La cote 400 de Sophie Divry

Quatrième de couverture

Elle rêve d’être professeur, mais échoue au certificat et se fait bibliothécaire. Esseulée, soumise aux lois de la classification Dewey et à l’ordre le plus strict, elle cache ses angoisses dans un métier discret. Les années passent, elle renonce aux hommes, mais un jour un beau chercheur apparaît et la voilà qui remet ses bijoux. Bienvenue dans les névroses d’une femme invisible. Bienvenue à la bibliothèque municipale, temple du savoir où se croisent étudiants, chômeurs, retraités, flâneurs, chacun dans son univers. Mais un jour ce bel ordre finit par se fissurer.

Mon avis

J’ai volé cette idée de lecture chez Angélita. Je l’en remercie beaucoup car j’ai passé un très bon moment même si ce moment a été trop court, seulement 65 pages.

Avant le livre, le ton nous est donné par le petit paragraphe sur l’auteur

J’aime les aubergines, l’huile d’olive, et les confitures de ma mère, j’ai horreur des automobiles, je n’ai pas de téléphone portable, je suis féministe et j’ai la phobie des portes ouvertes. Je suis allergique aux acariens, aux chats et aux sulfites. J’aime me baigner dans la mer, les lacs et les rivières. Je trouve qu’on ne parle pas assez de Jacques Roubaud et de Claude Simon, et qu’il y a trop de bruit médiatique en ce monde. Je n’aime pas acheter un livre sans savoir ce qu’il y a dedans.

et surtout la dédicace

À toutes celles et à tous ceux qui trouveront toujours plus aisément une place en bibliothèque qu’en société, je dédie ce divertissement.

Le ton est léger, drôle et prête donc à sourire. Une bibliothécaire arrive un matin dans son rayon géographie et trouve un homme endormi. Elle le réveille et commence avec lui un monologue (c’est assez paradoxal mais il n’y a qu’elle qui parle). Au début, elle se plaint que son rayon est mal aimé par rapport à celui d’Histoire ou de celui des pimbêches de la Littérature. Elle en profite par faire l’apologie de la classification de Dewey (en expliquant toute l’histoire qui est très intéressante pour une novice comme moi). Elle parle surtout de son mal être et de sa solitude dans son travail, dans sa vie privée. Une solitude qui l’a rendu très sensible au vide alors quand dans sa bibliothèque, on vide la cote 400 pour ne rien y mettre à la place. Cela l’a fait un peu grincer des dents. Au fur et à mesure que le récit avance, on comprend que son métier est quand même très important pour elle et surtout les lecteurs qu’elle peut croiser, les gentils, les timides, les hautains. Elle met un point d’honneur à encourager la lecture.

Je trouve que c’est le récit de ce que l’on peut un peu tous ressentir pour notre travail (pas tous le monde malheureusement) : on y est attaché mais parfois il y a un ras-le-bol ! Je le redis : l’écriture est drôle et fraîche. Du coup, cela vous remet du baume au moral. Merci Angélita.

Références

La cote 400 de Sophie DIVRY (Les Allusifs, 2010)

22 réflexions au sujet de « La cote 400 de Sophie Divry »

  1. Ouille pour ma PAL mais là je sais que je vais craquer
    un sujet drôle et léger et qui a l’air de mettre de bonne humeur
    un livre comme j’aime

    1. 1 Comme je disais à Matilda, il est tout petit, tout petit … on ne le voit pas dans une bibliothèque ! Puis les Allusifs c’est une bonne maison tout de même.

    1. J’espère qu’il te plaira (cela me mets une pression monstre ce type de commentaire, c’est affreux).

  2. Je viens de le terminer, il m’a amusé mais je le trouve trop centré sur le classement et trop appel du pied aux gens de métier mais sympathique malgré tout

    1. Ta remarque me fait beaucoup rire parce que je me suis demandée ce que cela donnerait le même livre mais avec une libraire. J’en ai déduis que j’aurais sûrement moins été amusée quand je vois Emeraude par exemple qui nous fait les perles des acheteurs de sa librairie, à chaque fois je me dis pourvu que je ne sois pas comme ça. L’appel du pied au gens du métier c est peut être parce qu’elle veut être en bibliothèque (je rigole). Mais dans l’ensemble, je pense qu’un livre qui parle de livres nous est plus agréable qu’un livre qui parle des gens qui vivent du livre (en tout cas c’est mon cas : je suis plus enthousiaste).

      Pour le classement, j’avoue avoir aimé tous ces petits détails, notamment les meubles conçus par Dewey pour sa propre classification. Ce qui m’a déçue c’est qu’elle ne fait pas grand chose de sa cote 400 finalement. Cependant pour un premier roman (plutôt nouvelle) c’est plutôt assez réussi à mon goût et surtout sans prétention.

  3. Cet article là aurait plutôt propension à me faire serrer les poings ou grincer des dents : http://livres.fluctuat.net/sophie-divry/livres/la-cote-400/11043-chronique-Nevrose-en-bibliotheque.html
    Je trouve que le métier de bibliothécaire est sous valorisé à la base et ce roman aurait visiblement tendance à enfoncer le clou.
    Malgré tout je suis tentée de me faire une idée… Quitte à piquer une crise via la chronique littéraire qui suivra 😉
    Cécile, tu… n’aurais pas envie d’en faire un livre voyageur, par hasard :$ ? Sinon je houspillerai les bibliothécaires du quartier pour qu’ils l’acquièrent ! :p
    Bonne journée !

    1. Je crois qu’ils l’ont un peu pris au sérieux ce livre. Personnellement, moi je trouve que la fin est très bien et explique tout l’intérêt d’être bibliothécaire (et de plus il faut voir la bibliothécaire : une vieille fille isolée et je crois que c’est plutôt ça qui l’a déprime. Je ne pense pas qu’elle soit toute comme ça). Alors oui madame, pour que tu puisses te faire ta propre opinion, j’en fais un livre voyageur. Je t’écris un mail de ce pas.

  4. Coucou Cécile,

    Dis… ca t’ennuierait si Reka faisait voyager cette cote 400 jusqu’à moi? J’aimerais aussi m’en faire ma propre idée… (même si la chronique de Reka me fait peur peur peur ^^)
    On est bibliothécaire ou on ne l’est pas, mais quand on l’est on a envie d’approfondir le sujet 😉

    1. Cela ne m’ennuie pas du tout ! C’est ce que je lui avais dit. Je viens de déménager et je récupère internet d’aujourd’hui. Je mets un message demain pour en faire officiellement un livre voyageur et tu seras donc ma première inscrite 🙂 pour mon premier livre voyageur officiel !

  5. Un grand merci de l’avoir fait voyager jusqu’à moi, Cécile. J’ai apprécié et en ressors moins négative qu’avant de l’entamer!

    Merci!!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *