un billet dont vous êtes le héros :)

Contexte historique du Château périlleux

Le 19 mars 1286, Alexandre III meurt en ne laissant comme héritière que son unique petite fille Marguerite, âgée de deux ans. Le problème cést que celle-ci habite la Norvège et n'est pas en âge de se marier pour donner un roi à l'Écosse. Les États réunis à Scone la proclament reine maismettent aussi en place une gouvernance assurée par six "gardiens" : deux évêques, deux comtes, deux barons. Cependan, tous les nobles écossais considéraient que la succession était ouverte (visiblement, il pariait sur la mort de Marguerite). Deux prétendants : Robert Bruce et Jean Balliol. Chacun doit choisir : le pays tourne à l'anarchie. Au printemps 1287, les six "gardiens" envoyèrent un appel à l'aide au voisin d'à côté : Édouard Ier d'Angleterre, grand oncle de Marguerite. À ce moment là, celle-ci ne se trouve toujours pas Écosse. En avril 1290. Édouard Ier convoque à Salisbury une conférence. "Le roi de Norvège accepta d'envoyer Marguerite en Écosse avant la Toussaint, à condition qu'on lui promit que le pays serait en paix pour l'accueillir et qu'elle serait reconnue reine sans contestation." Édouard Ier promit de marier la petite Marguerite avec son héritier. Les Écossais voient cela d'un mauvais oeil : ils ne veulent pas sefaire absorber par la puissante voisine. On cherche à les rassurer par ue jolie formule : l'Écosse demeurera séparée et libre "sauf le droit [du roi d'Angleterre]". Dès lors, Édouard Ier laissa libre cours à son ambition : il nomma l'évêque de Durham comme "gouverneur de l'Écosse" et confisqua tous les châteaux du Sud de l'Écosse.

Peu de temps après avoir débarqué en Écosse, la jeune Marguerite âgée de six ans meurt.

Édouard Ier, de nouveau mandé par l'un des gardiens du royaume pour ramener le calme après cette triste nouvelle, veut placer un roi vassal en Écosse. Il considérait l'Angleterre comme la suzeraine de l'Écosse. Une fois reconnue ce fait, les treize "compétiteurs" au trône d'Écosse reconnurent à Edouard Ier le rôle d'arbitre. Après un premier arbitrage il ne reste que trois candidats : Robert Bruce, Jean Balliol et un anglais John Hastings. En 1292, une commission permit de décider que Jean Balliol serait roi d'Écosse.

Édouard Ier fait subir à Jean Balliol toute une série d'humiliations qui renforce le sentiment antianglais de la population. Édouard Ier, lui-même vassal du roi de France Philippe le Bel, est en conflit ave son suzerain à propos du royaume de Guyenne s'étendant de la Saintonge aux Pyrénées (appartenant à l'Angleterre depuis Henri III). La France et l'Angleterre cherche des alliés. L'Écosse fait partie de ceux de la France ; Jean Balliol revient sur le serment par lequel il reconnaissait le roi d'Angleterre comme son suzerain. D'avril à juillet 1296, l'Angleterre et l'Écosse sont en guerre ; la France ne peut malheureusement pas aider son allié. L'Angleterre "gagne", confisque les châteaux, en donne certains à des Écossais ralliés dont Robert Bruce fils du "compétiteur" de 1292. Jean Balliol s'exile.

Une guerre "civile autant qu'étrangère" s'en suivit. Elle durera soixante et un ans (1296-1357). Comme dans toute guerre (de cette époque) il y a les guerriers légendaires et héroïques. Pour celle-ci ce fut William Wallace (celui de Braveheart) rendu célèbre par le meurtre du sheriff de Lanark à cause d'une rivalité amoureuse. Hors la loi William Wallace se cache dans les forêts, organise un mouvement de résistance, rallie des hommes dont Robert Bruce le petit fils du compétiteur. En 1297-1298, ils accumulent les gloires jusqu'à la bataille de Falkirk où c'est la débacle. William Wallace s'enfuit en France et abandonne son titre de gardien du royaume.

