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Sherlock Holmes et les vampires de Londres (tome 1) de Sylvain Cordurié et de Laci

February 08
by Cecile 8. February 2010 17:53

Ce que j'aime avec la sortie du film sur Sherlock Holmes, c'est qu'il y a plein de livres sur lui qui sortent. C'est la fête pour moi. Ici, c'est une bande dessinnée : Sherlock Holmes avec des vampires. Si Darcy y a le droit pourquoi pas Sherlock me direz vous ? Je vous répondrais tout à fait car à mon avis c'est une réussite.

Juin 1891. Après "sa mort" dans les chutes de Reichenbach, Sherlock Holmes vit tranquillement à Paris où il a déjà résolu quelques enquêtes. Et en plus il a arrêté les substances stupéfiantes et il dit texto à Mycroft venu en visite : "Je peux toutefois te rassurer. Je me suis passé de stimulants depuis mon départ d'Angleterre. À vrai dire, j'en suis le premier surpris. Aussi désagréable que soit ma situation, elle semble avoir un effet bénéfique. Elle met mon intellect à contribution comme rarement." Il emmène ensuite son frère chez lui et là il découvre que sa logeuse (pas Mrs Hudson rassurez-vous) vient de se faire mordre par un vampire (et donc elle est morte). La première attaque échoue. Quelques jours après, une deuxième attaque plus sournoise car on l'attire dans un guet-apens en lui mettant devant les yeux le sosie d'Irène Adler, la seule femme que Sherlock Holmes ait aimé. Tout est relatif avec Sherlock Holmes car bien sûr il avait déjà tout compris et se laisse prendre au piège volontairement pour savoir ce qu'on lui veut. C'est le chef des vampires de Londres, Selymes, qui lui demande de poursuivre l'un des leurs : "Il y a quelques années, l'un de mes protégés fut touché par une maladie dégénérative. Il ne se contrôlait plus, se montrait agressif... Après qu'il ait commis pluieurs meurtres sauvages qui ne manquèrent pas d'attirer l'attention sur nous, nous avons fini par le capturer. Owen Chane,,, C'est son nom... resta enfermé un long moment à méditer sur ses crimes, jusqu'à ce qu'un imbécile le laisse s'échapper. Nous haïssant, il a décidé de s'en prendre aux gens d'influence, d'en tuer encore et encore pour détruire les relations mutuellement profitables que nous entretenons avec l'establishement. Et il y réussit. La reine Victoria elle-même nous a sommés de l'éliminer au plus vite, sous peine d'être exterminéx." S'engage une lutte à mort entre Sherlock Holmes et Owen Chanes ...

Enfin à mort je suppose parce qu'il y aura deux tomes. En tout cas le premier est vraiment très bien (et pourtant je ne suis pas particulièrement vampires). Pour ce qui est des dessins, j'ai été particulièrement convaincue par ceux représentant le Londres victorien (idem pour les couleurs. En résumé, on est dans l'ambiance). Le seul défaut des personnages, c'est que Sherlock ne ressemble pas à J. Brett mais Laci explique qu'il a pris les traits de son père. Donc, c'est pas grave !

En conclusion : quand est-ce que le deuxième tome sort ?

Références

Sherlock Holmes et les Vampires de Londres - tome 1 : L'appel du sang de Sylvain CORDURIÉ (scénario), de Vladimir KRSTIC-LACI (dessin), de Axel Gonzalbo (Couleurs) et de Jean-Sébastien ROSSBACH (couverture) (Soleil, 2010)

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BD et romans graphiques

Rouletabille en BD : le bon bout de la raison !

October 31
by Cecile 31. October 2009 15:00

Quatrième de couverture

Qui est l'agresseur de la belle Mathilde Stangerson ? Et surtout, comment a-t-il pu s'échapper de la chambre jaune. Qui était fermé de l'intérieur ? Le jeune reporter Rouletabille va douber les plus fins limiers en résolvant cette énigme... Avant de se lancer sur la piste du parfum de la dame en noi.

Les deux plus célèbres aventures de Rouletabille en bande dessinée : Le mystère de la chambre jaune et le parfum de la dame en noir, étaient devenues introuvables. Les voici enfin rééditées dans une nouvelle édition qui prolonge le suspense avec des énigmes inédites de Swysen et Duchâteau.

