Cecile's Blog

Bienvenue sur cecile.ch-baudry.com

La princesse de D.H. Lawrence

March 13
by Cecile 13. March 2010 22:00

Quatrième de couverture

Élevée par son père, Marie Henrietta Urquhart ne s'est jamais intéressée au monde ni à ses plaisirs. Elle a trente-huit ans quand son père meurt. Elle quitte alors son Angleterre natale et voyage jusqu'au Nouveau-Mexique. Au rancho del Cerro Gordo, elle rencontre Domingo : dans les yeux noirs du guide mexicain, la Princesse perçoit une étincelle étrange. Sa puissance virile et son charme brutal la troublent ... On retrouve dans La Princesse tous les thèmes chers à D.H. Lawrence, et la sensualité animale de Romero annonce celle de l'"amant" de lady Chatterley.

Mon avis

La princesse c'est donc Marie Henrietta Urquhart que son père appelait comme cela quand elle était petite et même quand elle est devenue grande. Suite à la mort de sa mère, la Princesse s'est retrouvée seule avec son père, un peu complètement fou. À eux deux, ils ont formé une sorte de société un peu à part auquel aucun autre membre n'a été admis. Vous vous imaginez le choc pour la Princesse quand son père meurt. Elle est alors âgée de trente huit ans et se retrouve toute seule après avoir vécu uniquement par, pour et avec son père. Cependant se produit un changement dans sa personne :

Maintenant que son père était mort, elle se trouvait à la lisière de la foule vulgaire, particpant à sa nécessité de fare quelque chose. C'était un peu humiliant. Elle se sentait en chemin d'être vulgarisée. En même temps, elle constata qu'elle regardait les hommes avec des yeux plus perçants : des yeux qui cherchaient le mariage. Non qu'elle ressentît un intérêt soudain pour les hommes, ou de l'attrait. Non. Elle n'était encore ni intéressée par eux ni attirée vers eux de façon vitale. Mais le mariage, cette abstraction particulière, avait jeté une sorte de charme sur elle. Elle considérait le mariage, tout à fait in abstracto, comme le parti qu'elle devait prendre. Elle savait aussi que le mariage impliquait la présence d'un homme. Elle n'ignorait rien des réalités. Mais l'homme semblait être une propriété de son propre esprit plutôt qu'un être en soi, qu'un autre être.

N'est-elle pas intelligente cette princesse ? Vous ai-je dis que la Princesse était un être quand même assez particulier (voire un chouia narcissique, pimbêche ...). Tout ça reste donc dans l'abstraction pour l'instant. Il faut donc passer à la pratique maintenant. Pour cela, elle part au Nouveau-Mexique où là c'est le choc de la rencontre avec le beau Romero :

Les touristes vont et viennent, mais il est rare qu'ils voient quoi que ce soit du dedans. Aucun d'eux ne voyait jamais l'étincelle qui brillait dans la pupille de Romero ; ils n'étaient pas assez vivants pour la voir. La Princesse la saisit un jour qu'elle avait Romero pour guide. Elle pêchait la truite dans le cañon ; Miss Cummins [la dame de compagnie] lisait un livre, les chevaux étaient attachés sous les arbres, Romero montait la mouche et lui tendit la ligne en levant les yeux vers elle. Et à cet instant, elle saisit l'étincelle de sa pupille. Et aussitôt elle comprit que c'était un gentilhomme, que son "démon", comme aurait dit son père, était un beau démon. Et instantanément, elle changea de manière à son égard.

[...]

Elle comprit qu'il l'aidait. Et elle sentit dans sa présence une subtile bienveillance insidieuse et mâle dont jamais encore elle n'avait eu l'expérience. Sa joue s'empourpra et ses yeux bleus prirent une nuance plus foncée.

[...]

Et pourtant sa présence ne faisait que chasser loin d'elle l'idée fixe du mariage. Pour une raison ou une autre, l'idée de se marier avec lui ne pouvait pas entrer dans son étrange petite cervelle. Pour aucune raison définie. C'était en soi un gentilhomme, et elle avait bien assez d'argent pour deux. Il n'y avait pas de véritable obstacle. Et elle n'était pas conventionnelle. Non, maintenant qu'elle allait au fond des choses, c'était comme si leurs deux "démons" pouvaient se marier, comme s'ils étaient peut-être mariés. Seulement, leurs deux moi, Miss Urquhart et Señor Domingo Romero, étaient pour une raison ou pour une autre, incompatibles. Il y avait entre eux une intimité particulière, subtile, faite d'entente réciproque. Mais elle ne voyait pas le moins du monde comment cela les mènerait au mariage. Elle aurait presque pu épouser plus facilemet l'un de ces gentils garçons de Harvard ou de Yale.

Vous l'aurez compris : elle veut coucher mais pas se marier. Reste plus qu'à maintenant ! Et comme la vie n'est jamais aussi simple que dans les Harlequins, cela va se faire mais pas comme elle le croit.

