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Mort en lisière de Margaret Atwood

February 10
by Cecile 10. February 2010 11:43

Mort en lisière est en réalité un recueil de dix nouvelles à ne surtout pas lire dans plusieurs cas :

  • Vous êtes un tant soit peu déprimé. Elle va vous plomber encore un peu plus le moral à chaque nouvelle. C'était mon cas ; je me suis retrouvée très triste à la fin du livre. En effet, pour tous les personnages des nouvelles cela ne se termine jamais dans la joie et la bonne humeur. Même si au départ ils étaient heureux, plein d'illusions sur le monde, à la fin, il se retrouve soit dans une vie qu'ils n'ont pas choisi, soit ils sont malheureux ...
  • Vous avez encore quelques illusions sur l'humain, sur la vie telle que nous la vivons de nos jours. Vous voulez garder ces illusions : ne lisez pas ces nouvelles. Margaret Atwood va vous ouvrir les yeux sur la réalité.

Passons aux résumés des nouvelles.

  • Courrier du coeur : un groupe de jeunes adolescents est en camp d'été surveillé par deux moniteurs et de jeunes serveuses. Une des serveuses va se retrouver enceinte d'un garçon dont elle n'osera pas dire le nom. Elle élevera seule son enfant. Dix ans plus tard : on fait le point sur la vie de quelques protagonistes de cette histoire.
  • Un cadeau empoisonné : une femme vient de se faire opérer d'un kyste ovarien (avec des poils et des dents : comme si c'était un enfant) qu'elle garde dans un bocal de formol. Elle est journaliste et maîtresse de son patron marié. Elle le quitte mais envoie le kyste à la femme, comme l'enfant qui serait né de leur amour.
  • Isis dans les ténèbres : un poète raté raconte son amour de jeunesse non réciproque de Séléna. Il finit par se marier avec une autre femme mais garde toujours Séléna en tête.
  • L'homme dans la tourbière : une jeune femme couche avec son professeur marié. Il l'emmène en Écosse dans les tourbières car il est archéologue et on vient de retrouver un corps. Il la laisse plus ou moins de côté. Elle le quitte même si pour elle c'est le grand amour. AU bout de quelques années, elle se rappelle exactement l'Écosse mais l'amant n'est qu'une image floue.
  • Mort en lisière : Loïs accroche des tableaux de paysage dans son nouvel appartement. Cela lui rappelle le suicide de sa meilleure amie de camp de vacances que l'on n'a jamais retrouvé. Ne serait-elle pas cachée dans les tableaux ?
  • Les oncles : une femme est élevée par sa mère et ses trois oncles qui la chérissent comme si elle était leur fille. Plus tard, elle travaille dans un journal et se lie d'amitié avec un homme qui ressemble aux trois oncles qui va l'aider à construire sa carrière. Cependant, il la trahira après vingt ans et elle va se remettre en question.
  • Les années de plomb : histoire d'amitié - amour non consommé entre Vincent et Jane racontée après la mort de Vincent.
  • Hommage à Molly : une femme, dont la meilleure amie s'est fait tuer sous les coups de son mari, dine avec un homme. Et s'interroge sur ses réactions.
  • Dans la jungle des familles : un homme est marié avec une femme qui a deux soeurs. Il couche avec les trois soeurs et ça fout le bins dans la famille.
  • Le mercredi d'une mercenaire : c'est la journée d'une femme comme les autres : elle a un mari révolutionaire, écologiste qui dénigre le journal elle travaille et dont elle craint de se faire virer même si elle n'a que des piges. Enfin elle vit sa vie.

Je pense que le résumé des nouvelles vous permet de bien voir les thèmes de Margaret Atwood : les femmes (souvent journalistes d'ailleurs), les amours contrariés, l'amitié, la mort et la vie dans son plus simple appareil. Pas de bonheur, de mariage heureux. Elle dépeint des personnages courants, de notre vie quotidienne. Cela ne correspondait pas trop à ce dont j'avais besoin à ce moment là. Il faut cependant lui reconnaître un très grand talent : les nouvelles sont toutes de niveau égal (ce qui est quand même rare dans ce type de recueil), sont autour de même thème (c'est très homogène). De plus, elle a une écriture impressionante dans le type d'images qu'elle peut développer ; c'est bref, acide mais on voit tout de suite la scène se dessiner devant nous. Un exemple sur les premières lignes de la première nouvelle :

Les serveuses se dorent au soleil comme une troupe d'otaries écorchées, leurs corps rose et brun tout luisant d'huile solaire. Elles ont gardé leurs maillots de bain parce que c'est l'après-midi. Aux premières lueurs de l'aube, ou bien au crépuscule, il arrive qu'elles aillent se baigner toutes nues - rester accroupis en proie à mille démageaisons, au milieu des buissons infestés de moustiques qui se trouvent en face du ponton qui leur est réservé, devient alors infiniment plus attrayant.

En conclusion, je continuerai la découverte de cette auteure en connaissant maintenant ce qu'elle écrit et les thèmes qu'elle aborde.

Références

Mort en lisière de Margaret ATWOOD - traduit de l'anglais (Canada) par François Dupuigrenet-Desroussilles (Pavillons poche - Robert Laffont, 2009)

Vous pouvez d'autres avis sur le site du Prix Littéraire des Blogueurs. En effet c'est dans le cadre de ce prix que j'ai lu ce livre (que je n'aurais pas ouvert sinon). Ce livre peut voyager pour les autres participantes (et même les autres mais il faut que je vous connaisse quand même). N'hésitez pas !