Mon avis

Je suis retombée en enfance quand j'ai lu cet album. J'avais adoré Le mystère de la chambre jaune quand j'étais au collège et là j'ai retrouvé ce plaisir en ouvrant cette bande dessinée (je me demande d'ailleurs pourquoi je n'avais pas lu le Parfum de la dame en noir). Ici, le livre est très bien adapté et permet de bien visualiser les scènes du roman (si on en a besoin bien sûr). Pour ce qui est de la présentation de l'album, des dessins, des couleurs, des bulles (qui peuvent être très nombreuses sur une même page), j'ai trouvé que ça ressemblait à du Tintin (comme quoi les classiques, ça marche toujours).

À la fin de l'album, il y a un dossier intéressant sur la manière dont on travaillé les deux auteurs, une première version de planche, la mise en scénario mais surtout des énigmes de Marc et Sylvie (qui paraissaient dans Télé 7 jeux et étaient fabriquées par les deux mêmes auteurs ; je fais ma savante mais je ne savais pas avant). Comme il est indiqué dans la quatrième de couverture, c'est la réédition de deux albums qui étaient parus en 1990 et en 1991. Il y a eu trois autres après !

En conclusion, c'est bien de redevenir petite de temps en temps.

Références

Rouletabille (le mystère de la chambre jaune et le parfum de la dame en noir) de Gaston Leroux, André-Paul Duchâteau (scénario) et Bernard Swysen (dessins) (Emmanuel Proust Éditions, 2008)

P.S. Je n'avais jamais vu Gaston Leroux. C'est pour ça que je l'ai mis ici : au cas où vous le rencontriez dans la rue ... on ne sait jamais !

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BD et romans graphiques

Terre Neuvas de Chabouté

October 28
by Cecile 28. October 2009 17:30

Depuis que je suis toute petite, j'ai entendu ma mère parler des Terre Neuvas. Alors, quand j'ai vu que cet album était sorti, vous devinez que je me suis précipitée ! Quand j'en ai parlé avec un ancien collègue, il m'a dit : c'est quoi les Terre Neuvas. Je me suis sentie seule au monde. Mais bon... Pour ceux qui ne savent pas (parce que je suppose qu'il n'est pas tout seul), je précise : les Terre Neuvas ce sont ces pêcheurs qui partaient pendant des mois et des mois pêcher la morue sur les bancs de Terre Neuve, au large du Canada. Vous vous imaginez sans mal quelle vie très dure ils menaient. Pendant des mois, ils travaillaient souvent plus de 18 heures par jour en pleine mer, souvent déchaînée ; ils ne voyaient pas la terre ...

C'est cette histoire que nous raconte ici Chabouté, et plus exactement l'histoire de la Marie-Jeanne pendant la campagne de 1913. En pleine campagne, les marins se mettent à mourir les uns après les autres "ni de noyade, ni de naufrage, ni de phtisie, ni de scorbut" mais plutôt exécutés ! Il y a donc un assassin à bord. Vous vous imaginez facilement l'ambiance qui règne alors sur le bâteau. On se soupçonne, on se frappe, on boit ... Le scénario est impeccable : la tension monte jusqu'à une explication dramatique et un dénouement plein de l'honneur des gens de mer.

Les dessins de l'auteur, en noir et blanc, renforcent le côté très dure de la vie. Les visages sont taillés au couteau. Il faut noter qu'il y a énormément de cases où il n'y a pas de textes, seulement des dessins. Les dialogues sont réservés souvent (voire la plus part du temps) aux enguelades.

En conclusion, un très très bel album ! Par contre, je ne sais pas si ça peut plaire quelqu'un qui n'est pas intéressé par les Terre Neuvas.

Références

Terre Neuvas de Chabouté (Vents d'Ouest, 2009)

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BD et romans graphiques

The mystery of Mary Rogers de Rick Geary

October 24
by Cecile 24. October 2009 12:20

Je me suis inscrite au challenge de Bladelor : Lire en VO. Il s'agit de lire 6 ou 12 ou plus de livres dans une langue étrangère. J'ai choisi l'anglais parce que mon russe est plutôt très scolaire et je ne me vois pas lire Anna Karénine en VO.