J'avais choisi ce livre l'année dernière année au salon du livre parce que je voulais lire D.H. Lawrence et que je n'ai jamais osé acheté L'amant de Lady Chatterley. Je l'avoue je n'aurais jamais pu faire les Harlequinades l'année dernière parce qu'à chaque fois que je passe en caisse en librairie, je tombe toujours sur quelqu'un qui me parle des livres que j'achète et ce même pour un livre totalement inconnu d'un allemand que j'avais mis plein de temps à trouver (nous avons eu un débat en caisse pour savoir si l'auteur était allemand ou hongrois suivant l'accent sur son nom de famille). Et que même mon frère qui ne lit pas sait que L'amant de Lady Chatterley c'est un livre un peu sulfureux, donc je n'ai pour l'instant jamais osé le prendre en librairie. Je rémédierai à ça un jour, c'est promis parce que j'aime beaucoup l'écriture de D.H. Lawrence.

C'est comme un peintre ou un sculpteur qui étudie les corps. En effet, dans une peinture ou une sculpture, vous vous imaginez le mouvement grâce à l'instantané du muscle (je suis sûre que vous voyez ce que je veux dire). C'est exactement ça qui se passe chez D.H. Lawrence : c'est la description du mouvement qui donne l'action. C'est la première fois que j'avais cette impression et cela m'a charmé. Visiblement, c'est ce que l'on appelle une écriture sensuelle (j'ai lu ça dans wiki je crois).

Une belle découverte. Mention spéciale au traducteur qui fait parler Marie Henrietta de son "moi intérieur de Princesse". Cela m'a fait (et me fait encore) beaucoup rire.

Livre lu dans le cadre du The Portrait of a Lady Swap de Lou et Titine.

Références

La Princesse de D.H. LAWRENCE - traduit de l'anglais par Pierre Leyris (Le petit Mercure - Mercure de France, 2008)

Tags:

Littérature anglaise

La douce colombe est morte de Barbara Pym

March 12
by Cecile 12. March 2010 11:57

Quatrième de couverture

Si Léonora, l'héroïne de ce roman, n'est pas encore vieille fille, elle est déjà consciente de jouer ses dernières cartes. Sa beauté et sa fortune lui ont valu des hommages qui se raréfient à présent. Hommages dont celle qui n'a plus rien d'une douce colombe a pourtant du mal à se passer. Elle jette alors son dévolu sur un jeune homme qui dérive cependant vers d'autres amours...

Mon avis

Il y a deux ans je vous aurais dit "Barbara Pym, qui c'est celle là ?" Depuis Lou, Keisha et Tamara sont passées par là ! (il ne faut qu'en même pas perdre de vue que Lilly n'ai pas sensible au charme de Barbara Pym et donc que si vous ne connaissez pas et que vous lisez, vous pourvez être déçue aussi). Enfin maintenant je sais qui c'est et je peux vous dire que c'est une lecture enthousiasmante. Pas dans le sens où c'est profond et où je me sens beaucoup plus intelligente mais dans le sens où c'est léger, cocasse, déluré et que j'ai beaucoup ri.

Là encore, je tiens à remercier le très très gentil auteur de la quatrième de couverture parce que pour lui quand on est une femme qui approche la cinquantaine (voir le début du chapitre 2) on n'est pas encore une vieille fille et donc rien n'est perdu (si ce monsieur pouvait venir voir ma voisine pour lui expliquer cela, ce ne sera pas mal). Léonora, notre héroïne, est donc une femme dans la fleur de l'âge pour qui rien n'est encore perdu même si elle a l'air très contente comme elle est. Elle a des vieux beaux qui vienne la voir pour lui offrir des fleurs, des repas chers, des bijoux. Elle a bien deux voisines un peu casse pied : une qui met la radio un peu trop fort (je connais ça : mes voisins ont une porte qui grince) et une qui s'est rabattue sur les chats après l'essai d'un mari pas très gentil. Léonora est riche, chic, ne supporte pas le négligé (l'archétype de la vieille fille mais ne le disons pas).

Mais un jour elle va aux enchères acheter un livre de fleurs (?) et elle s'évanouit après l'avoir remporté et fait les enchères elle-même (c'est une femme forte, mais petite nature quand même) . Là, deux beaux males viennent à son secours en se proposant de la sustanter. Deux antiquaires (je vous sens tout de suite un peu plus sceptique sur les deux beaux males) : un de vingt-cinq ans, James et un veuf d'une cinquantaine d'années, Humphrey. La voilà amoureuse (sans pour autant vouloir conclure dans un lit parce que c'est du plus mauvais goût), je vous laisse deviner de qui (il suffit de lire la quatrième de couverture) : de James bien évidemment (Humphrey est un peu dégouté mais s'accroche pour le jour où elle en aura marre). Le sentiment est plus ou moins réciproque même si cela reste pour le garçon très platonique : c'est un peu sa bonne amie, sa mère de remplacement ... Tout ça est un peu confus dans sa tête.

Mais pour la bagatelle, James a Pheobe, l'opposé de Léonora, et puis Ned, un gentil américain. Parce que là aussi c'est un peu confus dans sa tête. Voilà Léonora partie dans une sorte d'entreprise de conquête et d'éloignement des rivaux. Pendant toute la lecture j'ai gardé le sourire aux lèvres en me disant "elle ne vas pas faire ça" et si si elle le faisait.

Seules les cinquante dernières pages du livre sont tristes parce que là Barbara Pym nous fait comprendre que oui la douce colombe est morte, et qu'elle est peut être devenue un peu vieille fille.

Livre lu dans le cadre du The Portrait of a Lady Swap de Lou et Titine.

