Deux romans de István Örkény

Présentation de l’éditeur

Convaincu de la vocation réellement humaniste et pédagogique de son projet, un jeune réalisateur de télévision décide de proposer un documentaire révolutionnaire. Son ambition est de montrer la mort dans sa vérité en filmant cette ultime expérience humaine. Trois candidats acceptent d’offrir leur dernier souffle à l’œil des caméras. Mais la solennité de l’instant fatal ne résiste pas longtemps à l’ogre télévisuel …

Maître hongrois de l’absurde, Örkény se livre à une satire des mesquineries humaines dans cette drôle de farce, macabre et visionnaire, qui anticipe avec vingt ans d’avance les dérapages de la télé-réalité.

Présentation de l’éditeur

De lettres en coups de téléphone, Le Chat et la Souris met en scène des personnes âgées que l’amour rend aussi risibles qu’attendrissantes. À plus de soixante ans, Mme Orbán réalise en dialoguant avec sa sœur Giza, partie à l’étranger, qu’elle est en fait amoureuse de Viktor, un homme qu’elle conaît depuis toujours. Entre comédie burlesque et drame psychologique, Le Chat et la Souris raconte avec une ironie mordante les turpitudes de l’âge mûr, quand il est saisi par l’éternel délire de l’amour.

Mon avis

Il y a deux ans, je lisais Les boîtes, le premier titre de István Örkény paru chez Cambourakis. L’autre jour, en regardant les sites d’éditeurs que je lis habituelleent (parce que je manque d’idées de lecture parfois !), j’ai vu que depuis Cambourakis avait publié deux autres romans de l’auteur, un en 2010 et un en 2011, en ce mois de juin.

Les deux romans ont en commun je crois d’avoir été visionnaire à une époque et donc d’avoir pu paraître dans le registre de l’absurde à cette même époque. Mais au lecteur d’aujourd’hui, les deux romans apparaissent comme étrangement modernes et décrivant une situation que l’on voit tous les jours.

Dans Floralies, un réalisateur va faire son premier documentaire en filmant trois morts en directs. Manque de bol, le temps d’avoir l’autorisation, le premier « personnage » est déjà mort. Il va donc filmer la veuve éplorée. Le deuxième personnage est une femme qui est atteinte d’un cancer et a la charge de sa mère. Le réalisateur va filmer tous les gens bienveillants qui se fichaient d’elles avant mais qui vont faire un « dernier » petit geste pour les aider (et surtout dans l’idée de passer à la télé). On ressent dans ce cas là, ce que l’on peut accepter quand on manque d’argent (István Örkény (1912-1979) situe la narration dans une époque contemporaine et non future, celle donc des appartements collectifs …). On voit aussi le réalisateur qui veut décider de l’heure de la mort, de la mise en scène. Le troisième personnage est plus particulier car c’est un ami du réalisateur et homme de télé et qui sait donc comment cela marche. Il fera donc une véritable mise en scène de sa mort (alors qu’initialement il n’était absolument pas mourant) et paradoxalement, malgré tout, c’est celle qui touchera le plus le réalisateur car il ne se place plus en tant qu’extérieur mais en tant que proche.

Le deuxième roman décrit ce que l’on nous dit tous les jours à la télé, le regain de jeunesse des séniors (à noter qu’ici, dans la Hongrie de l’époque, à soixante-deux ans, vous êtes à la limite du grand-âge) et donc le regain du besoin d’amour. Les situations présentées comme burlesques je ne les ai pas ressenti telles qu’elles car elles sont attendrissantes et finalement sont passées dans notre vie courante (parfois, la dame se conduit tout de même comme une midinette).

Plutôt que burlesques, je dirais que ces livres sont drôles et présentent des situations cocasses. Le style reste celui que István Örkény employait dans Les boîtes, est donc très plaisant et rend ces romans faciles et agréables à lire, tout en faisant réfléchir sur le côté visionnaire de la chose.

Références

Floralies de István ÖRKÉNY – traduit du hongrois par Jean-Michel Kalmbach (Cambourakis, 2010)

Le Chat et la Souris de István ÖRKÉNY – traduit du hongrois par Natalia Zaremba-Huzsvai et Charles Zaremba (Cambourakis, 2011)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *