Murder most persuasive de Tracy Kiely

MurderMostPersuasiveTracyKielyPour me changer les idées après ma lecture de 1986 de Yu Hua, j’ai choisi une lecture légère dans ma PAL : Murder most persuasive – a mystery de Tracy Kiely. C’est la troisième tome d’une série de quatre (j’ai les trois premier dans ma PAL et je commence par le troisième bien évidemment ; je suis indécrottable), mettant en scène Elizabeth Parker, grande Janéite, citant à l’envie son auteur préféré. Au vu du titre, on peut penser que Tracy Kiely est dans le même cas puisque chaque début de chapitre commence par une citation de Jane Austen et qu’elle utilise une partie de Persuasion pour construire son histoire.

Justement, rentrons plus avant dans l’intrigue. L’ouverture du livre se fait sur un enterrement (il n’est pas mort de mort suspecte, rassurez-vous). Toute la famille est réunie pour rendre un dernier homme à Oncle Marty, Martin Reynolds officiellement, grand-oncle d’Elizabeth Parker, mort d’un cancer qu’il a combattu pendant des années. Tous les membres de la famille se retrouvent au restaurant après les funérailles.

C’est là où on découvre tous les protagonistes de notre histoire, en tout cas la majorité. Il y a Elizabeth, sa mère et sa sœur Kit, enceinte e 8 mois, avec qui Elizabeth ne s’entend que très moyennement. Il y a des chamailleries, dirons-nous.

Il y a les trois filles du mort : Reggie, la sœur aînée connue pour sa beauté et son tempérament, Frances, ayant deux jumeaux et un mari, Scott, connue pour être plus carriériste pour son mari que son mari lui-même, et Ann, la gentille, qui prend soin de toute la famille sans se préoccuper de sa vie, de ses amours, de son futur (j’espère que vous voyez le clin d’œil à Persuasion, sinon il faut le relire d’urgence).

S’ajoute la femme du défunt et belle-mère des filles, Bonnie. Plus jeune que lui, elle avait été choisie pour servir de substitut de mère aux filles après la mort de leur mère dans leur enfance. Cela n’a jamais marché car c’est une cruche. Le mari s’en est désintéressé très vite. Pourtant, elle se fait remarquer en ce jour en pleurant et en soupirant « pauvre Marty, je ne m’y attendais pas » (je rappelle qu’il est mort d’un cancer) et parle même de meurtre, les autres essayant de la persuader de sa sottise. Elle est tellement éplorée qu’elle décide de partir en thalassothérapie le lendemain, laissant Ann régler les détails pour le catalogage des objets du testament.

Avant de mourir, Martin Reynolds, entrepreneur, avait vendu sa maison d’été du Maryland (ils ont une maison d’hiver dans la même ville, si j’ai bien compris) et voulait répartir cet argent entre ses trois filles mais n’ayant eu le temps de régler les détails, Bonnie demande aussi une part (cela aura une petite importance pour la suite). Tout cela pour dire que la maison d’été a changé de propriétaires et que ceux-ci sont en train de modifier la piscine. Et là, c’est le drame, on retrouve le corps de Michael, le crâne fracassé. Celui-ci n’est autre que l’ancien fiancé de Reggie, avec qui elle a rompu deux mois avant le mariage, un 4 juillet, il y a huit ans. Plus personne n’avait entendu parler de lui (et pour cause), surtout qu’il avait été ensuite découvert qu’il avait détourné 1 millions de dollars de la compagnie de son futur beau-père (il avait été choisi comme successeur en plus, maintenant c’est Scott au grand plaisir de Frances).

La police enquête bien évidemment, enquête menée par Joe, qui n’est autre que l’ex d’Ann, avec qui elle avait rompu le 4 juillet aussi, sur les conseils de Laura, meilleure amie de sa mère lorsque celle-ci était encore en vie (au prétexte qu’elle était trop jeune pour s’engager au près d’un tel homme, si vous ne voyez pas Persuasion, je désespère). Laura, elle, est mariée à Miles, ancien associé (depuis il a monté sa propre entreprise) et meilleur ami de Marty. Sur ce, Bonnie revient de sa thalassothérapie, avec une espèce de don Juan qui se prétend expert financier pour placer l’argent des riches veuves qu’il rencontre. Elizabeth Parker va aider Ann, mais aussi la police, pour cette troisième enquête dans laquelle elle se voit impliquer « de force ». Elle sera bien conseillée adroitement par Peter son petit ami et tante Winnie, sœur de Martin Reynolds, elle aussi grande janéite.

J’ai beaucoup aimé cette lecture, qui a totalement remplie son office de lecture détente. L’auteur écrit une bonne histoire, en y mettant des touches d’humour, très bien placées. Le niveau d’anglais n’est pas suffisamment haut pour ouvrir son dictionnaire à chaque phrase. L’auteur décrit une galerie de personnages tout à fait crédibles, bien incarnés, un peu loufoques. L’enquête est vraiment bonne aussi. J’ai eu quelques soupçons à un moment mais l’auteur les a habilement détournés. Les clins d’œil à Jane Austen sont nombreux mais à mon avis ce n’est pas ce qui fait le charme de ce livre. C’est tout simplement un bon cozy mystery dans lequel il fait bon s’installer pour se détendre un peu.

Références

Murder most persuasive – A mystery de Tracy KIELY (Minotaur Books, 2011)

4 réflexions au sujet de « Murder most persuasive de Tracy Kiely »

  1. je note ça, tu penses bien – et j’ai le rouge de la honte aux joues, car je n’ai toujours pas lu « persuasion » 😉

    1. C’est mon préféré avec Orgueil et Préjugés parce que j’avais le même âge qu’Ann quand je l’ai lu (je suis futile mais je m’étais totalement identifiée et cela m’avait bien fait rêver).

  2. Je note aussi pour cet été.
    Ayant aussi besoin d’une lecture détente en ce moment, j’ai commencé l’amusant « Les petits vieux d’Helsinki mènent l’enquête » de Minna Lindgren; ça se lit tout seul.

    1. Mon père est un peu malade en ce moment. Je ne sais pas si ce genre de titres me détendrait vraiment 🙂 mais cela a l’air drôle en tout cas.

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