Références

La douce colombe est morte de Barbara PYM (Christian Bourgois - collection Titres, 2007)

Tags:

Littérature anglaise

Aurora Floyd de Mary Elizabeth Braddon

March 10
by Cecile 10. March 2010 10:54

Quatrième de couverture

Aurora Floyd est la fille choyée d'un richissime banquier. Une violente dispute l'oppose à son père lorsqu'elle revient d'une longue promenade à cheval avec son palefrenier. Aurora est envoyée à Paris dans un pensionnat pour faire des études. On la retrouve un an plus tard, à nouveau chez son père. Réconciliée mais distante, marquée à jamais par un drame qui a éloigné d'elle l'homme qu'elle aime ...

Comme dans tous les romans à suspense de M.E. Braddon, le lecteur pressent ce qui est à l'origine du drame sans que cela soit explicite, et il est entraîné malgré lui, et sans pouvoir s'arrêter, dans un maelström excitant qui le pousse à connaître le déroulement et la fin de l'énigme.

Mon avis

Mon deuxième Mary Elizabeth Braddon. Je l'ai trouvé mieux que Le secret de Lady Audley même si c'est la même thématique : les femmes victoriennes ont toute une double vie, c'est moi qui vous le dit ! À lire, la quatrième de couverture je pensais qu'Aurora Floyd avait eu un enfant caché avec le palefrenier. Mais ce n'est pas ça du tout parce qu'en y réfléchissant un enfant caché peut être élevé sans connaître sa mère. Donc nous voilà bien embarassé parce que le fameux mystère d'Aurora Floyd ne va pas l'empêcher d'avoir un premier soupirant : Talbot Bulstrode qui trouve Aurora bien trop agitée pour lui pour l'Anglais calme et placide qu'il est (elle aime les chevaux, les courses de chevaux et les chiens à la manière d'un homme, elle a le physique d'une déesse égyptienne avec des yeux noirs à tomber par terre). Alors quand elle lui dit qu'elle a un secret qu'elle ne pourra jamais lui révéler, il fait taire son amour irrépréssible pour elle et le dirige vite fait bien fait sur la cousine Lucy, blonde aux yeux bleus et qui aime les trucs de femmes victoriennes. Là arrive un deuxième soupirant pour Aurora : John Mellish, trente deux ans qui voue lui aussi un amour irrépréssible à Aurora et se fiche comme de l'an 40 du secret : il lui fait entièrement confiance et c'est tout.

Mais cela ne pouvait pas se terminer aussi bien parce que pour le coup on ne savait toujours pas quel était le secret ! Donc Aurora et John vont vivre dans la maison du dernier et seront rattrappés par le secret : il y  aura même meurtre à la page 330 (et 200 pages de résolution derrière).

C'est plein de rebondissements et vous tournez les pages bêtement parce que comme il est dit Mary Elizabeth sait vous raconter une histoire mieux que personne. Derrière cette toile de fond que l'on pourrait penser légère, c'est le portrait de deux femmes : une femme victorienne de son époque, bien dans les convenances et tout et tout, et d'une deuxième trop moderne pour son temps que son entourage ne peut s'empêcher d'admirer et de réprouver à la fois. C'est aussi le portrait de deux manières d'aimer : être raisonnable et avoir une vie tranquille ou bien aimer de manière inconditionnelle et toujours (ou presque) faire confiance à l'être aimé. Pour l'époque où il a été écrit je trouve que le récit est vraiment très moderne.

En conclusion, j'aime vraiment beaucoup Mary Elizabeth Braddon. Si vous voulez que le livre voyage jusqu'à chez vous (rien que pour savoir le fameux secret), n'hésitez pas !

Livre lu dans le cadre du challenge English Classics, du challenge Mary Elizabeth Braddon et surtout du The Portrait of a Lady Swap de Lou et Titine.

Références

Aurora Floyd de Mary Elizabeth BRADDON - traduit de l'anglais, revu et corrigé par Medeleine Jodel, présentation de l'auteur par Joëlle Losfeld (Éditions Joëlle Losfeld, 2006)

Tags:

Littérature anglaise

Vie de Richard Savage de Samuel Johnson

March 08
by Cecile 8. March 2010 14:14

Présentation de l'éditeur

Bâtard de sang noble poursuivi par sa mère d'une haine aussi inexpiable qu'incompréhensible, condamné à mort sauvé par une grâce royale, un jour poète crotté, le lendemain favori des salons, Richard Savage connut une existence tourmentée, qui semble plus relever du roman - ce qui frappa déjà Diderot lors de sa lecture - que de la réalité.

Fiction ou vérité, c'est bien l'ambiguïté qui pèse sur cette Vie puisque le mystère des origines de Savage, victime ou calomniateur, imposteur conscient ou mytomane, n'a pas résolu par les historiens et la critique, quand même ils inclinent au scepticisme.

Samuel Johnson, lui, ne mit pas un instant en doute la parole de celui qu'il considérait comme un ami et dont il tient la plupart des anecdotes qu'il rapporte. Curieux ascendant si l'on considère le sort contrasté que la postérité a réserver aux deux hommes : d'un côté la figure tutélaire des lettres anglaises, de l'autre un poète mineur, auteur de pièces de circonstances, retombé dans l'oubli.

