Toujours avec toi de Maria Ernestam

Inga est une photographe de talent reconnue. Elle a Peter, son fils de vingt-ans, qui fait des études de médecine. Elle a un mari Mårten, lui aussi parfait : il l’aime, il la rassure et la réconforte. On est dans un roman donc tout va basculer.

Izabella, sa galeriste, lui dit que ses photos sont peut être un peu trop parfaites, qu’elle manque de naïveté et de spontanéité. Inga s’apprête déjà à en parler à Mårten pour qu’il puisse situer ce petit malheur dans les grands malheurs du monde. Elle rentre donc chez elle où arrive un pasteur. Il vient lui apprendre la mort de Mårten par une crise cardiaque.

Inga va mettre deux ans à vouloir se reconstruire (j’ai aimé cette idée car cela m’a semblé réaliste. On ne comprend un décès qu’après une période de flottement à mon avis, une période où l’on veut agir pour ne pas voir). Pendant deux ans, elle travaille moins mais toujours, fait des photos, des expositions … Mais ensuite elle s’effondre et se réfugie dans la maison familiale de Marstand, rendue accueillante par Nikklas un ami d’enfance (qui a une fiancée). Elle décide de faire du rangement dans la remise après quelques jours de repos. Elle trouve un dossier où il y a des articles de presse sur la première guerre mondiale et en particulier la bataille du Jutland. On découvre en particulier que cette bataille a envoyé plein de cadavres de soldats morts sur les plages d’Europe du Nord. Il y a aussi une lettre adressée à la grand-mère d’Inga, Rakel, par une missionnaire en Afrique, faisant allusion à une nuit où elles se seraient substituées à Dieu. Commence alors pour Inga une recherche pour comprendre fameux secret, qui elle le pense va l’aider à se reconstruire.

La narration se fait alternativement par Inga, en 2007, et Rakel, en 1959 (sur son lit de mort : elle est morte d’une leucémie une semaine avant la naissance d’Inga). Ainsi, on a l’enquête d’Inga mais aussi la jeunesse heureuse dans une ferme (le premier étage étant une salle de prière)  et la vie de jeune femme de Rakel : son amitié avec Léa, ses relations amoureuse avec Anton, qui est en fuite permanente à la faute d’un meurtre, avec Jakob, qui travaille pour payer à sa sœur une chaise roulante. On fait aussi la connaissance de la famille Otto, la famille dans laquelle Rakel sera bonne avec Léa.

J’ai beaucoup aimé ce livre pour deux raisons : l’originalité et la bonne construction de l’intrigue mais aussi pour le ton reposant du livre. En effet, pour ce qui est de l’intrigue, aucun personnage, aucun détail n’est superflu. Le thème de la Première Guerre mondiale, vu de l’arrière et d’un pays neutre, est rarement abordé : c’est ce qui rend à mon avis ce livre si particulier. Pour le ton, c’est simple : vous suivez l’intrigue sans que l’on cherche à vous faire ressentir des émotions. On vous raconte c’est tout. Cela donne un livre qui n’a rien de calculer et qui est profondément original.

Références

Toujours avec toi de Maria ERNESTAM – traduit du suédois par Esther Sermage (Gaïa éditions, 2010)

18 réflexions au sujet de « Toujours avec toi de Maria Ernestam »

    1. Il est vraiment bien. J’espère qu’il te plaira. J’ai toujours le Entre ciel et terre, que tu avais conseillé, à lire (la couverture est très belle). Normalement, les ennuis informatiques sont plus ou moins finis. Je suis contente que le nouveau look te plaise.

    1. @ Manu : J’espère qu’il te plaira si tu as l’occasion de le lire. J’ai trouvé que c’était une bouffée d’oxygène !

    1. @ George : Merci !!! mon frère s’est donné beaucoup de mal. Il me reste à ajouter les liens de babelio, de je lis, tu lis, il lit et de blog-o-book. Et à refaire tout l’index par auteur (c’est moins drôle).

  1. …et bravo pour la nouvelle présentation de ton blog; c’est très joli ! (la tasse de café, le crayon et les boulettes de papier, ça me fait penser au site que je m’étais fais, à l’école, pour présenter mon portfolio 😉

    1. Ce n’est pas de moi ! (mais c’est gentil) Je suppose que le site pour ton portfolio était de toi. Tout est parti du fait que l’ancienne version ne marchait plus. Mon frère a tout fait basculer sur wordpress en remettant le même thème. Il y a des petits trucs qui ne marchait pas. On a pris le deuxième thème fait par le développeur.

    1. Si tu ne connais pas Gaïa, il faut découvrir c’est sûr. Il publie des textes à chaque fois inattendus et de tous les styles. J’avoue, j’adore !

  2. Chère Cécile,je viens de terminer « Toujours avec toi »,et je suis encore boulversée,,les paroles de Maria Ernestam résonnent comme un écho en moi dans ses phrases sur le deuil,la vie qui doit continuer,la forçe des femmes,la transmission dans les familles,leurs non dits,et il y aurait encore bcp à dire sur ce magnifique roman,j’ai tt de suite fonçé sur le net pour me renseigner sur cette écrivain et vu que ses autres romans ne sont pas encore traduits en français,je vais devoir faire un gros effort pour les lire en anglais ;étant passionnée de litterature nordique,je te conseillerais dans un peu le même genre la saga norvégienne (un pur régal,3 livres!)de Anne B.Radge sur les secrets de famille occultés pendant des décennies: La Terre des mensonges,la ferme des Neschov,et l’Héritage impossible à lire dans l’ordre pour suivre les destins de ces gens attachants qui deviennent eu peu des amis ,Amitiés,Joss

    1. Comme je suis contente que cela vous ait plu ! 🙂 Pour la saga norvégienne de Anne Radge, je l’ai noté. Elle me fait envie depuis le premier tome. Alors maintenant qu’elle est fini, je vais sûrement me laisser tenter.

    1. Je ne savais pas qu’il avait été sélectionné pour ce prix ! On n’en a tellement peu entendu parler.

  3. Je m’intéresse tardivement à cette auteure, parce que je viens tout juste de terminer son second roman traduit « Les oreilles de Buster », que j’ai vraiment énormément apprécié. Ce livre-ci me tente moins, mais je le lirai sans doute à l’occasion s’il apparait sur ma route. J’ai écrit à Actes Sud pour les encourager à publier Ernestam en Babel, comme ils l’ont fait avec Katarina Mazetti :p

    1. J’ai vu ton avis très enthousiaste sur le deuxième livre de l’auteur. Il est dans ma PAL mais j’attends que la ferveurs autour de cet ouvrage soit un peu retombé pour m’y plonger tranquillement.

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