Le perce-oreille du Luxembourg de André Baillon

 

Quatrième de couverture

Le Perce-oreille du Luxembourg est l'autobiographie d'un jeune homme qu'on vient d'enfermer dans un asile. Comment démêler l'entrelacs des angoisses, des scrupules, des vertiges qui l'ont mené où il se trouve ? Est-il sans signification qu'un des symptômes de son mal consiste à s'enfoncer volontairement le doigt dans l'oeil, au risque de se blesser ? Émotions adolescentes, études avortées, premières amours, amitiés ambivalentes, tout semble peu à peu s'organiser pour rendre inévitable le naufrage, en dépit de la lucidité et de l'ironie dont il peut faire preuve.

Né à Anvers en 1875, André Baillon se lance dans une carrière chaotique de journaliste et d'écrivain après avoir dissipé l'héritage paternel. Une vie sentimentale complexe, des difficultés matérielles, des années de surmenage et une lutte permanente contre la folie auront raison de ses nerfs ; il se donne la mort en 1932.

Mon avis

Je tiens dans un premier temps à remercier le gentil libraire (c'est celui qui avait plein de Thomas Hardy) qui ne m'a pas pris pour une folle quand je lui ai demandé si par hasard il n'aurait pas Le perce-oreille du Luxembourg. Il m'a dit oui et en plus, il l'avait lu et a pu m'en dire quelques mots.

Je voulais lire ce livre parce que la folie dans la littérature est un thème que j'affectionne tout particulièrement. Dans la vie réélle, on me dit folle, schizophrène, paranoïaque, incohérente. On me dit que je lis des livres bizarres que personne ne lit (je lisais Millenium à ce moment là ; je peux vous dire que je me suis sentie très seule). C'est bien connu : on imprime les livres que pour moi et on les met dans une libraire où on est sûr que je vais les trouver (parce que personne ne me les envoie jamais à la maison). Or je n'ai pas l'impression d'être si bizarre que ça. Je cherche à avoir une réponse à cette question dans les livres.

J'ai cru avoir trouvé un maître dans ce roman (d'après la biographie, il avait l'air un peu bizarre et a fait plusieurs séjours en HP). Pas du tout, en réalité. C'est la chronique de l'enfance au début de la vie d'adulte d'un jeune homme, timide, plein d'imagination mais atteint de TOC et inquiet de nature, qui dans un premier temps est tiraillé par son éducation religieuse (il est jusqu'au-boutiste dans ses raisonnements, du coup il a quelques problèmes), a ses premiers émois amoureux (avec sa tante) tyrannisé à l'école par un garçon nommé Dupéché (il écrase le perce-oreille que le narrateur était en train de regarder au jardin du Luxembourg). Devenu adulte, il est très timide avec les femmes, son meilleur ami meurt (ce meilleur ami croyait avoir une relation avec une femme. En réalité ce n'était pas vrai ; alors quand le héros se retrouve à être aimé de cette même femme il se sent un peu coupable). Il retrouve Dupéché qui continue à se moquer de lui… Il y a un enchaînement de circonstances qui font qu'il va craquer et se retrouver en hôpital psychiatrique parce qu'il est peut-être un peu plus fragile que les autres. Ce n'est donc pas vraiment un roman sur la folie mais plutôt les années de jeunesse d'un gentil garçon pas vraiment aidé par son entourage.

Plus que l'histoire, c'est la narration qui m'a particulièrement touché. André Baillon a su retranscrir le regard d'un enfant et d'un jeune adulte. Il utilise un langage simple mais imagé. Il arrive à nous faire resentir l'isolement du héros dans un monde qu'il n'arrive pas à comprendre.

Un roman très agréable à lire. Je poursuivrai sûrement ma découverte car les éditions Cambourakis vont faire au cours de ces deux prochaines années la réédition des oeuvres d'André Baillon. Un premier volume a déjà paru regroupant Chalet I et Un homme si simple.

Références

Le perce-oreille du Luxembourg de André BAILLON (Éditions Sillage, 2009)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.