Les visages de Jesse Kellerman

J’ai lu ce livre à cause d’Amanda qui nous a dit dans je ne sais plus quel billet qu’elle conseillait ce livre à des gens qu’elle ne connaissait pas dans les librairies. Je me suis dis qu’elle me le conseillerait à moi aussi du coup. Je ne la remercie pas bien évidemment parce que je ne l’ai pas lâché pendant deux jours (du coup rien d’autre n’a avancé !)

Si le nom de Kellerman vous dit quelque chose, c’est le fils de Jonathan et Faye, eux aussi auteurs de romans policiers. C’est son premier livre traduit en français mais pas son premier.

L’histoire : Ethan Muller, enfant riche d’une riche famille qui s’est construite elle-même à partir d’un immigré (c’est le mythe américain, quoi), dirige une galerie d’art. Il a rompu les ponts avec sa famille (c’est toujours le cas dans les familles riches ; il y a toujours un mouton noir). Mais parfois Tony Wexler, homme des basses besognes de son père, prend contact avec lui pour lui parler … de son père. Un jour, il insiste au téléphone pour montrer à Ethan quelques choses de très important dans un appartement qui se situe dans des appartements à son père. Ethan accepte avec réticence. Il se retrouve dans un appartement miteux remplis de dessins très bizarres parce qu’ils sont l’oeuvre d’un génie ou d’un fou (comme un fou), de Victor Cracke. Celui-ci a disparu en laissant tout son fatras derrière lui. Comme tout est bon pour faire de l’argent et sa réputation, Ethan pique les dessins, les assemble (parce qu’ils forment une sorte de carte), les expose et les vend une fortune. Le hic, c’est qu’un jour il reçoit le coup de fil d’u ancien flic, obsédé par une affaire : le viol et le meurtre de cinq garçons d’une dizaine d’années dans les années soixante. Or, celui-ci reconnaît les cinq visages dans la carte de Victor Cracke.De là, Ethan, quittant son milieu factice de l’art, s’engage une enquête pour retrouver Victor et surtout savoir si il est coupable.

Comme je le disais, c’est un bon livre : les personnages sont bien campés, c’est bien écrit. On ne le lâche pas. Mais, si on réfléchit un peu, il y a quand même des éléments qui n’en font pas un excellent « thriller » (comme le dit la couverture). Un : vous ne frissonnez jamais, vous n’avez jamais peur, vous ne vous posez jamais de question. Pour un « thriller » je trouve ça bizarre. Deux : la construction qui au début vous paraît intellegente vous paraît bien factice ensuite. Je m’explique : à la page 50, arrive un premier interlude. L’auteur décrit le début de la saga des Muller. Quand vous l’avez fini, vous remarquez que cela n’a rien à voir avec l’histoire principale (même si c’est un chapitre très instructif : les plus grandes familles se sont toujours construites à partir de multiples secrets) et vous comprenez alors que Ethan ne sera pas le seul Muller à intervenir dans l’histoire principale (je pourrais aller plus loin dans le raisonnement mais ça dévoile un peu beaucoup l’histoire). Mais vous continuez à lire parce que vous êtes pris dans l’histoire. Mais dans l’interlude de la page 330, ce que vous vouliez savoir vous est dévoilé. Le problème c’est que le livre en fait 470 de pages. Vous avez donc une révélation de l’histoire sur 130 pages. C’est un peu long à mon avis pour un thriller.

En conclusion, c’est un bon roman pour se détendre et lire une histoire originale bien écrite mais ce n’est pas le chef d’oeuvre annoncé quand même.

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Références

Les visages de Jesse KELLERMAN – traduit de l’anglais (États-Unis) par Julie Sibony (Sonatine éditions, 2009)

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