Pour vous situer mon niveau d'anglais (parce qu'en général c'est ce qui intéresse dans ce type de billet : la personne qui écris à quel niveau ? est-ce que moi aussi je peux comprendre), j'ai l'habitude de lire des articles scientifiques, plus exactement de mathématiques et c'est la seule chose que je lis couramment. Pour comprendre ces articles, il faut une très grande maitrise des mots de liaison (mais, ou, et, donc, or, ni, car et autres : donc c'est plus que facile) et surtout du franglais : les concepts sont tous traduits au mot à mot et les équations il n'y a pas plus universel. En plus, les articles sont en grande majorité écrit par des non-anglophones qui ont un peu près le même niveau. Par contre, quand j'essaye de lire un article d'actualité ou un classique, je ne comprends qu'un mot sur deux (et encore je suis généreuse). J'ai découvert récemment que je pouvais des livres modernes par contre (il n'y a que deux/trois mots dans une page que je connais pas mais j'en devine le sens). Ça c'est grâce à Jane Austen et ses "sequels". En conclusion, je suis très très loin d'être billingue et mon niveau est scolaire ... Ça vous donne une idée pour quand je vais vous dire que c'est un niveau d'anglais compliqué ou pas trop.

Quoi de plus simple pour lire un livre en anglais que de commencer par une BD. Si il y a un mot que vous ne comprenez pas, il y a le dessin !!! Donc, j'ai choisi une histoire que je connais : celle de l'assassinat de Mary Rogers. Oui, oui, rappelez vous je vous en ai déjà parlé pour la nouvelle de Poe. Ici, l'auteur reprend le fait divers, les protagonistes, l'enquête (baclée), les idées de Poe sur le sujet, la conclusion. Mais surtout à la fin, il donne une liste de questions qui n'ont toujours pas de réponse (comme si demain vous alliez à New York et que vous alliez enquêter). Dans l'ensemble, l'histoire est bien résumé et surtout bien mise en scène. Pour ce qui est du niveau d'anglais, il y a une trentaine de mots que je ne connaissais pas mais c'est une BD donc comme je vous le disais, les dessins expliquent le sens !

Par contre, le gros bémol que je mettrai c'est sur les dessins. Ils sont en noir en blanc (on ne devine pas trop je trouve à la couverture) et ils sont dessinés de telle manière que tout au long de ma lecture, j'ai eu envie de prendre mes crayons de couleur. Les femmes ont des moustaches de chat (peut être que c'était pour figurer les rides mais en tout cas c'est raté). Les expressions des visages sont trop accentué ; l'auteur ne met à mon gout pas assez en valeur les yeux. C'est important je pense de signaler que c'est à mon goût (d'européenne voir de française) et que c'est une bande dessinnée américaine (c'est donc peut être une adaptation au meurtre "victorien" des fameux comics).

En conclusion, une mise en perspective de l'histoire plutôt efficace mais desservie par les dessins. Dommage !

Références

The mystery of Mary Rogers de Rick Geary (A treasury of Victorian murder - ComicsLit, 2001)

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BD et romans graphiques

L'encre du passé de Mael et Bauza

August 08
by Cecile 8. August 2009 22:00

Partons au Japon du 17e-18e siècle avec une très belle bande dessinnée qui va vous aporte pendant une heure (ou plus ou moins) un peu de sérénité.

Résumé de l'éditeur

Dans le Japon d'Edo, môhitsu, calligraphe errant d'un village à l'autre, s'arrête dans une teinturerie. Il y rencontre Atsuko, jeune fille espiègle, chez qui il croit déceler un don pour la peinture. Il décide de l'emmener avec lui jusqu'à Edo, pour y faire son apprentissage auprès du peintre Nishimura. Au cours du voyage, une amitié profonde naît entre le calligraphe et la jeune peintre. Tissé autour d'une longue conversation calligraphique, ce lien leur donnera la force de surmonter les épreuves du passé, et de retrouver l'nspiration. L'encre du passé est une histoire d'amitié et de transmission, où l'élève rend au maître, tout doucement, ce que le maître croyait ne plus pouvoir donner.