L'unité du mouvement de résistance réalisée autour de sa personne commença à s'effriter. Les vieilles querelles entre les Bruce et les Balliol reprirent. En 1303-1304, l'Angleterre dégagée de sa guerre avec la France se consacra à l'Écosse et accumula les succès militaires. L'apogée fut l'arrestation à Glasgow de William Wallace entre temps revenu de France. Il fut torturé et exécuté à Londres le 23 août 1305. Édouard Ier avait gagné. "Tous les comtes, barrons et évêques d'Écosse lui avaien fait leur soumission ou s'étaient exilés sur le continent."

Le roi d'Angleterre instaura un gouvernement semi-autonome en Écosse. Les châteaux royaux furent occupés par des garnisons anglaises. On se doute que cette pseudo-paix ne peut durer. Robert Bruce qui au fond de lui n'a jamais douté de ses droits au trône d'Écosse rompt en 1306 avec sa ligne proanglaise et rentre en résistance. Il fut couronné à Scone roi d'Écosse le 27 mars 1306 par l'évêque de Glasgow. Autour de lui, il y avait ses fidèles dont sir James Douglas. 

En 1306-1307, Édouard Ier, accompagné par son fils décide de se venger de cet affront par les armes. Cela tourne encore une fois à son avantage. Les terres des Bruce furent pillées et incendiées ; l'Écosse du Sud fut occupée et ravagée par les Anglais. Encore une fois ! Robert Bruce, exilé en Irlande tout l'automne et l'hiver 1306-1307, revient en Écosse où il remporte quelques succès miitaires dont la victoire de London-Hill (décisive dans le roman). 

 

 

Résumé 

C'est donc au début de cette année 1307 que se déroule le roman. Les Anglais occupent le château de Douglas ; ils craignent en permanence une attaque des "rebelles" écossais. Le gouverneur du château porte le nom de sir John de Walton, assisté de Aymer de Valence. Ce sont deux jeunes gens, le premier étant animé par l'amour et le deuxième par la chevalerie. Ils n'arrêtent pas de se disputer de manière très "courtoise" notamment sur le fait que Aymer de Valence a laissé entrer au château un ménestrel du nom de Bertram sans consulter John de Walton, celui -ci craignant que ce soit un espion. En plus, le ménestrel a laissé dans un couvent proche (il y a des prêtres et des bonnes soeurs dans ce couvent) son compagnon Augustin parce que soit disant il avait la peste noire. Il s'avère que cet Augustin c'est Augusta de Berkely qui a promit sa main à Sir John de Walton si il arrive à tenir le château pendant un an et un jour. Quand celle-ci se voit démasquer par Aymer, elle s'enfuit avec une des nonnes: Marguerite de Hautlieu, partisane de l'indépendance écossaise. Lady Augusta tombe dès lors dans les mains de sir James Douglas. Il va s'en servir de monnaie d'échange pour récupérer son château. Que fera John de Walton ? 

Mon avis

J'avoue avoir été très surprise par ce roman. En effet, il est très différent du Coeur du Mid-Lothian où il y avait plein d'histoires parallèles, de personnages secondaires. Ici il n'y a qu'une histoire, peu de personnages secondaires. C'est un roman de chevalerie pure. Il y a l'histoire d'amour très romantique entre Walton et Lady Augusta. C'est dans l'ensemble un bon roman ; on y retrouve l'humour de Walter Scott avec plaisir. Cependant, il y a quelques longueurs et le style est moins fluide que dans Le Coeur du Mid-Lothian. Je crois que cela vient du traducteur : Defauconpret c'est le 19ième siècle, Sylvère Monod le 20ième. Je pense, même si je ne suis pas traductrice, qu'un traducteur met toujours un peu de son époque. Qu'en pensez-vous ?

P.S. Je précise que c'est le dernier roman de Walter Scott.

Références

  • Le Château périlleux de Sir Walter SCOTT - roman traduit de l'anglais par Defauconpret (Éditions de l'Aube, 2009)
  • Histoire de l'Écosse de Michel DUCHEIN (Fayard, 1998)

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Littérature écossaise

Jeune et innocent de Josephine Tey

March 17
by Cecile 17. March 2009 22:02

Résumé

Le sergent Potticar découvre sur la plage , au milieu des vagues une jeune femme morte en maillot vert. Cette jeune femme morte, c'est Christine Clay, une célèbre actrice venant d'un milieu pauvre : elle est donc particulièrement enviée dans le petit monde du spectacle. Elle hébergeait depuis quelques jours un jeune homme icoonu d'elle. Elle lui a pourtant fait un leg important. Elle avait aussi un amant supposé, un mari aventurier, un frère attiré par l'argent avec qui elle ne s'entendait pas du tout. Dans son testament, elle lui donne un shilling pour des bougies (c'est le titre du livre en anglais : A shilling for candles). À la découverte d'un bouton de manteau dans les cheveux de la victime, la police locale appelle Scotland Yard. Arrive l'inspecteur Grant, déjà rencontré dans La fille du temps et Le plus beau des anges, chargé de démêler tout ça.

Mon avis

C'est un très bon livre avec une excellente intrigue, et toujours une fin auquelle je ne m'attendais pas (j'étais persuadée que c'était le frère à cause du titre). Cependant, j'ai trouvé le texte plus fouillis que les deux romans que j'avais lu d'elle. Cela tient au fait que la narration n'est pas centrée sur l'inspecteur Grant. Il y a des personnages secondaires qui l'éclipsent ; par exemple, Erica, la fille d'un policier local, qui innocente le faux coupable et vrai innocent. Visiblement, Erica tient une place précédente dans le film d'Hitchcock. Je vous en dirai plus quand je l'aurai visionné.

Deux informations sur ce livre

  • Il a été adapté en 1937, un an après sa publication, par Alfred Hitchcock.
  • Il a d'abord été publié au Masque, en 1955, sous le titre du Maillot vert. Le titre Jeune et Innocent a été repris pour la réédition en 1992.

Un autre avis

Celui de Catherine Raucy

Reférences

Jeune et innocent de Josephine TEY (Les Reines du crime - Le Masque, 2002)

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Littérature écossaise | Romans policiers et thrillers

Josephine Tey

March 17
by Cecile 17. March 2009 20:19

Biographie

Pseudonyme d'Elizabeth Mackintosh. Autre pseudonyme : Gordon Daviot soous lequel elle a écrit notamment ses pièces de théâtre dont Richard de Bordeaux.

Elle est née à Inverness (Écosse) en 1897 et est morte à Londres (Streatham) le 13 février 1952.

Son début de carrière est assez atypique. Après des études à la Royal Academy d'Inverness puis au Anstey Physical Training College de Birmingham, elle devient professeur de sport dans les années vingt. Cette carrière dure huit années. Elle doit abandonner cette profession pour s'occuper de son père invalide, sa mère étant décédée. Elle se consacre dès lors à l'écriture. D'après le Dictionnaire des littérature policières, elle a signé onze romans (dont huit policiers), une biographie (Claverhouse, 1937) et une vingtaine de pièces, la plupart historiques, pour le théâtre (13) et la radio (7). Pour plus de précisions sur ses oeuvres, on peut consulter le site de la Richard III Society, American Branch. De plus, ses poèmes, contes et nouvelles sont publiées dans des journaux ou revues (English Review, par exemple).

Pour ce qui est de l'utilisation des pseudonymes, c'est à partir du roman Jeune et Innocent qu'elle prendra pour tous les romans policiers le pseudonyme de Josephine Tey et gardera elui de Gordon Daviot pour les oeuvres "plus sérieuses". Elle est morte en 1952 d'une longue maladie peu de temp après la publication de son best-seller, La fille du temps.

Elle a été nommée par le Times comme l'un des cinquante meilleurs écrivains de romans policiers de tous les temps.

Un roman policier de Nicola Upson, Crime à l'affiche, dont Josephine Tey est l'héroïne, sort début avril aux éditions 10/18. 

 

Bibliographie

Références

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Littérature écossaise

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