Pour l’amour du peuple – Un officier de la Stasi parle

PourlamourdupeupleStasiparleJ’ai emprunté ce livre à la bibliothèque pour en savoir plus sur la Stasi. Il s’agit d’un livre de la collection Histoire à deux voix, chez Albin Michel. Dans une première partie, il y a le témoignage d’un officier de la Stasi et dans une deuxième partie (que l’on pourrait qualifier de postface) un historien, ici Alexandre Adler, éclaire le texte en le remettant dans son contexte.

Le témoignage anonyme de l’officier de la Stasi est censé avoir été écrit au moment de la dissolution de celle-ci, le jour donc où cet officier est licencié. Le Mur de Berlin est tombé, l’Allemagne pas encore réunifié. L’officier revient sur sa vie et son engagement pour son travail. Si vous voulez lire ce livre pour les mêmes raisons que moi, il faut abandonner de suite car il ne décrit absolument pas ce qu’était son travail (à part quelques bribes sur le recrutement et l’utilisation des collaborateurs non officiels, mais avec ses yeux cela reste assez inoffensif). En lisant, on a l’impression de lire le témoignage d’un cadre licencié dans la plus inoffensive entreprise. Il s’est dévoué à son travail, n’a pas compté ses heures, est monté dans la hiérarchie à la force du poignet, a mis sur pied une équipe de collaborateurs extraordinaires… Il ne comprend pas comment tout cela peut se terminer. De plus, son « entreprise » tout de même était la meilleure, celle qui pouvait le plus servir au peuple. Tout ce qu’il a fait, c’est pour aider le peuple, lui épargner tous ces gens qui étaient contre la sécurité, l’État. Il n’y a aucune réflexion, aucun repentir, rien (il faut dire que c’est un témoignage écrit à chaud et donc sans recul).

Bien sûr, l’auteur revient sur les récents évènements qui n’étaient absolument pas prévus par la Stasi qui écoutait vraiment tout pourtant. J’ai eu l’impression qu’il regardait cela de loin, comme s’il ne pouvait plus maintenant changer l’Histoire, son histoire. Il analyse cela plus cruellement (pour lui) puisque la dernière phrase du texte est « Nous devrions laisser à d’autres le soin de trahir les idéaux… » (sous entendu nos idéaux).

Plus que le témoignage d’un officier de la Stasi, cela m’a semblé être le témoignage d’un homme qui est en train de tout perdre, qui doit tourner un page parce que l’Histoire est en train de la tourner pour lui, peut être un peu trop vite pour pouvoir être digéré facilement. Je n’ai pas eu l’impression que le contexte allemand soit important dans ce livre. En fait si, parce que les gens de la Stasi ont été rendu à la vie civile alors que dans d’autres pays où les régimes se sont effondrés, les fonctionnaires sont restés dans les administrations, qui ont juste été renommées et réorganisées. Cela m’a donné une impression bizarre parce que ce n’est pas ce que je cherchais en lisant ce livre.

Pour la postface d’Alexandre Adler, je suis par contre très mitigée. J’ai été intéressée par la première partie qui fait un parallèle entre la violence de la bande à Baader et celle de la Stasi, par l’analyse sur le fait que la Seconde Guerre mondiale (absence de père, prisonnier ou mort …) a préparé le terrain pour l’Allemagne de l’Est (ce que tu ne trouves pas chez toi, l’État te le fournira). C’est une analyse que l’on retrouve dans The File de Timothy Garton Ash (livre beaucoup plus intéressant à mon avis). La deuxième partie de la postface est beaucoup moins intéressante car elle fait un peu étalage de confiture. Alexandre Adler resitue la Stasi dans l’histoire des services secrets, de manière rapide, un peu comme pour écrire un roman d’espionnage. Cela n’a que peu ou pas de rapport avec le texte de la première partie. Ce n’était pas nécessaire, d’autant que cela n’ouvre que peu de perspectives si je veux en savoir plus sur la Stasi.

Références

Pour l’amour du peuple – Un officier de la Stasi parle (Albin Michel, 1999)

Première parution en Allemagne : 1990

10 réflexions au sujet de « Pour l’amour du peuple – Un officier de la Stasi parle »

  1. Pas trop intéressée. Cela dit, j’ai un ami allemand qui m’a raconté des histoires incroyables concernant ses parents aux temps des deux Allemagnes.

    1. C’est ce que j’aimerais comprendre : la part de l’exceptionnel dans toutes ces histoires mais aussi comprendre comment les gens peuvent faire cela (je comprends qu’il faille manger). Ce témoignage est intéressant dans le sens où le monsieur n’a pas compris. Je comprends qu’on puisse ne pas être intéressé par ce livre : il est trop témoignage, pas assez analyse.

      1. tu as raison, je passe presque toujours mon tour, j’aiç tellement de bouquins dans ma pal, que je n’arrive plus à m’intéresser vraiment à d’autres romans – mais il est vrai aussi que je ne suis pas dans ne très bonne période

          1. oui oui ils sont bien arrivés, mais mon fils a des problèmes avec la banque de là-bas = ça fait 5 jours u’ils gardent une grosse somme d’argent qui lui appartient, sans même le prévenir – grrrrrrrrr

          2. J’espère qu’il a de quoi voir venir sur lui. J’espère que les nuages vont s’envoler rapidement pour que tout se passe bien.

  2. Moi le sujet m’intéresse énormément ! Malheureusement, le ressenti d’un personnage ne m’intéresse pas, je préfère comprendre l’aspect historique…

    1. J’ai trouvé deux livres historiques en anglais (pas encore lu) mais aussi The Fille, dont je dois faire le billet (vraiment très bien même si c’est un cas particulier).

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