Mon avis

En plus d'une très belle histoire, cet album fait rêver par des dessins "aériens" dans le sens où on ne se sens plus sur la même planète. Je trouve que Maël dans le dossier des éditions Dupuis en parle très bien (c'est exactement ce que j'ai ressenti à la lecture de l'album) :

"J'ai cherché à explorer une palette de couleurs plus lumineuse, plus éthérée, qui suivrait les saisons avec une constance mélancolique. Le trait s'adoucit pour mieux cerner ces instants minuscules qui touchent au bonheur et à la tristesse. Dans cette histoire, la place accordée aux silences est primordiale, je voulais que le rythme du récit soit comme une respiration avant un coup de pinceau."

Pour réaliser son projet, il a utilisé la couleur directe (je ne savais pas que ça existait c'est pour ça que j'en parle). Il s'agit de coloriser directement sur les planches et ansi de ne pas séparer couleurs et traits. Vous trouverez plus d'informations ici. C'est ce qui donne cette impression de "vaporeux" aux dessins. Comme le dit Monsieur Wikipedia, la couleur directe fait de chaque case un petit tableau à part entière (on voit les coups de pinceaux). Cette légèreté est soutenue par le choix de ne pas utiliser de couleurs fortes.

Je n'ai qu'une chose à dire : c'est un des plus beaux albums que j'ai lu depuis le début de l'année.

Références

L'encre du passé de MAËL et Antoine BAUZA avvec la collaboration de Pascal KRIEGER pour la calligraphie (Dupuis - collection Aire Libre, 2009)

Vous pouvez télécharger ici un dossier proposé par les éditions DUPUIS où on peut trouver des informations sur les auteurs, le résumé, la genèse du projet, la calligraphie japonaise, l'art pictural dans le Japon de l'ère Edo et quelques planches en prime !

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BD et romans graphiques

La colline aux mille croix de Christian Perrissin et Déborah Renault

July 19
by Cecile 19. July 2009 12:04
 

Présentation de l'éditeur

En 1460, dans l’austère province du Rouergue, Luce est la jeune veuve du seigneur de Mirail. Pourtant elle décide, telle Antigone, de pleurer la mort de son frère, tué dans le duel qui l’opposait à son défunt époux.
L’affront est terrible pour les de Mirail. Mais, Luce est prête à défier toutes les conventions, toutes les traditions, jusqu’à s’opposer au tout puissant seigneur de Rocmirail. Son châtiment sera à la hauteur de sa détermination.
En ces temps troublés, elle devient, alors, objet de vénération pour les catholiques et d’exécration pour les protestants.
Des siècles plus tard, Louis Huret découvre ce que fut toute son histoire.

Celle de Luce de Mirail, qu’on surnomma l’Antigone de la Basse Marche du Rouergue.

Des exemples de planches : ici.

Quelques informations supplémentaires

Pour ceux qui croyaient que le Rouergue c'était uniquement des éditions (j'espère que je ne suis pas toute seule...) : c'est aussi une ancienne province française correspondant à peu près à l'Aveyron d'aujourd'hui. Monsieur Wikipedia peut vous renseigner si vous le désirez. Comme dans beaucoup de provinces de France, les guerres de religions entre catholiques et protestants y ont fait rage. L'histoire fictive de Luce de Mirail se situe en plein dedans, en 1588.

Christian Perrissin est connu pour être scénariste notamment de Martha Jane Cannary (la vie aventureuse de celle que l'on nommait Calamity Jane). Ici, c'est le premier album où il réalise les dessins et le texte. Il a choisi le noir et blanc, au crayon gras. Sur Déborah Renault, je n'ai aucune information à vous fournir.

Extrait

"Querelle de famille, voilà ce que fut toute cette histoire. Elle aurait sombré dans l'oubli sans la découverte d'un manuscrit racontant le destin de celle qu'on appela l'Antigone de la Basse Marche du  Rouergue : Luce de Mirail. Luce vécut au temps où papistes et huguenots se haïssaient plus que jamais."

Ces lignes sont tirées d'un ouvrage aujourd'hui épuisé : "Les châteaux de Rocmirail, notice historique et archéologique par Louis Huret - 1853".  Huret fut le premier à s'intéresser aux châteaux de Rocmirail, pour le compte de la société archéologique de Tarn-et-Garonne. C'est au cours de ses recherches qu'il entend parler de Luce de Mirail.

"Ici même, les catholiques la vénèrent et les protestants la diaolisent. Tout comme Antigone osa, en son temps, défier le roi Créon, Luce s'était opposée au puissant seigneur de Rocmirail, qui refusait sépulture à son frère." Louis Huret - extrait I.