Dans les interstices de sa Vie de Richard Savage, c'est peut-être un secret autoportrait de Johnson qui se dessine, portrait de l'artiste en jeune homme, si l'on veut, qu'attendent encore ses certitudes et que troublent déjà le scrupule et la noire mélancolie.

Mon avis

C'est un livre qui relève pour moi d'un grand malentendu.Il existe deux versions du manuscrit : une avec des extraits d'oeuvre de Richard Savage et une autre expurgé de ces extraits (et ce par Samuel Jonhson lui-même). C'est cette deuxième version qu'ont choisi de publier les éditions du promeneur. Finalement, pour nous, lecteurs du XXIième siècle, on ne voit plus en Richard Savage l'artiste (je défie quiconque de me citer une ligne du travail de Richard Savage sans être obligé de regarder sur Internet) mais l'homme. Et l'homme, franchement n'est pas de ceux que l'on aimerait avoir comme ami.

Il a eu un début de vie très difficile. Sa mère l'a renié, a voulu le tuer, a voulu qu'il meurt. C'est seulement à partir de la vingtaine qu'il a comencé à pouvoir vivre indépendamment de son horrible mère (c'est à dire à être reconnu pour son travail et non pas pour l'histoire de sa naissance). Mais c'était trop lui demander. Il est devenu une sorte de pilier de bar, ce qui l'a empêché de gagner sa vie puisqu'il ne pouvait plus écrire. Ses amis vont alors mettre en place une sorte de rente, et ce à plusieurs reprises (car il va perdre ces mécènes au fur et à mesure bien évidemment). Passe encore c'est une vie triste mais ça arrive. Mais non content de ça, Richard Savage est une sorte de Calimero : c'est la faute de sa mère (oui en effet) mais aussi des amis qui font en sorte qu'ils puissent vivre et même aller dans les bars (il fait même des pamphlets à leurs sujets pour les ridiculiser en public).

Quand j'ai parlé de malentendu au départ c'est à cause du ton qu'emploie Samuel Johnson. Il raconte les évènements avec tellement de pitié que je l'ai cru sarcastique (je n'avais pas lu la présentation de l'éditeur). Mais non, il a vraiment pitié de Richard Savage qui est un de ces meilleurs amis. Je n'ai compris cela qu'à la fin quand l'auteur résume la vie et l'eouvre de Richard Savage. En particulier, il parle de qualités auquelles je n'ai même pas fait attention tellement je n'ai fait attention qu'aux défauts.

En conclusion, j'espère avoir un ami tel que Samuel Johnson quand je mourrais qui ne verra que des qualités qui seront dues uniquement à ma personne, et, fera de mes défauts des traits de caractères qui seront dus à d'autres. Je vous souhaite la même chose !

P.S. : c'est l'écriture de Samuel Johnson qui a fait que j'ai lu le livre jusqu'au bout ! Elle est vraiment bien je peux vous le dire ...

Références

Vie de Richard Savage de Samuel JOHNSON - traduit de l'anglais par Lionel Leforestier (Le promeneur, 2010)

Tags:

Littérature anglaise

Emma de Jane Austen

February 22
by Cecile 22. February 2010 21:43

Quatrième de couverture

Publié anonymement en 1816, Emma est l'oeuvre la plus aboutie de Jane Austen et l'un des classiques du roman anglais. Orpheline de mère, seule auprès d'un père en mauvaise santé, Emma Woodhouse, désormais la maîtresse de maison, s'est mis en tête de marier Harriet Smith, une jeune fille pauvre qu'elle a prise sous sa protection. Ce faisant, ne s'est-elle pas attribué un rôle qui n'est pas (ou pas encore) pour elle ? Son inexpérience des coeurs et des êtres, ses propres émotions amoureuses, qu'elle ne sait guère interpréter ou traduire, lui vqudront bien des déconvenues et des découvertes. Autour d'Emma, Jane Austen dépeint avec sobriété et humour, et aussi une grande véracité psychologique, le petit monde provincial dans lequel elle a elle-même passé toute sa vie.

Mon avis

Je m'excuse pour les fautes et surtout auprès de The Story Book Girl avec qui je fais cette lecture commune (parce que j'aurais du publier le billet dans la journée et pas dans la soirée surtout que je l'ai fini il y a trois semaines ce livre). En effet, j'ai un cheval de troie sur mon portable que je n'ai pas réussi à enlever avec l'anti-virus (Bouh m'a porté la poisse) donc j'ai appelé mon expert en informatique, en la personne de mon frère, qui a pris le contrôle à distance (de chez lui) de mon PC et en échange il m'a prêté le sien, qui lui est resté à la maison, et qui est exactement le même mais avec une toute petite différence : j'ai un clavier anglais et lui un français. Alors si Jane Austen se transforme en Jqne Qusten merci de ne pas m'en tenir rigueur.

Après cette atermoiement tout personnel, passons à la lecture ! Emma est définitivement mon Jane Austen préféré juste à côté d'Orgueil et Préjugés. Et pourtant là aussi j'ai une histoire compliquée avec ce livre. En effet, c'est le premier Jane Austen que j'ai eu il y a dix ans dans la version 10/18. Et je l'avais abandonné à la page 78. Comme j'ai été plusieurs fois déçue par les traductions 10/18 (je reste persuadée que c'est pour ça que je n'ai pas aimé Mansfield Park : Angelitam et Nabokov (je vais lire le Bouquins qui vient de sortir avec ses critiques de livres anglais et russes c'est obligé) n'en pensent que le plus grand bien), je m'en suis rachetée un exemplaire au Livre de Poche dans la traduction de Pierre Nordon (en général, j'aime beaucoup son travail). Il n'y a pas photos je l'ai lu d'une traite.

