Anniversaire de César Aira

Deux citations

« Moi je ne bouge pas, je fais tous les jours la même chose, et les autres passent à une vitesse hallucinante.« 

« Je pense que le mal est plus fécond que le bien, car le bien provoque souvent une satisfaction qui immobilise, tandis que le mal génère une inquiétude à partir de laquelle l’action peut se renouveler.« 

Présentation de l’éditeur

Cinquante ans. César Aira voit dans cet âge symbolique l’occasion de faire un bilan de sa vie et de prendre un nouveau départ. Égrenant les anecdotes et rassemblant ses souvenirs, il se lance dans une forme d’introspection qui, de la philosophie à la psychologie, de la linguistique à la sémiologie, appliquées à ses livres passés, le pousse à imaginer ce que pourraient être ses livres futurs. N’est-il pas temps pour lui d’arrêter d’écrire ? Ou, comme Évariste Galois, le génial mathématicien à qui il consacre tout un chapitre, d’écrire en une seule nuit l’ensemble de son œuvre ? C’est à partir de plusieurs questions de ce type que César Aira décortique son rapport personnel, ludique et plein d’humour, à l’écriture.

Mon avis

La première fois que j’ai entendu parler de César Aira, c’est l’autre jour quand j’ai lu Mes deux mondes (dont j’ai fait un billet il n’y a pas si longtemps). Encore plus récemment, je trainais devant les rayons de la librairie et je recroise ce nom. C’est donc un signe du destin et j’achète le livre. Je le lis aussitôt car il est très court (90 pages).

Ce n’est bien sûr par le livre par lequel il fallait commencer à découvrir César Aira, pas parce qu’il est nul mais parce qu’il fait un bilan de son travail littéraire. Alors commencer par un bilan la découverte d’un auteur est assez étrange mais tout de même intéressant.

J’ai notamment appris que César Aira était un type bien, en tout cas un type avec qui je pourrais parler. D’abord, il n’écrit que des romans très courts (une centaine de page, format que j’aime beaucoup quand j’ai un coup de blues, j’avoue). Il ne se sent pas forcément à sa place dans son travail, ressent comme une honte ou une certaine gêne. Il a l’impression de ne pas vivre, d’être statique. Il lit de manière compulsive, un livre après l’autre, en déduit matière à penser mais ne retient pas vraiment. Il dit qu’il est est nul pour faire une conversation car ses lacunes sur les questions communes sont abyssales.

« Voilà toute l’importance pratique que j’ai concédée à mon passe-temps favori, la lecture : m’apprendre à trouver des données au cas où la vie me conduirait à en éprouver un besoin absolu, ce qui a toujours été fortement improbable.

En revanche, c’était autre chose qui m’intéressait, quelque chose de plus esthétique : le format de l’information et comment y parvenir. Cela avait fini par me coller à la peau, sans que la mémoire entre en jeu. Toute mon attention se concentrait là, et il ne m’en restait plus pour le reste. J’ignore si, à force de ne pas l’utiliser, ma mémoire ne s’est pas atrophiée, ou si j’en ai quelque fois eu, ce qui est certain c’est que mon esprit est devenu vierge de tout contenu. Cela explique ma nullité dans les conversations : je n’ai jamais rien à dire, j’ai perdu l’habitude des contenus.« 

Bien sûr, on ne croit rien de tout cela, on s’imagine un type d’une modestie extraordinaire. Il est tout de même reconnu comme un des plus grands écrivains argentins. La seule chose qui est certaine, c’est qu’il écrit comme il pense par association d’idées et il faut dire une chose, c’est qu’il pense bien (dans la forme et dans le fond).

Voilà c’est un livre qui permet un homme, un auteur et bien sûr qui donne envie de découvrir son travail par la suite.

Références

Anniversaire de César AIRA – traduit de l’espagnol (Argentine) par Serge Mestre (Christian Bourgois – collection Titres, 2011)

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