Huret consacre une longue partie de son livre à la vie de Luce. En prologue, voici ce qu'il dit de son pays...

Mon avis

Dans l'extrait, vous voyez qu'on parle de deux châteaux : "Vers 1460, le vicomte de Mirail cède une partie de son domaine à un lointain cousin, un Dalmayrac. Celui-ci y fera construire son propre château - Castel Djoubé [...] - juste à côté du Castel Biel. [...] Et c'est ainsi que Rocmirail eut désormais deux châteaux et deux vicomtes : l'un Mirail et l'autre Dalmayrac." J'ai trouvé que cette situation était particulièrement tirée par les cheveux (si ça se trouve, ça existe vraiment mais bon ...) et donne des vignettes assez bizarres où on voit les deux châteaux (qui n'en forment en réalité qu'un) sous différentes orientations (qui nous sont précisées) suivant lequel des personnages parlent. À part cette partie de l'histoire assez déstabilisante, le scénario rend bien l'idée que l'on peut se faire de l'époque des guerres de religions mais aussi des querelles intestines pour récupérer le plus de terres possibles. Les dessins, entre ombre et lumière, accentue le côté sombre de cette période de l'Histoire.

Pour son premier album en tant qu'auteur complet, je trouve que Christian Perrissin présente un bon album convaincant, très intéressant à lire.

L'avis de Ys.

Références

La colline aux mille croix de Christian PERRISSIN (un récit écrit avec Déborah Renault) (Futuropolis, 2009) 

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BD et romans graphiques

Saint Kilda - Livre I : Les esprits d'Hirta de Pascal Bertho et Chandre

July 11
by Cecile 11. July 2009 19:27
 

En ces temps où les vacanciers arrivent en masse sur les plages ensoleillées, parlons d'un archipel d'îles très isolé : l'archipel écossais de Saint Kilda. En tout cas, c'était le cas au moment où se passe cette bande dessinnée. Un jeune thésard (je fais une fixation en ce moment sur ce sujet), Darius Kingsley doit soutenir sa thèse. Le problème est qu'il change son sujet au dernier moment pour défendre les thèses de Darwin. Les grands pontes, ainsi que son père, industriel prospère, goûte fort peu à cette plaisanterie. Il décide de l'exiler pour deux ans à Saint Kilda, où a déjà été son mentor auparavant. Il découvre une communauté de gens vivant en harmonie avec leur environnement (il y a trois femmes pour un homme, pas d'arbres, pas de lois, ni de règles : les décisions sont prises en communauté ; il pêche les oiseaux avec des cannes à pêches...) Ils vivent cependant sous la coupe d'un pasteur arrivé vingt ans plus tôt et qui maintient une sorte de chappe de plomb sur cet archipel. Il y a donc une confrontation entre les deux points de vue : le pasteur qui veut continuer à imposer sa loi et maintenir la population dans une crainte d'Esprits supérieurs (dans un but qui n'est précisé qu'à la fin) et Darius qui voit plutôt une communauté à sauvegarder...

L'histoire est absolument géniale et pleine de suspens. On s'attache rapidement au personnage de Darius et à ceux des autochtones. Pour ce qui est des dessins, ce qui m'a frappé c'est l'expression de gentillesse et de joie qui émane des visages. Le dessinateur maîtrise impeccablement toute la palette des émotions : ça prête parfois à sourir quand on les voit s'étonner. Pour ce qui est des paysages, il n'y en a pas tant que ça car le récit alterne la période pré et post arrivée sur l'île (avant, Darius est à Londres). Les parties sur Saint Kilda sont dominées par le vert de l'herbe et peu par le bleu de la mer (que j'aurai aimé voir plus déchainée, mais bon) Les couleurs, pour les parties paisibles, où on découvre l'île, sont très claires : il y a une impression de lumière qui s'échappe des dessins. C'est le contraire pour les périodes où le malheur s'abat sur l'archipel et Darius.

En conclusion, on passe un bon moment avec cet album.  La fin donne particulièrement envie de lire le second tome (qui n'est pas sorti).