Il y a particulièrement deux points qui m'ont beaucoup plu : le côté vie de village et l'histoire d'amour Emma/Mr. Knightley. En effet, la description de la vie provinciale de l'époque m'a beaucoup rappelé le roman d'Elizabeth Gaskell : Cranford. Parce que Jane Austen raconte le poids du quand-dira-t-on, de la pression des voisins, des rumeurs, du ragotage de bas étages. Même l'intrigue dans l'histoire d'amour entre Jane Fairfax et Frank Churchill (lui il m'a beaucoup fait rire parce que je l'ai trouvé godiche : le mot masculin ne me revien pas) m'a rappelé Femmes et filles d'Elizabeth Gaskell. Si ça ce n'est pas du plagiat par anticipation, Monsieur Bayard, je ne m'y connais pas !

Pour l'histoire d'amour, là aussi c'est une histoire qui n'appartient qu'à moi. Je ne connaissais pas l'histoire de Emma mais je m'attendais à l'histoire entre Emma et Mr. Knightley parce que j'ai acheté le Mr Knightley's Diary de Amanda Grange quand je suis allée à Londres. Je tournais les pages en attendant le début de l'histoire, d'une déclaration enflammée et ça ne venait pas. Finalement, c'est ce qui fait d'Emma un roman à part dans l'oeuvre de Jane Austen : l'hisoire d'amour de l'héroïne n'est que secondaire alors que la description de la société est primordiale.

Bien sûr, tout cela ait fait dans un style tout austenien qui donne cette impression d'être au coin du feu avec une tasse de thé en train d'écouter une histoire d'une dame qui vous fait vivre les personnages sans avoir besoin de les connaître (et ce grâce à des descriptions fouillées).

Maintenant, je vais aller découvrir les adaptations et regarder comment ils ont représenté la différence d'âge entre Emma, 19 ans, et, Monsieur Knightley, 37 ans ! C'est mon côté commère.

Références

Emma de Jane AUSTEN - traduit de l'anglais par Pierre Nordon (Livre de Poche, 2008) 

Tags:

Littérature anglaise

Les derniers jours d'Emmanuel Kant de Thomas de Quincey

February 12
by Cecile 12. February 2010 22:43

Présentation de l'éditeur

Thomas de Quincey (1785-1859), que Baudelaire a contribué à rendre célèbre en France, est l'auteur d'une oeuvre abondante, dont on retient habituellement Les Confessions d'un opiomane anglais et De l'assassinat considéré comme un des beaux-arts. Les derniers jours d'Emmanuel Kant, un de ses textes les plus aboutis, sont incontestablement aux côtés de ces chefs-d'oeuvre.

Ce n'est pas un hasard si Marcel Schwob, lui-même auteur de Vies imaginaires, a traduit ce récit. Car si De Quincey s'est appuyé sur des mémoires de contemporrains de Kant pour retracer la vie et surtout la fin du philosophe, c'est une véritable oeuvre de fiction qu'il bâtit, dont Kant est le personnage à la fois sublime et ridicule, saisi dans ce qu'il a de plus intime. On ne trouvera dans ce livre aucun développement sur sa philosophie mais une succession d'anecdotes révélatrices. De ce mélange d'ironie et de tendresse finit par se dégager une profonde mélancolie, celle du temps qui passe et détruit ineroxablement les plus grands esprits.

Mon avis

Vous vous rappelez Kant, cet homme dont la philosophie plus que compliquée (je rappelle que j'étais en terminale S) hantait vos manuels de terminale. Pour vous, Kant c'est peut être aussi l'homme à la ponctualité maniaque de Koenigsberg. En gos, Kant dans l'imaginaire commun n'est pas un homme comme les autres. Et bien figurez-vous que si !

Kant, dans la vie, quand il reçoit ses relations, est adorable : il fait la conversation (en plus avec des propos intelligents), se soucie de chacun ... Mais Kant vieillit un peu comme tout le monde. Alors, il n'est plus génie. Il devient embrouillé, victime de ses serviteurs, se brûle avec la bougie qui lui sert à lire. Mais il n'en reste pas moins un vieillard adorable. Tous ses amis vont continuer à se soucier de lui.

De Quincey nous donne les annecdotes de la "décrépitude" de Kant. Le livre est constitué en deux parties : les annecdotes montrant tout le charme d'un grand esprit et les annecdotes montrant la chute du génie. De Quincey nous fait aimer la personne de Kant, on se prend pratiquement de tendresse pour lui.

C'est le troisième livre de de Quincey que je lis et c'est encore un style différent. Dans De l'assassinat ..., il y avait l'humour anglais. Dans Klosterheim, il y avait l'art de narrer une aventure et ici c'est l'art de s'attaquer à un personnage célèbre que l'on admire avec un angle très novateur. Schwob précise dans sa préface qu'il a fait de même avec Coleridge et Wordsworth. Pour le dernier, "en trois pages d'extase il montre le grand homme coupant un beau livre - qui ne lui appartient pas - avec un couteau souillé de beurre."

