À la manière de Conan Doyle – L’homme à l’oreille de cire de Paul Reboux et Charles Müller

Présentation de l’éditeur

Faveur critique et enthousiasme public ont accueilli la première publication des À la manière de …, en 1908. Ce recueil de pastiches, pétillant d’humour et d’ironie, est l’œuvre commune de deux jeunes écrivains journalistes, Paul Reboux et Charles Müller. Ensemble, devant le succès remporté, ils rédigent deux autres séries, publiées en 1910 et 1913 par la toute jeune maison d’édition Grasset. Mais la guerre vient interrompre cette collaboration : Müller meurt sur le front en septembre 1914 ; il recevra le prix Monbinne de l’Académie française un an après, en hommage posthume. Paul Reboux signe donc seul la quatrième série en 1925, tout en veillant associer à « ces jeux » son défunt ami, au nom de « quinze ans de ville intellectuelle quotidiennement partagée ». Une dernière série, plus inégale, verra le jour en 1950.

Mon avis

La plupart des pastiches écrits par ces deux auteurs portent sur des auteurs français : Loti (si tu me lis, chère prof de français de troisième, il pastiche Le mariage de Loti de Pierre Loti dont j’avais parlé dans une rédaction et dont tu m’avais affirmé qu’il n’existait pas ! et non, je n’ai pas la rancune tenace), La Fontaine, Baudelaire, Hugo, Chateaubriand, Maupassant, Zola. Comme le souligne l’éditeur, il s’agit de pastiche et non de parodie. Les auteurs se vantaient même de lire « tout » ce qu’avait écrit l’auteur pastiché comme d’un gage d’admiration. Je vais vous parler d’une des À la manière de … : celui qui pastiche une aventure du Sherlock Holmes de Conan Doyle.

C’est vraiment très très bien fait (sur six pages, je trouve que c’est impressionnant) et prête à sourire la plupart du temps. Sherlock Holmes en jetant à peine un coup d’œil arrive à déduire les choses les plus farfelues et les plus improbables, et en plus elles s’avèrent exactes. Rien que le titre met sur la voix du farfelu de la nouvelle : un homme avec une oreille de cire ?!  Par exemple, ils pastichent le fait que l’on puisse lire la profession d’un homme sur ses mains en faisant prendre à un protagoniste deux métiers complètement différents.

Je vous laisse après ce très court avis sur une phrase de Sherlock Holmes :

J’ai besoin de méditer sur un problème concernant un bateau dont on connaît le gréement, le tonnage et la cargaison ; il s’agit de trouver l’âge du capitaine, et j’ai besoin de fumer au moins dix pipes et de boire autant de grogs avant d’y réussir.

Références

À la manière de … de Paul REBOUX et Charles MÜLLER (Magnard, 2009)

Une réflexion sur « À la manière de Conan Doyle – L’homme à l’oreille de cire de Paul Reboux et Charles Müller »

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