Références

Saint Kilda - Livre I : Les esprits d'Hirta de Pascal BERTHO (scénario) et CHANDRE (dessins et couleur) (Emmanuel Proust éditions - collection Atmosphères, 2009)

 

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BD et romans graphiques

Amato d'Aude Samama et de Denis Lapière

June 04
by Cecile 4. June 2009 18:21
 

Pourquoi j'ai lu ce livre ?

Suite à un encart de Page (les livres lus et conseillés par les libraires) : "Inspiré d'une nouvelle de Stevenson, notre récit installe Hélène, convalescente, dans un manoir familial. Les habitants des lieux, tous plus étranges les uns que les autres, cachent un terrible secret."

Je trouve juste que ces encarts sont trop tentateurs. Ne pas dire de quelle nouvelle de Stevenson la BD est inspirée, est-ce que ce n'est pas diabolique ? J'étais déjà obligée d'aller à la librairie pour trouver la réponse. Et en plus il y avait une histoire de secrets, de famille un peu étrange (je m'imaginais la famille Adams)... J'ai donc ouvert l'album et je suis tombée sous le charme ! 

Mon avis

Ceux et celles qui connaissent l'oeuvre de Stevenson sur le bout des doigts (et je sais qu'il y en a) vous avez déjà trouvé de quelle nouvelle il s'agit mais pour les autres, c'est Olalla des montagnes (ou Olalla tout simplement pour certaines éditions).En fait pour avoir lu la quatrième de couverture de Olalla (que j'ai aussi en deux exemplaires : j'ai honte mais je n'en ai acheté qu'un, l'autre a été offert à ma mère), je peux vous dire que la BD est très très librement inspirée. Ils ont changé le titre, les personnages, seule la trame de fond reste...

C'est une jeune fille blonde, très indépendante et libre, qui se retrouve malade des bronches. Son médecin l'envoie faire une cure de bon air de la montagne dans le val d'Aoste. Pour s'affranchir de son père, qui voulait qu'elle réside dans une certaine auberge, elle choisit de vivre dans une résidence (une sorte de château) très éloignée du village où habite une veuve et ses deux fils. La veuve pour la faire partir lui mord le pied, un des fils est un peu simplet et méchant (il tue les oiseaux à mains nus). Seul le deuxième fils, Amato, paraît normal. Il est surtout très beau (quels yeux!). Évidemment, la jeune fille en tombe amoureuse... Pendant ce temps là, la vallée est en effervescence : on retrouve des jeunes filles assassinées ! Le scénario est glaçant... 

Dans les références, je vous ai écris ce qu'il y a dans l'album. Les bulles ne sont pas des dessins mais des peintures. Vous pouvez trouver des exemples de planches ici. J'ai lu sur internet que soit on se laisse porter soit non. Je suis dans le premier cas. La simplicité et la "grossierté" apparente des traits joue énormément dans l'ambiance suffocante de l'album. Tout est "flou" comme dans un mauvais rêve dont on croit que la jeune fille va se réveiller. Les couleurs sombres des intérieurs et les couleurs joyeuses des extérieurs renforce l'impression de noirceur de la maison.

En conclusion, une réussite qui donne envie de se jeter sur Olalla !    

Références

Amato. Un récit de Denis Lapière. Peintures de Aude Samana (Futuropolis, 2009)

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BD et romans graphiques

Mon frère, le fou de Séra

May 27
by Cecile 27. May 2009 20:44
 

Le scénario : deux frères, Gaël et Joël, qui font partie des ligneurs d'Audierne, s'affrontent  dans la pêche au bar. Gaël est le plus doué parce qu'il est aidé d'un fou de bassan qui lui montre la voie. Joël est donc jaloux. En plus la mère entretient cette jalousie entre les deux frères : elle ne s'est toujours pas remise de la mort de leur père en pleine mer. Arrive Flore qui veut monter sur le bateau d'un des deux frères. Il y a alors une pseudo-compétition. La véritable star de la BD est le fou de Bassan que Gaël considère comme son "vrai" frère (il semble penser que c'est comme si son père le guidait). On apprend plein de choses sur ces oiseaux dans la postface du volume : pourquoi ils sont fous (ils n'ont pas peur de l'humain et se laissent tuer comme on veut mais les appeler stupide cela faisait moins classe), pourquoi ils sont de Bassan (cela vient de l'île de Bass en Écosse qu'initialement les ornithologues pensaient être le seul endroit où on puisse trouver ces oiseaux)...