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Littérature canadienne

Stevenson sous les palmiers d'Alberto Manguel

April 09
by Cecile 9. April 2009 09:10
Avant de partir au Mexique, direction les îles Samoa dans le Sud-Pacifique avec Robert Louis Stevenson ...

 

 

Quatrième de couverture

"Aux îles Samoa, où il s'est installé avec sa femme sur la fin de sa vie, le célèbre écrivain Robert Louis Stevenson oscille entre nostalgie des brouillards de son Edimbourg natal et une fascination grandissante pour l'exotique volupté des îles. Taraudé par une maladie qui ne lui laisse guère de répit, frustré par la froideur de la couche conjugale, il poursuit néanmoins son entreprise littéraire entre deux quintes de toux. Un jour est retrouvée morte, après avoir été violée, une jeune fille dont la danse lagoureuse avait captivé l'écrivain lors d'une fête locale de rendre compte de son emploi du temps le jour du drame ...

Stevenson, l'une des figures fondatrices de l'imaginaire littéraire d'Alberto Manguel, devient alors le héros d'une superbe fable qui signe les noces d'Eros, de Thanatos et de la fiction conçue comme émanation directe du désir."

Extrait d'une discussion entre Mr Barker, missionnaire, et Stevenson 

"- Il m'arrive de penser que mon éditeur distribue des exemplaires afin de flatter mon sentiment d'importance.

- Je n'en ai jamais lu et je n'en lirai jamais. Je n'ai pas de temps à perdre avec le verbiage romanesque. Des histoires inventées, en vérité ! Mensonges, à mon avis, pardonnez-moi. Notre bref séjour sur cette terre doit être un temps de réforme et d'apprentissage, sans dissipation ni fantaisie. Il n'ya qu'un Livre, monsieur, auquel je dois toute mon attention, et il ne raconte pas de fables.

Stevenson se sentit mis en accusation.

- Tout ce que je prétends faire avec mes récits, c'est apporter un peu de plaisir, un peu de bonheur. C'est là notre obligation, non ?

- Le bonheur ? L'homme eut un petit rire. Le bonheur est une récompense, pas un droit." (p. 25-26)

Mon avis

À lire la première partie de la quatrième de couverture, je pensais que c'était un roman policier. La deuxième partie m'a dit que que non ... même si ça ne m'a pas dit grand chose de plus (car je ne savais pas qui était Thanatos : mais maintenant je sais).  C'est un très court roman (moins de 100 pages) où Alberto Manguel, avec ses connaissances incroyables sur les auteurs, puise dans les Lettres de Robert Louis Stevenson à sa famille et à ses amis des noms (celui de Mr Barker entre autre) pour extrapoler sur la fin de vie de Stevenson. Il fait jouer un rôle très particulier à ce Mr Barker. On se demande qui il a été en réalité pour Stevenson ... J'espère que les descendants n'ont pas lu le livre ! On y apprend entre autre que les îles Samoa ce n'est pas vraiment bien quand on a l'état de santé de Stevenson (trop humide) et qu'il y a eu une guerre aux îles Samoa entre 1889 et 1899 entre les Allemands, les Anglais, les Américains ...

J'ai eu du mal à me mettre dans le récit (ce n'est pas pareil que ce que j'avais lu avant d'Alberto Manguel : La bibliothèque, la nuit et en plus je suis un petit peu malade) mais c'est quand même très sympathique à lire : la fin vous fait poser plein de questions ...

D'autres avis

J'ai découvert la fonction recherche dans les blogs de Google !

Celui d'Allie, de Frisette ...

Références

Stevenson sous les palmiers de Alberto MANGUEL - roman traduit de l'anglais par Christine Le Boeuf (Babel, 2005)

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Littérature canadienne

Loin d'elle d'Alice Munro

February 23
by Cecile 23. February 2009 10:39

Quatrième de couverture

"Fiona perd pied, des trous noirs semblent embuer sa mémoire, son monde n'a plus de sens. Après s'être résolu à la placer dans une institution, Grant, son époux si tendre et si paisible depuis cinquante ans, va éprouver les affres de la solitude. Mais par amour pour celle qu'il a si profondément aimé, il décide, le moment venu, de se sacrifier. Loin d'elle est une chronique douce et amère d'une vie qui n'est que passage."

Mon avis

Grant se sacrifie dans le sens où quand Fiona "tombe amoureuse" d'un autre patient et que celui-ci repart chez lui, elle se laisse mourir ; alors Grant se voit dans l'obligation d'agir pour qu'elle puisse encore le revoir même si il aime encore par dessus tout sa femme. Les passages sur le couple de maintenant sont enrecoupés de passages sur le couple plus jeune où Grant n'hésitait pas à tromper Fiona (c'était le contexte de l'époque visiblement).

Alice Munro faisait partie des auteurs à découvrir suite à ma lecture de La Reine des lectrices. Samedi, quand je suis allée à la librairie, j'ai pris le plus petit livre d'elle et c'était celui-ci. En réalité, cette petite nouvelle de 80 pages a déjà paru sous le titre L'ours qui traversa la montagne dans le recueil Un peu, beaucoup ... pas du tout et a été réédité à l'occasion de la sortie du film qui s'en inspire (la photo sur livre ne donne pas vraiment envie d'aller voir le film).

C'était une découverte pour moi : elle est un peu en demi-teinte. C'est agréable à lire mais sans plus. Je retentrai à l'occasion ...

Références

Loin d'elle d'Alice MUNRO - traduit de l'anglais par Geneviève Doze (Rivages poche, 2007)

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Littérature canadienne

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