Les nouveaux mystères d'Udolpho de John Dickson Carr

Présentation de l’éditeur

Après des années passées en Amérique, le journaliste Christopher « Kit » Farrell regagne l’Angleterre. Son ami Nigel Seagrave doit l’entretenir d’une affaire qui le préoccupe : il est persuadé que Muriel, la femme qui partage sa vie, n’est pas celle qu’il a épousée. Pour étayer sa thèse, il organise au manoir d’Udolpho un dîner au cours duquel il espère obtenir une preuve de ce qu’il avance. À la fin du repas, le maître de maison invite les convives à le rejoindre dans la splendide serre tropicale qui fait sa fièrté. Mais lorsque les hôtes y pénètrent, ils découvrent le corps de Nigel, gisant sur le sol, frappé d’une balle en pleine poitrine.

Ce n’est que le début d’une série de faits déroutants et inexplicables, que la police va s’efforcer d’élucider… avec l’aide d’un personnage réel, l’écrivain Wilkie Collins, célèbre pour ses romans d’épouvante et de mystère.

Voici l’un des derniers inédits de John Dickson Carr, l’un des auteurs les plus inventifs en matière de crime en chambre close. Associant une minutieuse reconstitution de l’époque victorienne à l’esprit du roman gothique, Les noueaux mystères d’Udolpho maintient jusqu’au bout le suspense et le défi intellectuel, sans oublier l’humour et l’érudition littéraire.

Mon avis

Il y a six mois le titre ne m’aurait même pas interpellé sur les tables d’une librairie. Le challenge English Classics est passé par là. Quand j’ai vu le titre, j’ai retourné le livre pour lire le résumé et là on me dit que Wilkie Collins enquête. J’ai su que c’était fini et qu’il fallait que je ramène ce petit livre de 400 pages à la maison.

Une fois que cela a été fait, je me suis précipitée pour le lire. La préface commence bien : « En ces temps de disette pour les amateurs d’énigmes, la sortie en français du dernier roman écrit par John Dickson Carr constitue un petit évènement. Dans le paysage littéraire actuel où le genre policier est dominé par le sadisme et la violence, le règne interminable des serail killers et les thrillers à caractère sociopolitique, ces Nouveaux Mystères d’Udolpho seront sans nul doute accueillis par les vrais amoureux de la littérature policière classique – « le délassement des grands esprits », disait-on à son âge d’or-, comme un bain de jouvence. » J’étais flattée bien évidemment et je me suis dit que j’avais bien choisi. Mais après j’ai tourné la page … où Roland Lacourbe nous explique gentiment que ce n’est pas le meilleur John Dickson Carr voire qu’il n’est pas très bon parce que l’auteur était malade et l’a écrit pendant sa chimio. Qu’il a été plutôt bien accueilli aux États-Unis mais pas en Angleterre. J’ai trouvé que c’était un peu étrange comme préface mais bon …

Maintenant parlons du texte à proprement dit. John Dickson Carr est un des précurseurs du roman policier historique. Ici, il fait une description du Londres de l’année 1869 digne d’un auteur de l’époque à mon avis (dans la description pas dans la langue : ce qu’il faut complimenter en fait surtout c’est le travail documentaire). Par contre, sur la description du mode de vie, j’ai trouvé que les femmes de la bonne société (trois des personnages principaux) avaient des moeurs un peu légères (ce qu’aucun écrivain de l’époque n’aurait permis à mon avis) ; je me suis demandée si Carr n’avait pas plaquée le mode de vie du 20ième siècle sur celui du 19ième.

L’intrigue est plutôt bonne « dans son classissisme » mais je me suis sentie un peu flouée comme à chaque qu’il n’y a pas un meurtre dans une enquête policière. Parce que oui Nigel Seagrave n’est pas mort (avec une balle près du coeur tout de même et en plus opéré au manoir d’Udolpho par le médecin généraliste du coin : pas sûre que le mien sache faire ça). Comme quoi, l’esprit humain est prompte à s’imaginer n’importe quoi.

En conclusion, vous n’avez plus de Agatha Christie, plus de Patricia Wentworth, plus de Ngaio Marsh, plus de Anne Perry, vous pouvez lire ce roman : vous y passerez un moment de détente sympathique. Il faut cependant passer sur quelques invraissemblances et anachronismes …

Références

Les nouveaux mystères d’Udolpho de John Dickson Carr – préface de Roland Lacourbe – traduit de l’anglais (États-Unis) par Danièle Grivel (Rivages/Noir poche, 2010)

3 réflexions au sujet de « Les nouveaux mystères d'Udolpho de John Dickson Carr »

    1. Ben c’est cool alors. Tu as lu le livre de Ann Radcliff ? Parce que tu vois peut être les trucs que j’ai pas vu.

      1. j’ai lu ann radcliff il y a tellement longtemps, qu’il va falloir que je me replonge dans « udolpho », ceci dit je pense que la comparaison avec udolpho se situe uniquement dans le titre

        faut voir ! 😉

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