Soyons honnête : à mon goût, le scénario est un peu léger. C'est quand même une BD que je vous conseille de lire ou à défaut de feuilleter. Les dessins sont hyper-réalistes (surtout dans le choix des couleurs et de la technique de coloration) et "crèvent" littéralement la page. Vous trouverez ici quelques exemples de planches pour vous faire votre propre opinion.

En conclusion, un très beau moment d'évasion !

Références

Mon frère, le fou de Séra - préface de Yann Queffélec (Futuropolis, 2009)

P.S. Visiblement, les autres ouvrages de Séra sont consacrés au Cambodge (notamment les deux volumes dans la collection Mirages chez Delcourt), le pays natal de l'auteur.

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BD et romans graphiques

La guerre des Sambre : Hugo et Iris de Yslaire, Bastide et Mezil

May 26
by Cecile 26. May 2009 22:24
 

Chapitre 1 : printemps 1830

On découvre Hugo, le père de Bernard en jeune marié. Il vient d'épouser Blanche plutôt par convenance que par amour. En effet, celle-ci est enceinte pas de Hugo mais du père de Hugo Maxime-Auguste. Lui est marié avec Constance en deuxième noce. Ils ont quatre enfants : Honorine (à la page 36 elle s'appelle Hortense mais bon personne n'est parfait), Camille, Hugo et Victoire. En premier noce, il avait épousé une certaine Louis-Marguerite Collée. Ils ont eu trois enfants ensemble deux garçons et une fille : Judith-Égalité (c'est la branche du fameux cousin Guizot). Les deux garçons sont morts pendant la révolution parce qu'ils s'appelaient de Sambre et pas Sambre. Le principal est de savoir que les deux garçons avaient les yeux bleus et que les enfants du second mariage ont les yeux noirs (c'est la bonne couleur chez les Sambre). 

En dot, Blanche apporte à Hugo une mine peu rentable parce que le filon est épuisé. Il y rencontre le fameux vicaire Horace Saintange. C'est le sobriquet que les ouvriers donnent à leur contremaitre. Celui-ci est très éduqué. Alors, quand ils découvrent que dans la mine, il y a des ossements préhistoriques dont un crâne avec des rubis rouges dans les yeux. Tout s'emballe dans la tête de Hugo. il devait pourtant sauver les Sambre d'une faillite certaine en vendant cette mine. Il réussit à se fâcher avec ses parents et part seul à Paris étudier pour mieux comprendre l'origine ds corps de la mine.

Pendant ce temps, Blanche subit la méchanceté de ses belles-soeurs et de sa belle-mère, tout en essayant de repousser son beau-père. On lui demande de teindre ses cheveux en rouge comme toute la famille. Ce n'est pas leur couleur naturelle. Je pensais que c'était un roux un peu criard mais non ! Le mystère est enfant résolu.


Chapitre 2 : automne 1830

Je vais être rapide sur ce tome : c'est la rencontre entre Iris et Hugo ou comment Hugo met en place sa théorie sur la guerre des yeux.

Mon avis

Je vous cite les deux avis de La Liseuse qui m'ont donné envie de lire cette sublime saga familiale : celui sur le tome 1 et celui sur le tome 2. Comme je le disais dans le billet précédent, les dessins (ainsi que les couleurs) de Bastide et Mezil donnent une toute autre amiance à ces deux volumes par rapport aux Sambre. Ce sont surtout les effets de lumière qui sont ici travaillés. Tout l'album est sombre dès lors qu'il n'y a ques les Sambre ; on retrouve la lumière avec des teintes orangés rouges quand il s'agit de la guerre des yeux ou de personnes avec les yeux rouges. Les traits des visages sont plus détaillés même si l'expression des yeux n'y perd pas.Les décors sont aussi mis en avant par rapport aux volumes des Sambre.

Enfin bon, je vous le dis une dernière fois, après je ne vous embêterai plus : il faut absolument lire cette série !!!!

Références

La guerre des Sambre - Hugo et Iris

Chapitre 1 : printemps 1830 - Le mariage d'Hugo, paru en 2007

Chapitre 2 : automne 1830 - La passion selon Iris, paru en 2008

de Yslaire pour le scénario et la mise en scène, Bastide et Mezil pour les dessin et couleurs (Futuropolis - Glénat)

 

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