En conclusion, je continue ma découverte de de Quincey !

Je remercie au passage Michel Sender et Dominique d'avoir attiré mon attention sur ce livre.

La première page

J'admets qu'on m'accordera d'avance que toutesles personnes de quelque éducation prendront un certain intérêt à l'histoire personnelle d'Emmanuel Kant, si peu que leurs goûts ou les occasions aient pu les mettre en rapport avec l'histoire des opinions philosophiques de Kant. Un grand homme, même sur un sentier peu populaire, doit toujours être l'objet d'une libérale curiosité. Supposer qu'un lecteur soit parfaitement indifférent à Kant, c'est supposer qu'il soit parfaitement inintellectuel ; en conséquence, même si en réalité il se trouvait ne point considérer Kant avec intérêt, il faudrait encore feindre le contraire. Ce principe me permet de ne point faire d'excuses à aucun lecteur, philosophe ou non, Goth ou Vandale, Hun ou Sarrasin, pour lui imposer une courte esquisse de la vie de Kant et de ses habitudes familières, tirée des rapports authentiques de ses amis et disciples. Il est vrai que, sans aucun manque de générosité de la part du public, les oeuvres de Kant ne sont pas, dans ce pays, considérées avec le même intérêt qui s'est amassé autour de son nom. Et ceci peut être attribué à trois causes : premièrement au langage dans lequel ces oeuvres sont écrites ; secondement à l'obscurité supposée de la philosophie qu'elles contiennent, qu'elle soit inaliénable ou due au mode particulier d'exposition de Kant ; troisièmement à l'impopularité de tout philosophie spéculative quelle qu'elle soit, et en quelque manière qu'elle soit traitée, dans un pays la structure et la tendance de la société impriment à toute l'activité de la nation une direction presque exclusivement pratique. Mais quelles qu'aient été les fortunes immédiates de ses livres, pas un homme de curiosité éclairée ne regardera l'auteur lui-même sans une nuance d'intérêt profond.

Références

Les derniers jours d'Emmanuel Kant de Thomas de QUINCEY - traduit de l'anglais par Marcel Schwob (Allia, 2004)

Tags:

Littérature anglaise

Klosterheim de Thomas de Quincey

February 05
by Cecile 5. February 2010 21:11

Résumé

L'action se déroule à l'époque de la Guerre de Trente Ans dans les provinces de Bavière et de Souabe. On y rencontre le personnage du Landgrave, soutenu par les Suédois, qui gère la ville fortifiée de Klosterheim mais d'une main de fer (en temps de guerre c'est un peu toujours le cas mais lui un peu trop ; il est plutôt dans la dictature). Il y a aussi Maximilien, jeune homme courageux s'opposant au Landgrave et donc fervent partisan de l'Empereur. Il doit être rejoint par la "jeune et innocente Comtesse Paulina", fille naturelle de l'Empereur, qui est aussi son amoureuse.

Dans un premier temps, on suit ce voyage terrifiant à travers un pays en guerre. C'est un voyage en convoi. Celui-ci se fera attaqué, pillé à plusieurs reprise mais la Comtesse arrivera à bon port à Klosterheim et se réfugie dans une sorte d'abbaye, Sainte Agnès. En effet, à peine est elle arrivée que Maximilien doit fuir ou se cacher parce qu'il a déplu au Landgrave. Au même moment, un home masqué sème la panique dans la ville et surtout dans la tête du Landgrave qui sent son autorité menacée. Vous l'aurez compris ce masque c'est Maximilien... Après une histoire plutôt traditionnelle, il y aura une fin totalement inattendue (à moins que vous lisiez la présentation de l'éditeur).

Mon avis

J'ai trouvé l'histoire très compliquée au départ. En premier lieu, à cause des faits historiques qui ne sont pas présentés. Thomas de Quincey laisse à penser que nous devrions tout de suite comprendre qui sont les gentils et les méchants dans l'histoire rien qu'à leur nom. Cela rend le livre un petit peu difficile à suivre au départ.

Après, c'est tout simplement génial. Vous aimez les romans gothiques, l'"atmosphère de suspicion", les "troubles menaces", les "lettres d'intimidation", les "meurtres" : ne vous privez pas. Cela vos plaira sans aucun doute. C'est très bien écrit, on suit les péripéties des protagonnistes avec grand enthousiasme.

D'ailleurs Coleridge rapproche Klosterheim du Quentin Durward de Walter Scott : "la pureté de la langue et du style" qui atteint selon lui "un niveau d'excellence auquel Walter Scott ne semblait pas même prétendre". En effet, c'est plus facile à suivre que Walter Scott. De plus, le rapprochement est évident par le fait de la description de faits historiques mais c'est à mon avis différent : Walter Scott prend plaisir à décrire des personnages tandis que Thomas de Quincey prend plaisir à décrire des actions et des intrigues.

En conclusion, ne boudez pas votre plaisir !

Un autre avis

Celui d'Alcapone.

Références

Klosterheim de Thomas de QUINCEY - traduit de l'anglais et préfacé par Liliane Abensour (José Corti - collection romantique, 1997)

Tags:

Littérature anglaise

De l'assassinat considéré comme un des Beaux-Arts de Thomas de Quincey

January 24
by Cecile 24. January 2010 12:01

À la suite de ma lecture du livre d'Andrés Trapiello Les amis du crime parfait, j'ai pris ce livre, qui y était abondamment commenté, à la librairie (toute petite mais même pas besoin de le commander : la libraire l'avait en rayon. N'est-elle pas parfaite ?) Alors me direz vous de quoi ça parle.

Le livre est divisé en trois parties : Conférence, Mémoire supplémentaire sur l'assassinat considéré comme un des Beaux-Arts, Post-Scriptum. Les deux premières parties ont été écrites respectivement  en 1827 et en 1839 parce que de Quincey avait besoin d'argent pour payer ses créanciers (et son dealer si j'ai bien compris l'introduction de Pierre Leyris). Ces deux premières parties correspondent au titre exactement : un homme vante les mérites de l'assassinat comme étant un art et non un truc sordide. Bien sûr c'est à prendre au second degré ... Dans la Conférence, de Quincey énumère tous les grands assassinats de l'Histoire et surtout ceux qu'il juge vraiment très forts. C'est un partie difficile à suivre même si il y a plein d'humour. En effet, il y a beaucoup de notes de bas de pages pour expliquer les meurtres car de Quincey est un Anglais du 19ième siècle qui avait une culture nettement plus impressionnante qu'une fille française du 21ième sicècle. Cela rend donc la lecture difficile à suivre. Mais il y a l'humour diabolique ! Exemple :

Fi de ces marchands de poison : ne pouvaient-ils s'en tenir au vieux procédé honnête du coupage de gorge, sans introduire ces abominables innovations d'Italie ? [...] Mais si nous écartons tout cela, il reste mainte excellente oeuvre d'art de pure style, dont nul n'aurait lieu de rougir, comme tout connaisseur sincère le reconnaîtra. Je dis sincère, notez-le bien ; car il faut faire de grandes concessions en de pareils cas ; aucun artiste ne peut jamais être sûr d'accomplir dans toute sa beauté ce qu'il a conçu. De malencontreux empêchements surgissent ; les gens n'acceptent pas qu'on leur coupe tranquillement la gorge ; ils s'enfuient ; ils se débattent, ils mordent ; et alors que le portraitiste a souvent à se plaindre d'un excès de torpeur chez son sujet, l'artiste qui nous concerne est généralement embarrassé par un excès d'animation. D'autre part, quelque désagréable qu'elle soit pour l'artiste, cette propension qu'a l'assassinat à exciter et à irriter le sujet est certainement un de ses attraits aux yeux du monde en général, et l'on ne doit pas négliger, car il favorise le développement des dons latents. Jérémie Taylor remarque avec admiration les bonds extraordinaires que l'on peut faire sous l'influence de la peur. (p. 62-63)

La deuxième partie marque à mon avis le besoin d'argent. Elle n'apporte rien par rapport à la première partie même si elle entend répondre aux critiques. De Quincey décrit un club qui s'est fondé sur cette id''e d'assassinat comme Beaux-Arts. L'humour est moins second degré et donc à mon goût moins bon. Ce qui est bien c'est que cette partie ne fait que trente pages. Il est à noter que d'après une note de traducteur de tels clubs ont existé dans l'Angleterre de de Quincey.

La troisième partie est absolument excellente. De Quincey l'a rajouté en 1854 en pensant qu'il n'avait pas assez détaillé le meurtre qu'il considéré dans la COnférence comme le must : les meurtres perpétrés des familles Mar et Williamson par Williams (dont P.D. James a parlé dans Les meurtres dans la tamise). On reconnaît là en de Quincey le chroniqueur de faits divers et de procès. Vous avez le droit à tous les détails ; vous y êtes. Je pense qu'aujourd'hui aucun auteur ne pourrait se permettre cela parce que cela serait considéré comme trop glauque et surtout les auteurs d'aujourd'hui nous demanderait de nous identifier soit à la victime soit au meurtrier mais de Quincey sait décrire tout en nous laissant à distance. C'est comme si on lisait un article du journal dans notre fauteuil. On plaint mais on se dit "heureusement, ce n'était pas moi". On retrouve aussi quelques touches du second degré de de Quincey.

En conclusion, c'est une lecture en dent de scie parce qu'à mon avis le style est excellent mais les références ont un peu vieilli. Il m'en reste l'impression que de Quincey est un écrivain original et qui sait jongler entre plusieurs types de récits. Si vous vous voulez en savoir plus, allez voir le blog d'Alcapone qui en a lu plusieurs déjà.

Références

De l'assassinat considéré comme un des Beaux-Arts de Thomas de QUINCEY - traduit de l'anglais et préfacé par Pierre Leyris (Gallimard - L'imaginaire, 1995)

Tags:

Littérature anglaise

Un esprit jaloux de A.N. Wilson

January 07
by Cecile 7. January 2010 19:33

Quatrième de couverture

Sallie Declan, une jeune Américaine venue poursuivre ses études à Londres, se morfond : la vieille Angleterre ne trouve pas grâce à ses yeux, et sa thèse - consacrée au Tour d'écrou de Henry James - est au point mort. Pour se changer les idées, elle se fait engager comme nounou dans une propriété victorienne perdue dans la campagne anglaise, un décor qui rappelle fort celui du Tour d'écrou. Bien vite, la réalité et la fiction se brouillent dans l'esprit de la jeune fille qui subit les moqueries des deux gamins et de leur acariâtre gouvernante. Pourtant Sallie tient bon car elle attend fébrilement le retour de Charles Masters, le veuf et séduisant maître des lieux, dont elle est tombée amoureuse lors de son entretien d'embauche.

Mais le fantôme de Rosie, l'épouse décédée de Charles, un vrai monstre de jalousie, n'entend pas laisser Sallie la remplacer dans le coeur de son mari et de ses enfants. C'est le début d'une lutte à mort entre les deux femmes. À condition, bien sûr, de croire Sallie sur parole...

Thriller psychologique mené tambour battant, Un esprit jaloux est aussi un jubilatoire hommage à Henry James, un conte horrifique à l'humour so british qui fera le bonheur des fans de P.D. James et de Ruth Rendell.

A.N. Wilson, né en 1950, est l'une des plus éminentes figures des lettres et du journalisme britanniques. Ses romans, ses essais et ses biographiques (de Walter Scott, Tolstoï, Iris Murdoch) lui ont valu de nombreux prix et un grand succès auprès de la critique et du public outre-Manche.

Mon avis

D'abord un grand merci à Lewerentz pour ce conseil de lecture parce que je n'aurais jamais ouvert le livre sans cela.

C'est un livre dans un livre. L'intrigue principale se calque sur celle du Tour d'écrou qui elle-même forme l'intrigue secondaire (car A.N. Wilson fait comme si on avait pas lu le Tour d'écrou, ce qui est plutôt intelligent). Ce qui m'a plu c'est la "psychologie" du livre. Je m'explique. Sans en avoir l'air, vous finissez pas transposer ce qui se passe dans l'intrigue principale à l'intrigue secondaire alors que finalement ce n'est jamais écrit noir sur blanc. C'est donc l'aspect des sous-entendus, des non-dits qu'est construit ce livre et sur ce que l'on peut arriver à croire avec ces sous-entendus.

Il faut quand même parler de l'intrigue principale qui est vraiment excellente grâce à des personnages poussés à l'extrême et l'humour de l'auteur très "british" comme le dit la couverture.

En conclusion, une lecture qui m'a beaucoup plu surtout après celle du Tour d'écrou !

Vous savez quoi ; ils viennent d'ouvrir une troisième librairie dans ma ville. La vie n'est-elle pas merveilleuse ? :)

Un autre avis

Celui de Cathulu

Références

Un esprit jaloux de A.N. WILSON - traduit de l'anglais par Pierre Demarty (Fayard, 2007)

Tags:

Littérature anglaise

Darcy's story de Janet Aylmer

December 31
by Cecile 31. December 2009 14:43

Finissons cette année par un livre réjouissant qui a fait battre mon petit coeur pratiquement autant qu'Orgueil et Préjugés. Ben normal, c'est un peu la même histoire. Mais comme je le disais dans mon billet sur ce même Orgueil et Préjugés, c'est pas toujours gagné. Dans le même genre, j'ai lu le Darcy's diary d'Amanda Grange et le Darcy's diary de Maya Slater. Autant le premier a continué à me faire rêver autant le deuxième donne une version très très glauque de l'histoire de Jane Austen.

Je situerais le Darcy's Story de Janet Almeyr entre les deux. Il est plus proche du ton d'Amanda Grange mais le début, là où l'auteur s'imagine ce qui s'est passé à Ramsgate, est un petit peu long et manque de charme à mon avis. L'autre partie où l'auteur se détache de l'oeuvre de Jane Austen c'est le moment entre la demande en mariage et la rencontre à Pemberley. Elle ne fait pas non plus preuve d'une imagination monstrueuse en s'imaginant les états d'âme de Darcy.

Si on résume un peu au niveau de l'histoire, Janet Almeyr est très fidèle à l'histoire d'Orgueil et Préjugés dans l'ensemble, et pour les deux passages qu'elle imagine elle n'est pas forcément très original. Passons à l'aspect anglais du livre c'est à dire au vocabulaire : je n'ai eu besoin de chercher aucun mot ! Et ce n'est pas du à des progrès extraordinaires en anglais. La lecture a été fluide grâce à cela et ce qui permet de conclure en disant que c'est un bon roman pour passer une bonne soirée même si le début est un peu long.

Je pense que je vais commencer la nouvelle année du challenge Lire en VO en lisant le livre d'Hilary Mantel qui a reçu le Booker Prize. 800 pages rien que ça : il est juste énorme. Qu'est qu'on ferait pas au début d'un année ! J'espère que vous verrez un jour le billet.

Comme le billet est court, j'en profite pour vous souhaiter un joyeux réveillon et surtout une bonne année pleine de bonheur et de moments heureux, de santé, de lectures et de blogs.

Références

Darcy's story de Janet Aylmer (Harper, 2006)

 

Tags:

Littérature anglaise

D'autres choses ...


Littérature à l'honneur

Thème à l'honneur

Les écrivains du Finbar's hotel

  • Dermot Bolger
  • Roddy Doyle
  • Anne Enright
  • Hugo Hamilton
  • Jennifer Johnston
  • Joseph O'Connor
  • Colm Toibin 

et/ou

Les livres de/sur/inspirés des livres de Henry James

et/ou

Les livres sur les phares et les barrages 

Les (anciens) thèmes à l'honneur

Auteur à l'honneur

Edgar Allan  Poe

D'autres liens ...

Pour me contacter


o